Marc Aurèle

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Définition

Joshua J. Mark
de , traduit par Babeth Étiève-Cartwright
publié le 26 mars 2018
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Disponible dans ces autres langues: anglais, espagnol
Marcus Aurelius, Palazzo Massimo (by Mark Cartwright, CC BY-NC-SA)
Marc Aurèle, Palazzo Massimo
Mark Cartwright (CC BY-NC-SA)

Marc-Aurèle régna en tant qu'empereur romain de 161 à 180 de notre ère. Il est surtout connu en tant que dernier des cinq bons empereurs de Rome (après Nerva, Trajan, Hadrien et Antonin le Pieux) et qu'auteur de l'ouvrage philosophique Méditations. Il est depuis toujours respecté en tant qu'incarnation du concept platonicien du roi philosophe tel qu'il est formulé dans la République de Platon : un dirigeant qui ne cherche pas le pouvoir pour lui-même mais pour aider son peuple. Il fut initié à la philosophie dès son plus jeune âge et ses Méditations, composées alors qu'il était en campagne à l'âge de cinquante ans, montrent clairement qu'il avait conservé une vision profondément philosophique, et plus particulièrement stoïcienne, tout au long de sa vie.

Son règne, en fait, se définit par une vision stoïcienne et il est appelé "le philosophe" par l'historien Dion Cassius (c. 155-235 de notre ère) et l'auteur (ou les auteurs) de l'Historia Augusta (alias Histoire Auguste du IVe siècle de notre ère), une histoire des empereurs romains. Sa vision stoïcienne s'exprime tout au long de ses Méditations, et sa conception de la responsabilité de chacun envers les autres apparaît clairement dans une ligne du livre VIII.59 : "Les hommes sont faits évidemment les uns pour les autres. Ainsi, éclaire-les, ou sache au moins les supporter." (trad. Barthélemy Saint-Hilaire, Remacle)

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Marc-Aurèle plaça toujours les besoins du peuple avant ses propres désirs ou ses visions de gloire et œuvra pour le bien commun.

Il vécut sa philosophie dans sa vie privée comme dans sa vie publique, en plaçant constamment les besoins du peuple avant ses propres désirs ou visions de gloire et en œuvrant pour le bien commun. L'une des ironies de l'histoire est cependant que son règne est caractérisé par des guerres incessantes et la persécution de la nouvelle secte religieuse qu'était le christianisme. Malgré cela, il mena avec succès des campagnes en Germanie et géra les affaires de l'empire de main de maître. Il mourut de causes naturelles à la suite d'une maladie en 180 de notre ère et fut de suite déifié.

De nos jours, il est probablement mieux connu grâce au film populaire Gladiateur (2000) en tant que père de Commode (r. de 177 à 192), sa décision de laisser la place à son fils comme successeur servant de point de départ à l'intrigue du film. Contrairement à la description qui en est faite dans le film, Marc Aurèle ne fut pas tué par Commode et, en fait, Commode co-dirigea avec son père de 177 à 180 de notre ère et lui succéda sans opposition ; il s'avéra cependant être l'un des pires souverains que Rome ait eu à subir et sa réputation pâtit de la comparaison constante avec son père.

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Bust of Marcus Aurelius
Buste de Marc-Aurèle
Osama Shukir Muhammed Amin (Copyright)

Jeunesse

Marc-Aurèle vit le jour en Espagne le 26 avril 121 de notre ère, dans une famille patricienne aristocratique. Son nom de naissance était Marcus Annius Verus, d'après son père du même nom. Son grand-père et son arrière-grand-père du côté paternel étaient sénateurs et sa mère, Domitia Lucilla (connue sous le nom de la mineure, c. 155-161 de notre ère), était également issue d'une famille riche et politiquement connectée. Le père d'Aurélius mourut vers 124 de notre ère et il fut élevé principalement par des nourrices et ses grands-pères.

Les événements de sa jeunesse sont suggérés par les commentaires qu'il fait dans ses Méditations (surtout dans le livre I), par la correspondance entre lui et son professeur Fronto, et par l'Historia Augusta qui, bien que souvent considérée comme peu fiable, est encore citée par les spécialistes lorsque certains passages semblent probables. Les détails sur ses jeunes années sont donc rares, mais on suppose qu'il fut élevé selon les pratiques patriciennes traditionnelles, qu'il apprit le grec en même temps que le latin et qu'il fut formé à la rhétorique et à l'art oratoire en vue d'une vie publique.

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Au début de son adolescence, vers 132 de notre ère, un professeur nommé Diognète l'initia à des textes philosophiques. Il s'agissait vraisemblablement d'œuvres des philosophes cyniques qui cherchaient à vivre de la manière la plus simple possible et méprisaient toutes les conventions sociales qu'ils considéraient des artifices. Aurèle semble avoir été très impressionné par cette vision des choses puisqu'il adopta alors un style de vie typiquement cynique en s'habillant d'un manteau de laine rêche et en dormant sur le sol ou sur le plancher de sa chambre au lieu de son lit. Il le mentionne dans le livre I.6 des Méditations en évoquant la façon dont il choisit "le style de vie grec - le lit de camp et le manteau" après son association avec Diognète.

Il est fort probable qu'il ait également adopté l'approche cynique : une nourriture simple et rustique, peu de possessions et incurie.

Il est fort probable qu'il ait également adopté l'approche cynique d'une nourriture simple et rustique, de peu de possessions et d'incurie générale. Bien que cela ne soit pas certain, il semble que sa mère l'ait forcé à arrêter ses recherches philosophiques et à se concentrer sur ce qu'elle considérait comme une carrière plus respectable.

Quelque temps après, il reçut de nouveaux tuteurs en art oratoire et en rhétorique, parmi lesquels Hérode Atticus (101-177) et Marcus Cornelius Fronto (d. fin 160 de notre ère), dont la réputation d'excellence dans leur art était très respectée et leur prix élevé. Fronto et Marc Aurèle deviendraient de grands amis et avec Atticus, ils exerceraient une influence considérable sur le jeune homme. Peu après, il se fiança à Ceionia Fabia, fille du politicien respecté Lucius Ceionius Commodus (mort en 138 de notre ère) et sœur du futur co-empereur d'Aurèle, Lucius Verus (r. de 161 à 169 de notre ère).

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Adoption par Antonin et ascension au pouvoir

En 136 de notre ère, l'empereur Hadrien (r. de 117 à 138 de notre ère) choisit Lucius Ceionius Commodus comme son successeur pour des raisons qui ne sont pas claires. Commodus était marié à Faustine, la tante de Marc Aurèle, et il est probable qu'Hadrien ait choisi Commodus comme une sorte de substitut pour Aurèle, alors adolescent, qui lui succéderait plus tard. Commodus mourut cependant en 138 de notre ère et Hadrien choisit alors Aurélius Antoninius (plus tard connu sous le nom d'Antonin le Pieux (r. 138-161 de notre ère) comme successeur avec une condition : il devait adopter Marc Aurèle et Lucius Verus comme ses fils et successeurs. Antonin accepta et le jeune Marc Aurèle prit le nom de Marcus Aurelius Antoninus et fut préparé à devenir le prochain empereur.

Marcus Aurelius on Campaign
Marc Aurèle en campagne
Mark Cartwright (CC BY-NC-SA)

Antonin le Pieux était un monarque extrêmement efficace et un modèle important pour son successeur. Dans ses Méditations, Aurèle consacre un long passage d'éloges à son père adoptif, dans lequel il énumère les qualités impressionnantes de l'empereur (Livre I.16). Antonin fit annuler les fiançailles d'Aurèle avec Ceionia Fabia et arrangea un mariage entre lui et sa propre fille, Anna Galeria Faustina (connue sous le nom de Faustina Minor ou Faustina la Jeune, vers 130-175 de notre ère).

Antonin prépara son successeur à devenir un souverain efficace dans presque tous les domaines (bien qu'il ait négligé de lui donner des instructions en matière militaire) et, bien qu'Aurèle s'y soit plié, ses goûts allaient davantage vers l'introspection philosophique que vers les tâches mondaines de la vie de la cour. Il vivait là où Antonin lui ordonnait de vivre afin de renforcer sa réputation d'élite et pour des raisons pratiques liées à ses responsabilités, mais il est clair qu'il aurait préféré une vie plus simple ailleurs. Il put se consoler à cette époque par la philosophie - comme il le fera tout au long de sa vie - et écrire plus tard :

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Telles seront les pensées que tu nourriras habituellement, tel aussi sera ton esprit ; car l’âme prend la couleur et la teinte des pensées qu’elle entretient. Applique-toi donc à la teindre dans de constantes réflexions telles que les suivantes : « En quelque endroit qu’on vive, on y peut toujours vivre bien ; si c’est à la cour que l’on vit, on peut vivre bien et se bien conduire même dans une cour. » (Méditations V.16, trad. Barthélemy Saint-Hilaire, Remacle)

Dans ses lettres à Fronto, il se plaint de ses tuteurs de l'époque et de ses fonctions, essentiellement de secrétariat, ainsi que de la vie de la cour en général. Son penchant philosophique aurait fait en sorte que de telles tâches aient semblé plutôt insignifiantes. L'expert Irwin Edman commente ce point :

À l'âge de onze ans, Aurèle se consacre à la religion, car toute sa vie la philosophie a été pour lui une sorte de religion, la vraie religion intérieure qui se cachait derrière les rites et les cérémonies de la religion impériale qu'il était attentif et content d'observer. Il a étudié le droit et il a étudié les armes. Il avait l'éducation d'un gentilhomme impérial, mais d'un gentilhomme qui sentait que quelque chose manquait dans le spectacle extérieur et dans le monde extérieur et qui pensait en fin de compte que la paix, sinon le bonheur (qui était impossible), se trouvait en soi-même. (Edman, Long, 5)

À peu près à cette époque, il fut présenté à deux nouveaux professeurs qui furent amenés à la cour par Antonin pour enseigner la philosophie à Marc Aurèle. Il s'agissait d'Apollonios de Chalcédoine (date inconnue) et de Quintus Junius Rusticus (c. 100-170 de notre ère), l'un des plus grands philosophes stoïciens de son temps. Dans ses Méditations, Aurélius fait l'éloge de ces deux hommes et énumère les nombreuses leçons importantes qu'il a tirées d'eux.

En écrivant sur Rusticus, il le remercie "d’avoir connu les Commentaires d’Épictète, qu’il me prêta de sa propre bibliothèque." (I.7) et, en ce qui concerne Apollonius, il dit avoir appris "à avoir l’esprit libre et à être ferme sans hésitation ; à ne regarder jamais qu’à la raison" (I.8). Les deux entrées ont à voir avec les principes philosophiques stoïciens et suggèrent fortement que ce n'est pas avant cette période qu'Aurélius se familiarisa avec la perspective stoïcienne.

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Gold ring with Coin of Emperor Marcus Aurelius
Bague en or avec pièce de l'empereur Marc-Aurèle
Osama Shukir Muhammed Amin (Copyright)

Épictète (c. 50-130 de notre ère) était l'auteur des Discours et de l'Enchiridion, célèbres conférences sur les principes et la pratique stoïciens, et le logos était la force contraignante de l'univers qui faisait que toutes les choses étaient et continuaient à fonctionner harmonieusement. Selon les stoïciens, si l'on se concentrait sur le logos, on pourrait vivre en paix car on se rendrait compte que tout ce qui arrive est naturel ; seule l'interprétation que l'on fait d'un événement le rend "bon" ou "mauvais".

Bien que Fronto s'oppose fermement à l'intérêt d'Aurèle pour le stoïcisme dans ses lettres, son ancien élève adhère pleinement à la philosophie et mettra en pratique les principes qu'il avait appris de ses maîtres une fois au pouvoir.

L'empereur Aurèle

En mars 161 de notre ère, Antonin le Pieux mourut et le sénat se tourna vers Aurèle pour qu'il devienne empereur. Cependant, conformément aux plans initiaux d'Hadrien, Aurèle refusa cet honneur à moins que Lucius Verus ne soit élevé au rang de co-empereur avec lui. Sa demande fut acceptée et Aurèle et Verus commencèrent leur règne en instituant des programmes d'aide aux pauvres et en récompensant les militaires par une augmentation de leur solde et une plus grande distinction. Ils encouragèrent la liberté d'expression, les arts, l'éducation et relancèrent l'économie - du moins pour un temps - en dévaluant la monnaie ; les deux empereurs devinrent très vite immensément populaires auprès du peuple.

En tant qu'empereur, Aurèle continua de s'en tenir à ses principes stoïciens, mais Verus, qui avait toujours été plus extravagant, se fit plaisir en organisant des fêtes somptueuses et en offrant des cadeaux coûteux à ses amis. L'Historia Augusta fait état d'une de ces fêtes "particulièrement notoires" au cours de laquelle Verus distribua "des bols en or, en argent et ornés de pierres précieuses... des vases en or en forme de boîtes à parfum... des voitures avec des harnais en argent" ainsi que de nombreux autres cadeaux luxueux et l'article conclut que "le coût de ce dîner a été estimé à six millions de sesterces [environ 60 millions de dollars]". Lorsque Marcus a entendu parler de cette fête, on dit qu'il a gémi et pleuré sur le sort du monde" (Harvey, 280).

Marcus Aurelius Statue, Ny Carlsberg Glyptotek
Statue de Marc-Aurèle, Ny Carlsberg Glyptotek
Carole Raddato (CC BY-SA)

À la fin de l'année 161 de notre ère, le roi parthe Vologèse IV (r. de 147 à 191 de notre ère) envahit l'Arménie qui était sous la protection de Rome, et la province romaine de Syrie se révolta. Verus avait plus d'expérience militaire qu'Aurèle et il se chargea donc des campagnes en Orient en personne. On pense également qu'Aurèle aurait manipulé Verus afin qu'il réduise ses fêtes extravagantes. Les guerres parthes dureront jusqu'en 166 de notre ère et se concluront par une victoire romaine. Ce succès n'est pas tant dû à Verus qu'au général Gaius Avidius Cassius (130-175 de notre ère) qui déploya les troupes et conçu les tactiques de manière absolument brillante.

Pendant que Verus était en campagne, Aurèle resta à Rome et, de l'avis général, s'acquitta de ses fonctions avec distinction. Il statua sur les affaires judiciaires, examina et adopta des lois qui profitaient à toutes les classes de Rome, et traita les diverses demandes et difficultés qui lui parvenaient des provinces. C'est également à cette époque (vers 162-166 de notre ère) qu'il persécuta la nouvelle secte du christianisme qui refusait d'honorer la religion d'État et perturbait l'ordre social. Bien que ces persécutions aient été condamnées par la suite après le triomphe du christianisme, elles auraient été considérées à l'époque comme nécessaires au maintien de la paix.

Marc-Aurèle restait fidèle à sa vision d'un monde gouverné par une intelligence naturelle et bénigne, qui traversait toutes choses.

En 166 de notre ère, le problème chrétien semblait résolu et il semblait que la guerre contre la Parthie serait gagnée. Aurèle avait épousé Faustine en 145 de notre ère et ils eurent un certain nombre d'enfants au fil des ans. Même si certains d'entre eux moururent en bas âge, Aurèle avait toutes les raisons de croire que les dieux lui souriaient.

Cependant, à la fin de la guerre des Parthes, la tribu des Marcomans de Germanie envahit les provinces romaines du Danube en s'alliant avec les Sarmates perses. En 167 de notre ère, Aurèle rejoignit Verus sur le terrain pour repousser ces invasions et rétablir l'ordre. Il est possible, voire probable, qu'Aurèle ait été conseillé dans sa campagne par le chef militaire et consul expérimenté Marcus Nonius Macrinus (mort vers 171 de notre ère), dont le début de carrière et la relation étroite avec Aurèle ont inspiré certains aspects du personnage de Maximus Decimus Meridius dans le film Gladiateur.

Marcus Aurelius Equestrian Statue
Statue équestre de Marc-Aurèle
Mark Cartwright (CC BY-NC-SA)

En 169 de notre ère, Verus mourut - très probablement de la peste que ses troupes avaient ramenée de campagne à Rome - et Aurèle régna seul. Il consacrera la majeure partie du reste de son règne à des campagnes en Germanie, où il écrira ses Méditations.

Les Méditations

Les Méditations d'Aurèle constituent son véritable héritage au monde, dépassant de loin toutes les réalisations de son règne, aussi remarquables aient-elles été. L'ouvrage est un journal privé des pensées de l'empereur, écrit pour s'encourager à vivre la meilleure vie possible. L'expert Gregory Hays commente :

Les questions auxquelles les Méditations tentent de répondre sont avant tout d'ordre métaphysique et éthique : Pourquoi sommes-nous ici ? Comment devrions-nous vivre notre vie ? Comment pouvons-nous nous assurer que nous faisons ce qui est juste ? Comment pouvons-nous nous protéger contre le stress et les pressions de la vie quotidienne ? Comment devons-nous faire face à la douleur et au malheur ? Comment pouvons-nous vivre en sachant qu'un jour nous n'existerons plus ? (xxiv-xxv)

Les Méditations sont cependant loin d'être un traité philosophique ; il s'agit des réflexions d'un homme sur la vie et de la lutte pour rester en paix avec soi-même dans un monde qui menace constamment cette paix. La réponse d'Aurèle au problème n'est pas une réponse, mais un cours de discipline pour se refuser le luxe de s'apitoyer sur soi-même. Selon le point de vue stoïcien, tout ce qui arrive dans la vie est naturel - maladie/santé, satisfaction/déception, joie/tristesse, même la mort - et c'est seulement l'interprétation que l'on fait des événements qui peut troubler une personne. Le logos, qui contrôle toutes choses, contrôle également le destin d'une personne mais, malgré cela, un être humain a toujours la liberté de choisir comment réagir aux circonstances. Hays développe :

Selon cette théorie, l'homme est comme un chien attaché à un wagon en marche. Si le chien refuse de courir avec le chariot, il sera traîné par celui-ci, mais le choix reste le sien : courir ou être traîné. (xix)

L'univers, pour Aurèle et les stoïciens, est bon et n'a que les meilleures intentions pour l'humanité ; c'est le choix de l'individu d'interpréter correctement ces intentions et de trouver la paix ou de choisir de s'accrocher à ses impressions et de souffrir. Aurèle écrit :

Ô monde, tout me convient de ce qui peut convenir à ton harmonie ; rien n’est pour moi prématuré ni tardif de ce qui pour toi vient à son temps. Tout est fruit pour moi, ô nature, de ce que produisent les saisons fixées par toi. Tout vient de toi, tout vit en toi, tout retourne en toi. (Méditations IV.22, trad. Barthélemy Saint-Hilaire, Remacle )

Bien qu'il ait perdu ses enfants, ses amis et même sa femme, Aurèle resta fidèle à cette vision d'un monde gouverné par une intelligence naturelle et bienveillante qui traverse toutes les choses, les lie entre elles et les disperse dans le temps. Il n'y avait donc aucun concept de tragédie dans la philosophie d'Aurèle, car tout ce qui se passait était un événement naturel et rien dans la nature ne pouvait être interprété comme tragique. Il écrit :

Quant au reste, souviens-toi, dans toute circonstance qui peut provoquer ta tristesse, de recourir à cette utile maxime : « Non seulement l’accident qui m’est survenu n’est point, un malheur ; mais de plus, c’est un bonheur véritable, si je sais le supporter avec un généreux courage. » (IV.48 trad. Barthélemy Saint-Hilaire, Remacle)

Mort et héritage

Entre 170 et 180 de notre ère, Marc Aurèle fit campagne contre les tribus germaniques et parcourt les provinces orientales de son empire. En 175 de notre ère, son général Cassius se rebella en Syrie et se proclama empereur, avant d'être assassiné par un subordonné. Faustine accompagna Aurèle dans ses campagnes de 170 à 175 de notre ère et se rendit avec lui en Syrie, en Égypte et en Grèce. Elle mourut au cours de l'hiver 175 de notre ère.

En 178 de notre ère, Aurèle vainquit les tribus germaniques sur le Danube et se retira dans ses quartiers d'hiver à Vindobona. Il y mourut deux ans plus tard, en mars 180, et Commode lui succéda. Bien qu'il ait essayé d'éduquer son fils de la même manière qu'Antonin le Pieux l'avait fait avec lui, il semble avoir réalisé qu'il avait échoué. La complaisance et la cruauté de Commode ont marqué un règne qui n'aurait pas pu être plus différent de celui de son père et ont confirmé une autre maxime d'Aurèle tirée de ses Méditations IV.57 : "Ce qui ne transmet pas la lumière crée sa propre obscurité".

On ignore ce qu'il advint des Méditations après la mort d'Aurèle, mais elles ont survécu on ne sait trop comment et des copies ont été faites et conservées. Le texte est mentionné au IVe siècle de notre ère par l'orateur Thémistios (Hays, xliv) et dans l'Historia Augusta. Il n'est plus mentionné jusqu'au 10e siècle de notre ère, lorsqu'Aréthas de Césarée, un prélat byzantin, mentionne dans une lettre à un ami qu'il l'avait copié .

La copie d'Aréthas est peut-être à l'origine de la conservation des Méditations, qui auraient fait partie des livres sauvés de la bibliothèque de Constantinople en 1453, lorsque la ville tomba aux mains des Turcs ottomans. Ces livres furent transportés en Occident où ils furent copiés et, en 1559, la première édition imprimée de l'œuvre fut disponible. Depuis lors, l'ouvrage est devenu une source d'inspiration pour les personnes du monde entier qui connaissent Aurèle d'abord comme philosophe et seulement ensuite comme empereur, ce qui est probablement ce que Marc Aurèle lui-même aurait voulu.

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Traducteur

Babeth Étiève-Cartwright
Babeth s'est consacrée à la traduction après avoir enseigné l'anglais au British Council de Milan. Elle parle couramment le français, l'anglais et l'italien et a 25 ans d'expérience dans le domaine de l'éducation. Elle aime voyager et découvrir l'histoire et le patrimoine d'autres cultures.

Auteur

Joshua J. Mark
Auteur indépendant et ex-Professeur de Philosophie à temps partiel au Marist College de New York, Joshua J. Mark a vécu en Grèce et en Allemagne, et a voyagé à travers l'Égypte. Il a enseigné l'histoire, l'écriture, la littérature et la philosophie au niveau universitaire.

Citer cette ressource

Style APA

Mark, J. J. (2018, mars 26). Marc Aurèle [Marcus Aurelius]. (B. Étiève-Cartwright, Traducteur). World History Encyclopedia. Extrait de https://www.worldhistory.org/trans/fr/1-1029/marc-aurele/

Style Chicago

Mark, Joshua J.. "Marc Aurèle." Traduit par Babeth Étiève-Cartwright. World History Encyclopedia. modifié le mars 26, 2018. https://www.worldhistory.org/trans/fr/1-1029/marc-aurele/.

Style MLA

Mark, Joshua J.. "Marc Aurèle." Traduit par Babeth Étiève-Cartwright. World History Encyclopedia. World History Encyclopedia, 26 mars 2018. Web. 05 févr. 2023.

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