Horus

Définition

Joshua J. Mark
de , traduit par Babeth Étiève-Cartwright
publié le 16 mars 2016
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Disponible dans ces autres langues: anglais
Horus Bird Statuette (by Ali Kalamchi, Copyright)
Statuette d'Horus oiseau
Ali Kalamchi (Copyright)

Horus est le nom d'un dieu du ciel dans la mythologie égyptienne ancienne qui désigne principalement deux divinités: Horus l'Ancien (alias Horsemsou ou Horus le Grand), le dernier né des cinq premiers dieux originels, et Horus le Jeune, le fils d'Osiris et d'Isis.

Selon l'historien Jimmy Dunn, "Horus est la plus importante des divinités aviaires", qui prend tant de formes et est dépeint de manière si différente dans les diverses inscriptions qu'"il est presque impossible de distinguer le 'vrai' Horus". Horus est surtout un terme général pour un grand nombre de divinités faucons" (2). Bien que cela soit certainement vrai, le nom "Horus" désigne généralement soit le dieu le plus ancien des cinq premiers dieux, soit le fils d'Isis et d'Osiris qui vainquit son oncle Seth et rétablit l'ordre sur terre.

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Le nom Horus est la version latine de l'égyptien Hor qui signifie "le lointain", une référence à son rôle de dieu du ciel. Horus l'Ancien, frère d'Osiris, Isis, Seth et Nephtys, est connu sous le nom d'Horus le Grand en anglais ou de Harwer et Haroeris en égyptien. Le fils d'Osiris et d'Isis est connu sous le nom d'Horus l'Enfant (Hor pa khered) qui fut par la suite transformé en dieu grec Harpocrate après la conquête de l'Égypte par Alexandre le Grand en 331 avant Jésus-Christ. Harpocrate signifie également "Horus l'enfant", mais la divinité était différente de l'Horus égyptien. Harpocrate était le dieu grec du silence et de la confidentialité, le gardien des secrets, dont la statuaire le représente régulièrement sous la forme d'un enfant ailé, le doigt sur les lèvres.

Horus le Jeune, quant à lui, était un puissant dieu du ciel associé au soleil, principalement, mais aussi à la lune. Il était le protecteur de la royauté égyptienne, le vengeur des torts, le défenseur de l'ordre, l'unificateur des deux terres et, sur la base de ses combats avec Seth, un dieu de la guerre régulièrement invoqué par les souverains égyptiens avant la bataille et loué ensuite. Avec le temps, il s'associa au dieu du soleil pour former une nouvelle divinité, Rê-Horakhty, dieu du soleil qui naviguait dans le ciel pendant la journée et était représenté sous la forme d'un homme à tête de faucon portant la double couronne de Haute et de Basse-Égypte avec le disque solaire. Ses symboles sont l'œil d'Horus (l'un des plus célèbres symboles égyptiens) et le faucon.

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Horus était chargé du ciel et, plus particulièrement, du soleil.

Horus l'Ancien

Horus l'Ancien est l'un des plus anciens dieux d'Égypte, né de l'union entre Geb (terre) et Nout (ciel) peu après la création du monde. Son frère aîné Osiris fut chargé de gouverner la terre avec Isis, tandis qu'Horus fut chargé du ciel et, plus précisément, du soleil. Dans une autre version de l'histoire, Horus était le fils d'Hathor tandis que, dans d'autres, elle est son épouse et, parfois, elle est mère, épouse et fille d'Horus. L'experte Geraldine Pinch note que "l'une des plus anciennes images divines connues en Égypte est celle d'un faucon dans une barque" représentant Horus dans la barge solaire voyageant à travers les cieux (142). Horus est également représenté comme un dieu créateur et un protecteur bienveillant.

La religion égyptienne comptait de nombreux dieux faucons (connus sous le nom de divinités aviaires) qui furent finalement absorbés par le dieu Horus. Certains, comme Dounâouy de Haute-Égypte, apparaissent très tôt dans l'histoire, tandis que d'autres, comme Montou, furent populaires plus tard. L'association précoce d'Horus avec Dounâouy a été contestée par les experts, mais il ne fait aucun doute qu'il fut ensuite associé au dieu sous le nom d'Horus-Anubis. Dounâouy était un dieu local du 18e nome (province) supérieur, tandis qu'Horus était largement vénéré dans tout le pays. Il est possible que, comme Inanna en Mésopotamie, la figure d'Horus ait commencé comme un dieu local tel que Dounâouy, mais il semble plus probable qu'Horus ait été pleinement adopté au tout début du développement religieux de l'Égypte.

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L'égyptologue Richard H. Wilkinson explique que "Horus est l'une des plus anciennes divinités égyptiennes. Son nom est attesté dès le début de la période dynastique et il est probable que les premières divinités du faucon, comme celle qui retient les "habitants du marais" sur la palette de Narmer, représentent ce même dieu" (200). Les souverains de la période prédynastique en Égypte (vers 6000-3150 avant notre ère) étaient connus sous le nom de "disciples d'Horus", ce qui témoigne d'une vénération encore plus ancienne dans l'histoire de l'Égypte.

Dans son rôle du "Lointain", il accomplit la même tâche que la Déesse Lointaine, une fonction associée à Hathor (et à un certain nombre d'autres divinités féminines) qui sortent de Rê et reviennent, apportant la transformation. Le soleil et la lune étaient considérés comme les yeux d'Horus, qui veillait jour et nuit sur les habitants du monde, mais pouvait aussi se rapprocher d'eux en cas de problème ou de doute. Imaginé sous la forme d'un faucon, il pouvait s'envoler loin de Rê et revenir avec des informations vitales et, de la même manière, il pouvait apporter rapidement du réconfort à ceux qui en avaient besoin.

Depuis le début de la période dynastique (vers 3150-c.2613 avant J.-C.), Horus était lié au roi d'Égypte (bien que les souverains ultérieurs se soient associés à Horus le Jeune). L'historienne Margaret Bunson écrit : "Le Serekh, le plus ancien des symboles du roi, représentait un faucon (ou une buse) sur un perchoir. Par conséquent, la dévotion à Horus se répandit dans toute l'Égypte, mais les formes, les traditions et les rituels honorant le dieu variaient considérablement d'un endroit à l'autre" (116). Cette variation donna lieu à un certain nombre d'épithètes et de rôles différents pour cette divinité et finit par conduire à sa transformation d'Horus l'Ancien à l'enfant d'Osiris et d'Isis.

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Horus le Jeune et le mythe d'Osiris

Le jeune Horus est parfois mentionné comme étant apparenté au dieu aîné, mais il l'éclipsa très vite et adopta nombre de ses caractéristiques. À l'époque de la dynastie ptolémaïque (323-30 avant J.-C.), la dernière dynastie à régner sur l'Égypte, Horus l'Ancien avait été complètement remplacé par le cadet. Les statues d'Horus le Jeune de la période ptolémaïque le présentent comme un jeune garçon, le doigt sur les lèvres, ce qui représente peut-être l'époque où il devait rester silencieux pour se cacher de son oncle Seth. Sous sa forme jeune, il "en est venu à représenter la promesse des dieux de prendre soin de l'humanité souffrante", car il avait lui-même souffert en tant qu'enfant et savait ce que c'était que d'être fragile et entouré de dangers (Pinch, 147). C'est cette forme d'Horus qui deviendrait l'Harpocrate grec que Plutarque appelle "le deuxième fils d'Isis" et qui deviendrait populaire dans le monde romain. Le culte d'Isis était le culte à mystères le plus populaire à Rome, influençant grandement le développement du christianisme, et Harpocrate était le fils divin représenté dans l'art romain antique avec sa mère.

Isis Figurine
Figurine d'Isis
Mark Cartwright (CC BY-NC-SA)

L'histoire d'Horus est issue du mythe d'Osiris, l'un des plus populaires de l'Égypte ancienne, qui donna naissance au culte d'Isis. Cette histoire commence peu après la création du monde, lorsque Osiris et Isis régnaient sur un paradis qu'ils avaient créé. Lorsque les hommes et les femmes naquirent des larmes d'Atoum (Rê), ils étaient peu civilisés et barbares. Osiris leur enseigna la culture, les observances religieuses pour honorer les dieux et l'art de l'agriculture. À cette époque, les gens étaient tous égaux, hommes et femmes, grâce aux dons d'Isis qui étaient distribués à tous. La nourriture était abondante et aucun besoin n'était insatisfait.

Le frère d'Osiris, Seth, devint jaloux de lui et cette jalousie se transforma en haine lorsque Seth découvrit que sa femme, Nephtys, s'était transformée en Isis et avait séduit Osiris. Seth n'en voulut cependant pas à Nephtys, mais concentra sa vengeance sur son frère, "le Beau", qui avait présenté une tentation trop forte pour que Nephtys puisse y résister. Seth contraignit Osiris à se coucher dans un cercueil qu'il avait fabriqué selon les spécifications exactes de son frère et, une fois Osiris à l'intérieur, Seth fit claquer le couvercle et jeta la boîte dans le Nil.

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Le cercueil flotta sur le fleuve pour finir par se loger dans un tamaris sur les rives de Byblos; le roi et la reine admiraient tant la beauté et le doux parfum de l'arbre qu'ils le firent abattre pour en faire un pilier dans leur cour. Pendant ce temps, Seth avait usurpé le pouvoir d'Osiris et régnait sur le pays avec Nephtys. Il négligea les cadeaux qu'Osiris et Isis avaient légués et le pays souffrit de sécheresse et de famine. Isis savait qu'elle devait ramener Osiris de l'endroit où Seth l'avait banni et elle partit à sa recherche. Elle le trouva finalement à l'intérieur de l'arbre-pilier à Byblos et demanda au roi et à la reine la permission de le ramener en Égypte.

Divine Family from Ancient Egypt
Famille divine de l'Égypte ancienne
Osama Shukir Muhammed Amin (Copyright)

Osiris était mort mais Isis savait qu'elle pouvait le ramener à la vie. Elle demanda à sa sœur Nephtys de monter la garde sur le corps et de le protéger de Seth pendant qu'elle allait chercher des herbes pour les potions. Seth, pendant ce temps, avait entendu dire que son frère était revenu et il partit à sa recherche. Il trouva Nephtys et lui fit dire par la ruse où le corps était caché, puis il découpa Osiris en morceaux et dispersa les parties du corps à travers le pays et dans le Nil. Lorsqu'Isis revint, elle fut horrifiée de constater que le corps de son mari avait disparu. Nephtys lui raconta comment elle avait été trompée et ce que Seth avait fait à Osiris.

Les deux sœurs partirent alors à la recherche des parties du corps et réassemblèrent Osiris. Son pénis avait été mangé par un poisson et il était donc incomplet, mais Isis pouvait encore le ramener à la vie. Isis utilisa sa magie et ses potions et, dans certaines versions de l'histoire, elle fut aidée en cela par Nephtys. Osiris revint à la vie mais ne pouvait plus régner parmi les vivants car il n'était plus entier ; il devait descendre aux enfers et y régner en tant que Seigneur des morts. Avant son départ, cependant, Isis se transforma en cerf-volant (un faucon) et vola autour de son corps, attirant sa semence dans la sienne et tombant enceinte d'Horus. Osiris partit aux enfers et Isis se cacha dans la région du Delta de l'Égypte pour se protéger, elle et son fils, de Seth.

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Horus et Isis

Isis endura une grossesse difficile avec un travail exceptionnellement long et donna naissance à Horus seule dans les marais du Delta. Elle se cacha avec son fils de Seth et de ses démons dans les fourrés, ne sortant que la nuit pour se nourrir, accompagnée d'un garde du corps composé de sept scorpions qui lui furent donnés par la déesse Selket. Selket (et, dans certaines versions de l'histoire, Neith) veillait sur Horus pendant qu'Isis sortait. Isis, Selket et Neith nourrirent Horus et l'éduquèrent pendant leur exil jusqu'à ce qu'il ne devienne un homme et ne soit assez fort pour défier son oncle pour le royaume de son père.

L'histoire des batailles entre Horus et Seth a de nombreuses versions différentes, mais la plus connue provient d'un manuscrit datant de la 20e dynastie (1090-1077 avant J.-C.), Les aventures d'Horus et Seth, qui décrit leur combat comme un procès légal devant l'Ennéade, un tribunal composé de neuf dieux puissants. Dans cette version de l'histoire, Horus porte plainte contre Seth - qui est l'un des neuf - en affirmant qu'il avait illégalement pris le trône à Osiris - qui est également l'un des neuf juges.

Le tribunal est invité à trancher entre Horus et Seth et la plupart des dieux choisissent Horus, mais Rê, le dieu suprême, affirme qu'Horus est trop jeune et inexpérimenté et que Seth est plus apte à régner. Horus et Seth doivent s'affronter dans une série de batailles pour prouver lequel est le plus apte à régner. Au cours de ces batailles, Horus perd un œil et Seth est castré (ou, du moins, gravement blessé) mais Horus est victorieux à chaque fois.

Set Defeated by Horus
Seth vaincu par Horus
momo (CC BY)

Ces combats se poursuivent pendant plus de 80 ans et Rê continue de refuser à Horus son droit au trône. Pendant ce temps, le pays souffre sous le règne de Seth et Isis veut absolument faire quelque chose pour aider son fils et son peuple. Elle se transforme en une belle jeune femme et s'assied devant le palais de Seth où elle se met à pleurer. Lorsque Seth sort et la voit, il lui demande la cause de son chagrin et elle lui raconte qu'un homme méchant, le propre frère de son mari, l'a tué et s'est emparé de ses terres et, de plus, il en veut à la vie de son fils unique et l'a bannie dans les marais et les fourrés où seuls les scorpions sont ses compagnons.

Seth est indigné par son histoire et déclare que cet homme doit être puni. Il jure que lui-même ira trouver cet homme, le chassera des terres et rendra à la femme et à son enfant la place qui leur revient. Isis se débarrasse alors de son déguisement et se révèle, ainsi que les autres dieux présents. Seth s'est condamné par son propre décret et Rê est d'accord avec les autres dieux pour que Horus soit roi. Seth est alors banni dans les terres désertiques au-delà des frontières de l'Égypte tandis qu'Horus assume le trône de son père avec sa mère et sa tante Nephtys comme consorts.

Dans une autre version de l'histoire, le procès dure 80 ans jusqu'à ce que les dieux frustrés ne se tournent vers la sage déesse Neith, médiatrice des conflits, qui tranche en faveur d'Horus. Elle suggère de donner à Seth le règne des régions désertiques tandis qu'Horus règne sur la fertile vallée du Nil. En guise de consolation, elle propose de donner à Seth deux déesses étrangères comme consorts - la déesse guerrière Anat de Syrie et Astarté, la reine du ciel, de Phénicie. Cette version de l'histoire explique comment Seth finit par être associé aux peuples des pays étrangers ainsi qu'aux régions désertiques.

Set and Horus Blessing Ramesses II
Seth et Horus bénissent Ramsès II
Dennis Jarvis (CC BY-SA)

Horus et le roi

Après avoir vaincu Seth et rétabli l'ordre, Horus fut connu sous le nom d'Horu-Sema-Tawy, l'Horus, unificateur des deux terres. Il rétablit les politiques de ses parents, il régénéra la terre et gouverna avec sagesse. C'est pour cette raison que les rois d'Égypte, à partir de la première période dynastique, s'alignèrent sur Horus et choisirent un "nom d'Horus" pour régner lors de leur couronnement. Osiris avait été le premier roi d'Égypte à établir l'ordre avant de passer aux enfers, tandis qu'Horus était le roi qui avait rétabli cet ordre qui avait été renversé par Seth et qui avait fait passer l'Égypte du chaos à l'harmonie.

Les rois égyptiens s'identifiaient donc à Horus dans la vie et à Osiris dans la mort. Pendant leur règne, ils étaient la manifestation physique d'Horus sous la protection d'Isis (une exception notable à cette coutume étant le roi Peribsen, sixième roi de la deuxième dynastie, qui s'alignait clairement sur Seth). Ramsès II invoque de façon célèbre la protection d'Isis et d'Horus dans son Poème du Pentaure après la bataille de Cadès en 1274 avant J.-C., tout comme de nombreux autres rois et pharaons d'Égypte. Wilkinson écrit :

Horus était directement lié à la royauté de l'Égypte, à la fois sous sa forme de faucon et en tant que fils d'Isis. Dès le début de la période dynastique, le nom du roi était inscrit dans le dispositif rectangulaire connu sous le nom de serekh, qui représentait le faucon Horus perché sur les murs d'un palais stylisé et qui semble indiquer le roi comme médiateur entre les royaumes célestes et terrestres, si ce n'est le dieu présent dans le palais dans le roi. À ce "nom d'Horus" du monarque, d'autres titres furent ajoutés par la suite, notamment le nom d'"Horus d'or", dans lequel un faucon divin est représenté sur le signe hiéroglyphique de l'or. (201)

Puisque le roi d'Égypte était la "grande maison" qui protégeait son peuple, tous les citoyens d'Égypte étaient sous la protection d'Horus. Il était vénéré sous de nombreuses formes et dans de nombreux sites différents. Wilkinson note que "Horus était vénéré avec d'autres divinités dans de nombreux temples égyptiens et des sites importants de son culte sont connus d'un bout à l'autre de l'Égypte" (203). Son importance en tant qu'unificateur des deux terres et mainteneur de l'ordre faisait de lui une représentation du concept d'équilibre qui était très apprécié par les Égyptiens.

Le culte d'Horus

Horus était vénéré de la même manière que tous les autres dieux égyptiens : des temples étaient construits pour abriter le dieu et sa statue était placée dans le sanctuaire intérieur où seul le prêtre en chef était autorisé à le voir. Le clergé du culte d'Horus était toujours masculin car il s'associait à Horus et réclamait la protection de sa "mère" Isis. Les prêtres assistants s'occupaient du complexe du temple qui, comme tous les autres, était construit pour refléter la vie après la mort du Champ des roseaux. Le bassin de réflexion du temple était le lac des Lys (également connu sous le nom de lac des fleurs) que les âmes des morts justifiés traversaient à la rame grâce au passeur divin Hraf-hef (Celui qui se regarde lui-même). Le temple était le palais et la demeure du dieu dans l'au-delà et la cour, décorée de fleurs, était son jardin.

Ra-Horakhty Stela
Stèle de Rê-Horakhty
Osama Shukir Muhammed Amin (Copyright)

Les Égyptiens se rendaient dans la cour pour demander de l'aide, recevoir des aumônes, faire des dons ou faire interpréter leurs rêves. Ils se rendaient également au temple pour obtenir des conseils, l'interprétation des présages, une assistance médicale, des conseils matrimoniaux et pour se protéger des mauvais esprits ou des fantômes. Les sites du culte d'Horus, comme le note Wilkinson ci-dessus, sont trop nombreux pour être énumérés, mais les principaux centres de culte étaient Khem, dans la région du Delta, où Horus était caché lorsqu'il était enfant, Pe, le site où Horus perdit son œil dans sa bataille contre Seth, et Behdet (tous deux également dans le Delta). En Haute-Égypte, il était vénéré avec Hathor et leur fils Harsomtous à Edfou et Kom Ombos. Edfou accueillait le couronnement annuel du faucon sacré "au cours duquel un faucon réel était choisi pour représenter le dieu en tant que roi de toute l'Égypte, unissant ainsi l'ancien dieu faucon à sa forme d'Horus fils d'Osiris et au roi" (Wilkinson, 202). Cette cérémonie, comme d'autres festivals royaux, avait trait à l'émancipation du roi et à la régénération de son règne, mais elle n'était pas aussi importante que le festival Heb Sed. Horus était également vénéré à Abou Simbel par le biais de statues et d'inscriptions et des amulettes étaient régulièrement portées par les personnes cherchant sa protection.

Les quatre fils d'Horus

Cette protection s'étendait tout au long de la vie et au-delà de la mort. Horus était associé à l'au-delà par l'intermédiaire de ses quatre fils qui protégeaient les organes vitaux du défunt. Ces quatre dieux représentaient les quatre points cardinaux de la boussole et chacun était présidé et protégé par une déesse. Les quatre fils d'Horus étaient :

  • Douamoutef - un dieu chacal qui protégeait l'estomac, représentait l'est et était protégé par Neith.
  • Hapy - un dieu babouin qui protégeait les poumons, représentait le nord et était protégé par Nephtys.
  • Imsety (Amset) - un dieu à forme humaine qui protégeait le foie, représentait le sud et était protégé par Isis.
  • Qebehsenouef - un dieu faucon qui protégeait les intestins, représentait l'ouest et était protégé par Selket.

Ces organes étaient conservés dans des vases canopes dont la poignée du couvercle comportait parfois la tête du dieu protecteur. L'exemple le plus célèbre des canopes protectrices est l'artefact en albâtre de la tombe de Toutânkhamon, sur lequel sont gravés Isis, Neith, Nephtys et Selket. Les quatre dieux protecteurs étaient représentés sous la forme d'hommes momifiés avec leurs têtes respectives de chacal, de babouin, d'homme et de faucon. Ils étaient tous considérés comme des manifestations d'Horus qui était l'ami des morts. Horus était invoqué lors des funérailles pour protéger et guider ceux qui étaient partis et les vivants qui restaient.

Canopic Jars
Vases canopes
Mark Cartwright (CC BY-NC-SA)

La controverse sur Horus et Jésus

Le culte d'Horus en Égypte, comme nous l'avons vu, était déjà ancien lorsque le mythe d'Osiris devint populaire et que ce mythe éleva le culte d'Osiris, d'Isis et d'Horus à un niveau national. Le culte d'Isis devint si populaire que le culte de la déesse voyagea grâce au commerce jusqu'en Grèce, puis à Rome où il devint le plus grand défi à la nouvelle religion du christianisme aux 3e-5e siècles de notre ère. Horus voyagea avec elle sous la forme d'Horus Enfant et influença l'iconographie chrétienne de la Vierge Marie et de l'Enfant Jésus.

Il ne fait aucun doute que le culte d'Isis influença le début du christianisme à travers les concepts du Dieu mourant et revivant qui revient d'entre les morts pour apporter la vie au peuple, la vie éternelle par le dévouement à ce dieu, l'image de la mère vierge et de l'enfant, et même la couleur rouge et les caractéristiques du diable chrétien. Cela ne veut pas dire, cependant, que le christianisme est simplement le culte d'Isis ré-emballé ni qu'Horus était le prototype du Christ ressuscité.

Isis Nursing Horus
Isis allaitant Horus
Georges Perrot and Charles Chipiez (1883) (Public Domain)

Le livre The Pagan Christ de Tom Harpur (2004) fait cette affirmation et donna lieu à la controverse Horus-Jésus, également connue sous le nom de controverse du Fils de Dieu. Harpur prétend que le christianisme avait été entièrement inventé à partir de la mythologie égyptienne et que Jésus-Christ n'était qu'un Horus réimaginé. Pour étayer ses dires, Harpur cite des "experts" en la matière tels que Godfrey Higgins, Gerald Massey et Alvin Boyd Kuhn, tous écrivains des 18e, 19e et 20e siècles, dont aucun n'était bibliste ni égyptologue. Higgins était un magistrat anglais qui croyait que toutes les religions provenaient de la Cité perdue de l'Atlantide ; Massey, un égyptologue autoproclamé, était un spiritualiste anglais qui étudiait les inscriptions disponibles au British Museum ; Kuhn était un auteur autoédité dont le principal objectif était de promouvoir sa théorie du mythe du Christ, qui n'était essentiellement qu'une réécriture du travail effectué par Higgins et Massey.

Harpur présente ces "experts" comme s'ils avaient découvert quelque chose de miraculeux et d'inédit alors qu'en réalité, leurs observations sont souvent des redites inexactes de travaux antérieurs (comme ceux d'Épictète et de Marc Aurèle) ou des théories follement spéculatives présentées comme de brillantes intuitions. Le thème du Dieu qui meurt et qui revit existait depuis des milliers d'années avant que l'apôtre Paul ne commence ses efforts évangéliques vers 42-62 de notre ère, et le concept de la vie éternelle par le dévouement personnel à un dieu était également bien établi. Le livre de Harpur présente un certain nombre de problèmes très sérieux pour tout lecteur connaissant la Bible, le christianisme, la mythologie et l'histoire égyptiennes, mais son offense la plus grave est l'affirmation selon laquelle Horus et Jésus partagent des "similitudes remarquables".

Cette affirmation, qui est manifestement fausse pour quiconque connaît l'histoire des deux personnages, est devenue la plus connue du livre. Malheureusement, de nombreux lecteurs qui ne connaissent pas les histoires originales ont pris les affirmations de Harpur pour de l'érudition légitime alors qu'elles ne le sont pas. Pour ne citer que quelques exemples, Harpur affirme que Horus et Jésus étaient tous deux nés dans une grotte - c'est faux, Horus enaquit dans les marais du Delta et Jésus dans une étable ; les deux naissances avaient été annoncées par un ange - également faux, car le concept d'ange, messager de Dieu, est absent des croyances égyptiennes ; Horus et Jésus avaient tous deux été baptisés - faux, le baptême n'était pas pratiqué par les Égyptiens ; Horus et Jésus avaient tous deux été tentés dans le désert - faux, Horus combattit Seth dans de nombreuses régions différentes, y compris dans le désert aride, alors que les récits évangéliques indiquent clairement que Jésus avait été tenté dans le désert ou dans la nature ; Horus et Jésus avaient tous deux été visités par trois sages - faux, Horus ne reçut jamais la visite de sages et, ce qui est encore plus dommageable pour l'" érudition " de Harpur, il n'y a pas " trois sages " mentionnés dans la Bible qui ne fait référence qu'à des " sages " qui apportent trois sortes de cadeaux ; Horus et Jésus avaient tous deux ramené les morts à la vie - faux, Horus n'a rien à voir avec le retour à la vie d'Osiris ni de quiconque.

Horus Relief
relief d'Horus
Osama Shukir Muhammed Amin (Copyright)

De plus, les croyances religieuses égyptiennes auraient rejeté tout concept de retour à la vie d'un mort sur terre. Même Osiris, le grand dieu et premier roi, ne fut pas autorisé à retourner à sa place sur terre après la mort ; il prit sa place parmi les morts, là où il devait être. La conception égyptienne de la vie terrestre était qu'elle n'était qu'une partie d'un voyage éternel beaucoup plus long et personne n'aurait été accueilli au retour s'il était déjà parti dans l'au-delà. De plus, aucun Égyptien n'aurait voulu revenir. L'au-delà égyptien était une image miroir de la vie sur terre, sauf qu'il n'y avait ni déception, ni perte, ni mort. Toute personne ou tout objet que l'on avait laissé derrière soi sur terre était retrouvé dans le champ de roseaux, qu'il s'agisse d'un être cher décédé, d'un animal de compagnie ou même de l'arbre préféré dans son jardin.

Horus le rédempteur

Toutes les autres affirmations de Harpur sont également indéfendables en raison d'une érudition extrêmement faible et d'un recours à des sources qui ne sont pas crédibles. Ni Horus ni Jésus ne bénéficient de sa comparaison bâclée de leurs vies. Le concept d'Horus en tant que rédempteur était bien établi en Égypte, mais cela ne signifie pas nécessairement que ce concept lui était exclusif ni qu'il n'y avait pas d'autres "rédempteurs" entre l'époque de la popularité d'Horus et le développement du christianisme. Horus était un rédempteur de la santé et des humains dans leur forme terrestre, et non des âmes qui avaient besoin d'être sauvées du péché et du châtiment éternel. Horus l'Enfant était l'un des nombreux "dieux enfants" de l'Égypte ancienne qui apparaissait sous la forme connue sous le nom de Shed (Sauveur), mais il était un sauveur des problèmes terrestres, pas des problèmes éternels. Geraldine Pinch écrit :

Il apparaît sur les stèles de la fin du Nouvel Empire sous les traits d'un prince qui vainc les animaux dangereux avec son arc ou son épée courbe. Il s'agissait d'un précurseur du type de stèle magique connu sous le nom de cippus. Sur ces stèles, l'enfant Horus nu piétine des crocodiles et ôte la vie à d'autres créatures dangereuses comme les serpents, les lions et les antilopes. Lorsque les Grecs voyaient de tels objets, ils identifiaient Horus l'enfant/Harpocrate avec l'enfant Héraklès (Hercule) qui étranglait deux serpents qui l'avaient attaqué dans son berceau. (147)

Horus aussi, par l'intermédiaire de ses quatre fils, veillait sur les morts et était un ami pour eux, mais il était avant tout un dieu des vivants. Il était le dieu distant qui pouvait se rapprocher en cas de besoin, l'ami fiable, le frère attentionné, le protecteur et le guide à travers les périls de la vie. Il partage ces qualités et ces caractéristiques avec d'autres divinités dans les cultures du monde entier jusqu'à aujourd'hui, mais pour les Égyptiens, il était tout à fait unique parce qu'il était leur propre dieu, comme cela a toujours été le cas pour tous les dieux, toutes fois confondues.

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Traducteur

Babeth Étiève-Cartwright
Babeth s'est consacrée à la traduction après avoir enseigné l'anglais au British Council de Milan. Elle parle couramment le français, l'anglais et l'italien et a 25 ans d'expérience dans le domaine de l'éducation. Elle aime voyager et découvrir l'histoire et le patrimoine d'autres cultures.

Auteur

Joshua J. Mark
Auteur indépendant et ex-Professeur de Philosophie à temps partiel au Marist College de New York, Joshua J. Mark a vécu en Grèce et en Allemagne, et a voyagé à travers l'Égypte. Il a enseigné l'histoire, l'écriture, la littérature et la philosophie au niveau universitaire.

Citer cette ressource

Style APA

Mark, J. J. (2016, mars 16). Horus [Horus]. (B. Étiève-Cartwright, Traducteur). World History Encyclopedia. Extrait de https://www.worldhistory.org/trans/fr/1-11203/horus/

Style Chicago

Mark, Joshua J.. "Horus." Traduit par Babeth Étiève-Cartwright. World History Encyclopedia. modifié le mars 16, 2016. https://www.worldhistory.org/trans/fr/1-11203/horus/.

Style MLA

Mark, Joshua J.. "Horus." Traduit par Babeth Étiève-Cartwright. World History Encyclopedia. World History Encyclopedia, 16 mars 2016. Web. 06 déc. 2022.

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