Karnak

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Définition

Joshua J. Mark
de , traduit par Babeth Étiève-Cartwright
publié le 16 septembre 2016
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Texte original en Anglais : Karnak

The Rams of Amon (by Dreef, Copyright)
Les béliers d'Amon
Dreef (Copyright)

Karnak est le nom moderne de l'ancien site du temple d'Amon à Thèbes, en Égypte. Les Égyptiens appelaient le site Nesut-Towo, «Trône des deux terres», Ipet-Isut, «La place très vénérée» ainsi que Ipt-Swt, «lieu choisi».

Le nom original est associé à l'ancienne croyance égyptienne selon laquelle Thèbes fut la première ville fondée sur le monticule primordial qui émergea des eaux du chaos au début du monde. À cette époque, le dieu-créateur Atoum (parfois Ptah ou Rê) se dressa sur le monticule pour commencer l'œuvre de création. Le site du temple était considéré comme ce terrain d'origine et le temple fut construit à cet endroit pour cette raison. Karnak aurait été un ancien observatoire ainsi qu'un lieu de culte où le dieu Amon interagissait directement avec les gens de la terre.

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Vue d'ensemble historique

Le temple d'Amon est le plus grand édifice religieux au monde (bien que certains prétendent qu'Angkor Wat au Cambodge est plus grand) et honore non seulement Amon, mais aussi d'autres dieux tels que Osiris, Montu, Isis, Ptah et les dirigeants égyptiens qui souhaitèrent que l'on se souvienne de leur contribution au site. Il fut construit progressivement au cours des siècles, chaque nouveau souverain y ajoutant une partie, depuis le début de l'Empire du Milieu (2040 - 1782 av. JC) jusqu'au Nouvel Empire (1570-1069 av. JC) et durant toute la dynastie ptolémaïque (323-30 av. JC).

Il a même été suggéré que les dirigeants de l'Ancien Empire (vers 2613 - vers 2181 av. JC) initièrent à construire sur le site en raison du style de certaines des ruines et de la liste du roi des monarques de l'Ancien Empire inscrite par Tuthmose III (1458-1425 av. J.C.) du Nouvel Empire dans sa salle hypostyle. Son choix de rois suggère qu'il avait peut-être retiré leurs monuments pour construire sa salle mais qu'il voulait quand même que l'on se souvienne d'eux. Les structures furent régulièrement enlevées, rénovées ou agrandies au cours de la longue histoire du temple. Le complexe continua de croître avec chaque souverain successif et les ruines couvrent aujourd'hui plus de 200 acres de terre. Il a été estimé que l'on pourrait accueillir trois structures de la taille de la cathédrale Notre-Dame dans le seul temple principal.

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Le temple d'Amon fut constamment utilisé avec une croissance perpétuelle pendant plus de 2 000 ans et considéré comme l'un des sites les plus sacrés d'Égypte. Les prêtres d'Amon, qui supervisaient l'administration du temple, devinrent de plus en plus riches et puissants, au point qu'ils purent prendre le contrôle du gouvernement de Thèbes vers la fin du Nouvel Empire lorsque la domination du pays se divisa entre le leur à Thèbes, en Haute-Égypte, et celui du Pharaon dans la ville de Pi-Ramsès en Basse-Égypte.

La montée du pouvoir des prêtres et la faiblesse de la position du pharaon qui en résulta sont considérées comme le principal facteur contribuant au déclin du Nouvel Empire et au début de la troisième période intermédiaire (1069-525 av. JC). Le complexe du temple fut endommagé lors de l'invasion assyrienne de 666 av. JC, et encore une fois par l'invasion perse de 525 av. JC, mais à chaque fois, il fut réparé et rénové.

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il a été estimé que l'on pourrait accueillir trois structures de la taille de la cathédrale Notre-Dame dans le seul temple principal.

Au IVe siècle de notre ère, l'Égypte faisait partie de l'Empire romain et le christianisme était promu comme seule vraie foi. L'empereur Constance II (r. 337-361) ordonna la fermeture des temples païens en 336 après JC, et le temple d'Amon fut déserté. Les chrétiens coptes utilisèrent le bâtiment pour les services religieux, comme en témoignent l'art chrétien et les inscriptions sur les murs, mais le site fut ensuite abandonné.

Il fut redécouvert lors de l'invasion arabe de l'Égypte au VIIe siècle de notre ère, et il fut alors appelé « Ka-ranak », ce qui signifie «village fortifié» en raison de l'énorme quantité d'architecture amassée dans une zone. Lorsque les explorateurs européens commencèrent à voyager en Égypte au XVIIe siècle, on leur dit que les grandes ruines à Thèbes étaient celles de Karnak et le nom est utilisé pour le site depuis lors.

Amon et le premier temple

Amon (également connu sous le nom d'Amon-Rê) était une divinité thébaine mineure qui, après que Mentuhotep II ait unifié l'Égypte vers 2040 av. JC, prit de l'importance. Les pouvoirs de deux dieux plus âgés, Atoum et Rê (respectivement le dieu créateur et le dieu soleil) furent combinés en Amon-Rê, faisant de lui le roi suprême des dieux, à la fois créateur et conservateur de la vie. La zone de Karnak avait peut-être déjà été dédiée à Amon avant que des structures n'y aient été construites ou auraient pu être dédiées à Atum ou Osiris, tous deux adorés à Thèbes.

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Le site était déjà considéré comme un terrain sacré en ce sens qu'aucune preuve de maisons domestiques ou de marchés n'y fut trouvée, seuls des bâtiments à thème religieux ou des appartements royaux construits bien après la construction du premier temple. Comme il n'y avait pas de séparation entre croyances religieuses et vie quotidienne dans l'Égypte ancienne, on pourrait penser qu'il serait difficile de distinguer un bâtiment purement laïque d'un site religieux, mais ce n'est pas le cas, ou pas toujours le cas. À Karnak, les inscriptions laissées sur les colonnes et les murs, ainsi que les œuvres d'art, identifient clairement le site comme étant de nature religieuse dès les premiers temps.

Amun
Amon
Joanna Penn (CC BY)

On pense que le premier monument construit sur le site est celui de Wahankh Intef II (vers 2112 - 2063 av. JC) qui érigea une colonne en l'honneur d'Amon Rê. Cette affirmation a été contestée par les experts qui pointent vers la liste du roi Thutmose III dans sa salle hypostyle qui affirment que le site fut développé pour la première fois à des fins religieuses pendant l'Ancien Royaume. Ils soulignent parfois les styles de l'Ancien Royaume dans l'architecture de certaines ruines.

Le lien architectural n'a cependant aucune incidence sur cette revendication, car le style de l'Ancien Royaume (l'âge des grands constructeurs de pyramides) fut souvent imité par la suite pour invoquer la grandeur du passé. Si des dirigeants de l'Ancien Royaume y ont construits, leurs monuments furent supprimés par les rois ultérieurs et c'est ce que certains experts prétendent que la liste des rois de Thutmose III indique.

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Antef II était l'un des dirigeants thébains qui mena la guerre contre le gouvernement central inefficace d'Hérakléopolis et ouvrit la voie à Mentouhotep II (vers 2061-2010 av. JC) afin qu'il renverse les rois du nord et réunisse l'Égypte sous la domination de Thèbes. Lorsque Mentouhotep II arriva au pouvoir, il construisit son complexe funéraire juste en face de Karnak à Deir el-Bahari, ce qui suggéra à certains experts qu'un temple important d'Amon existait déjà à cette époque; pas seulement le monument d'Antef II.

Mentouhotep II construisit peut-être un temple sur le site pour honorer Amon pour l'avoir aidé à remporter la victoire, puis construisit son complexe en face, mais cette affirmation est spéculative et aucune preuve ne le suggère. Il choisit très probablement le site de son complexe funéraire en raison de sa proximité avec le lieu saint de l'autre côté de la rivière; il n'y avait pas besoin de temple à cet endroit à l'époque pour motiver son choix.

Le premier constructeur connu à Karnak est le roi Senusret I (191-1926 av. JC) de l'Empire du Milieu qui construisit un temple à Amon avec une cour qui pourrait avoir pour but d'honorer et de refléter le complexe funéraire de Mentouhotep II de l'autre côté de la rivière. Senusret I aurait donc été l'architecte original de Karnak en réponse à la tombe du grand héros Mentuhotep II. Cependant, toute revendication dans ce sens demeure spéculative, et tout ce qui est clairement connu est que la zone était considérée comme sacrée avant la construction d'un temple.

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Les dirigeants du Moyen Empire qui succédèrent à Senusret I ajoutèrent tous leur propre touche au temple et étendirent le site, mais les dirigeants du Nouvel Empire transformeraient les modestes jardins et bâtiments du temple en un complexe colossal, riche en détails, d'une ampleur immense. Rien de tel que Karnak n'avait été tenté depuis que le roi de la 4e dynastie Khoufou (alias Khéops 2589-2566 av. JC) avait fait construire sa grande pyramide à Gizeh.

Temple of Amun, Karnak
Temple d'Amon, Karnak
Dennis Jarvis (CC BY-SA)

Les développements du Nouvel Empire

Les pharaons du Nouvel Empire prodiguèrent mille et une attentions au temple d'Amon. Séthi I (r. 1290-1279 av. JC) et surtout son successeur Ramsès II (r. 1279-1213 av. JC), ajoutèrent des décorations et des colonnes à la salle hypostyle qui avait été construite dans des proportions énormes auparavant. Cela fut fait pour honorer le dieu et assurer la place du pharaon dans le souvenir éternel du peuple. La chercheuse Corinna Rossi, citant le travail de l'égyptologue Elizabeth Blyth, écrit :

L'importance de Karnak réside dans son rôle de point de contact entre Amon, le souverain suprême de l'univers, et le pharaon, le souverain suprême sur Terre qui représentait tout le peuple égyptien. Ainsi, surtout à partir du Nouvel Empire, tous les rois qui souhaitaient que l'on se souvienne d'eux pour toujours furent pratiquement obligés de contribuer à la splendeur de cet important temple (41).

Tous les pharaons du Nouvel Empire, avant et après Séthi I et Ramsès II, contribuèrent à Karnak d'une manière ou d'une autre. Le travail réel sur le site fut accompli par le travail forcé de détenus de la Grande Prison de Thèbes, de personnes effectuant des travaux communautaires ou de travailleurs rémunérés, de maçons et d'artistes. Le Nouvel Empire commença avec le règne d'Ahmôsis I (c. 1570-1544 av. JC) qui unit l'Égypte après avoir expulsé les dirigeants étrangers appelés Hyksôs. Ahmôsis I, prince thébain, remercia le dieu Amon pour sa victoire en contribuant au temple de Karnak. Amenhotep III (r. 1386 - 1353 av. JC), qui eut l'un des règnes les plus exubérants de l'histoire égyptienne et dont les nombreux projets de construction garantiraient que l'on se souvienne de lui, s'assura tout de même de contribuer au temple d'Amon à Thèbes.

Son successeur, Akhenaton (r. 1353 - 1336 av. JC), interdit le culte d'Amon et des autres dieux d'Égypte, ferma tous les temples et promut son propre dieu, Aton, en tant que dieu suprême unique de l'univers. Malgré cela, il contribua lui aussi à Karnak bien que sa contribution ait été un temple à Aton, et non à Amon, qui fut détruit par le pharaon Horemheb (r. 1320 - 1295 av. JC) quand il réinstaura les dieux d'Égypte et fit son possible pour effacer le souvenir du règne d'Akhenaton de l'histoire. Le résultat de ces ajouts, rénovations et développements dans tout le Nouvel Empire fut un complexe sans cesse croissant d'une taille et d'une envergure immenses. L'historienne Margaret Bunson écrit :

Karnak reste le complexe religieux le plus remarquable jamais construit sur terre. Ses 250 hectares de temples et de chapelles, d'obélisques, de colonnes et de statues construits depuis plus de 2 000 ans intègrent les plus beaux aspects de l'art et de l'architecture égyptiens dans un grand monument historique en pierre. Il fut conçu en trois sections. La première s'étendait du nord-ouest au sud-ouest, la seconde étant à angle droit par rapport au sanctuaire d'origine. La troisième section fut ajoutée par les rois ultérieurs. Le plan du temple d'Amon, évident même dans son état actuel de délabrement, contenait une série de structures et d'innovations architecturales bien coordonnées, toutes conçues pour maximiser la force de la pierre et les aspects monumentaux du complexe. Karnak, comme pour tous les autres grands temples d'Égypte, était orné d'une rampe et d'un canal menant au Nil. Ce sanctuaire arborait également des rangées de sphinx à tête de bélier à son entrée. À une époque, les sphinx allaient de Karnak à un autre temple du dieu à Louxor, plus au sud. (133)

Cet immense complexe, dédié à Amon et à un certain nombre de dieux et de déesses honoraires, avait en son centre le sanctuaire intérieur de la maison du dieu, parfaitement aligné sur le coucher du soleil lors du solstice d'été. En fait, tout Karnak est aligné sur des événements célestes qui auraient été interprétés par les prêtres pour comprendre la volonté du dieu et ses souhaits pour l'humanité.

Amun, Ramesses II, & Mut
Amon, Ramsès II et Mout
Mark Cartwright (CC BY-NC-SA)

La structure et le fonctionnement du site

Karnak est composé d'une série de pylônes (entrées monumentales qui se rétrécissent vers le sommet des corniches), menant aux cours, aux salles et aux temples. Le premier pylône s'ouvre sur une large cour qui invite le visiteur à s'avancer un peu plus. Le deuxième pylône s'ouvre sur la Grande Salle Hypostyle qui mesure 103 m sur 52 m. La salle est soutenue par 134 colonnes de 22 m de haut et 3,5 m de diamètre.

Le dieu auquel le terrain était initialement dédié était peut-être Montou, un dieu de la guerre thébain, et il y avait une zone qui lui était dédiée même après la montée du culte d'Amon. Au fur et à mesure que le temple grandit, cependant, il se divisa en trois sections que Bunson mentionne ci-dessus et fut dédié à Amon et la parèdre Mout qui symbolisait les rayons vifs du soleil, et à leur fils Khonsou, le dieu de la lune. Ces trois dieux étaient connus sous le nom de triade Thébaine et étaient les dieux les plus populaires jusqu'à ce que le culte d'Osiris avec sa triade Osiris, Isis et Horus ne le dépassât (devenant finalement le culte d'Isis, le culte le plus populaire de l'histoire égyptienne).

Le complexe passa du temple d'origine à Amon du Moyen Empire à un site honorifique pour de nombreux dieux dont Osiris, Ptah, Horus, Hathor, Isis et toute autre divinité à qui les pharaons du Nouvel Empire estimaient qu'ils devaient une dette de gratitude. Les prêtres des dieux administraient le site, recueillaient la dîme et les cadeaux, distribuaient de la nourriture et des conseils et interprétaient la volonté des dieux pour le peuple. Plus de 80 000 prêtres étaient employés à Karnak à la fin du Nouvel Empire et les grands prêtres du site étaient plus riches que le pharaon.

Temple of Amun Plan, Karnak
Plan du temple d'Amon, Karnak
Fletcher Bannister (Public Domain)

Le culte d'Amon causa de nombreux problèmes aux monarques du Nouvel Empire dès le règne d'Amenhotep III, probablement plus tôt. À l'exception des tentatives d'Amenhotep III et de la réforme dramatique d'Akhenaton, aucun dirigeant n'avait jamais essayé de faire quoi que ce soit pour freiner significativement le pouvoir du prêtre et, comme on l'a noté, chaque roi contribua au temple d'Amon et à la richesse des prêtres thébains.

Même pendant la discorde de la troisième période intermédiaire (vers 1069 - 525 av. JC), Karnak commandait toujours le respect et les dirigeants égyptiens continuèrent d'y ajouter ce qu'ils pouvaient. Vers la fin de la troisième période intermédiaire, l'Égypte fut envahie d'abord par les Assyriens en 671 av. JC sous Assarhaddon, puis en 666 av. JC par Assurbanipal et Thèbes fut détruite, mais pas le temple d'Amon à Karnak. Ce même paradigme se répéta en 525 av. JC, lorsque les Perses envahirent le pays. En fait, les Assyriens furent tellement impressionnés par Thèbes et son grand temple qu'ils ordonnèrent aux Égyptiens de reconstruire la ville après l'avoir détruite.

Les Perses furent chassés d'Égypte par le pharaon Amyrtée (r. 404-398 av. JC) et la domination égyptienne reprit son cours, tout comme la construction à Karnak. Le pharaon Nectanébo I (r. 380 - 362 av. JC) y ajouta un obélisque et un pylône (inachevé) et construisit un mur tout autour du site, peut-être pour le protéger de toute invasion future. Nectanébo I était l'un des grands constructeurs de monuments de l'Égypte ancienne qui était également responsable du temple d'Isis à Philae. Il est l'un des derniers rois égyptiens natifs du pays. Lorsque les Perses revinrent en 343 av. JC, l'Égypte perdit son autonomie pour de bon.

Kriosphinx
Kriosphinx
Georges Perrot and Charles Chipiez (1883) (Public Domain)

Les Ptolémées et l'arrivée de Rome

En 331 avant notre ère, Alexandre le Grand prit l'Égypte aux Perses et, après sa mort, son général Ptolémée revendiqua le pays comme sa part de l'empire d'Alexandre. Ptolémée I (r. 323 - 283 av. JC) essaya de fusionner la culture égyptienne et grecque pour créer un État multinational harmonieux, mais concentra la plus grande partie de son attention sur Alexandrie. Son successeur ultérieur Ptolémée IV (r. 221 - 204 av. J.C.) se tourna toutefois vers Karnak et y construisit un hypogée, une chambre funéraire souterraine dédiée au dieu Osiris. La dynastie ptolémaïque commença à s'effilocher sous son règne et aucun autre dirigeant de cette période ne fit d'ajout au site de Karnak. La dynastie se termina par la mort de Cléopâtre VII (69-30 av. JC), après quoi l'Égypte fut prise par Rome.

Les Romains concentrèrent également toute leur attention sur Alexandrie et ignorèrent Thèbes et son temple. Ils saccagèrent Thèbes au 1er siècle de notre ère pendant ou après une bataille avec les Nubiens au sud et laissèrent la ville en ruine. Après cette date, de moins en moins de personnes visitèrent la ville ou le temple.

Au IVe siècle après JC, le christianisme fut adopté par l'Empire romain sous Constantin le Grand (r. 306 - 337 après JC) et la nouvelle foi, qui n'était plus persécutée, commença à gagner en puissance et à être plus largement acceptée. L'empereur Constance II (r. 337-361) ferma tous les temples païens de l'empire dont bien sûr Karnak, mais à cette époque, Thèbes était une ville fantôme avec quelques habitants vivant au milieu des ruines. Les chrétiens coptes de la région utilisèrent le temple d'Amon comme église au IVe siècle, mais l'eabandonnèrent par la suite. La ville et le complexe du temple furent ensuite laissés pérécliter.

Hatshepsut's Temple, Karnak
Temple d'Hatchepsout, Karnak
Dennis Jarvis (CC BY-SA)

Au VIIe siècle, les Arabes envahirent l'Égypte et furent les premiers à appeler la grande structure «Karnak» parce qu'ils croyaient qu'il s'agissait d'un village fortifié («el-Ka-Ranak»). C'est le nom que les habitants locaux donnèrent aux premiers explorateurs européens du XVIIe siècle et qui est le nom du site depuis lors. Aujourd'hui, Karnak est un grand musée en plein air attirant des milliers de visiteurs du monde entier. C'est l'une des attractions touristiques les plus populaires d'Égypte et l'une des ruines les plus impressionnantes du monde.

Comme pour les sites anciens comme Baalbek, Stonehenge, la Grande Pyramide, Nemrut Dag, Angkor Wat et d'autres, Karnak continue de fasciner les visiteurs par sa taille, son envergure et l'exploit d'avoir construit ce temple à une époque sans grues, sans camions, sans aucune technologie moderne que l'on considère comme essentielle dans les temps modernes. L'histoire de l'Égypte, depuis le Moyen Empire jusqu'au IVe siècle après JC, est racontée sur les murs et les colonnes de Karnak et, alors que les gens visitent le site et voient les inscriptions, ils sastisfont l'espoir des monarques de l'Égypte ancienne qui souhaitaient vivre à tout jamais grâce à leurs grandes actions, connues à travers leur contributions au Temple d'Amon à Thèbes.

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Traducteur

Babeth Étiève-Cartwright
Babeth a enseigné l’anglais au British Council de Milan. Elle parle couramment le français, l’anglais et l’italien et a 25 ans d’expérience dans le domaine de l’éducation. Elle aime voyager et découvrir la langue, l’histoire et le patrimoine culturel des différents pays qu'elle visite.

Auteur

Joshua J. Mark
Écrivain indépendant et ex-Professeur de Philosophie à temps partiel au Marist College de New York, Joshua J. Mark a vécu en Grèce et en Allemagne, et a voyagé à travers l'Égypte. Il a enseigné l'histoire, l'écriture, la littérature et la philosophie au niveau universitaire.

Citer cette ressource

Style APA

Mark, J. J. (2016, septembre 16). Karnak [Karnak]. (B. Étiève-Cartwright, Traducteur). World History Encyclopedia. Extrait de https://www.worldhistory.org/trans/fr/1-10539/karnak/

Style Chicago

Mark, Joshua J.. "Karnak." Traduit par Babeth Étiève-Cartwright. World History Encyclopedia. modifié le septembre 16, 2016. https://www.worldhistory.org/trans/fr/1-10539/karnak/.

Style MLA

Mark, Joshua J.. "Karnak." Traduit par Babeth Étiève-Cartwright. World History Encyclopedia. World History Encyclopedia, 16 sept. 2016. Web. 02 déc. 2021.

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