Architecture Égyptienne Ancienne

Définition

Joshua J. Mark
de , traduit par Caroline Martin
publié le 18 septembre 2016
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Texte original en Anglais : Ancient Egyptian Architecture

The Pyramids, Giza, Egypt (by Shellapic76, CC BY)
Les Pyramides de Gizeh
Shellapic76 (CC BY)

Les pyramides sont le symbole le plus reconnaissable de l'Égypte ancienne. Même alors que d'autres civilisations, comme les Mayas ou les Chinois, ont également utilisé cette forme, de nos jours, la pyramide est synonyme d’Égypte dans l'esprit de la plupart des gens. Les pyramides de Gizeh restent des monuments impressionnants des milliers d'années après leur construction. Les connaissances et les compétences nécessaires à leur construction furent accumulées au cours des nombreux siècles qui précédèrent leur construction. Pourtant, les pyramides ne sont pas l'apogée de l'architecture de l'Égypte ancienne; elles ne sont que les expressions les plus anciennes et les plus connues d'une culture qui allait créer des bâtiments, des monuments et des temples tout aussi fascinants.

6 000 ans d'histoire

L'histoire de l'Égypte ancienne commence avant la période prédynastique (vers 6000 - 3150 av. JC) et elle se poursuit jusqu'à la fin de la dynastie ptolémaïque (323 - 30 av. JC). Des artefacts et des preuves de surpâturage du bétail, dans la région identifiée aujourd’hui comme faisant partie du désert du Sahara, donnent la date de l'occupation humaine du territoire à environ 8000 av. JC. Les Égyptiens du tout début de la période dynastique en Égypte (vers 3150 - 2613 av. JC) construisirent sur les connaissances de ceux qui les avaient précédés, et l'art et l'architecture prédynastiques furent améliorés. La première pyramide d'Égypte, la pyramide à degrés de Djéser à Saqqarah, date de la fin de cette période dynastique précoce. La comparaison de ce monument et de son complexe environnant avec les mastabas, les tombes des siècles précédents, montre à quel point les Égyptiens avaient progressé dans leur compréhension de la conception et de la construction architecturales. Le lien entre ces grands monuments et ceux qui leur ont succédé est tout aussi impressionnant.

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Les pyramides de Gizeh datent de l'Ancien Empire (vers 2613 - 2181 av. JC) et elles représentent l'apogée du talent et des compétences acquises à cette époque. L'histoire de l'Égypte ancienne avait cependant encore un long et illustre chemin à parcourir et, à mesure que la forme pyramidale fut abandonnée, les Égyptiens concentrèrent leur attention sur les temples. Nombre d'entre eux, dont les ruines sont encore visibles, comme le temple d'Amon-Rê à Karnak, inspirent autant d'admiration que les pyramides de Gizeh, mais tous, qu'ils soient grands ou modestes, témoignent d'un souci du détail et d'une conscience de la beauté esthétique et de la fonctionnalité pratique qui en font des chefs-d'œuvre de l'architecture. Ces structures suscitent encore un intérêt aujourd'hui parce qu'elles furent conçues, dessinées et érigées pour raconter une histoire éternelle qu’elles relatent encore à tous ceux qui visitent les sites.

LES STRUCTURES ÉGYPTIENNES SUSCITENT ENCORE UN INTÉRÊT AUJOURD'HUI PARCE QU'ELLES furent CONÇUES, DESSINÉES ET ÉRIGÉES POUR RACONTER UNE HISTOIRE ÉTERNELLE QU’ELLES RELATENT ENCORE À TOUS CEUX QUI VISITENT LES SITES.

L'architecture égyptienne et la création du monde

Au début des temps, selon la religion égyptienne, il n'y avait rien d'autre que les eaux tourbillonnantes d'un sombre chaos. De ces eaux primordiales un monticule de terre sèche, appelé Benben, s’éleva, autour duquel les eaux grondaient. Le dieu Atoum apparut sur le monticule, il regarda l'obscurité et il se sentit seul; il s' accoupla donc avec lui-même et la création commença.

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Atoum était responsable de l'univers inconnaissable, du ciel au-dessus et de la terre en-dessous. Par l'intermédiaire de ses enfants, il était également le créateur des êtres humains (bien que dans certaines versions, la déesse Neith joue un rôle à cet égard). Le monde et tout ce que les êtres humains connaissent est venu de l'eau, de l'humidité, de la moiteur, du type d'environnement familier aux Égyptiens du delta du Nil. Tout avait été créé par les dieux et ces dieux étaient toujours présents dans la vie de chacun à travers la nature.

Lorsque le Nil débordait de son lit et déposait le sol vivifiant dont les gens dépendaient pour leurs cultures, c'était l'œuvre du dieu Osiris. Lorsque le soleil se couchait le soir, c'était le dieu Rê (ou Râ) qui descendait dans le monde souterrain dans sa barge, et les gens participaient volontiers aux rituels pour s'assurer qu'il survivrait aux attaques de son ennemi juré Apophis et qu'il ressusciterait le lendemain matin. La déesse Hathor était présente dans les arbres, Bastet gardait les secrets des femmes et protégeait le foyer, Thot donnait aux gens le don de l'instruction, Isis, bien qu'étant une grande et puissante déesse, avait également été une mère célibataire qui avait élevé son jeune fils Horus dans les marais du Delta et elle veillait sur les mères sur terre.

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Djed pillars
Piliers Djed
Michael Tinkler (CC BY-NC-SA)

La vie des dieux reflétait celle du peuple et les Égyptiens les honoraient dans leur vie et à travers leurs œuvres. On pensait que les dieux avaient offert au peuple de l'Égypte ancienne le plus parfait des mondes, si parfait, en fait, qu'il devait durer éternellement. La vie après la mort n'était que la continuation de la vie que l'on avait vécue. Il n'est donc pas surprenant que lorsque ces gens construisirent leurs grands monuments, ils aient reflété ce système de croyance. L'architecture de l'Égypte ancienne raconte l'histoire de la relation de ce peuple avec sa terre et ses dieux. La symétrie des structures, les inscriptions, la décoration intérieure, tout reflète le concept d'harmonie (Maât) qui était au cœur du système de valeurs de l'Égypte ancienne.

Les périodes prédynastique et dynastique précoce

Au cours de la période prédynastique en Égypte, des images des dieux et des déesses apparaissent dans les sculptures et les céramiques, mais le peuple ne possédait pas encore les compétences techniques nécessaires pour ériger des structures massives en l'honneur de ses dirigeants ou de ses divinités. Une certaine forme de gouvernement est évidente au cours de cette période, mais elle semble avoir été régionale et tribale, rien à voir avec le gouvernement central qui apparaîtra dans l'Ancien Empire d'Égypte.

Les maisons et les tombes de la période prédynastique étaient construites en briques crues séchées au soleil (une pratique qui se poursuivra tout au long de l'histoire de l'Égypte). Avant la découverte de la fabrication des briques, les maisons étaient des structures de roseaux couvertes de chaume et dont les murs étaient recouverts de boue. Ces premiers bâtiments étaient circulaires ou ovales avant l'utilisation des briques et, après, ils sont devenus carrés ou rectangulaires. Les communautés se regroupèrent pour se protéger des éléments, des animaux sauvages et des étrangers, et elles se développèrent en villes qui s'entourèrent de murs.

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Au fur et à mesure que la civilisation progressa, l'architecture en fit de même avec l'apparition de fenêtres et de portes renforcées et décorées de cadres en bois. Le bois était plus abondant en Égypte à cette époque, mais pas encore en quantité suffisante pour être utilisé comme un matériau de construction à grande échelle. La maison ovale en briques crues devint la maison rectangulaire avec un toit voûté, un jardin et une cour. Le travail de la brique crue est également mis en évidence dans la construction des tombes qui, au cours de la première période dynastique en Égypte, devinrent plus élaborées et plus complexes dans leur conception. Ces premières tombes oblongues (les mastabas) continuèrent à être construites en briques crues, mais déjà à cette époque, les gens travaillaient la pierre pour créer des temples pour leurs dieux. Les monuments en pierre (les stèles) commencèrent à apparaître, en même temps que ces temples, à partir de la deuxième dynastie d'Égypte (vers 2890 – vers 2670 av. JC).

Les obélisques, de grands monuments de pierre verticaux à quatre côtés et au sommet effilé, commencèrent à apparaître dans la ville d'Héliopolis à peu près à cette époque. L'obélisque égyptien (connu par les Égyptiens sous le nom de tekhenu, « obélisque » étant le nom grec) est l'un des exemples les plus parfaits de l'architecture égyptienne reflétant la relation entre les dieux et le peuple, car ils étaient toujours construits par deux et on pensait que les deux créés sur terre étaient reflétés par deux pièces identiques érigées dans les cieux au même moment. L'extraction, la sculpture, le transport et l'érection des obélisques exigeaient des compétences et un travail considérables et ils permirent aux Égyptiens d'apprendre à travailler la pierre et à déplacer des objets extrêmement lourds sur plusieurs kilomètres. La maîtrise du travail de la pierre prépara le terrain pour le prochain grand bond en avant de l'architecture égyptienne: la pyramide.

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Step Pyramid Complex at Saqqara
Complexe de la pyramide à degrés à Saqqarah
Dennis Jarvis (CC BY-SA)

Le complexe funéraire de Djéser à Saqqarah fut conçu par son vizir et architecte en chef Imhotep (vers 2667 – vers 2600 av. JC), qui imagina un grand tombeau construit en pierre pour son roi. La pyramide de Djéser n'est pas une «vraie pyramide» mais une série de mastabas empilés, connue sous le nom de «pyramide à degrés». Malgré cela, il s'agit d'un exploit incroyablement impressionnant qui n'avait jamais été réalisé auparavant. L'historien Desmond Stewart commente ce fait:

La pyramide à degrés de Djéser à Saqqarah marque l'un de ces développements qui, après coup, semblent inévitables mais qui auraient été impossibles sans un génie expérimentateur. Nous savons que le conseiller royal Imhotep était un tel génie, non pas grâce à la légende grecque, qui l'identifiait à Esculape, le dieu de la médecine, mais grâce à ce que les archéologues ont découvert d’après son impressionnante pyramide. Les recherches ont montré qu'à chaque étape, il était prêt à expérimenter de nouvelles voies. Sa première innovation fut de construire un mastaba non pas oblong, mais carré. La seconde concerne le matériau de construction (cité par Nardo, 125).

La construction de temples, bien qu'à un niveau modeste, avait déjà familiarisé les Égyptiens avec le travail de la pierre. Imhotep imagina la même chose à grande échelle. Les premiers mastabas avaient été décorés d'inscriptions et de gravures de roseaux, de fleurs et d'autres images de la nature; Imhotep voulait poursuivre cette tradition dans un matériau plus durable. Sa grande et imposante pyramide aurait les mêmes touches délicates et le même symbolisme que les mastabas plus modestes qui l'avaient précédée et, mieux encore, ces décorations seraient toutes travaillées dans la pierre au lieu de la boue séchée. C'est ce que commente l'historien Mark van de Mieroop :

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Imhotep reproduisit en pierre ce qui avait été précédemment construit en d'autres matériaux. La façade du mur d'enceinte possédait les mêmes niches que les tombes en terre crue, les colonnes ressemblaient à des fagots de roseaux et de papyrus, et des cylindres de pierre supportant les linteaux des portes représentaient des écrans de roseaux enroulés. Il y eut beaucoup d'expérimentation, ce qui est particulièrement évident dans la construction de la pyramide au centre du complexe. Elle eut plusieurs plans avec des formes de mastaba avant de devenir la première pyramide à degrés de l'histoire, empilant six niveaux en forme de mastaba les uns sur les autres... Le poids de l'énorme masse était un défi pour les bâtisseurs, qui placèrent les pierres selon une inclinaison vers l'intérieur afin d'éviter que le monument ne s’effondre (56).

Detail, Step Pyramid of Djoser
Détail, Pyramide à degrés de Djoser
Institute for the Study of the Ancient World (CC BY)

Une fois achevée, la pyramide à degrés s'élevait à 62 mètres de haut et c’était la structure la plus haute de son époque. Le complexe environnant comprenait un temple, des cours, des sanctuaires et des quartiers d'habitation pour les prêtres. Il couvrait une superficie de 16 hectares et il était entouré d'un mur de 10,5 mètres de haut. Le mur était percé de 13 fausses portes et d'une seule vraie entrée dans l'angle sud-est ; l'ensemble du mur était ensuite entouré d'une tranchée de 750 mètres de long et de 40 mètres de large. La tombe de Djéser était située sous la pyramide, au fond d'un conduit de 28 mètres de long. La chambre funéraire elle-même était encastrée dans du granit mais, pour l'atteindre, il fallait traverser un dédale de couloirs, tous peints de manière lumineuse avec des reliefs et des carreaux incrustés, menant à d'autres pièces ou à des impasses remplies de récipients en pierre portant les noms des rois précédents. Ce labyrinthe fut créé, bien sûr, pour protéger la tombe et les objets funéraires du roi mais, malheureusement, il ne réussit pas à stopper les anciens pilleurs de tombes et la sépulture fut dévalisée durant l'Antiquité.

La pyramide à degrés de Djéser intègre tous les éléments les plus marquants de l'architecture égyptienne: symétrie, équilibre et grandeur, qui reflètent les valeurs fondamentales de la culture. La civilisation égyptienne était fondée sur le concept de Maât (harmonie, équilibre), décrété par les dieux. L'architecture de l'Égypte ancienne, que ce soit à petite ou à grande échelle, a toujours représenté ces idéaux. Les palais étaient même construits avec deux entrées, deux salles de trône, deux salles de réception afin de maintenir la symétrie et l'équilibre en représentant à la fois la Haute et la Basse-Égypte.

L'Ancien Empire et les pyramides

Les innovations d'Imhotep furent poursuivies par les rois de la 4e dynastie de l'Ancien Empire. On a longtemps pensé que le dernier roi de la troisième dynastie égyptienne, Houni (vers 2630 - 2613 av. JC), avait lancé les projets de construction massive de l'Ancien Empire en construisant la pyramide de Meïdoum, mais cet honneur revient au premier roi de la quatrième dynastie, Snéfrou (vers 2613 - 2589 av. JC). L'égyptologue Barbara Watterson écrit : « Snéfrou initia l'âge d'or de l'Ancien Empire, ses réalisations les plus remarquables étant les deux pyramides construites pour lui à Dahchour » (50-51). Snéfrou commença son travail avec la pyramide de Meïdoum, aujourd'hui appelée «pyramide effondrée» ou, localement, "fausse pyramide" en raison de sa forme: elle ressemble plus à une tour qu'à une pyramide et son enveloppe extérieure repose autour d'elle dans un gigantesque tas de gravier.

Meidum Pyramid
Pyramide de MeÏdoum
Jon Bodsworth (Public Domain)

La pyramide de Meïdoum est la première vraie pyramide construite en Égypte. Une «vraie pyramide» est définie comme un monument parfaitement symétrique dont les crans furent remplis pour créer des côtés continus s'effilant vers un point au sommet. À l'origine, toute pyramide était une pyramide à degrés. La pyramide de Meïdoum cependant ne dura pas, car des modifications furent apportées à la conception originale de la pyramide d'Imhotep, de sorte que l'enveloppe extérieure reposait sur une fondation de sable plutôt qu’une fondation de roche, ce qui provoqua son effondrement. Les spécialistes sont divisés sur la question de savoir si l'effondrement se produisit pendant la construction ou sur une période plus longue.

Les expériences de Snéfrou avec la forme de pyramide en pierre ont bien servi son successeur. Khéops (ou Khoufou) (2589 - 2566 av. JC) tira les leçons des expériences de son père et ordonna à son administration de construire la Grande Pyramide de Gizeh, la dernière des sept merveilles du monde antique. Contrairement à la croyance populaire selon laquelle son monument fut construit par des esclaves hébreux, les ouvriers égyptiens de la Grande Pyramide étaient bien soignés et ils accomplissaient leurs tâches dans le cadre d'un service communautaire, en tant que travailleurs rémunérés, ou pendant la période où la crue du Nil rendait l'agriculture impossible. Les chercheurs Bob Brier et Hoyt Hobbs notent :

Sans les deux mois annuels pendant lesquels les eaux du Nil recouvrent les terres agricoles de l'Égypte, immobilisant pratiquement toute la main-d'œuvre, aucune de ces constructions n'aurait été possible. Pendant ces périodes, un pharaon offrait de la nourriture contre du travail et la promesse d'un traitement de faveur dans l'au-delà où il régnerait comme il le faisait dans ce monde. Pendant deux mois chaque année, des ouvriers se rassemblaient par dizaines de milliers venant de tout le pays pour transporter les blocs qu'une équipe permanente avait extraits pendant le reste de l'année. Les superviseurs organisaient les hommes en équipes pour transporter les pierres sur des traîneaux, des dispositifs mieux adaptés que des véhicules à roues pour déplacer des objets lourds sur du sable mouvant. Une chaussée, lubrifiée par l'eau, adoucissait la montée des pierres. Aucun mortier ne fut utilisé pour maintenir les blocs en place, un ajustement précis suffit pour que ces structures imposantes survivent pendant 4 000 ans - les seules merveilles du monde antique encore debout aujourd'hui (17-18).

Il n'existe aucune preuve que des esclaves hébreux, ou toute autre forme de travail forcé, aient été utilisés pour la construction des pyramides de Gizeh, de la ville de Pi-Ramsès ou de tout autre site important en Égypte. La pratique de l'esclavage existait certainement en Égypte tout au long de son histoire, comme dans toutes les cultures anciennes, mais il ne s'agissait pas du type d'esclavage populairement dépeint dans les histoires et les films basés sur le livre biblique de l'Exode. Dans le monde antique, les esclaves pouvaient être des tuteurs et des enseignants pour les jeunes, des comptables, des infirmières, des professeurs de danse, des brasseurs, voire des philosophes. En Égypte, les esclaves étaient soit des captifs des campagnes militaires, soit des personnes qui ne pouvaient pas payer leurs dettes et ces personnes travaillaient généralement dans les mines et les carrières.

The Pyramids
Les Pyramides
Oisin Mulvihill (CC BY)

Les hommes et les femmes qui travaillaient sur la Grande Pyramide vivaient dans des logements fournis par l'État sur le site (découvert par Lehner et Hawass en 1979) et ils étaient bien rémunérés pour leurs efforts. Plus l'ouvrier était qualifié, plus sa rémunération était élevée. Le résultat de leur travail étonne encore aujourd'hui. La Grande Pyramide de Gizeh est la seule merveille restante des Sept Merveilles du monde antique, et ce à juste titre: jusqu'à l'achèvement de la Tour Eiffel en 1889, la Grande Pyramide était la plus haute structure sur terre construite par l'homme. L'historien Marc van de Mieroop écrit :

Sa taille dépasse l'entendement: elle mesure 146 mètres de haut et 230 mètres à la base. On estime qu'elle contient 2 300 000 blocs de pierre d'un poids moyen de 2,3 tonnes chacun, certains pesant jusqu'à 16 tonnes. Khéops régna pendant 23 ans selon le Canon royal de Turin, ce qui signifie que pendant toute la durée de son règne, 100 000 blocs par an - soit environ 285 blocs par jour ou un toutes les deux minutes durant le jour - durent être extraits, transportés, taillés et mis en place... La construction était d'une conception presque parfaite. Les côtés furent orientés exactement vers les points cardinaux et les angles faisaient précisément 90 degrés (58).

La deuxième pyramide construite à Gizeh appartient au successeur de Khéops, Khéphren (ou Khafrê) (2558 - 2532 av. JC), à qui on attribue également la création du Grand Sphinx de Gizeh. La troisième pyramide appartient à son successeur Mykérinos (ou Menkaourê) (2532 - 2503 av. JC). Une inscription datant d'environ 2520 av. JC raconte que Mykérinos vint inspecter sa pyramide et il affecta 50 des ouvriers à la nouvelle tâche de construire une tombe pour son conseiller, Debhen. Une partie de l'inscription dit : «Sa majesté ordonna qu'aucun homme ne soit pris pour un travail forcé» et que les déchets soient enlevés du site de construction (Lewis, 9). Il s'agissait d'une pratique assez courante à Gizeh, où les rois commandaient des tombes pour leurs amis et leurs conseillers préférés.

The Pyramids of Giza, Aerial View
Les pyramides de Gizeh, vue aérienne
Robster1983 (Public Domain)

Le plateau de Gizeh présente aujourd'hui une image très différente de celle qu'il avait à l'époque de l'Ancien Empire. Ce n'était pas le site isolé à la lisière du désert qu'il est aujourd'hui, mais une importante nécropole qui comptait des magasins, des usines, des marchés, des temples, des habitations, des jardins publics et de nombreux monuments. La Grande Pyramide, enveloppée d'une couche de calcaire blanc étincelant, s'élevait au centre de la petite ville, visible à des kilomètres à la ronde. Gizeh était une communauté autosuffisante dont les habitants étaient des employés du gouvernement, mais la construction des énormes monuments de la 4e dynastie fut très coûteuse. La pyramide et le complexe de Khéphren sont un peu plus petits que ceux de Khéops et ceux de Mykérinos sont plus petits que ceux de Khéphren et cela s'explique par le fait qu'à mesure que la construction des pyramides de la 4e dynastie se poursuivait, les ressources diminuaient. Le successeur de Mykérinos, Chepseskaf (2503 - 2498 av. JC), fut enterré dans un modeste mastaba à Saqqarah.

Le coût des pyramides n'était pas seulement financier mais aussi politique. Gizeh n'était pas la seule nécropole d'Égypte à l'époque et tous ces sites nécessitaient un entretien et une administration qui étaient assurés par des prêtres. Au fur et à mesure que ces sites se développaient, la richesse et le pouvoir des prêtres et des gouverneurs régionaux (les nomarques) qui présidaient les différents districts où se trouvaient les sites augmentaient. Les derniers souverains de l'Ancien Empire construisirent des temples (ou des pyramides à une échelle beaucoup plus petite) car ils étaient plus abordables. Le passage du monument pyramidal au temple est le signe d'un changement de sensibilité plus profond, lié au pouvoir croissant du sacerdoce: les monuments n'étaient plus construits pour honorer un certain roi mais pour un dieu spécifique.

Première période intermédiaire et Moyen Empire

Le pouvoir des prêtres et des nomarques, ainsi que d'autres facteurs, entraînèrent l'effondrement de l'Ancien Empire. L'Égypte entra alors dans l'ère connue sous le nom de première période intermédiaire (2181 - 2040 av. JC), au cours de laquelle les régions individuelles se gouvernaient essentiellement elles-mêmes. Les rois régnaient toujours depuis Memphis, mais ils étaient inefficaces.

Egyptian Construction
Construction égyptienne
Georges Perrot and Charles Chipiez (1883) (Public Domain)

La première période intermédiaire de l'Égypte est traditionnellement décrite comme une période de déclin, car aucun grand monument ne fut érigé et la qualité de l'art est considérée comme inférieure à celle de l'Ancien Empire. En réalité, les œuvres d'art et l'architecture sont simplement différentes et non inférieures. Dans l'Ancien Empire, les travaux architecturaux étaient financés par l'État, tout comme les œuvres d'art, et ils étaient donc plus ou moins uniformes pour refléter les goûts de la royauté. Au cours de la première période intermédiaire, les artistes et les architectes régionaux furent libres d'explorer des formes et des styles différents. L'historienne Margaret Bunson écrit :

Sous les nomarques, l'architecture survécut à l'effondrement de l'Ancien Empire. Leur mécénat se poursuivit jusqu'au Moyen Empire, donnant lieu à des sites aussi remarquables que Beni Hassan (vers 1900 av. JC) avec ses tombes sculptées dans la roche et ses grandes chapelles dotées de portiques à colonnes et de murs peints (32).

Lorsque Montouhotep II (vers 2061 - 2010 av. JC.) unifia l'Égypte sous gérance thébaine, les commandes royales d'art et d'architecture reprirent mais, contrairement à l'Ancien Empire, la variété et l'expression personnelle furent encouragées. L'architecture du Moyen Empire, à commencer par le grand complexe mortuaire de Montouhotep à Deir el-Bahari près de Thèbes, est à la fois grandiose et personnel.

Temple of Amun, Karnak
Temple d'Amon, Karnak
Dennis Jarvis (CC BY-SA)

Sous le règne du roi Sésostris Ier (vers 1971 - 1926 av. JC), la construction du grand temple d'Amon-Rê à Karnak commença lorsque ce monarque érigea une modeste structure sur le site. Ce temple, comme tous les temples du Moyen Empire, fut construit avec une cour extérieure, des cours à colonnes qui menaient à des salles et des chambres rituelles, et un sanctuaire intérieur qui abritait la statue d'un dieu. Des lacs sacrés furent créés sur ces sites et l'effet global était une représentation symbolique du commencement du monde et du fonctionnement harmonieux de l'univers. Bunson écrit :

Les temples étaient des structures religieuses considérées comme « l'horizon » d'un être divin, le point où le dieu est apparu lors de la création. Ainsi, chaque temple avait un lien avec le passé, et les rituels menés dans sa cour étaient des formules transmises de génération en génération. Le temple était également un miroir de l'univers et une représentation du tertre primitif où la création avait commencé (258).

Les colonnes étaient un aspect important du symbolisme d'un complexe de temples. Elles n'étaient pas seulement conçues pour soutenir un toit mais pour apporter leur propre signification à l'ensemble de l'œuvre. Parmi les nombreux motifs différents, on peut citer la botte de papyrus (une colonne sculptée en hauteur ressemblant à des roseaux de papyrus), le motif du lotus, populaire dans le Moyen Empire égyptien, avec un chapiteau s'ouvrant comme une fleur de lotus, la colonne à bourgeons dont le chapiteau semble être une fleur non ouverte, et la colonne Djed qui est probablement la plus célèbre de la cour Heb Sed du complexe pyramidal de Djéser, mais qui était si largement utilisée dans l'architecture égyptienne qu'on la trouve d'un bout à l'autre du pays. Le Djed était un ancien symbole de stabilité et il était fréquemment utilisé dans les colonnes, soit à la base, soit au sommet (de sorte qu'il semble que le Djed soutienne le ciel), soit comme colonne entière.

Palm-leaf Column of Ramesses II from Herakleopolis
Colonne à feuilles de palmier de Ramsès II d'Héracléopolis
Osama Shukir Muhammed Amin (CC BY-NC-SA)

Les maisons et les autres bâtiments continuèrent à être construits en briques de terre crue pendant le Moyen Empire; la pierre n'était utilisée que pour les temples et les monuments et il s'agissait généralement de calcaire, de grès ou, dans certains cas, de granit, dont le travail exigeait la plus grande habileté. Un chef-d'œuvre peu connu du Moyen Empire, perdu depuis longtemps, était le complexe pyramidal d'Amenemhat III (vers 1860 - 1815 av. JC) dans la ville de Hawara.

Ce complexe était énorme, avec douze grandes cours séparées qui se faisaient face à travers une étendue de halls à colonnes et de vestibules intérieurs si complexes qu'Hérodote l'appela «le labyrinthe». Les cours et les vestibules étaient reliés entre eux par des couloirs, des colonnades et des conduits, de sorte qu'un visiteur pouvait emprunter un couloir familier mais prendre un virage inconnu et se retrouver dans une zone du complexe complètement différente de celle prévue. Des allées entrecroisées et de fausses portes scellées par des bouchons de pierre servaient à confondre et à désorienter un visiteur pour protéger la chambre funéraire centrale du roi dans la pyramide. On dit que cette chambre fut taillée dans un seul bloc de granit et qu'elle pesait 110 tonnes. Hérodote affirmait qu'elle était plus impressionnante que toutes les merveilles qu'il avait pu voir.

Deuxième période intermédiaire et Nouvel Empire

Des rois comme Amenemhat III de la 12e dynastie contribuèrent largement à l'art et à l'architecture égyptiens et leurs politiques furent poursuivies par la 13e dynastie. La 13e dynastie, cependant, était plus faible et gouvernait mal, si bien que le pouvoir du gouvernement central finit par décliner au point qu'un peuple étranger, les Hyksôs, prit le pouvoir en Basse-Égypte tandis que les Nubiens prenaient des portions de territoire au sud. Cette époque est connue comme la deuxième période intermédiaire de l'Égypte (vers 1782 - 1570 av. JC), au cours de laquelle les arts progressèrent très peu.

Les Hyksôs furent chassés d'Égypte par Ahmôsis Ier de Thèbes (vers 1570 - 1544 av. JC), qui par la suite sécurisa les frontières sud des Nubiens et initia l'ère connue sous le nom de Nouvel Empire d'Égypte (1570 - 1069 av. JC). Cette période vit naître certains des plus beaux exploits architecturaux depuis l'Ancien Empire. De la même manière que les visiteurs modernes sont impressionnés et intrigués par le mystère de la construction des pyramides de Gizeh, ils le sont aussi par le complexe funéraire d'Hatchepsout, le temple d' Amon-Rê à Karnak, les nombreux travaux d'Amenhotep III et les magnifiques constructions de Ramsès II comme Abou Simbel.

Temple of Hatshepsut, Aerial View
Temple d'Hatchepsout, vue aérienne
N/A (CC BY)

Les souverains du Nouvel Empire construisirent à grande échelle, conformément au nouveau statut élevé de l'Égypte en tant qu'empire. L'Égypte n'avait jamais connu de puissance étrangère comme les Hyksôs prenant le contrôle de son territoire et, après les avoir chassés, Ahmôsis Ier lança des campagnes militaires pour créer des zones tampons autour des frontières de l'Égypte. Ces zones furent étendues par ses successeurs, notamment Thoutmôsis III (1458 - 1425 av. JC), jusqu'à ce que l'Égypte dirige un empire qui s'étendait de la Syrie en redescendant sur le Levant, à travers la Libye et en bas jusqu’à la Nubie. L'Égypte devint immensément riche à cette époque, et cette richesse fut investie dans des temples, des complexes mortuaires et des monuments.

Le plus grand d'entre eux est le temple d'Amon-Rê à Karnak. Comme tous les autres temples d'Égypte, celui-ci racontait l'histoire du passé, la vie du peuple et il honorait les dieux, mais ce fut un immense chantier auquel chaque souverain du Nouvel Empire ajouta des éléments. Le site, qui s'étend sur plus de 200 hectares, se compose d'une série de pylônes (des portes monumentales qui s'effilent vers le haut pour former des corniches) donnant sur des cours, des salles et des temples plus petits. Le premier pylône s'ouvre sur une large cour qui invite le visiteur à aller plus loin. Le deuxième pylône s'ouvre sur la salle hypostyle qui mesure 103 mètres sur 52 mètres. La salle comporte 134 colonnes de 22 mètres de haut et de 3,5 mètres de diamètre. Les spécialistes estiment que l'on pourrait faire tenir trois structures de la taille de la cathédrale Notre-Dame dans le seul temple principal. Bunson commente :

Karnak reste le complexe religieux le plus remarquable jamais construit sur terre. Ses 200 hectares de temples et de chapelles, d'obélisques, de colonnes et de statues construits sur plus de 2 000 ans intègrent les meilleurs aspects de l'art et de l'architecture égyptiens dans un grand monument historique en pierre (133).

Temple of Amun Plan, Karnak
Plan du temple d'Amon, Karnak
Fletcher Bannister (Public Domain)

Comme tous les autres temples, Karnak est un modèle d'architecture symétrique qui semble s'élever organiquement de la terre vers le ciel. La grande différence entre cette structure et toute les autres est sa grande échelle et la portée de sa vision. Chaque souverain qui contribua à sa construction fit de plus grands progrès que ses prédécesseurs, mais il reconnut ceux qui l'avaient précédé. Lorsque Thoutmôsis III y construisit sa salle des fêtes, il enleva peut-être les monuments et les bâtiments des rois précédents, qu'il reconnut ensuite par une inscription. Chaque temple symbolise la culture et les croyances égyptiennes, mais Karnak le fait en grandes lettres et, littéralement, par des inscriptions. Des milliers d'années d'histoire peuvent être lues sur les murs et les colonnes du temple de Karnak.

Hatchepsout (1479 - 1458 av. JC) contribua à la construction de Karnak comme tous les autres souverains, mais elle commanda également des bâtiments d'une telle beauté et d'une telle splendeur que les rois suivants les revendiquèrent. L'un de ses plus grands édifices est le temple mortuaire de Deir el-Bahri, près de Louxor, qui intègre tous les aspects de l'architecture des temples du Nouvel Empire à grande échelle: un débarcadère au bord de l'eau, des mâts de drapeau (reliques du passé), des pylônes, des avant-cours, des salles hypostyles et un sanctuaire. Le temple est construit en trois niveaux atteignant 29,5 mètres et les visiteurs sont toujours émerveillés par l'édifice à l'heure actuelle.

Amenhotep III (1386 - 1353 av. JC) construisit tellement de monuments dans toute l'Égypte que les premiers historiens lui attribuèrent un règne exceptionnellement long. Amenhotep III commandéa plus de 250 bâtiments, des monuments, des stèles et des temples. Son complexe mortuaire était gardé par les Colosses de Memnon, deux figures de 21,3 m de haut et pesant chacune 700 tonnes. Son palais, connu aujourd'hui sous le nom de Malkata, s'étendait sur 30 000 mètres carrés (30 hectares) et il était décoré et meublé de manière élaborée dans les salles du trône, les appartements, les cuisines, les bibliothèques, les salles de conférence, les salles des fêtes et toutes les autres pièces.

Colossi of Memnon, Luxor
Colosses de Memnon, Louxor
Przemyslaw (CC BY-SA)

Bien qu'Amenhotep III soit célèbre pour son règne opulent et ses projets de construction monumentaux, le pharaon Ramsès II (1279 - 1213 av. JC) est encore plus connu. Malheureusement, c'est en grande partie parce qu'il est si souvent assimilé au pharaon sans nom du livre biblique de l'Exode et que son nom est devenu reconnaissable grâce aux adaptations cinématographiques de l'histoire et à la répétition incessante de la phrase de l'Exode 1:11 selon laquelle des esclaves hébreux construisirent ses villes de Pithôm et Pi-Ramsès.

Cependant, bien avant que l'auteur de l'Exode n'écrive son histoire, Ramsès II était célèbre pour ses exploits militaires, son règne efficace et ses magnifiques projets de construction. Sa ville de Pi-Ramsès (« Cité de Ramsès ») en Basse-Égypte fut largement encensée par les scribes égyptiens et les visiteurs étrangers, mais son temple d'Abou Simbel est son chef-d'œuvre. Le temple, taillé dans de solides falaises rocheuses, mesure 30 mètres de haut et 35 mètres de long. Quatre colosses assis flanquent l'entrée, deux de chaque côté, représentant Ramsès II sur son trône, chacun mesurant 20 mètres de haut. Sous ces figures géantes se trouvent de plus petites statues (toujours plus grandes que nature) représentant les ennemis conquis par Ramsès, les Nubiens, les Libyens et les Hittites. D'autres statues représentent les membres de sa famille et divers dieux protecteurs et symboles de pouvoir. En passant entre les colosses, par l'entrée centrale, l'intérieur du temple est décoré de gravures montrant Ramsès et Néfertari rendant hommage aux dieux.

The Small Temple, Abu Simbel
Le petit temple, Abou Simbel
Dennis Jarvis (CC BY-SA)

Abou Simbel est parfaitement aligné avec l'est de sorte que, deux fois par an, le 21 février et le 21 octobre, le soleil brille directement dans le sanctuaire intérieur pour éclairer les statues de Ramsès II et du dieu Amon. Voilà un autre aspect de l'architecture de l'Égypte ancienne qui caractérise la plupart, sinon la totalité, des grands temples et des monuments: l'alignement céleste. Des pyramides de Gizeh au temple d'Amon à Karnak, les Égyptiens orientaient leurs bâtiments en fonction des points cardinaux et des événements célestes. Le nom égyptien d'une pyramide était Mer, ce qui signifie «lieu d'ascension» (le nom «pyramide» vient du mot grec pyramis qui signifie «gâteau de blé», ce à quoi ressemblaient ces structures), car on pensait que la forme de la structure elle-même permettait au roi mort de s'élever vers l'horizon et d'entamer plus facilement la phase suivante de son existence dans l'au-delà. De la même manière, les temples étaient orientés pour inviter le dieu à pénétrer dans le sanctuaire intérieur et, bien sûr, lui donner accès pour remonter jusqu'à son royaume supérieur.

Période tardive et dynastie ptolémaïque

Le Nouvel Empire déclina à mesure que les prêtres d'Amon à Thèbes acquérirent plus de pouvoir et de richesse que le pharaon, tandis que l'Égypte était dirigée par des rois de plus en plus faibles. À l'époque du règne de Ramsès XI (vers 1107 - 1077 av. JC), le gouvernement central de Pi-Ramsès était complètement inefficace et les grands prêtres de Thèbes détenaient tout le pouvoir réel.

La période tardive de l'Égypte ancienne est caractérisée par les invasions des Assyriens et des Perses avant l'arrivée d'Alexandre le Grand en 331 av. JC. On dit qu'Alexandre conçut lui-même la ville d'Alexandrie et il laissa ses subordonnés la construire pendant qu'il poursuivait ses conquêtes. Alexandrie devint le joyau de l'Égypte pour sa magnifique architecture et elle devint un grand centre de culture et d'apprentissage. L'historien Strabon (63 av. JC - 21 ap. JC) en fit l'éloge lors d'une de ses visites :

La ville possède de magnifiques enceintes publiques et des palais royaux qui couvrent un quart ou même un tiers de la superficie totale. En effet, alors que chacun des rois, par amour du faste, ajoutait quelque ornement aux monuments publics, il se dotait à ses frais d'une résidence en plus de celles qui existaient déjà (1).

Lighthouse of Alexandria Illustration
Illustration du phare d'Alexandrie
Prof. H. Thiersch (Public Domain)

Alexandrie devint la ville impressionnante dont Strabon fit l'éloge à l'époque de la dynastie ptolémaïque (323 - 30 av. JC). Ptolémée Ier (323 - 285 av. JC) construisit la grande bibliothèque d'Alexandrie et le temple connu sous le nom de Serapeum, qui fut achevé par Ptolémée II (285 - 246 av. JC), qui construisit également le célèbre Phare d'Alexandrie, le grand phare qui était l'une des sept merveilles du monde.

Les premiers souverains de la dynastie ptolémaïque perpétuèrent les traditions de l'architecture égyptienne, en les mêlant à leurs propres pratiques grecques, pour créer des bâtiments, des monuments et des temples impressionnants. La dynastie prit fin avec la mort de la dernière reine, Cléopâtre VII (69 - 30 av. JC), et le pays fut annexé par Rome. L'héritage des architectes égyptiens se perpétue cependant à travers les monuments qu'ils ont laissés. Les imposantes pyramides, les temples et les monuments d'Égypte continuent d'inspirer et d'intriguer les visiteurs d'aujourd'hui. Imhotep et ceux qui l'ont suivi imaginèrent des monuments en pierre qui défieraient le passage du temps et garderaient leur mémoire vivante. La popularité durable de ces structures aujourd'hui récompense cette vision précoce et atteint leur objectif.

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Traducteur

Caroline Martin
Française, ayant vécu au Royaume Uni pendant 20 ans, Caroline Martin est totalement bilingue. Lectrice passionnée depuis son plus jeune âge, elle a développé un amour de l'histoire qui remonte a ses années sur les bancs de l’école. Elle s'intéresse maintenant beaucoup à l'histoire en général et à la géopolitique.

Auteur

Joshua J. Mark
Écrivain indépendant et ex-Professeur de Philosophie à temps partiel au Marist College de New York, Joshua J. Mark a vécu en Grèce et en Allemagne, et a voyagé à travers l'Égypte. Il a enseigné l'histoire, l'écriture, la littérature et la philosophie au niveau universitaire.

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Style APA

Mark, J. J. (2016, septembre 18). Architecture Égyptienne Ancienne [Ancient Egyptian Architecture]. (C. Martin, Traducteur). World History Encyclopedia. Extrait de https://www.worldhistory.org/trans/fr/1-11685/architecture-egyptienne-ancienne/

Style Chicago

Mark, Joshua J.. "Architecture Égyptienne Ancienne." Traduit par Caroline Martin. World History Encyclopedia. modifié le septembre 18, 2016. https://www.worldhistory.org/trans/fr/1-11685/architecture-egyptienne-ancienne/.

Style MLA

Mark, Joshua J.. "Architecture Égyptienne Ancienne." Traduit par Caroline Martin. World History Encyclopedia. World History Encyclopedia, 18 sept. 2016. Web. 04 août 2021.