Les grandes villes de Mésopotamie ("le pays entre deux fleuves") se développèrent avant la fin du IVe millénaire avant notre ère le long de deux fleuves, le Tigre et l'Euphrate, et étaient pleinement établies à l'époque dynastique archaïque (environ 2900 à environ 2350/2334 av. J.-C.). Beaucoup de ces villes devinrent célèbres à leur époque, parmi lesquelles les douze ci-dessous. Les dates approximatives de leur fondation sont indiquées après leurs noms:
- Ninive (vers 6000 av. J.-C.)
- Kish (vers 6500-4000 av. J.-C.)
- Eridu (5400 av. J.-C.)
- Uruk (5000/4500 av. J.-C.)
- Nippur (vers 5000 av. J.-C.)
- Ur (4000/3800 av. J.-C.)
- Sippar (vers 4000-3100 av. J.-C.)
- Mari (vers 3000/2900 av. J.-C.)
- Lagash (vers 2900-2750/2700 av. J.-C.)
- Ashur/Assur (vers 2900-2750/2700 et 1900 av. J.-C.)
- Akkad (2350/2334 av. J.-C.)
- Babylone (vers 2350 av. J.-C.)
Il existait bien sûr de nombreuses autres grandes villes en Mésopotamie et dans les régions environnantes, notamment Aratta – dont l'emplacement précis n'a pas été identifié, mais le site archéologique de Konar Sandal, près de Jiroft (province de Kerman, Iran) semble de plus en plus probable –, Suse, Persépolis, Kalhu/Nimroud et Dur-Sharrukin, ainsi que beaucoup d'autres, qui jouèrent toutes un rôle important dans l'histoire de la région.
Les douze cités ci-dessus n'étaient toutefois pas seulement célèbres à leur époque, mais devinrent également légendaires grâce aux œuvres d'écrivains grecs ultérieurs et ont donné lieu, à l'époque moderne, à certaines des découvertes archéologiques les plus importantes de la région.
L'essor des villes
Les villes de Mésopotamie commencèrent généralement en tant que petits villages qui se développèrent pour devenir des centres de commerce ou des sites religieux importants. Une ville dépourvue de marchandises commerciales de valeur pouvait néanmoins prospérer en tant que lieu de pèlerinage religieux, grâce aux offrandes laissées par les visiteurs dans le complexe du temple et aux lieux d'accueil destinés à les héberger. La religion était au cœur de chaque ville mésopotamienne, comme l'explique la chercheuse Gwendolyn Leick:
Les mythes décrivent des villes telles que Babylone comme ayant été créées par les dieux pour servir de lieu de résidence. Chaque ville était donc intimement liée à une divinité particulière, dont l'image résidait dans le temple. Ur, par exemple, était le siège du dieu de la lune Nanna-Suen, Sippar celui du dieu du soleil Utu-Shamash, et ainsi de suite. Le destin de chaque ville était lié au prestige et à la popularité de sa divinité principale.
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La rivalité entre ces cités-États était souvent vive, et chacune essayait de surpasser les autres avec la plus grande ziggourat, les murs les plus majestueux, les jardins et parcs publics les mieux cultivés et, bien sûr, l'économie la plus robuste qui rendait ces travaux possibles. Lorsqu'une ville triomphait en créant une merveille étonnante, un festival était organisé, et lorsqu'une ville tombait, elle était pleurée, notamment à travers le genre connu sous le nom de lamentations mésopotamiennes.
Voici une brève description de douze de ces villes, ce qui les rendit célèbres et comment elles sont restées dans les mémoires.
Ninive (vers 6000 av. J.-C.)
Ninive (aujourd'hui Mossoul, en Irak) est surtout connue grâce au livre biblique de Jonas et à d'autres références dans la Bible, mais elle avait une longue histoire avant que ces récits ne soient écrits. La ville passA d'une petite colonie vers 6000 avant notre ère à un grand centre religieux honorant Inanna/Ishtar vers 3000 avant notre ère.
Elle atteignit son apogée sous l'Empire néo-assyrien, lorsque Sennachérib (r. de 705 à 681 av. J.-C.) en fit sa capitale et l'embellit avec des parcs publics, des jardins et un immense complexe palatial. Des études récentes suggèrent que les célèbres jardins suspendus de Babylone se trouvaient en fait à Ninive, commandés par Sennachérib, et que les écrivains grecs ultérieurs auraient confondu les deux villes.
Ninive continua à prospérer après Sennachérib et devint le site de la célèbre bibliothèque d'Assurbanipal (r. 668-627 av. J.-C.), qui contenait plus de 30 000 textes. La ville fut détruite en 612 avant J.-C. par une coalition de Mèdes, de Babyloniens et de Perses lors de la chute de l'Empire néo-assyrien.
Kish (vers 6500-4000 av. J.-C.)
Kish (aujourd'hui Tell al-Uhaymir, en Irak) était une colonie pendant la période d'Obeïd (vers 6500-4000 av. J.-C.), mais elle devint une ville vers 5000 avant notre ère et subsista jusqu'au VIIIe siècle de notre ère, ce qui en fait l'une des plus anciennes villes de Mésopotamie à avoir été habitée sans interruption. À ses débuts, elle était un site religieux important dédié à Inanna/Ishtar et à son père et époux Enki/Ea, ce qui contribua à sa prospérité.
Selon la liste des rois sumériens, Kish fut la première ville sur laquelle "la royauté descendit" après le Déluge. La ville devint si prospère et puissante que le titre de "roi de Kish" en vint à désigner le souverain de toute la région de Sumer. Sargon d'Akkad (r. de 2334 à 2279 av. J.-C.) prit ce titre après avoir fondé l'empire akkadien, qui régnait effectivement sur toute la Sumer.
Kish est connue pour avoir été un centre d'apprentissage, avec ses nombreuses écoles de scribes, son architecture monumentale et sa victoire dans la première guerre de l'histoire, lorsque le roi Enmebaragesi de Kish vainquit l'Élam en 2700 avant notre ère. La ville est également remarquable pour avoir été la seule à avoir une femme monarque, Kubaba, qui était auparavant aubergiste. Kish déclina pendant les périodes néo-assyrienne et perse et finit par être abandonnée après 750 de notre ère.
Eridu (5400 av. J.-C.)
Eridu (aujourd'hui Abu Shahrein, en Irak) était considérée comme la première ville du monde par les Sumériens et, selon la liste des rois sumériens, "après que la royauté soit descendue du ciel, la royauté était à Eridu", établissant la ville comme le lieu où les dieux créèrent l'ordre sur terre sous la forme d'une monarchie qui ferait des lois et maintiendrait une société stable.
La ville ne fut jamais un siège dynastique, mais elle figurait parmi les sites religieux les plus importants, dédiés au dieu de la sagesse et de la magie, Enki/Ea, et apparaît dans certaines des œuvres les plus significatives de la littérature mésopotamienne, notamment la Genèse d'Eridu, l'Atrahasis, le Mythe d'Adapa et Inanna et le dieu de la sagesse.
Eridu resta un site religieux et un centre de commerce important jusqu'à son abandon vers l'an 600 avant notre ère. La cause la plus probable de son déclin serait la surexploitation des terres.
Uruk (5000/4500 av. J.-C.)
Uruk (aujourd'hui Warka, en Irak) devint la ville la plus puissante et la plus prospère de la Mésopotamie antique et aurait donné son nom à l'Irak. Son nom désigne également la période d'Uruk (environ 4000-3100 av. J.-C.) dans l'histoire mésopotamienne, marquée par l'expansion de l'urbanisation et l'invention ou le développement de nombreux aspects importants de la civilisation, parmi lesquels l'écriture, la production de masse, l'architecture monumentale sous la forme de ziggourats et le concept d'identification personnelle sous la forme de sceaux cylindriques. Elle est également célèbre pour son roi, Gilgamesh, surtout connu comme le personnage central de l'Épopée de Gilgamesh, la plus ancienne œuvre littéraire au monde.
Uruk est considérée comme la première véritable ville de l'histoire et le site où le commerce dans la Mésopotamie antique se développa en premier et se répandit par la suite. Des artefacts provenant d'Uruk ont été trouvés dans presque tous les sites fouillés dans la région ainsi qu'en Égypte. La déesse protectrice de la ville, Inanna/Ishtar, était l'une des plus populaires en Mésopotamie, et Uruk prospéra donc grâce aux pèlerinages religieux ainsi qu'au commerce. La ville devint si puissante qu'elle inspira la fondation et la construction d'autres villes, encourageant ainsi une urbanisation généralisée.
La ville fut habitée sans interruption depuis sa fondation jusqu'au VIIe siècle, lorsqu'elle fut abandonnée lors de la conquête arabe musulmane de la région.
Nippur (vers 5000 av. J.-C.)
Nippur (aujourd'hui Nuffar, en Irak) commença, comme beaucoup d'autres, comme une petite colonie à l'époque d'Obeïd, puis se développa pour devenir un important centre culturel et religieux avant la période dynastique archaïque en Mésopotamie. La divinité protectrice était Enlil, "Seigneur des vents", bien qu'Inanna/Ishtar et Gula, déesse de la guérison, y fussent également vénérées. Nippur fut toujours considérée comme une ville sacrée et un lieu de pèlerinage. Il n'est donc pas surprenant qu'elle ait abrité de nombreuses écoles de scribes qui, entre autres travaux, consignèrent les récits sacrés des dieux, aujourd'hui connus sous le nom de mythologie mésopotamienne.
Les inscriptions trouvées dans les ruines de Nippur suggèrent qu'elle était vénérée en tant que site sacré par de nombreux rois à partir de 2700 avant J.-C. environ, à commencer par Enmebaragesi de Kish, puis Gilgamesh d'Uruk, Sargon d'Akkad et Ur-Nammu d'Ur. La ville perdit de son prestige lorsque ses associations sacrées furent supprimées par Hammurabi (r. de 1792-à 1750 av. J.-C.) et transférées à Babylone, et la ville semble avoir été endommagée lors de l'invasion élamite de 1750 avant notre ère.
Le temple d'Enlil à Nippur (l'Ekur) fut restauré par les Kassites, tout comme la ville environnante, vers 1375 avant notre ère, et Nippur continua d'être un centre culturel important jusqu'au IXe siècle, même si peu de gens y vivaient réellement. Elle fut abandonnée au cours du XIIIe siècle, et ce qui restait de la ville tomba en ruine.
Ur (4000/3800 av. J.-C.)
Ur (aujourd'hui Tell el-Muqayyar, en Irak) était à l'origine un petit village qui se développa pour devenir une grande ville portuaire sur le golfe Persique. Ur est mentionnée dans le livre biblique de la Genèse et est devenue célèbre au début du XXe siècle, lorsque Sir Leonard Wooley a fouillé le site et découvert la tombe qu'il a appelée la "Grande fosse mortuaire", contenant des trésors tels que la coiffe de la reine Puabi et l'étendard royal d'Ur.
Ur était favorisée par les rois de l'empire akkadien, et Sargon le Grand y plaça sa fille, Enheduanna (vers 2300), en tant que grande prêtresse. La ville atteignit son apogée pendant la période d'Ur III (vers 2112 à vers 2004 av. J.-C.) sous le règne d'Ur-Nammu (vers 2112-2094 av. J.-C.) et de son fils Shulgi d'Ur (2094 à vers 2046 av. J.-C.). Cette période, également connue sous le nom de Renaissance sumérienne, vit la prolifération des écoles de scribes, le développement de l'architecture et l'amélioration des infrastructures.
Shulgi construisit une grande muraille pour protéger Ur des invasions, mais celle-ci était si longue qu'elle ne pouvait être correctement gardée et n'était ancrée à aucune de ses extrémités. En 1750 avant notre ère, les Amorrites contournèrent tout simplement la muraille pour attaquer Ur, et les Élamites la franchirent, mettant fin non seulement à Ur, mais aussi à la civilisation sumérienne.
Sippar (vers 4000-3100 av. J.-C.)
Sippar (aujourd'hui Tell Abu Habbah, Irak, près de Bagdad) fut colonisée pour la première fois à la fin de la période d'Obeïd, mais connut son apogée entre la période d'Uruk et le premier millénaire avant notre ère. Le site devint célèbre à la fin du XIXe siècle, lorsqu'on y découvrit vers 1882 la carte babylonienne du monde, une tablette d'argile représentant la carte du monde avec Babylone en son centre (vers le IXe siècle av. J.-C.).
La divinité protectrice de la ville était Utu-Shamash à l'époque akkadienne (2350/2334-2154 av. J.-C.), et la liste des rois sumériens indique que Sippar était la quatrième ville à recevoir la royauté des dieux, ce qui atteste de son rang élevé. La ville devint célèbre à son époque pour la production de sceaux cylindres et de laine, et on pense que le célèbre Code d'Hammurabi aurait été érigé pour la première fois à Sippar.
La ville déclina pendant la période de l'Empire achéménide (vers 550-330 av. J.-C.), mais elle existait encore à l'époque de l'Empire parthe (247 av. J.-C. à 224 ap. J.-C.), après quoi elle semble avoir été abandonnée.
Mari (vers 3000/2900 av. J.-C.)
Mari (aujourd'hui Tell Hariri, en Syrie) était une merveille d'ingénierie et de conception et devint la ville la plus prospère du nord de la Mésopotamie. Contrairement à beaucoup d'autres villes, Mari n'était pas issue d'une colonie antérieure, mais fut planifiée dès le départ en tant que ville nouvelle. Le site se trouvait à l'intérieur des terres, loin de l'Euphrate, et un "canal de liaison" fut donc construit pour acheminer l'eau du fleuve vers la ville, puis des canaux plus petits furent creusés à partir de celui-ci pour irriguer les cultures.
La ville fut soigneusement conçue pour prendre progressivement un peu de hauteur, avec un système de drainage sous les rues et autour de la partie basse pour évacuer les eaux de pluie et les déchets. Le site avait été choisi pour sa position sur une route commerciale très fréquentée, et la ville prospéra donc non seulement grâce au commerce, mais aussi grâce à la perception de péages auprès de tous les marchands qui la traversaient. Les divinités de la ville étaient à la fois sumériennes et sémitiques, avec des temples dédiés à Dagan et Inanna/Ishtar, entre autres.
Mari atteignit son apogée sous le règne de Zimri-Lim (1775-1761 av. J.-C.), qui s'était allié à Hammurabi de Babylone, lequel se retourna ensuite contre lui et détruisit la ville vers 1761. Le système de canaux en ruine déborda, ramollissant les fondations en briques de boue des bâtiments et provoquant leur effondrement.
Bien que le site ait continué à être habité jusqu'au IIIe siècle avant notre ère, il était en ruines vers 1757 avant notre ère. Aujourd'hui, le site est surtout connu pour les tablettes de Mari, entre 15 000 et 25 000 tablettes d'argile cuites dans les incendies qui suivirent la chute de la ville et donc parfaitement conservées, comme cela s'est également produit à Ninive avec la bibliothèque d'Assurbanipal.
Lagash (vers 2900 à 2750/2700 av. J.-C.)
Lagash (aujourd'hui Al-Shatrah, en Irak) passa d'une petite colonie à l'époque d'Uruk à une ville à l'époque dynastique archaïque I. Elle prospéra grâce au commerce, grâce à sa position favorable entre le Tigre et l'Euphrate et aux canaux qui amenaient l'eau dans la ville, puis vers de petits fossés d'irrigation qui favorisaient des récoltes abondantes.
De nombreuses tablettes trouvées dans les ruines de la ville témoignent de grands projets de construction, notamment des temples, des palais et des canaux. La ville tomba d'abord aux mains du roi Lugalzagesi d'Uruk vers 2350 avant notre ère, fut reconstruite par Sargon d'Akkad et atteignit son apogée sous le règne de Gudea (ou Goudéa, vers 2144-2124 av. J.-C.). Gudea se consacra à la construction de sanctuaires et de temples et est mentionné dans le texte intitulé La construction du temple de Ningirsu, dans lequel la déesse Nanshe interprète son rêve de construire un temple dédié à Ningirsu, la divinité protectrice de la ville (similaire à Ninurta), ainsi qu'à la déesse mère Bau/Babu.
Lagash s'aligna sur Ur pendant la période d'Ur III, et lorsque cette ville tomba vers 1750 avant notre ère, Lagash commença à décliner. Elle fut abandonnée vers 1600 avant notre ère.
Ashur/Assur (c. 2900 à c. 2750/2700 et c. 1900 av. J.-C.)
Ashur (également appelé Assur, aujourd'hui Qal'at Sherqat, district d'al-Shirqat, Irak) fut fondé pendant la période dynastique archaïque I. Elle servait de poste avancé et de centre de commerce de l'empire akkadien et continua à prospérer grâce au commerce pendant la période d'Ur III. Elle était liée commercialement au célèbre centre commercial de Karum Kanesh en Anatolie (Asie Mineure) et tirait également profit des pèlerinages religieux et des offrandes au dieu protecteur Ashur et à la déesse Ishtar.
Vers 1900 av. J.-C., la version la plus célèbre de la ville fut fondée par les Assyriens, qui en firent leur capitale. Tous les grands rois assyriens lancèrent leurs campagnes militaires depuis Assur et rapportèrent le butin de leurs conquêtes pour remplir le trésor de la ville. Les rois assyriens étaient également enterrés dans la ville, à l'exception de Sargon II, dont le corps fut perdu au combat.
Même après que le roi Assurnasirpal II (884-859) eut transféré la capitale à Kalhu, Assur resta un important centre de commerce, culturel et religieux jusqu'à ce qu'elle ne soit pillée en 612 avant J.-C. par la coalition des Babyloniens, des Mèdes et des Perses, qui s'emparèrent également des autres grandes villes néo-assyriennes. Assur fut prise par l'Empire romain vers 116 et détruite par les Perses sassanides sous leur roi Ardashir Ier (r. de 224 à 240 de notre ère), mais elle resta peuplée jusqu'au XIVe siècle, date à laquelle elle fut abandonnée.
Akkad (2350/2334 av. J.-C.)
Akkad (également appelée Agadé, emplacement inconnu) aurait été construite par Sargon d'Akkad vers 2350/2334 avant notre ère, bien qu'il se soit peut-être contenté de restaurer une ville antérieure sur le même site. Avant l'ascension de Sargon, Lugalzagesi d'Uruk avait conquis Sumer, et Sargon, tirant les leçons de ces campagnes, vainquit Lugalzagesi et fonda le premier empire multinational au monde, qui englobait l'Irak, la Jordanie, le Koweït, une partie du Liban, la Syrie, une partie de l'Asie Mineure et peut-être même la Crète.
La ville devint fabuleusement riche et atteignit son apogée sous le règne du petit-fils de Sargon, Naram-Sin (2254-2218 av. J.-C.), le plus grand des rois akkadiens. La déesse protectrice de la ville était Ishtar, à qui l'on attribuait les victoires des rois et la prospérité de la ville. L'empire akkadien apporta la stabilité qui permit le développement des arts et des sciences, mais il fut également en proie à des rébellions tout au long de son histoire, menées par des cités-États et des régions qui s'opposaient à ses politiques autoritaires.
Selon les scribes sumériens postérieurs, Akkad tomba aux mains des envahisseurs Gutis vers 2154 avant notre ère. Les études modernes suggèrent toutefois que le changement climatique affaiblit la ville et son empire, permettant ainsi la victoire des Gutis, ce qui aurait été impossible plus tôt dans son histoire.
Babylone (vers 2350 avant notre ère)
Babylone (aujourd'hui Hillah, en Irak) est sans conteste la ville mésopotamienne la plus célèbre, car elle est mentionnée dans la Bible. À l'origine, il s'agissait d'une petite ville fondée à un moment donné pendant la période akkadienne, qui était devenue un centre religieux et culturel à l'époque du roi akkadien Shar-Kali-Sharri (2217-2193 av. J.-C.). La ville atteignit son apogée sous le règne de Hammurabi, qui fit de Babylone la capitale de son empire et la plus grande ville du monde à cette époque, avec une population estimée à plus de 200 000 habitants.
Après Hammurabi, la ville déclina, mais connut un regain d'activité pendant la période assyrienne moyenne (vers 1365-1053 av. J.-C.), et à l'époque de l'Empire néo-assyrien, elle était suffisamment forte pour opposer une résistance aux souverains assyriens. Elle fut complètement détruite par le roi néo-assyrien Sennachérib en 689 avant J.-C. (ce qui conduisit à son assassinat) et reconstruite par son fils Assarhaddon.
Après la chute de l'Empire néo-assyrien en 612 avant notre ère, Babylone connut un nouvel essor sous le règne de Nabuchodonosor II (604-561 av. J.-C.), qui redynamisa la ville et fit construire la célèbre porte d'Ishtar. On lui attribue également l'achèvement de la grande ziggourat (l'Etemenanki, "Maison de la Fondation du Ciel et de la Terre"), qui aurait inspiré la tour de Babel biblique, ainsi que la construction des jardins suspendus de Babylone (qui, comme indiqué, se trouvaient peut-être en réalité à Ninive).
La ville continua de prospérer sous l'Empire achéménide après sa conquête par Cyrus le Grand en 539 avant notre ère, mais elle déclina après la mort d'Alexandre le Grand, qui avait conquis la région. Babylone ne retrouva jamais son ancienne splendeur et continua de décliner lentement jusqu'à son abandon au VIIe siècle de notre ère.