Commode

Définition

Donald L. Wasson
de , traduit par Babeth Étiève-Cartwright
publié le 29 août 2013
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Disponible dans ces autres langues: anglais, espagnol
Commodus As Hercules (by Mark Cartwright, CC BY-NC-SA)
Commode en tant qu'Hercule
Mark Cartwright (CC BY-NC-SA)

Commode fut empereur romain de 180 à 192 de notre ère. Avec la mort de l'empereur Marc Aurèle en mars 180 de notre ère, le long règne des cinq bons empereurs prit fin, de même que la Pax Romana (la paix romaine). Les empereurs qui suivirent pendant le siècle suivant connurent une période de chaos et de déclin. Le premier de ces empereurs ineptes fut Commode, le fils de Marc Aurèle, qui, selon la plupart des historiens, était non seulement débauché et corrompu mais aussi mégalomane, se prenant pour la réincarnation du dieu grec Hercule.

Jeunesse

Lucius Aurelius Commodus, fils du philosophe/roi et de Faustine la Jeune vit le jour à Lanuvium, une ville située à 14 miles au sud-est de Rome, le 31 août 161 de notre ère. Il était le dixième de quatorze enfants et le seul fils à survivre - son frère jumeau Titus Aurelius Fulvus Antonius mourut à l'âge de quatre ans. Il sera le premier empereur à naitre alors que son père était empereur et le dernier à hériter du trône, les cinq empereurs précédents (dont Marcus) ayant obtenu le trône par adoption.

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Commode, empereur

Le futur empereur ne tarda pas à décevoir son père. En effet, bien qu'il ait bénéficié d'une éducation de qualité, Commode n'avait pas hérité de l'éthique de travail de son père et trouvait la vie gouvernementale fastidieuse, ce qui, selon certains, prouvait qu'il est illégitime, en raison des liaisons supposées de sa mère. Après avoir servi aux côtés de Marc Aurèle lors de batailles sur la frontière nord en 178 et 179 de notre ère, Commode revint à Rome en 180 de notre ère après la mort de son père (il n'avait que dix-huit ans) et négocia un accord de paix, une paix étonnamment favorable à Rome. Il finit par laisser les rênes du pouvoir aux mains d'autres personnes, tandis qu'il se consacrait aux plaisirs du monde. L'un des premiers à assumer une partie des responsabilités de l'empereur fut Saoterus, dont la relation avec Commode ne tarda pas à susciter l'ire des membres du Sénat et de la maison impériale.

Commode finit par laisser les rênes du pouvoir entre les mains d'autres personnes tandis qu'il se consacrait aux plaisirs du monde.

Bien que Commode ait considéré ses douze années de règne comme un nouvel "âge d'or", son manque d'intérêt pour les questions politiques, sa vie de loisirs et sa paranoïa extrême engendrèrent ce que d'autres pourraient considérer comme un règne de terreur. L'historien Dion Cassius, qui l'appela le royaume "du fer et de la rouille", écrit : "Cet homme n'était pas naturellement méchant, mais, au contraire, aussi peu rusé que n'importe quel homme ayant jamais vécu. Cependant, sa grande simplicité, associée à sa lâcheté, lui fit manquer la vie meilleure et l'entraîna dans des habitudes lubriques et cruelles, qui devinrent bientôt une seconde nature." Comme il s'en remettait à d'autres pour gouverner à sa place, son entourage se rendit compte qu'il pouvait être facilement manipulé, ce qui permit à un certain nombre de conspirations contre sa vie de se développer - l'une d'entre elles fut même initiée par sa sœur aînée Lucilla et un certain nombre de sénateurs en 182 de notre ère.

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Lucilla pensait qu'elle et son mari Lucius Verus avaient été écartés par Marc Aurèle comme héritiers potentiels du trône. L'intrigue était assez simple : Claudius Pompeianus Quintianus, son neveu, devait attendre que l'empereur entre dans le Colisée et le poignarder. Cependant, l'assassinat échoua lorsque Quintianus leva son poignard et, au lieu de poignarder rapidement Commode, il s'écria : "Voici ce que le sénat t'a envoyé". Avant d'avoir pu terminer sa phrase, il fut saisi par la garde prétorienne. Cette tentative d'assassinat déjouée, ainsi que la mort récente de Saoterus, le chambellan de confiance de l'empereur, incitèrent Commode à prendre des mesures décisives : les personnes impliquées dans le complot furent toutes exécutées. Contrairement à certains auteurs, Lucilla ne fut pas exécutée immédiatement ; elle fut exilée et exécutée beaucoup plus tard. Commode en profita également pour exécuter Paternus, le commandant de la garde prétorienne, qui avait été impliqué dans l'assassinat de Saoterus et dans le complot de Lucilla.

Pendant cette période traumatisante de la vie de Commode, Tigidius Perennis, qui avait servi comme commandant conjoint de la garde prétorienne avec Paternus, saisit l'opportunité et commença à se rapprocher du vulnérable empereur, assumant un pouvoir gouvernemental considérable, ce qui permit à Commode de poursuivre d'autres intérêts. Après le complot de sa sœur, l'empereur refusa d'apparaître en public et toute communication passa par le nouveau chambellan. Perennis prit son nouveau rôle au sérieux et se révéla à la fois brutal et efficace, éliminant tous les rivaux à son autorité tout en se faisant de nombreux ennemis au passage. Alors qu'il amassait de grandes richesses et que Commode s'éloignait de plus en plus des responsabilités gouvernementales, il commença à se croire le véritable empereur, et non Commode, allant même jusqu'à comploter pour éliminer l'empereur et préparer ses propres fils à la succession. Hérodien, dans son Histoire de l'Empire romain, écrit : "Perennis assuma la responsabilité personnelle de l'empire, poussé par son insatiable soif d'argent, son mépris pour ce qu'il avait, et son désir avide de ce qui n'était pas encore à lui". Malheureusement, il s'était fait un ennemi, l'ancien esclave et membre de la maison impériale, Cléandre, qui allait le conduire à la ruine. En 185 de notre ère, par l'intermédiaire d'un groupe de 1500 soldats revenant de Grande-Bretagne, Cléandre informa Commode du complot de Perennis visant à le renverser et à prendre le pouvoir - l'exécution de Perennis (et celle de ses fils) fut immédiatement ordonnée.

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Cléandre devint le nouveau chambellan de l'empereur, et comme pour Perennis, Commode en profita pour retourner à sa vie de plaisir, et comme pour son prédécesseur, Cléandre détruisit toute opposition. Tout était à vendre, les sièges de sénateurs comme les postes de gouverneurs, et, bien sûr, une partie de l'argent allait à Commode. Cependant, comme Perennis, Cléandre ne restera pas longtemps en place. En 190 de notre ère, une pénurie d'approvisionnement en céréales allait le faire tomber. Le commissaire aux grains, Papeirius Dionysius, coupa toutes les céréales à la population, accusant Cléandre et sa cupidité - Cléandre aurait acheté toutes les céréales. Le peuple était furieux et quelques jours plus tard, alors qu'il était rassemblé au Cirque Maxime, une émeute éclata. Le peuple réclama la tête de Cléandre et défila dans les rues jusqu'à la résidence de l'empereur, la villa des Quintilli. Commode craignit pour sa vie et, lorsque les tentatives de réprimer la foule échouèrent, Commode leur donna ce qu'ils voulaient : la tête de Cléandre, qui fut placée sur un poteau et paradée dans les rues de Rome. Par la suite, Commode se rendit compte qu'il allait devoir prendre lui-même les rênes du gouvernement.

Roman Emperor Commodus, Palazzo Massimo
Empereur romain Commode, Palazzo Massimo
Carole Raddato (CC BY-SA)

Commode en Hercule

Un nouveau Commode émergea qui se voyait comme un Hercule renaissant qui apparaissait en public portant sur sa tête une cape faite de la peau d'un lion (une référence au Lion de Némée des Douze Travaux d'Hercule). Le Sénat fut même amené à le déclarer dieu vivant. Hérodien écrit : "Il commença par abandonner son nom de famille et ordonna qu'on ne l'appelle pas Commode, fils de Marcus, mais Hercule, fils de Zeus. Abandonnant le mode vestimentaire romain et impérial, il revêtit la peau de lion et porta la massue d'Hercule. ... Il érigea des statues de lui-même dans toute la ville .... car il souhaitait que même ses statues inspirent la crainte de lui". Ensuite, il renomma les douze mois, et après qu'un incendie en l'an 191 ait détruit une grande partie de la ville (y compris le Temple de la Paix et le Temple de Vesta), il saisit l'opportunité de reconstruire complètement Rome. Comme il se considérait comme le nouveau fondateur, il rebaptisa Rome Colonia Lucia Annia Commodiana ; les habitants furent connus sous le nom de Commodiani. À la surprise générale, il participa même à des combats de gladiateurs, luttant contre des handicapés physiques et des bêtes sur une plate-forme surélevée, dont un tigre, un éléphant et même un hippopotame.

Mort

Lorsqu'il décida de combattre dans l'arène le jour du Nouvel An 193 pour célébrer la renaissance de la ville, sa maîtresse Marcia (sa femme Bruttia Crispina avait été bannie et exécutée en 191) ainsi que son nouveau chambellan (Electus) et le nouveau commandant de la garde prétorienne (Quintas Aemilius Laetus) réalisèrent qu'il était allé trop loin. Après qu'ils n'aient pas réussi à le dissuader de ses plans ridicules, il se mit en colère et menaça d'ajouter leurs noms à une longue liste de personnes qu'il voulait faire exécuter. Plus tard, comme d'habitude, Marcia apporta à Commode un verre de vin avant son bain, mais cette fois-ci, il était empoisonné. Le poison n'ayant pas fonctionné, Narcisse, l'entraîneur de Commode (un lutteur professionnel), entra et l'étrangla jusqu'à ce que mort s'ensuive. Bien que beaucoup voulaient traîner son corps dans les rues de Rome, Pertinax (qui, curieusement, allait succéder à Commode) s'empara du corps, empêcha sa profanation et, finalement, Commode fut enterré dans le mausolée d'Hadrien.

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Bibliographie

  • Dio, Cassius. Roman History.
  • Herodian. History of the Roman Empire.
  • Hornblower, Simon ed. The Oxford Classical Dictionary. Oxford University Press, 1996
  • Scarre, Chris. Chronicles of the Roman Emperors. Thames and Hudson, 1995

Traducteur

Babeth Étiève-Cartwright
Babeth s'est consacrée à la traduction après avoir enseigné l'anglais au British Council de Milan. Elle parle couramment le français, l'anglais et l'italien et a 25 ans d'expérience dans le domaine de l'éducation. Elle aime voyager et découvrir l'histoire et le patrimoine d'autres cultures.

Auteur

Donald L. Wasson
Donald a enseigné l’histoire antique et médiévale ainsi que l’histoire des États-Unis à Lincoln College (Illinois). Éternel étudiant d’histoire depuis qu’il a découvert Alexandre le Grand, il met toute son énergie à transmettre son savoir à ses étudiants.

Citer cette ressource

Style APA

Wasson, D. L. (2013, août 29). Commode [Commodus]. (B. Étiève-Cartwright, Traducteur). World History Encyclopedia. Extrait de https://www.worldhistory.org/trans/fr/1-684/commode/

Style Chicago

Wasson, Donald L.. "Commode." Traduit par Babeth Étiève-Cartwright. World History Encyclopedia. modifié le août 29, 2013. https://www.worldhistory.org/trans/fr/1-684/commode/.

Style MLA

Wasson, Donald L.. "Commode." Traduit par Babeth Étiève-Cartwright. World History Encyclopedia. World History Encyclopedia, 29 août 2013. Web. 27 nov. 2022.

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