Mitanni

Définition

Joshua J. Mark
de , traduit par Babeth Étiève-Cartwright
publié le 29 novembre 2021
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Disponible dans ces autres langues: anglais, arabe, grec, italien, persan, espagnol, Turc
The Mitanni Empire, c. 1500-1300 BCE (by Simeon Netchev, CC BY-NC-SA)
L'Empire du Mitanni, vers 1500-1300 avant notre ère
Simeon Netchev (CC BY-NC-SA)

Le royaume de Mitanni (ou Mitani), connu des habitants du pays et des Assyriens sous le nom de Hanigalbat et des Égyptiens sous les noms de Naharin et Metani, s'étendait autrefois de l'actuel nord de l'Irak à la Turquie, en passant par la Syrie, et comptait parmi les plus grandes nations de son temps, bien qu'il soit aujourd'hui largement oublié.

Il existe peu de documents sur le peuple lui-même, mais la correspondance entre les rois de Mitanni et ceux d'Assyrie et d'Égypte (les lettres d'Amarna), ainsi que le plus ancien manuel d'entraînement de chevaux au monde et un traité entre les Mitanni et les Hittites, témoignent d'une nation prospère qui s'épanouit entre 1500 et 1240 avant notre ère. En 1350 avant notre ère, le Mitanni était suffisamment puissant pour figurer dans le club des grandes puissances aux côtés de l'Égypte, du royaume du Hatti, de la Babylonie et de l'Assyrie.

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À partir du 14e siècle avant notre ère, les incursions assyriennes affaiblirent le royaume de Mitanni, le roi assyrien AsSur-Uballit Ier (r. de 1365 à 1330 av. J.-C.) annexant d'importants territoires. Les conflits de succession au sein de la royauté mitannienne ajoutèrent aux difficultés du royaume, et ce manque d'unité fit de Mitanni une proie facile pour les Hittites sous le règne de leur roi Suppiluliuma Ier (r. d'environ 1344 à 1322 av. J.-C.), qui déporta de larges segments de la population et les remplaça par des Hittites.

Le roi assyrien Adad-nerari Ier (r. d'environ 1307 à 1275 av. J.-C.) s'empara de la région et, une fois de plus, déporta des segments de la population et les remplaça par des sujets assyriens. Son fils et successeur, Salmanazar Ier, acheva la conquête du Mitanni vers 1250 avant notre ère, et son fils, Tukulti-Ninurta Ier (r. d'environ 1244 à 1208 av. J.-C.), battit les Hittites à la bataille de Nihriya vers 1245 avant notre ère, les éliminant en tant que puissance dans la région et anéantissant le royaume de Mitanni, désormais très réduit, qui devint alors partie intégrante de l'Empire assyrien.

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Peuple de Mitanni et nom

Le royaume de Mitanni régna sur la région nord de l'Euphrate et du Tigre entre 1475 et 1275 avant notre ère.

Le royaume de Mitanni régna sur la région nord de l'Euphrate et du Tigre entre 1475 et 1275 avant notre ère. Les premiers habitants de la région ont été présentés tantôt comme des Indo-Iraniens migrateurs, tantôt comme des Indo-Aryens, et ils ont même été associés aux Hyksôs sémites, mais leur appartenance ethnique continue d'être débattue. Les chercheurs ont tenté de les identifier à l'un ou l'autre groupe en se basant sur les noms des divinités invoquées dans un traité avec les Hittites, mais les Indo-Aryens et les Indo-Iraniens (qui faisaient autrefois partie de la même bande migratoire venue d'Asie centrale) vénéraient des dieux tels qu'Indra, Mithra et Varuna, entre autres.

On pense que la classe dirigeante était composée de guerriers connus sous le nom de Maryannu, ce qui donna au royaume son nom Mitanni lorsque les Égyptiens le traduisirent par "Naharin" puis "Metani". Les Assyriens connaissaient le royaume sous le nom de Hanigalbat (également connu sous le nom de Khanigalbat, Hani-Rabbat), et les Hittites désignaient le peuple sous le nom de Hurri et leur territoire sous le nom de terre des Hurri et de terre des Hourrites, de sorte que la plupart des spécialistes modernes s'accordent à dire qu'il s'agissait de Hourrites. Ils utilisaient la langue de la population locale, qui était à l'époque une langue non indo-iranienne, le hourrite. L'universitaire Gwendolyn Leick écrit:

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La population de Mitanni était majoritairement hourrite, mais les élites dirigeantes étaient des guerriers indo-européens qui s'appelaient eux-mêmes Mariannu et qui vénéraient des divinités portant des noms védiques tels qu'Indar, Uruwana et les Devas. Cette élite se maria avec la population locale, comme en témoignent les noms de leurs enfants. (120)

La capitale du Mitanni était Wassukanni, située sur le cours supérieur de la rivière Khabour, un affluent de l'Euphrate. Le nom "Wassukanni" est similaire au mot kurde bashkani, bash signifiant "bon" et kanî signifiant "puits" ou "source", et est donc traduit par "source de bien" mais aussi par "source de richesse". Certains chercheurs ont affirmé que l'ancienne ville de Sikan avait été construite sur le site de Wassukanni et que ses ruines pourraient se trouver sous le monticule de Tell el Fakhariya près de Gouzana en Syrie.

Clay Tablet Inscribed in Hurrian
Tablette d'argile avec inscription hourrite
The British Museum (Copyright)

Cependant, comme il existe peu de documents écrits provenant du peuple lui-même, toute discussion sur le royaume de Mitanni implique une grande part de spéculation. On sait ce que faisaient les rois de ce peuple et quelles étaient les relations qu'ils entretenaient avec les autres nations, mais on ne sait rien de leur vie quotidienne et de leurs croyances religieuses. Il est clair, cependant, qu'ils constituaient une puissance considérable au Proche-Orient à partir de 1500 avant notre ère.

Le grand royaume

À son apogée, le royaume de Mitanni contrôlait les routes commerciales qui descendaient le Khabour jusqu'à Mari et remontaient l'Euphrate jusqu'à Karkemish. Il contrôlait également le cours supérieur du Tigre et sa source à Ninive. Leurs alliés comprenaient Kizzuwatna dans le sud-est de l'Anatolie, Mukish, qui s'étendait entre Ougarit et Qatna à l'ouest de l'Oronte jusqu'à la mer, et Niya qui contrôlait la rive est de l'Oronte depuis Alalakh jusqu'à Qatna et Kadesh dans l'actuelle Syrie, en passant par Alep, Ebla et Hama.

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The Ancient Near East c. 1500-1300 BCE
Le Proche-Orient ancien vers 1500-1300 avant notre ère
Simeon Netchev (CC BY-NC-SA)

À l'est, les Mitanni entretenaient de bonnes relations avec les Kassites de langue hourrite dont le territoire correspond à l'actuel Kurdistan. Les terres des Mitanni au nord de la Syrie bordaient l'Anatolie orientale à l'ouest et s'étendaient à l'est jusqu'à Nuzi (l'actuelle Kirkouk, Irak) et le Tigre à l'est. Au sud, il s'étendait d'Alep à Mari sur l'Euphrate à l'est. Toute la région était fertile et permettait une agriculture sans irrigation artificielle. Les troupeaux de bovins, d'ovins, de chevaux et de chèvres étaient élevés et les Mitanni étaient des cavaliers et des conducteurs de chars renommés.

On rapporte qu'ils furent les innovateurs à l'origine du développement du char de guerre léger avec des roues à rayons plutôt que des roues en bois massif, comme celles utilisées par les Sumériens, afin que les chars soient plus rapides et plus faciles à manœuvrer. Les fouilles des archives hittites de Hattusa, près de l'actuelle Boğazkale (Turquie), ont permis de découvrir le plus ancien manuel de dressage de chevaux au monde. L'ouvrage fut rédigé en 1345 avant notre ère sur quatre tablettes et contient 1080 lignes écrites par un dresseur de chevaux mitanni nommé Kikkuli, commençant par les mots "Ainsi parle Kikkuli, maître dresseur de chevaux du pays de Mitanni" et décrivant de manière exhaustive les bonnes méthodes de dressage des chevaux.

Rois de Mitanni

On sait peu de choses sur les premiers rois de Mitanni en raison de la destruction ultérieure de la culture par les Assyriens, mais les noms des premiers souverains sont connus grâce aux correspondances avec d'autres pays. Au XVIe siècle avant notre ère, les rois les plus importants semblent avoir été Kirta, son fils Shuttarna Ier et Barratarna (également connu sous le nom de Parshatatar). Le roi Shaushtatar (r. vers 1430 av. J.-C.) étendit les frontières du Mitanni en conquérant Alalakh, Nuzi, Assur et Kizzuwatna. L'Égypte, sous Thoutmosis III (r. de 1479 à 1425 av. J.-C.), battit les Mitanni à Alep après une longue période de conflit pour le contrôle de la région de Syrie.

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Sous Shuttarna II, le Mitanni atteignit l'apogée de sa puissance et de son prestige et figurait dans le club des grandes puissances.

Le roi du Mitanni, Artatama Ier, régna à l'époque du pharaon égyptien Amenhotep II (1425-1400 av. J.-C.) et de Thoutmosis IV (1400-1390 av. J.-C.), mais on ne sait pas grand-chose de lui, si ce n'est qu'il tenta de conclure des traités avec l'Égypte par le biais de mariages. Son fils, Shuttarna II, arrangea le mariage de sa fille, Kilu-Hepa, avec Amenhotep III (r. de 1391 à 1353 av. J.-C.), renforçant ainsi les relations et aidant le Mitanni à consolider son pouvoir et à sécuriser ses frontières.

Sous Shuttarna II, Mitanni atteignit l'apogée de sa puissance et de son prestige et figurait sur la liste du "Club des grandes puissances" (également appelé "Club des grandes puissances"). Il s'agit d'une désignation moderne des nations les plus puissantes de la région, notamment l'Égypte, la Babylonie et le royaume des Hatti (Hittites) d'Anatolie, qui interagissaient les unes avec les autres par le biais du commerce et des alliances.

Training Horses Tablet from Hattusa
Tablette sur le dressage des chevaux de Hattusa
Osama Shukir Muhammed Amin (Copyright)

Des traités et des accords commerciaux ont survécu à cette époque et à des périodes ultérieures, mais rien de plus substantiel ne permet de se faire une idée précise de la manière dont le Mitanni fonctionnait en tant que force politique et culturelle dans la région. D'autres civilisations sont bien documentées, mais la façon dont Mitanni interagissait avec elles, et souvent le moment où il le faisait, sont loin d'être certains. Le spécialiste Marc van de Mieroop commente:

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La plus grande difficulté à laquelle nous sommes confrontés est l'incertitude concernant la chronologie. Si nous sommes prudemment confiants quant à l'ordre des souverains et à la durée des règnes dans certains États, les informations sur d'autres rois et royaumes restent très vagues. Ainsi, même l'écriture de l'histoire de l'État de Mitanni, par exemple, pose de grandes difficultés, car nous ne pouvons pas dater les événements en nous basant sur des preuves provenant de l'État lui-même. Nous devons nous fier aux synchronismes avec l'Égypte et le Hatti pour savoir approximativement quand et combien de temps un roi mitanni aurait régné. (130)

L'une des périodes les mieux documentées des rois du Mitanni est celle du règne de Shuttarna II et de son fils Tushratta, uniquement grâce à la correspondance connue sous le nom de Lettres d'Amarna, et même celle-ci est loin d'être complète.

Tushratta et l'arrivée des Hittites

La fille du roi Tushratta, la princesse Taduhepa (également appelée Tadukhipa), fut mariée à Amenhotep III dans le cadre d'un traité visant à rééquilibrer le pouvoir entre les deux nations. Certains chercheurs ont identifié Taduhepa à la célèbre reine égyptienne Néfertiti (c. 1370 à c. 1336 av. J.-C.), épouse du fils d'Amenhotep III, Akhenaton (r. de 1353 à 1336 av. J.-C.) ou à l'épouse mineure d'Akhenaton, Kiya, mais ces affirmations sont généralement rejetées par les chercheurs.

Tushratta envoya une importante dot avec sa fille, dont la statue de la divinité protectrice de Wassukanni, la déesse de la fertilité Sauska. Amenhotep III était malade à cette époque et Sauska, qui présidait également à la guérison, fut envoyée pour soulager son mal, mais aussi, en tant que déesse de l'amour, pour bénir le mariage et renforcer l'union. Une liste des cadeaux figure dans la correspondance entre les deux rois et comprend de l'or, des selles de chevaux et des litières de chameaux somptueusement ornées, des bijoux et des vêtements de luxe.

Amarna Letter Tablet from Tushratta
Tablette d'Amarna, Lettre de Tushratta, de Mittani
Priscila Scoville (CC BY-NC-SA)

Ce traité fut mis à l'épreuve à deux reprises. D'abord, lorsque Tushratta écrivit à Amenhotep III qu'il n'avait pas reçu autant d'or que prévu de l'Égypte dans le cadre du mariage, puis lorsque l'autorité de Tushratta fut remise en cause par un coup d'État dans sa ville natale. Le traité ne survécut pas à cette deuxième épreuve qui donna lieu à une lutte de pouvoir à Wassukanni entre Tushratta et un parent (peut-être son frère), connu sous le nom d'Artatama II. L'Égypte soutint Tushratta dans ce conflit, tandis que le roi hittite Suppiluliuma Ier (r. d'environ 1344 à 1322 av. J.-C.) soutint Artatama II. Le spécialiste Paul Kriwaczek commente:

Les Hittites rivalisaient avec le royaume [de] Mittani qui avait verrouillé le nord de la Mésopotamie depuis la mer à l'ouest jusqu'aux montagnes à l'est, depuis la région d'Alep jusqu'à la région de Kirkouk. (219)

Les Hittites, espérant briser l'emprise des Mitanni sur les routes commerciales, semblent avoir négocié un accord avec Artatama II pour organiser un coup d'État, mais il semble que Tushratta ait eu le soutien de ses nobles et qu'il ait eu la force de l'Égypte derrière lui au début. Tushratta semblait sur le point de réussir lorsque l'Égypte, craignant la puissance croissante des Hittites, lui retira son soutien. Suppiluliuma Ier, fatigué de la diplomatie et désormais libre d'agir à sa guise sans craindre les représailles égyptiennes, mena ses forces sur Wassukanni et la mit à sac. Tushratta fut assassiné par son fils, peut-être dans le but de sauver la ville. Après cette conquête, le Mitanni fut gouverné pendant un certain temps par les Hittites, par l'intermédiaire de rois fantoches qui faisaient avancer leur programme.

Conquête assyrienne du Mitanni

Suppiluliuma Ier divisa l'ancien royaume en deux provinces dont les capitales étaient Alep et Karkemish. Le reste de la région conserva un certain degré d'autonomie, tout en restant un État vassal, et était désigné par les Hittites sous le nom de "Hanigalbat". À un moment donné, la région tomba sous le joug de l'Empire assyrien. La date exacte n'est pas claire, mais elle pourrait se situer sous le règne du roi hittite Mursili II (r. de 1321 à 1295 av. J.-C.) et certainement avant le règne de Tudhaliya IV et la bataille de Nihriya en 1245 av. J.-C., qui marqua le début du déclin de l'empire hittite.

Le roi assyrien Adad-nerari Ier laissa des inscriptions racontant comment un roi hittite arriviste, Shattuara Ier, avait défié sa puissance. Adad-nerari Ier marcha donc sur le Mitanni, écrasa leurs forces dans la bataille et ramena Shattuara Ier enchaîné à Assur où il fut contraint de prêter serment d'allégeance au souverain assyrien. Tout en restant un État autonome, le royaume devait désormais tribut et allégeance à l'Assyrie et n'était plus considéré comme l'égal des autres puissances de la région.

Stone Foundation Document  of King Adad-Nirari I
Pierre de fondation du roi Adad Nirâri Ier
Osama Shukir Muhammed Amin (Copyright)

Le Mitanni fut davantage réduit sous le règne du fils d'Adad-nerari, Salmanazar Ier (r. de 1270 à 1240 av. J.-C.), lorsque le roi Shattuara II de Mitanni se rebella contre l'Assyrie avec l'aide d'une tribu nomade connue sous le nom d'Ahlamu, vers 1250 av. J.-C. Les forces de Shattuara étaient bien organisées, bien armées et avaient occupé tous les cols de montagne et les points d'eau afin de couper l'approvisionnement en eau de l'armée assyrienne et d'entraver gravement ses tentatives de recherche de nourriture.

Malgré cela, affamée et assoiffée, l'armée de Salmanazar remporta une victoire écrasante. Il affirme dans les archives avoir tué 14 400 hommes et les survivants auraient été aveuglés et emportés. Ses inscriptions mentionnent la conquête de neuf temples fortifiés, 180 villes hourrites furent "transformées en monticules de ruines" et Salmanazar "...a massacré comme des moutons les armées des Hittites et des Ahlamu ses alliés...".

Les villes de Taidu (également connue sous le nom de Taite) à Irridu furent capturées (une région qui comprend aujourd'hui le nord de l'Irak jusqu'à la Syrie), ainsi que toute la région de la chaîne du mont Kashiyari jusqu'à la ville d'Eluhat (également connue sous le nom d'Eluhut, qui était située au sud-est de la Turquie actuelle). Une grande partie de la population des régions conquises fut vendue en esclavage et déportée. Le fils de Salmanazar, Tukulti-Ninurta Ier, vainquit les Hittites à Nihriya en 1245, mettant fin à leur contrôle sur la région et absorbant entièrement le Mitanni dans l'Empire assyrien.

Conclusion

Par la suite, le Mitanni fut oublié en tant qu'entité politique jusqu'aux fouilles archéologiques de la région à l'époque moderne et à la découverte des Lettres d'Amarna en 1887. Ces lettres, trouvées sur le site d'el-Amarna en Égypte, sont la correspondance entre les monarques égyptiens et d'autres membres du Club des grandes puissances qui, comme nous l'avons vu, comprenait le Mitanni.

Le royaume de Mitanni continue cependant de poser des problèmes aux historiens et aux archéologues, en raison de sa destruction complète par les Assyriens. Aujourd'hui encore, la plupart des chercheurs ne sont en mesure de fournir qu'un bref aperçu de l'histoire du royaume et de sa culture en se basant sur les maigres documents et artefacts qui ont survécu, tels que les sceaux-cylindres identifiés comme étant ceux du Mitanni. Le chercheur H. J. Kantor, par exemple, écrit:

Parmi les États du deuxième millénaire avant notre ère, le royaume de Mitanni était l'un des plus artificiels et des plus éphémères. Pendant quelques siècles, certaines régions du nord de la Syrie, centrées autour de la vallée du Khabour, qui n'avaient jamais bénéficié d'une union politique indépendante, furent dirigées en une seule unité par un petit groupe de dirigeants, une dynastie de rois aux noms indo-européens, soutenus par une classe de chevaliers. Bien que l'indépendance du Mitanni n'ait été maintenue que par une manipulation adroite de l'équilibre instable des pouvoirs qui caractérisait le monde proche-oriental dans la dernière partie du deuxième millénaire, cet État était parfois assez puissant pour étendre son influence et son hégémonie au-delà de ses propres frontières. (1)

Bien que Kantor parle ensuite des artefacts associés à Mitanni, sa description de l'État lui-même, comme celle d'autres chercheurs, ne donne guère plus qu'un aperçu de ce que Mitanni put être. Même si l'on affirme en savoir plus sur Mitanni aujourd'hui que par le passé, les chercheurs travaillent toujours avec les mêmes informations de base que celles dont ils disposaient à la fin du 19e et au début du 20e siècle. Tant que les archéologues n'auront pas mis au jour d'autres artefacts ou documents, la situation restera inchangée, et les conflits militaires persistants dans la région continuent d'entraver les efforts visant à donner une image plus claire du grand royaume qu'était le Mitanni.

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Bibliographie

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Traducteur

Babeth Étiève-Cartwright
Babeth s'est consacrée à la traduction après avoir enseigné l'anglais au British Council de Milan. Elle parle couramment le français, l'anglais et l'italien et a 25 ans d'expérience dans le domaine de l'éducation. Elle aime voyager et découvrir l'histoire et le patrimoine d'autres cultures.

Auteur

Joshua J. Mark
Auteur indépendant et ex-Professeur de Philosophie à temps partiel au Marist College de New York, Joshua J. Mark a vécu en Grèce et en Allemagne, et a voyagé à travers l'Égypte. Il a enseigné l'histoire, l'écriture, la littérature et la philosophie au niveau universitaire.

Citer cette ressource

Style APA

Mark, J. J. (2021, novembre 29). Mitanni [Mitanni]. (B. Étiève-Cartwright, Traducteur). World History Encyclopedia. Extrait de https://www.worldhistory.org/trans/fr/1-845/mitanni/

Style Chicago

Mark, Joshua J.. "Mitanni." Traduit par Babeth Étiève-Cartwright. World History Encyclopedia. modifié le novembre 29, 2021. https://www.worldhistory.org/trans/fr/1-845/mitanni/.

Style MLA

Mark, Joshua J.. "Mitanni." Traduit par Babeth Étiève-Cartwright. World History Encyclopedia. World History Encyclopedia, 29 nov. 2021. Web. 13 avril 2024.

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