Hittites

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Définition

Joshua J. Mark
de , traduit par Babeth Étiève-Cartwright
publié le 01 mai 2018
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Disponible dans ces autres langues: anglais, grec, persan, espagnol
Lion Gate at Hattusa (by Carole Raddato, CC BY-SA)
Porte des Lions à Hattusa
Carole Raddato (CC BY-SA)

Les Hittites occupaient l'ancienne région de l'Anatolie (également connue sous le nom d'Asie mineure, la Turquie actuelle) avant 1700 avant J.-C. Ils développèrent une culture apparemment issue du peuple indigène Hatti (et peut-être Hurrien) et étendirent leurs territoires pour former un empire qui rivalisait avec la nation établie qu'était l'Égypte et la menaçait.

Ils sont mentionnés à plusieurs reprises dans le Tanakh hébreu (également connu sous le nom d'Ancien Testament chrétien) en tant qu'adversaires des Israélites et de leur dieu. Selon la Genèse 10, ils étaient les descendants de Heth, fils de Canaan, qui était le fils de Cham, né de Noé (Genèse 10, 1-6). Le nom sous lequel ils sont connus aujourd'hui provient donc de la Bible et des Lettres d'Amarna, en Égypte, qui font référence à un "Royaume de Kheta" identifié aujourd'hui comme le "Royaume de Hatti" (la désignation sous laquelle le pays des Hittites était connu), mais leurs propres documents les appellent Nesili, comme d'autres à l'époque.

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Le contrôle hittite de la région est divisé par les experts modernes en deux périodes :

  • L'Ancien Empire (1700-1500 av. J.-C.)
  • Le Nouvel Empire, également connu sous le nom d'Empire hittite (1400-1200 av. J.-C.)

Entre les deux, il y eut un interrègne qui, pour ceux qui acceptent cette version de l'histoire, est connu sous le nom de moyen Empire. La divergence entre les spécialistes qui reconnaissent l'existence du Moyen Empire et ceux qui ne le reconnaissent pas vient du fait qu'il n'y a pas eu de discontinuité entre l'Ancien et le Nouveau Empire, mais simplement un "âge sombre" de moins de 100 ans dont on sait peu de choses. L'Empire hittite atteignit son apogée sous le règne du roi Suppiluliuma Ier (r. d'environ 1344 à 1322 avant J.-C.) et de son fils Mursilli II (1321-1295 avant J.-C.), après quoi il déclina et, après des attaques répétées des Peuples de la mer et de la tribu Gasgas, tomba aux mains des Assyriens.

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Archéologie et langue

On connaissait peu de choses sur les Hittites, hormis les références bibliques et les documents fragmentaires provenant d'Égypte, jusqu'à la fin du XIXe siècle, lorsque des fouilles commencèrent à Boghaskoy (aujourd'hui Bogazkale, en Turquie), qui était autrefois le site de Hattusa, capitale de l'Empire hittite. L'historien Christopher Scarre décrit Hattusa comme suit

une vaste ville-forteresse s'étendant sur le terrain rocheux, avec des citadelles escarpées et des temples élaborés. Elle est devenue le centre d'un puissant empire qui couvrait non seulement la majeure partie de l'Anatolie mais s'étendait aussi parfois loin au sud, en Syrie et au Levant (206).

Hattusa avait été fondée à l'origine par les Hatti en 2500 avant J.-C., et leur culture servit peut-être de base à celle des Hittites.

Hattusa avait été fondé à l'origine par les Hatti (une tribu autochtone d'Anatolie) en 2500 avant J.-C., et leur culture servit peut-être de base à celle des Hittites. Ce complexe très important et ceux qui l'avaient construit, ainsi que leur vaste empire, restèrent cependant presque inconnus jusqu'à ce que leurs écrits ne soient découverts, d'abord par le missionnaire irlandais William Wright en 1884, puis par l'archéologue allemand Hugo Winckler en 1906.

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En 1912, Winckler "avait récupéré 10 000 tablettes d'argile dans les archives royales hittites" (Scarre & Fagan, 206). Ces tablettes, sur lesquelles ils avaient inscrit leur histoire et leurs transactions, furent déchiffrées assez rapidement. L'historien Erdal Yavuz décrit le processus de déchiffrement dans un exemple (bien que d'autres savants aient contribué à la compréhension de l'écriture hittite, notamment Archibald Sayce, pour n'en citer qu'un) :

Bedrich Hrozny, 1879-1952, un professeur tchèque de l'Université de Vienne, a déchiffré en 1916 la langue hittite. Le point de départ était une phrase sur une inscription en cunéiforme : `Nu Ninda-An Ezzateni, Vatar-Ma Ekuteni'. Comme de nombreux mots babyloniens étaient inclus dans les textes hittites, l'indice était fourni par le mot babylonien "ninda", qui signifie "nourriture" ou "pain". Hrozny s'est posé une question simple : Que fait-on avec de la nourriture ou du pain ? La réponse, bien sûr, était qu'on le mange. Donc le mot `ezzateni' doit être lié au fait de manger. Et le suffixe "an" de "ninda" doit être un marqueur d'objet direct. Avec ces deux propositions en main, Hrozny a examiné à la fois le vocabulaire et la grammaire des langues indo-européennes. Il a remarqué que le verbe manger est similaire au hittite `ezza' - non seulement en anglais, mais aussi en grec (edein), en latin (edere) et en allemand (essen), et surtout en allemand médiéval (ezzan). Si cela était vrai, la deuxième ligne de l'inscription ne posait pas de problème, puisqu'elle commençait par le mot "vatar", qui pouvait facilement être traduit par "eau" en anglais ou "wasser" en allemand. Hrozny a proposé de lire l'ensemble de la phrase comme suit : " Maintenant, le pain tu manges, l'eau tu bois ", ce qui s'est avéré exact pour l'ensemble de la langue hittite. Elle était d'origine indo-européenne. (1)

Hittite Empire c. 1300 BCE
Empire hittite vers 1300 avant notre ère
DBachmann (CC BY-SA)

Une fois le travail de Hrozny publié, cependant, il clarifia mais aussi obscurcit l'histoire des Hittites. Il y avait depuis longtemps une théorie acceptée parmi les spécialistes de l'histoire ancienne selon laquelle l'Inde avait été envahie par le nord par des Indo-Européens connus sous le nom d'Aryens (la soi-disant "invasion aryenne") et que, quelque part, il existait une patrie d'où ces envahisseurs étaient descendus en Inde. Les textes découverts par Winckler semblaient corroborer cette théorie.

Comme il n'y avait aucune preuve que les langues indo-européennes étaient connues en Anatolie à cette époque, il fut postulé qu'il devait y avoir eu une sorte d'invasion et, très probablement, de la même patrie mystérieuse d'où la prétendue invasion de l'Inde avait été lancée. L'historien Marc van de Mieroop aborde cette situation en écrivant :

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Sous l'influence d'une idée dépassée du XIXe siècle selon laquelle il existait une patrie indo-européenne quelque part au nord de l'Inde, les chercheurs se sont attachés à trouver des preuves d'une invasion. Cette recherche est cependant futile. Il n'y a aucune raison de supposer que les locuteurs des langues indo-européennes n'ont pas toujours été présents en Anatolie, et nous ne pouvons pas non plus affirmer qu'ils auraient constitué un groupe clairement identifiable au deuxième millénaire. Nous ne pouvons que constater que lorsque les sources textuelles nous renseignent sur les langues utilisées en Anatolie, certaines personnes parlaient des langues indo-européennes, d'autres non. (119)

L'ancien Royaume hittite est attesté pour la première fois par la mise à sac de Hattusa par le roi hittite Anitta du royaume de Kussara en 1700 avant J.-C.

L'ancien royaume

L'Ancien royaume hittite (1700-1500 av. J.-C.) est attesté pour la première fois par le sac de Hattusa par le roi hittite Anitta du royaume voisin de Kussara en 1700 avant J.-C.. Hattusa était la puissante cité des Hatti depuis 2500 avant J.-C. et, longtemps après que les Hittites eurent conquis la ville et dominé la région, on l'appelait encore "le pays des Hatti". La ville repoussa les attaques de Sargon le Grand d'Akkad (2334-2279 av. J.-C.) et de son petit-fils Naram-Sin (2261-2224 av. J.-C.), mais elle tomba aux mains du roi Anitta qui brûla la ville, la maudit et maudit quiconque tenterait de la reconstruire.

Peu de temps après sa destruction, cependant, elle fut reconstruite par un autre roi de Kussara, Hattusili I, dont le nom signifie "Celui de Hattusa". Comme Hattusili semble avoir été auparavant connu sous le nom de "l'homme de Kussara", certains chercheurs affirment qu'il prit son nouveau nom après avoir reconstruit la ville, comme une expression symbolique de la nouvelle proéminence de Hattusa sur Kussara (bien que cette affirmation ait été contestée par d'autres chercheurs). En raison du manque de preuves primaires, il est impossible de déterminer quand et pourquoi il prit ce nom, mais il est clair que Hattusili Ier fonda le royaume des Hittites.

Syrian Lion Statue
Statue du lion syrien
Verity Cridland (CC BY-SA)

Selon le document antique L'Édit de Télépinu (XVIe siècle av. J.-C.), Hattusili était un grand guerrier qui avait conquis une vaste région. Un compte-rendu de son règne dans l'Édit raconte, en partie :

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Par la suite, Hattusili était roi, et ses fils, ses frères, ses beaux-parents, les membres de sa famille et ses troupes étaient tous unis. Partout où il partait en campagne, il contrôlait les terres ennemies par la force. Il détruisit les terres l'une après l'autre, leur enleva leur puissance et en fit les frontières de la mer. Cependant, lorsqu'il revint de campagne, chacun de ses fils partit quelque part dans un pays, et sous sa main, les grandes villes prospérèrent. Mais, lorsque plus tard les serviteurs des princes se corrompirent, ils commencèrent à dévorer les propriétés, conspirèrent constamment contre leurs maîtres, et commencèrent à verser leur sang. (Van de Mieroop, 120)

Ce passage est interprété comme signifiant que Hattusili avait établi un royaume unifié avec le soutien de sa famille élargie mais, une fois cet objectif atteint, ses fils se rebellèrent contre lui en utilisant les ressources des régions à la tête desquelles il les avait placés. La référence aux "serviteurs de la princesse" a été interprétée comme désignant soit les fils de Hattusili, soit les ministres et conseillers de ces fils qui se sont révoltés contre leur pouvoir légitime. Que ces fils aient été assassinés ou qu'ils aient été les agents de la rébellion, ils ne sont pas mentionnés dans la succession.

Sur son lit de mort, Hattusili choisit son petit-fils, Mursilli, comme héritier. Van de Mieroop écrit : "Le règne du nouveau roi est mal connu, mais les sources laconiques mentionnent deux actes extrêmement importants : les destructions d'Alep et de Babylone. Ses opérations militaires ne furent cependant pas suivies d'une occupation" (121). Contrairement à son grand-père, Mursilli semble avoir mené des raids sur d'autres royaumes uniquement pour le butin à saisir et non pour ajouter leurs terres et leurs ressources à son propre royaume. L'Édit de Telepinu fait état de son règne :

Lorsque Mursilli était roi à Hattusa, ses fils, ses frères, ses beaux-parents, les membres de sa famille et ses troupes étaient tous unis. Il contrôlait les terres ennemies par la force, leur enlevait leur pouvoir, et en fit les frontières de la mer. Il se rendit à la ville d'Alep, détruisit Alep et emmena les déportés d'Alep et ses biens à Hattusa. Ensuite, il alla à Babylone et la détruisit. Il emmena les déportés de Babylone et ses biens à Hattusa. Hantili était échanson et il avait pour épouse Harapshili, la sœur de Mursilli. Zidanta vola même Hantili et ils commirent une mauvaise action : ils tuèrent Mursilli et versèrent son sang. (Van de Mieroop, 120)

Hantili était le beau-frère de Mursilli. Zidanta était le gendre de Hantili. Ils conspirèrent pour assassiner Mursilli et s'emparer du trône, ce qu'ils réussirent à faire. Hantili régna ensuite en tant que roi pendant environ 30 ans (c. 1526-1496 av. J.-C.) mais semble avoir accompli peu de choses durant cette période. Zidanta, fatigué de voir Hantili profiter de la royauté sans faire grand-chose d'autre, l'assassina et tua ses héritiers. Zidanta devint ensuite roi après Hantili et régna pendant dix ans, également sans histoire, jusqu'à ce qu'il ne soit assassiné par son fils Ammuna. Ammuna régna pendant 20 ans (1486-1466 av. J.-C.) et, pendant cette période, il s'avéra être un roi pire que ses trois prédécesseurs.

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Le vaste royaume qu'Hattusili avait créé s'effondra, car de plus en plus de régions se rebellèrent contre le pouvoir central.

Le vaste royaume qu'Hattusili avait créé s'effondra alors que de plus en plus de régions se rebellaient contre un pouvoir central, et Ammuna ne fit rien pour arrêter l'insurrection ou apaiser les territoires de quelque manière que ce soit. Ammuna mourut, apparemment, de causes naturelles et fut remplacé par un fils d'une épouse inférieure, Huzziya (connu sous le nom de Huzziya I) qui assassina les deux fils légitimes aînés d'Ammuna afin de prendre le trône.

Huzziya régna de façon déplorable pendant cinq ans jusqu'à ce qu'il ne soit déposé en 1460 avant J.-C. par un fils (ou gendre) plus jeune d'Ammuna nommé Télépinu qui le bannit du royaume (il fut assassiné par la suite). Télépinu fit de son mieux pour redonner au royaume sa gloire d'antan, mais à ce moment-là, il n'y avait plus grand-chose à faire. Il est surtout connu pour l'Édit de Télépinu, qui relate l'histoire et la gloire passée des Hittites et déplore le triste état dans lequel se trouvait le royaume à son époque. Télépinu fut le dernier roi de l'Ancien Empire et, après son édit, l'histoire des Hittites entra dans un "âge sombre" dont on sait peu de choses.

Hittite Relief of Musicians
Relief hittite de musiciens
Osama Shukir Muhammed Amin (Copyright)

La vie quotidienne et la culture des Hittites sont tout aussi mystérieuses, car les inscriptions qui ont été déchiffrées concernent principalement les rois et leurs campagnes. On sait que les Hittites écrivaient en utilisant l'écriture akkadienne mais dans leur propre langue indo-européenne (c'est ce qui rendit le déchiffrage des tablettes si difficile, car les spécialistes de l'akkadien pouvaient lire les mots mais ne pouvaient pas les comprendre) et utilisaient des sceaux cylindriques pour signer les documents et marquer les propriétés, comme le faisaient les gens dans toute la Mésopotamie, ce qui suggère pour certains chercheurs un lien clair entre les deux cultures.

Dans le même temps, cependant, l'akkadien était la lingua franca de l'époque, et Sumer (sud de la Mésopotamie) était depuis longtemps en contact par le biais du commerce avec les Hattis, et il semble donc plus probable que la culture mésopotamienne ait influencé les Hattis, et non les Hittites, et que ces derniers se soient appropriés la culture hattienne par la conquête. Les détails de la vie et de la culture hittites qui ont été mis au jour semblent être de légères variations de celles des Hattis. La nature précise de la relation entre les deux peuples reste cependant peu claire, en raison du manque de sources primaires et, comme mentionné, de l'accent mis par les documents sur les activités des dirigeants plutôt que sur l'histoire du peuple.

Le Nouveau Royaume

L'histoire des Hittites reprend avec ce qu'on appelle le Nouvel Empire (1400-1200 av. J.-C.), également connu sous le nom d'Empire hittite. Bien qu'il y ait eu des rois hittites avant lui (comme Tudhaliya Ier et Tudhaliya II), cette histoire commence réellement avec le roi Suppiluliuma Ier qui monta sur le trône vers 1344 avant J.-C. L'historien Erdal Yavuz écrit :

Le roi hittite Suppiluliuma a dominé l'histoire du Moyen-Orient au cours du 14e siècle avant J.-C., bien que les dates de son règne soient sujettes à caution. On pensait initialement qu'il était monté sur le trône vers 1380 et qu'il avait régné pendant environ quatre décennies. Au cours des premières années de son règne, Suppiluliuma a consolidé la patrie hittite et amélioré les défenses de Hattusa. Les murs de la ville, considérablement étendus, furent construits, enfermant une zone de plus de 120 hectares. L'Empire hittite commence à s'étendre vers le sud-est et la plupart des villes du nord de la Syrie se soumettent [au règne de Suppiluliuma]. (3)

Hittite War Chariots
Chariots de guerre hittites
Amplitude Studios (Copyright)

Sous le règne de Suppiluliuma, le vaste royaume de Mittani fut réduit à un État vassal hittite et la région fertile du Levant, y compris d'importantes villes portuaires comme Byblos, fut reprise aux Égyptiens. Des lettres de Suppiluliuma aux pharaons Amenhotep III et son successeur Akhenaton sont conservées dans les Lettres d'Amarna, dont l'une concerne le Mitanni. L'Égypte était auparavant un allié solide des Mittani, et le retrait du soutien d'Amenhotep III au roi Mittani Tushratta laissa Suppiluliuma Ier libre d'agir à sa guise dans la région.

Suppiluliuma Ier avait récemment conquis la région de la Syrie et manifesté clairement son soutien à un rival au trône du Mitanni ; l'Égypte, craignant la force de l'armée hittite, retira alors son soutien à Tushratta. Sous le règne d'Akhenaton, Suppiluliuma Ier continua d'étendre son empire en prenant à l'Égypte des royaumes et des États vassaux, comme Byblos, sans grand effort. Après la mort d'Akhenaton, son fils Toutânkhamon monta sur le trône d'Égypte et envoya le général Horemheb contre les Hittites pour tenter d'enrayer leur ascension ; ces campagnes furent toutefois largement vouées à l'échec car l'armée hittite s'était renforcée alors que l'armée égyptienne avait décliné.

Lorsque Toutânkhamon mourut subitement en 1327 avant J.-C., sa veuve-reine Ânkhésenamon écrivit à Suppiluliuma Ier pour lui demander de lui envoyer un de ses fils à marier, car elle ne pouvait pas supporter d'épouser un serviteur, ne pouvait pas régner seule et n'avait pas de fils pour monter sur le trône. C'était une demande sans précédent de la part d'une reine d'Égypte et, après s'être assuré de la légitimité du message, Suppiluliuma Ier envoya son fils Zananza en Égypte pour l'épouser et devenir pharaon. Zananza n'atteignit cependant jamais les frontières de l'Égypte, car il fut assassiné (très probablement par le général égyptien Horemheb ou le vizir Ay) afin d'empêcher un étranger de régner en Égypte. Après le meurtre de son fils, Suppiluliuma Ier concentra ses campagnes militaires encore plus directement contre l'Égypte et conquit le reste du Levant.

Hittite War Chariot
Chariot de guerre hittite
Karen Barrett-Wilt (CC BY-NC-SA)

Suppiluliuma Ier mourut de la peste qui s'était répandue dans la région en 1322 avant notre ère. On pense que les captifs égyptiens qu'il avait ramenés comme esclaves de ses conquêtes avaient transporté la peste avec eux à Hattusa. Suppiluliuma Ier fut remplacé par son fils Arnuwanda II qui mourut également de la peste et fut remplacé par son frère cadet Mursilli II. Arnuwanda II avait été personnellement préparé au trône par Suppiluliuma I, tandis que Mursilli II avait peu d'expérience et était considéré comme un enfant. Aucun des rois des régions environnantes ne prit le jeune monarque au sérieux lorsqu'il monta sur le trône en 1321 avant J.-C., mais, comme ils allaient bientôt le constater, ce fut une erreur.

Muwatalli II (1295-1272 av. J.-C.) est surtout connu pour avoir affronté Ramsès le Grand d'Égypte à la bataille de Qadech.

Mursilli II avait plus appris de son père qu'on ne le pensait et s'attela rapidement à la conquête de tribus qui s'étaient longtemps révélées problématiques (comme les Gasgas). Il sécurisa d'abord les frontières de l'Empire hittite, puis les étendit. Après un règne de 25 ans, il mourut et laissa le trône à son fils Muwatalli II (1295-1272 av. J.-C.), surtout connu pour avoir affronté Ramsès le Grand de la 19e dynastie égyptienne à la bataille de Qadech.

Mursilli III, qui ne régna que cinq ans, succéda à son père Muwatalli II. Le frère de Muwatalli II, Hatusilli III, est surtout connu pour sa participation au premier traité de paix au monde, le traité de Qadech, entre les Hittites et les Égyptiens en 1258 avant J.-C.

En 1237 avant J.-C., Hatusilli III mourut et le pouvoir passa à son fils Tudhaliya IV. À cette époque, les Assyriens gagnaient en puissance et, en 1230 avant notre ère, contestaient la souveraineté des Hittites pour le contrôle de la région qui appartenait auparavant au Mitanni. À la bataille de Nihriya, vers 1245 avant J.-C., les forces de Tudhaliya IV furent vaincues par l'armée assyrienne, ce qui marqua le début du déclin de l'Empire hittite. Yavuz écrit :

Une masse d'attaques provenant [d'un peuple d'origine inconnue] connu sous le nom de "peuples de la mer" a détruit une grande partie de l'Asie mineure, y compris l'État hittite, vers 1200 avant notre ère et, après cela, les Hittites n'ont plus jamais pu restaurer leur État (4).

Le dernier roi de l'Empire hittite était Suppiluliuma II, célèbre pour son rôle dans la première bataille navale de l'histoire écrite en 1210 avant J.-C., dans laquelle la flotte hittite fut victorieuse des Chypriotes. Cependant, cette victoire fut l'exception, plutôt que la règle, du règne de Suppiluliuma II, et la puissance croissante des Assyriens, combinée aux raids répétés des Peuples de la Mer et de la tribu Gasga, qui s'était à nouveau soulevée, ébranla la stabilité de l'empire jusqu'à son éclatement. Hattusa fut saccagée par les Gasgas en 1190 avant J.-C. et brûlée. On pense que Suppiluliuma II mourut dans cet engagement. Christopher Scarre écrit :

L'apogée de la puissance hittite eut lieu sous le règne du roi Suppiluliuma I, lorsque ses armées rivalisèrent avec l'Égypte et le Mitanni pour le contrôle du Levant [et] l'empire hittite s'effondra vers 1200 avant J.-C., se dissolvant au sud des monts Taurus en de puissantes cités-états néo-hittites qui furent absorbées par l'empire assyrien au neuvième siècle avant J.-C. (215).

Les Assyriens détruisirent tout ce qu'ils ne pouvaient pas utiliser de l'empire hittite et marquèrent la région de leur propre culture et valeurs. La région était encore connue comme "le pays des Hatti" jusqu'en 630 avant J.-C., même si, à cette époque, les gens ne se souvenaient plus des Hatti ni des rois hittites et de leurs exploits.

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Traducteur

Babeth Étiève-Cartwright
Babeth s'est consacrée à la traduction après avoir enseigné l'anglais au British Council de Milan. Elle parle couramment le français, l'anglais et l'italien et a 25 ans d'expérience dans le domaine de l'éducation. Elle aime voyager et découvrir l'histoire et le patrimoine d'autres cultures.

Auteur

Joshua J. Mark
Auteur indépendant et ex-Professeur de Philosophie à temps partiel au Marist College de New York, Joshua J. Mark a vécu en Grèce et en Allemagne, et a voyagé à travers l'Égypte. Il a enseigné l'histoire, l'écriture, la littérature et la philosophie au niveau universitaire.

Citer cette ressource

Style APA

Mark, J. J. (2018, mai 01). Hittites [The Hittites]. (B. Étiève-Cartwright, Traducteur). World History Encyclopedia. Extrait de https://www.worldhistory.org/trans/fr/1-163/hittites/

Style Chicago

Mark, Joshua J.. "Hittites." Traduit par Babeth Étiève-Cartwright. World History Encyclopedia. modifié le mai 01, 2018. https://www.worldhistory.org/trans/fr/1-163/hittites/.

Style MLA

Mark, Joshua J.. "Hittites." Traduit par Babeth Étiève-Cartwright. World History Encyclopedia. World History Encyclopedia, 01 mai 2018. Web. 08 févr. 2023.

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