Colisée

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Définition

Mark Cartwright
de , traduit par Babeth Étiève-Cartwright
publié le 29 mai 2018
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Texte original en Anglais : Colosseum

The Colosseum in Rome (by William West, CC BY-NC-SA)
Le Colisée de Rome
William West (CC BY-NC-SA)

Le Colisée ou Amphithéâtre Flavien est une grande arène ellipsoïde construite au premier siècle de notre ère sous les empereurs romains de la dynastie Flavienne: Vespasien (69-79 EC), Titus (79-81 EC) et Domitien (81-96 EC). L'arène était utilisée pour accueillir des événements de divertissement public spectaculaires tels que des combats de gladiateurs, des chasses d'animaux sauvages et des exécutions publiques de 80 à 404 EC.

But et dimensions

La construction du Colisée commençA en 72 EC sous le règne de Vespasien sur le site qui était autrefois le lac et les jardins de la Maison dorée (Domus aurea) de l'empereur Néron. Le site fut drainé et, par précaution, des fondations en béton de six mètres de profondeur furent posées pour éviter les dommages potentiellement causés par un tremblement de terre. Le bâtiment faisait partie d'un programme de construction plus vaste entrepris par l'empereur Vespasien afin de redonner à Rome son ancienne gloire,celle qu'elle avait connue avant les bouleversements de la récente guerre civile. Comme le prétendait Vespasien avec l'inscription Roma resurgens sur ses pièces de monnaie, les nouveaux bâtiments — le Temple de la Paix, le Temple du Divin Claude et le Colisée — montreraient au monde que le Rome « renaissante » était encore le centre du monde antique.

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L'Amphithéâtre Flavien (ou Amphiteatrum Flavium pour les Romains) ouvrit ses portes en 80 EC sous le règne de Titus, fils aîné de Vespasien, avec un spectacle de gladiateurs de 100 jours et fut finalement achevé sous le règne de l'autre fils, Domitien. Le bâtiment fini était comme nul autre auparavant et situé entre la large vallée qui rejoignait les collines de l'Esquilin, du Palatin et du Cælius; il dominait la ville. Le plus grand bâtiment de ce genre qui fût au monde, il avait les caractéristiques suivantes :

  • quatre étages.
  • une hauteur de 45 mètres (150 pieds).
  • une largeur de 189 x 156 mètres.
  • une arène ovale mesurant 87,5 m sur 54,8 m.
  • un auvent en toile.
  • une capacité de 50 000 spectateurs.

Le théâtre fut principalement construit à partir de calcaire extrait localement avec des murs latéraux internes de brique, de béton et de pierre volcanique (tuf). Les voûtes furent construites en pierre ponce plus légère. La taille même du théâtre était l'origine possible du nom populaire de Colosseo, mais une origine plus probable aurait pu être une référence à la colossale statue en bronze doré de Néron qui fut transformée pour ressembler au dieu du soleil et qui se tenait à l'extérieur du théâtre jusqu'au IVe siècle EC.

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Colosseum Cross-Section
Coupe transversale du Colisée
S. R. Koehler (Public Domain)

Architecture

Le théâtre était spectaculaire même de l'extérieur avec des arcades monumentales ouvertes sur chacun des trois premiers étages présentant des arcs remplis de statues. Le premier étage portait des colonnes doriques, le deuxième ioniques et le troisième niveau corinthiennes. Le dernier étage était équipé de pilastres corinthiens et de petites fenêtres rectangulaires. Il n'y avait pas moins de quatre-vingts entrées, dont soixante-seize étaient numérotées et les billets étaient vendus pour chaque d'entre-elles. Deux entrées étaient utilisées par les gladiateurs, dont l'une était connue sous le nom de Porta Libitina (la déesse romaine de la mort) et était la porte par laquelle les morts étaient évacués de l'arène. L'autre porte était la Porta Sanivivaria par laquelle les vainqueurs, et ceux à qui il fut permis de survivre aux combats, quittaient l'arène. Les deux dernières portes étaient réservées exclusivement à l'usage de l'empereur.

A l'intérieur, le théâtre devait être encore plus impressionnant lorsque les trois niveaux de gradins étaient remplis de toutes les franges de la population. Tout autour de l'arène se trouvait une grande terrasse en marbre (podium) protégée par un mur à l'intérieur de laquelle se trouvaient les places d'honneur d'où l'empereur et d'autres dignitaires observaient les épreuves. Au-delà de cette zone, les sièges en marbre étaient divisés en zones: pour les plus riches, les citoyens de classe moyenne, les esclaves et les étrangers et enfin les sièges en bois et les places debout dans la colonnade à toit plat au niveau supérieur réservé aux femmes et aux pauvres. En plus de cette plate-forme de toit, des marins étaient employés pour faire fonctionner le grand auvent (velarium) qui protégeait les spectateurs de la pluie ou fournissait de l'ombre lors des journées chaudes. Les différents niveaux de sièges étaient accessibles par de larges escaliers, chaque palier et chaque siège étant numéroté. La capacité totale du Colisée était d'environ 45 000 spectateurs assis et 5 000 spectateurs debout. L'une des plus anciennes représentations du Colisée était gravée sur les pièces de monnaie de Titus et montre trois niveaux, des statues dans les arcs extérieurs supérieurs et la grande fontaine à colonne - la Meta Sudans - qui se trouvait à proximité.

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Les empereurs Titus et Claude étaient connus pour crier sur les gladiateurs depuis leurs sièges dans le Colisée.

La scène de l'action — le sol de l'arène sablée — était également spectaculaire. Il était souvent aménagé avec des rochers et des arbres pour ressembler à des endroits exotiques lors de la mise en scène de chasses d'animaux sauvages (venatiories). Il y avait aussi des mécanismes de levage souterrains ingénieux qui permettaient l'introduction soudaine d'animaux sauvages pendant le déroulement des spectacles. À certaines occasions, notamment lors de la première série de spectacles, l'arène était inondée pour accueillir des batailles navales simulées. Sous le plancher de l'arène (et visible par le visiteur moderne) se trouvait un labyrinthe de petits compartiments, de couloirs et d'enclos pour animaux.

Jeux et spectacles

Bien qu'historiquement liés à des jeux étrusques antérieurs qui mettaient l'accent sur les rites de la mort, les spectacles dans les arènes romaines étaient simplement conçus pour divertir, mais ils montraient aussi la richesse et la générosité de l'empereur et donnaient l'occasion aux gens ordinaires de voir leur souverain en personne. Les empereurs étaient généralement présents, même lorsqu'ils n'appréciaient guère ces spectacles, tels que Marcus Aurèle. Titus et Claude étaient connus pour crier sur les gladiateurs et d'autres membres de la foule et Commode lui-même prit part à l'action dans l'arène des centaines de fois. Cependant, un vestige de la tradition étrusque antérieure continuait avec la présence d'un assistant dont le travail était d'achever tout gladiateur tombé par un coup sur le front. Ce préposé portait le costume mythique de Charon (le ministre étrusque du destin) ou d'Hermès, le dieu messager qui accompagnait les morts jusqu'aux enfers. La présence des Vierges Vestales, du Pontifex Maximus et du divin empereur ajoutait également un certain élément pseudo-religieux à toute la procédure, du moins à Rome.

Dionysos, Roman Mosaic
Dionysos, mosaïque romaine
Mark Cartwright (CC BY-NC-SA)

Cependant, les sports de sang et la mort étaient le véritable objectif de ces véritables spectacles et tout un corps de métier apparut pour répondre aux exigences massives de divertissement de la population - par exemple, sous Claude, il y avait 93 jeux par an. Les spectacles duraient souvent de l'aube à la tombée de la nuit et les gladiateurs ouvraient généralement le spectacle avec une procession de chars accompagnée de trompettes et même d'un orgue hydraulique, puis descendaient des chars et faisaient le tour de l'arène, chacun saluant l'empereur avec la célèbre phrase: Ave, imperator, morituri te salutant ! ( Je vous salue, Empereur, ceux qui sont sur le point de mourir vous saluent !).

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Des duels comiques ou fantastiques commençaient souvent les combats de la journée, ceux-ci étaient généralement combattus entre femmes, nains ou handicapés à l'aide d'armes en bois. Les sports sanguins suivants entre diverses classes de gladiateurs comprenaient des armes telles que des épées, des lances, des tridents et des filets, et pouvaient aussi impliquer des combattantes. Venaient ensuite les chasses d'animaux avec les bestiarii — les tueurs de bêtes professionnels. Les animaux n'avaient aucune chance de survivre à ces spectacles et étaient le plus souvent tués à distance à l'aide de lances ou de flèches. Il y avait des animaux dangereux comme les lions, les tigres, les ours, les éléphants, les léopards, les hippopotames et les taureaux, mais il y avait aussi des événements avec des animaux sans défense tels que des cerfs, des autruches, des girafes et même des baleines. Des centaines, parfois même des milliers d'animaux, furent massacrés en une seule journée et souvent la brutalité était délibérée pour atteindre le crudeliter — la quantité correcte de cruauté.

Sous Domitien, des tragédies dramatiques furent également proposées dans le Colisée, mais avec un incroyable réalisme sanguinaire comme l'utilisation de véritables prisonniers condamnés pour des exécutions, un véritable Hercule fut brûlé sur un bûcher funéraire et dans le rôle de Laureolus un prisonnier fut effectivement crucifié. Le Colisée fut également le théâtre de nombreuses exécutions pendant la pause de midi (lorsque la majorité des spectateurs allaient déjeuner), en particulier l'assassinat de martyrs chrétiens. Vu comme un défi inacceptable à l'autorité de la Rome païenne et à la divinité de l'empereur, les chrétiens étaient jetés aux lions, abattus par les flèches, brûlés vivants et tués d'une myriade de manières cruellement inventives.

Bronze Sestertius with Colosseum
Sesterce en bronze avec le Colisée
Peter Roan (CC BY-NC-SA)

Histoire ultérieure

En 404 EC, à mesure que les temps et les goûts changeaient, les jeux du Colisée furent finalement abolis par l'empereur Honorius, bien que des criminels condamnés durent encore combattre des animaux sauvages pendant un siècle de plus. Le bâtiment lui-même serait confronté à un avenir en dents de scie, bien qu'il ait bien mieux tenu que beaucoup d'autres édifices impériaux pendant le déclin de l'Empire. Endommagé par le tremblement de terre en 422, il fut réparé par les empereurs Théodose II et Valentin III. Des réparations furent également effectuées en 467, 472 et 508 EC. Le lieu continua d'être utilisé pour des matchs de lutte et des chasses d'animaux jusqu'au VIe siècle, mais le bâtiment commença à montrer des signes de négligence et l'herbe envahit graduellement l'arène. Au XIIe siècle, il devint la forteresse des familles Frangipani et Annibaldi. Le grand tremblement de terre de 1231 provoqua l'effondrement de la façade sud-ouest et le Colisée devint une vaste source de matériaux de construction - pierres et colonnes furent enlevées, des pinces de fer tenant des blocs ensemble furent volées et des statues fondues pour la chaux. En effet, le pape Alexandre VI louait le Colisée en tant que carrière. Malgré cet effritement, le lieu était encore utilisé au XVe siècle pour les occasionnelles processions religieuses et représentations.

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Depuis la Renaissance, les artistes et les architectes comme Michel-Ange et plus tard les touristes au cours de leur Grand Tour reprirent un certain d'intérêt pour l'architecture romaine et les ruines. En conséquence, en 1744, le pape Benoît XIV interdit tout autre pillage de la maçonnerie du Colisée et le consacra en mémoire des martyrs chrétiens qui y avaient perdu la vie. Cela, cependant, n'a pas empêché les habitants de l'utiliser comme écuries et cette négligence se reflète dans le curieux travail de Richard Deakin qui, en 1844, catalogua plus de 420 variétés végétales prospères dans les ruines, certaines rares et même localement uniques — peut-être provenant de la nourriture donnée aux animaux exotiques au cours des siècles . Le XIXe siècle commença cependant à voir le sort de l'amphithéâtre autrefois si grand, s'améliorer. Les autorités pontificales tentèrent de restaurer certaines parties du bâtiment, notamment les extrémités est et ouest, ces dernières étant soutenues par un solide contrefort. Enfin, en 1871, l'archéologue italien Pietro Rosa retira tous les ajouts post-romains pour révéler, malgré sa dégradation, un monument encore magnifique, un témoignage poignant et durable des compétences et des vices du monde romain.

Bibliographie

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Traducteur

Babeth Étiève-Cartwright
Babeth a enseigné l’anglais au British Council de Milan. Elle parle couramment le français, l’anglais et l’italien et a 25 ans d’expérience dans le domaine de l’éducation. Elle aime voyager et découvrir la langue, l’histoire et le patrimoine culturel des différents pays qu'elle visite.

Auteur

Mark Cartwright
Mark est un auteur d'articles historiques installé en Italie. Il s'intéresse plus particulièrement à la poterie, à l’architecture, aux mythologies du monde et à la découverte des idées partagées par toutes les civilisations. Il est titulaire d’un Master en philosophie politique et éditeur en chef de WHE.

Citer cette ressource

Style APA

Cartwright, M. (2018, mai 29). Colisée [Colosseum]. (B. Étiève-Cartwright, Traducteur). World History Encyclopedia. Extrait de https://www.worldhistory.org/trans/fr/1-10001/colisee/

Style Chicago

Cartwright, Mark. "Colisée." Traduit par Babeth Étiève-Cartwright. World History Encyclopedia. modifié le mai 29, 2018. https://www.worldhistory.org/trans/fr/1-10001/colisee/.

Style MLA

Cartwright, Mark. "Colisée." Traduit par Babeth Étiève-Cartwright. World History Encyclopedia. World History Encyclopedia, 29 mai 2018. Web. 28 nov. 2021.

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