Satyre

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Définition

Mark Cartwright
de , traduit par Babeth Étiève-Cartwright
publié le 24 juin 2021
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Texte original en Anglais : Satyr

Red-Figure Satyr (by Mark Cartwright, CC BY-NC-SA)
Figure rouge de satyre
Mark Cartwright (CC BY-NC-SA)

Les satyres (alias Silènes) sont des personnages de la mythologie grecque qui étaient des fidèles du dieu du vin Dionysos et qui étaient souvent coupables de désirs sexuels démesurés et de consommation excessive de vin. Ces hommes à la queue et aux oreilles de cheval ou avec des pattes de chèvre, ces créatures hirsutes et indisciplinées vivaient à l'état sauvage dans les forêts et symbolisaient les dangers du dévergondage.

Les satyres sont souvent représentés dans l'art ancien, généralement en train de faire des ravages en attaquant des femmes et en effectuant des tours obscènes avec des tasses à vin. Ils pouvaient parfois être plus laborieux lorsque Dionysos les mettait au travail pour fabriquer du vin. Le satyre le plus célèbre est le vieux sage Silène (ou Papposilène), qui fut le tuteur de Dionysos. Un des genres du théâtre grec était le drame satyrique qui impliquait des acteurs déguisés en satyres et où il y avait tout un chœur de satyres.

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Hommes sauvages de l'excès

Le nom «satyre» était utilisé dans le Péloponnèse de la Grèce antique alors que «silène» était utilisé en Attique. À un moment donné au VIe siècle avant notre ère, les noms furent utilisés de manière interchangeable dans la littérature grecque et dans les libellés sur la poterie grecque.

Alors qu'ils transformaient la nature en produits manufacturés, les satyres comblaient le fossé entre abandon sauvage et culture ordonnée.

Les satyres apparaissent souvent dans les mythes grecs comme des hommes sauvages de la nature qui ont des caratéristiques animales et qui sont grands amateurs de vin. Intelligents mais espiègles, lubriques mais doués en musique, le physique des satyres reflète leurs traits de personnalité apparemment contradictoires. Les premières représentations de satyres les montrent comme des hommes avec la queue et les oreilles de cheval, tandis que les versions ultérieures sont mi-hommes et mi-chèvres, parfois avec des pattes de chèvre entières ou simplement des pieds à sabots. Les éléments de la chèvre peuvent refléter une association ultérieure avec le dieu pastoral Pan, également considéré comme habitant des zones forestières. Les satyres ont souvent le nez retroussé, les cheveux en pagaille et de longues barbes. Une arme du satyre était le thyrsus, un bâton entouré de lierre et surmonté d'une pomme de pin. Ces habitants de la forêt étaient de fréquents compagnons ou fidèles de Dionysos, le dieu grec du vin et des réjouissances, et faisaient partie de son thiasos ou groupe, qui comprenait des nymphes et des ménades.

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Le culte de Dionysos comportait des rituels orgiaques où les participants, hommes et femmes, étaient commandés par une frénésie dionysienne de danse et de gaieté telle qu'ils se transcendaient. Les satyres en vinrent à représenter le côté le plus excessif du culte à Dionysos. Avec leur énergie démoniaque, les satyres passaient leur temps à chasser et parfois à violer des animaux ou ils étaient employés par leur maître dans la vinification. Par conséquent, alors qu'ils transformaient la nature en produits manufacturés, les satyres comblaient le fossé entre l'abandon sauvage et la création d'une culture ordonnée.

Satyrs Making Wine
Satyres faisant du vin
Wikipedia (GNU FDL)

Les Satyres étaient liés à plusieurs grands festivals de la religion grecque. Les gens s'habillaient en satyres pour des processions comme les Anthestéries d'Athènes (un festival qui rendait hommage à Dionysos et à la consommation du vin nouveau), à Alexandrie à l'époque hellénistique et à Rome. Les satyres participaient à des cérémonies d'initiation secrètes pour certains cultes grecs, en particulier ceux impliquant un lien avec la vie dans l'au-delà et les rituels funéraires.

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des scènes de poterie grecque dépeignent Des satyres qui fabriquent du vin, foulant le raisin avec leurs pieds ou versant le vin dans de grands récipients.

Le satyre Silène

Le satyre Silène était considéré comme le père de tous les autres satyres grecs et, célèbre pour sa grande sagesse, il fut le sage tuteur de Dionysos et était aussi une autre passerelle entre la sagesse de la nature et l'intelligence de l'humanité. Un jour, Silène fut capturé par le roi Midas, souverain de Phrygie en Asie Mineure, qui était célèbre pour sa richesse. Dans une version du mythe, Midas, un bon matin, trouva tout bonnement dans sa roseraie Silène souffrant des excès de la veille au soir. Dans une version alternative, Midas tendit un piège délibéré au satyre afin qu'il puisse acquérir une partie de ses connaissances légendaires. Que ce fût par chance ou par dessein, Silène passa cinq jours et cinq nuits avec son hôte durant lesquels il lui raconta toutes sortes d'histoires étranges d'endroits lointains. Midas rendit alors Silène à Dionysos et, en reconnaissance, le dieu accorda un vœu au roi. C'est ainsi qu'il aurait reçu son célèbre «don» où tout ce qu'il touchait se transformait en or massif. Quand il ne put ni manger ni boire, Midas supplia Dionysos d'inverser son nouveau talent et c'est ce qu'il fit en disant au roi cupide de se laver à la source du Pactole en Lydie.

Sleeping Silenus
Silène endormi
Mark Cartwright (CC BY-NC-SA)

Le Satyre Marsyas

Le grand dieu grec Apollon, qui était censé être le grand maître de la lyre, vainquit le satyre phrygien Marsyas et sa double flûte (ou aulos) lors d'un concours musical jugé par les Muses. Marsyas fut ensuite écorché vif pour son impudence et le lieu de sa défaite était la rivière Marsyas en Phrygie, un affluent de la rivière Méandre. Selon Robert Graves, spécialiste des mythes grecs, ce mythe d'un concours musical pourrait avoir une signification plus profonde:

Les victoires d'Apollon sur Marsyas et Pan commémorent les conquêtes helléniques de Phrygie et d'Arcadie, et le remplacement qui en résulta des instruments à vent de ces régions par des instruments à cordes, sauf parmi les paysans (81).

Représentations dans l'art

Les représentations de Dionysos dans l'art grec archaïque et classique le montrent souvent en compagnie de satyres. Typiquement, les satyres grecs sont dépeints nus avec des cheveux longs, une longue barbe, une longue queue de cheval et sont ithyphalliques. Parfois, ces satyres ressemblant à des chevaux ont des corps poilus et leurs pattes entières sont animales comme sur le célèbre Vase François, un cratère à volutes attique datant du VIe siècle avant notre ère qui fut trouvé à Chiusi et qui se trouve aujourd'hui au Musée archéologique de Florence. Souvent, ils dansent, gambadent et font généralement du tapage en tant que personnages périphériques dans des scènes montrant Dionysos, d'autres dieux, lors de mariages et de célébrations communautaires similaires. Parmi les autres scènes courantes, on peut citer un groupe de satyres qui escortent Héphaïstos jusqu'au mont Olympe pour libérer Héra captive, et aussi combattant des géants dans des gigantomaches sculpturales.

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Les satyres en train de faire du vin apparaissent fréquemment dans des scènes de poterie grecque, foulant le raisin avec leurs pieds dans de grandes cuves, versant le vin dans des récipients de stockage, faisant tenir en équilibre des tasses sur des parties inhabituelles de leur corps et buvant souvent beaucoup pendant le travail. Un bel exemple de ce type de scène est une amphore à panse à figures noires du Ve siècle av. JC, aujourd'hui située à l'Antikenmuseum de Bâle. Il y a aussi des scènes de poterie inexpliquées, dont l'importance a été perdue, comme des satyres torturant une femme attachée à un arbre sur un lekythos maintenant au Musée national d'Athènes. Les satyres attaquent parfois un tombeau ou un monument religieux et parfois s'approchent furtivement d'Heraklès (Hercule) pour lui voler ses armes, peut-être une référence à une pièce satyrique désormais perdue. Des acteurs déguisés en satyres et effectuant des tâches quotidiennes comme le sport ou dans des scènes familiales apparaissent sur de nombreux vases en poterie du Ve siècle avant notre ère.

Drunken Satyr
Satyre ivre
Carole Raddato (CC BY-SA)

La capture du satyre Silène par le roi Midas est représentée dans plusieurs scènes de poterie grecque datant d'environ 560 avant notre ère. Un vase attique à figures noires du VIe siècle avant notre ère, d'Égine, montre deux hommes escortant le satyre après l'avoir capturé à l'aide d'une corde et d'une outre à vin (Altes Museum, Berlin).

Le malheureux Marsyas apparaît en sculpture avec les mains attachées au-dessus de la tête alors qu'on lui inflige sa terrible punition. Un bon exemple est une sculpture romaine impériale ancienne, qui copie un original grec antérieur. Elle se trouve aujourd'hui dans les Musées du Capitole à Rome.

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Drames Satyriques

Les drames satyriques furent un élément important du théâtre grec à partir de la fin du VIe siècle avant notre ère. La compétition la plus célèbre pour les représentations de tragédie grecque était organisée dans le cadre de la fête du printemps de Dionysos Eleuthéreus ou des Dionysies à Athènes. Chaque festival, de célèbres tragédiens comme Aschyle (c. 525 - c. 456 av. JC), Sophocle (c. 496 à 406 av. JC) et Euripide (c. 484-407 av. JC), présentaient un trio de tragédies et un drame satyrique.

Il y avait un lien fort entre le drame grec et Dionysos. On pense que le théâtre est né des rituels orgiaques de vin, de danse grecque et de chant, car, comme les fidèles de Dionysos, les acteurs s'efforçaient de laisser derrière eux leur propre personnage et ne faire qu'un avec le personnage qu'ils interprétaient. Aussi, les prêtres de Dionysos recevaient des places d'honneur dans les théâtres grecs.

Les drames satyriques, en particulier, comportaient des acteurs habillés en satyres avec un masque, un corps poilu et une paire de shorts avec une queue de cheval derrière et un faux phallus dressé devant. Les satyres pouvaient être des personnages importants de la pièce, et le chœur était entièrement composé par eux. Le sujet de ces pièces était généralement une parodie d'un mythe bien connu. Les drames satyriques étaient plus sobres qu'une pièce comique, mais pas aussi intellectuels qu'une tragédie. Malheureusement, il n'existe aujourd'hui qu'un seul drame satyrique complet, les Cyclopes d'Euripide, qui compte 709 lignes. De nombreux autres fragments survivent, les plus importants étant environ la moitié des Ichneutae (Les Limiers) de Sophocle. Ces pièces montrent que les satyres prenaient le devant de la scène dans les pièces, et de nombreuses scènes impliquaient leurs compétences en vinification, en acrobatie et en semence de zizanie pour les personnages centraux les plus héroïques comme Heraklès ou Odysseus. Bien que les drames satyriques ne firent plus partie des concours théâtraux grecs à partir du IVe siècle avant notre ère, elles continuèrent d'être jouées jusqu'à la période romaine.

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Traducteur

Babeth Étiève-Cartwright
Babeth a enseigné l’anglais au British Council de Milan. Elle parle couramment le français, l’anglais et l’italien et a 25 ans d’expérience dans le domaine de l’éducation. Elle aime voyager et découvrir la langue, l’histoire et le patrimoine culturel des différents pays qu'elle visite.

Auteur

Mark Cartwright
Mark est un auteur d'articles historiques installé en Italie. Il s'intéresse plus particulièrement à la poterie, à l’architecture, aux mythologies du monde et à la découverte des idées partagées par toutes les civilisations. Il est titulaire d’un Master en philosophie politique et éditeur en chef de WHE.

Citer cette ressource

Style APA

Cartwright, M. (2021, juin 24). Satyre [Satyr]. (B. Étiève-Cartwright, Traducteur). World History Encyclopedia. Extrait de https://www.worldhistory.org/trans/fr/1-649/satyre/

Style Chicago

Cartwright, Mark. "Satyre." Traduit par Babeth Étiève-Cartwright. World History Encyclopedia. modifié le juin 24, 2021. https://www.worldhistory.org/trans/fr/1-649/satyre/.

Style MLA

Cartwright, Mark. "Satyre." Traduit par Babeth Étiève-Cartwright. World History Encyclopedia. World History Encyclopedia, 24 juin 2021. Web. 07 déc. 2021.

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