Royaume de Macédoine

Définition

Joshua J. Mark
de , traduit par Babeth Étiève-Cartwright
publié le 05 novembre 2018
X
translations icon
Disponible dans ces autres langues: anglais
Apollo, Macedonian Gold Stater (by Mark Cartwright, CC BY-NC-SA)
Apollon, Statère en or macédonien
Mark Cartwright (CC BY-NC-SA)

Le Royaume de Macédoine était un ancien royaume situé au nord de la péninsule grecque, d'abord habité par la tribu des Mackednoi qui, selon Hérodote, furent les premiers à s'appeler "Hellènes" (terme qui s'appliqua plus tard à tous les Grecs) et qui donnèrent leur nom au pays.

Le royaume aurait été fondé vers le VIIe siècle avant notre ère par Caranos, qui semble semi-mythique, et reçut le nom du dieu Macédon, un fils de Zeus. Pendant des siècles, les Mackednoi n'avaient pas eu grand-chose à voir avec la Grèce méridionale et les Grecs les considéraient comme des barbares qui n'étaient utiles que pour les matières premières que leur région fournissait, en particulier le bois pour la construction navale. Les Mackednoi, quant à eux, méprisaient tout autant les Grecs.

Supprimer la pub
Advertisement

Lors de l'invasion perse de 480 avant notre ère, le royaume de Macédoine était sous domination perse et contrainte de fournir des troupes à la force d'invasion. Leur participation aux côtés des Perses ne semble pas avoir aggravé les mauvaises relations entre la Macédoine et la Grèce méridionale. Après la victoire grecque et l'expulsion des Perses, le royaume de Macédoine préféra rester à l'écart du reste de la Grèce et des querelles et des combats qui se déroulaient constamment entre les cités-États grecques et les États du sud firent de même avec la Macédoine.

Les chercheurs concluent généralement que, quelle qu'ait été la nationalité des Macédoniens, ils n'étaient pas considérés comme grecs par les cités-États du sud.

Tout cela changea sous le règne du roi Philippe II (r. de 359 à 336 av. J.-C.), qui plaça systématiquement les cités-États du sud de la Grèce sous son contrôle. Après l'assassinat de Philippe en 336 avant notre ère, le trône fut transmis à son fils, Alexandre le Grand (r. de 336 à 323 avant notre ère), qui répandrait la culture et la civilisation grecques dans le monde connu de l'Antiquité. Après la mort d'Alexandre en 323 avant notre ère, le royaume de Macédoine tomba en disgrâce dans le sud de la Grèce, de nombreux Grecs s'opposant à la domination macédonienne et exprimant un antagonisme virulent à l'égard de tout ce qui pouvait sembler Macédonien de près ou de loin. Le royaume de Macédoine resta un royaume autonome et puissant jusqu'à ce qu'il ne soit annexé par Rome, en même temps que le reste de la Grèce, vers 146 avant notre ère.

Supprimer la pub
Advertisement

Histoire ancienne et relations avec la Grèce

Au début du VIIe siècle avant notre ère, les Macédoniens, sous la conduite de leur roi Caranos, s'installèrent dans la partie centrale de la région et, avec le temps, colonisèrent le nord et le sud, délogeant les Thessaliens et les Illyriens qui y vivaient. Avant leur arrivée, la terre était connue sous le nom d'Emathie (selon Homère, 8e siècle av. J.-C. et, plus tard, Strabon, 63 av. J.-C. - 23 ap. J.-C.), mais les nouveaux arrivants la revendiquèrent et la nommèrent en l'honneur de leur dieu protecteur. Macédon est mentionnée dans le Catalogue des femmes d' Hésiode au VIIIe siècle avant notre ère comme appartenant au panthéon grec. Le spécialiste Winthrop Lindsay Adams écrit:

Leurs légendes fondatrices affirment qu'ils descendent d'un fils de Zeus, Macédon, qui à son tour eut deux fils, Piéros et Amathos (ces derniers ont fourni une histoire religieuse à des termes géographiques et ethniques déjà existants). Ils parlaient un dialecte appelé Macednic, vaguement apparenté à l'éolien ou au grec du nord-ouest, mais suffisamment distinct pour être pratiquement inintelligible pour les Grecs parlant l'ionique et le dorique au sud. (3)

Map of Archaic Greece
Carte de la Grèce antique
Megistias (CC BY-SA)

La langue n'était pas la seule barrière entre le nord et le sud, car Hérodote (c. 484-425/413 av. J.-C.) affirme que les Macédoniens étaient des Grecs et, en même temps, laisse entendre qu'ils étaient des non-Grecs qui vénéraient des dieux grecs. Hérodote affirme que leur premier roi fut Perdiccas, un descendant de Téménos, lui-même descendant du héros grec Héraclès (Histoires 8:137.1). Bien qu'Hérodote relie les Macédoniens aux Grecs par l'intermédiaire d'Héraclès, il précise également qu'il s'agit d'une revendication macédonienne, et non grecque, qui ne fut reconnue par les Grecs que dans le cas du roi macédonien Alexandre Ier (Histoires 5:22). Cette revendication est encore compliquée chez Hérodote par le fait qu'Alexandre était connu sous le nom de Philhellène ("ami des Grecs"), une épithète appliquée aux non-Grecs. Les chercheurs concluent généralement que, quelle qu'ait été la nationalité des Macédoniens, ils n'étaient pas considérés comme grecs par les cités-États du sud. Le spécialiste Peter Green commente:

Supprimer la pub
Advertisement

L'attitude des cités-États grecques à l'égard de cette enclave sous-homérique était empreinte d'un mépris génial et sophistiqué. Ils considéraient les Macédoniens en général comme des semi-sauvages, grossiers dans leur langage et leur dialecte, rétrogrades dans leurs institutions politiques, négligeables en tant que combattants et violateurs de serment habituels, qui s'habillaient de peaux d'ours et s'adonnaient volontiers à d'ignobles beuveries, tempérées par des épisodes d'assassinat et d'inceste. (6)

Bien que les Macédoniens semblent s'être tenus à l'écart, il existe de nombreuses preuves qu'ils recherchaient l'approbation et l'acceptation des cités-États du sud puisque, dès Alexandre Ier (r. de 498 à 454 av. J.-C., le premier roi historique de Macédoine), le roi se présente avec un pedigree grec le reliant aux rois argéades du passé (illustres souverains grecs de la ville d'Argos). La question de savoir si Alexandre Ier possédait un tel pedigree est toujours débattue par les spécialistes, mais sa revendication fut acceptée par les autorités grecques qui l'autorisèrent à participer aux Jeux olympiques vers 504 avant notre ère, un honneur réservé uniquement aux Grecs. Alexandre Ier en outre modela sa cour sur le modèle athénien et y invita des poètes grecs pour le divertir.

Ancient Macedon & Modern Political Map Overlay
Superposition de cartes politiques de la Macédoine ancienne et moderne
Future Perfect at Sunrise (Public Domain)

Malgré cela, les Grecs eux-mêmes semblent avoir toujours considéré la Macédoine comme une terre barbare qui ne valait la peine d'être mentionnée que pour ses ressources considérables. La Macédoine était divisée en deux parties, les hautes terres et les basses terres, les hautes terres étant fortement boisées et les basses terres étant des plaines fertiles arrosées par trois fleuves. Les cultures des basses terres et le bois des hautes terres devinrent les principaux produits d'exportation des premiers colons et le resteraient tout au long de l'histoire de la Macédoine.

Les petites communautés indépendantes furent regroupées sous une monarchie unique qui régnait à l'origine depuis la ville d'Aigai (Vergina) et, plus tard, depuis Pella.

Ces divisions créèrent de petites communautés indépendantes qui furent regroupées sous une monarchie unique qui, à l'origine, régnait depuis la ville d'Aigai (Vergina) et, plus tard, depuis Pella. Le roi supervisait l'administration du royaume dans son ensemble, mais c'était à chaque subordonné de régler les détails du commerce, une politique qui semble avoir été héritée de l'époque où les tribus séparées avaient leurs propres rois. Jusqu'au Ve siècle avant notre ère, les Macédoniens pratiquaient le troc au lieu d'utiliser la monnaie et s'appuyaient fortement sur l'agriculture, en particulier dans les plaines. Contrairement à leurs voisins du sud, ils travaillaient eux-mêmes la terre et n'avaient pas d'esclaves, une politique et un mode de vie qui encouragèrent le mépris des Grecs du sud.

Supprimer la pub
Advertisement

Premiers rois et culture

Les premiers rois avant Alexandre Ier sont semi-historiques et on ne sait pas grand-chose de leurs règnes. Le père d'Alexandre Ier, Amyntas Ier (r. de 547 à 498 av. J.-C.), fut le premier roi macédonien à avoir conclu des traités et des accords avec d'autres nations. C'est sous le règne d'Amyntas Ier que la Macédoine devint un État vassal de l'Empire perse vers 511 avant notre ère. Alexandre Ier poursuivit la politique de son père et son successeur, Perdiccas II (r. de 454 à 413 av. J.-C.), la développa et exploita tous les accords qu'il avait conclus pour en tirer le meilleur parti. Green écrit:

[Perdiccas joua] Sparte et Athènes l'une contre l'autre avec un cynisme froid, vendant du bois aux deux parties, faisant et défaisant les traités de monopole comme autant de confettis. Il s'est également arrangé pour empêcher la Macédoine de s'impliquer sérieusement dans la guerre du Péloponnèse, évitant ainsi cette ruineuse hémorragie de main-d'œuvre qui a tant affaibli les deux principaux belligérants. (8)

Malgré cela, la Macédoine de Perdiccas était toujours considérée comme une terre arriérée et barbare par les Grecs, en particulier les Athéniens, et elle était confrontée à des problèmes de désunion et d'économie. C'est Archélaos (r. de 413 à 399 av. J.-C.), le successeur de Perdiccas, qui éleva la Macédoine au même rang que les cités-États du sud. Il revitalisa et réforma l'armée, soumit les différents cantons de la région au pouvoir du trône et mit en place un programme culturel d'hellénisation de sa cour et de sa capitale.

Pella, Macedonia
Pella, Macédoine
Carole Raddato (CC BY-NC-ND)

Le succès d'Archélaos était en partie dû aux circonstances: Athènes venait de perdre la guerre du Péloponnèse face à Sparte et avait besoin d'énormes quantités de bois pour construire de nouveaux navires. Cela mis à part, Archelaos sut voir ce qu'il fallait faire pour élever la Macédoine dans son ensemble et le royaume de Macédoine en particulier, et il s' attela à la tâche. Il invita à sa cour certains des plus célèbres poètes et artistes grecs, dont Euripide (c. 480-c. 406 av. J.-C.), et encouragea un haut niveau de culture.

Supprimer la pub
Advertisement

Vers 399 avant notre ère, Archélaos fut tué lors d'une chasse, par l'un de ses compagnons (et peut-être un ancien amant), Cratère, qui régna alors pendant quatre jours avant d'être déposé et tué par le fils d'Archélaos, Oreste (r. de 399 à 398 av. J.-C.), auquel succéda Aéropos II (r. de 398 à 396 av. J.-C. environ). Les rois suivants montèrent sur le trône et régnèrent pendant une ou plusieurs années avant d'être assassinés, jusqu'à ce qu'Amyntas III (r. de 392 à 370 av. J.-C.) ne devienne roi.

Amyntas III protégea les frontières du pays contre les invasions, développa le commerce avec les cités-États grecques et poursuivit l'œuvre entamée par Archélaos Ier en vue d'élever le statut de la Macédoine. Il conclut des alliances avec Sparte et Athènes et négocia avec elles des contrats plus lucratifs pour le bois macédonien. Amyntas III est considéré comme le véritable successeur d'Archélaos Ier, car il unifia et renforça le pays comme aucun des successeurs immédiats d'Archélaos Ier n'avait pu le faire. Il mourut de vieillesse et laissa son royaume à son fils, Alexandre II (r. de 370 à 368 av. J.-C.), qui ne fut pas à la hauteur de la vision de son père et aucun des successeurs d'Alexandre II ne le serait non plus. Son véritable successeur serait son plus jeune fils, Philippe II, qui prendrait le pouvoir en 359 avant notre ère et unifierait la Grèce sous la domination macédonienne.

Philippe II

Alexandre II fut assassiné en 368 avant notre ère et le trône revint à Ptolémée d'Aloros (r. de 368 à 365 av. J.-C.), son assassin, qui revendiqua la légitimité de son mariage - ou du moins de sa liaison - avec Eurydice, la veuve d'Amyntas III. L'aristocratie macédonienne condamna ses méthodes et son règne général et il fut assassiné par Perdiccas III (r. de 365 à 360 av. J.-C.) qui le destitua sans que personne n'y trouve à redire. Depuis environ 367 avant notre ère, le jeune frère de Perdiccas III, Philippe, était retenu en otage d'abord par les Illyriens, puis par Thèbes, l'une des villes les plus puissantes de Grèce. À Thèbes, il reçut une éducation formelle en matière militaire et diplomatique et fut le témoin direct de l'efficacité de la formation militaire en coin de l'armée thébaine ainsi que de la force de combat d'élite connue sous le nom de Bataillon sacré.

Vous aimez l'Histoire?

Abonnez-vous à notre newsletter hebdomadaire gratuite!

Philip II of Macedon
Philippe II de Macédoine
Fotogeniss (CC BY-SA)

Perdiccas III obtint la libération de Philippe de Thèbes en 364 avant J.-C. et il retourna en Macédoine. Perdiccas III monta une campagne contre les Illyriens pour les chasser de ses régions septentrionales et fut tué au combat à la fin de l'année 360 avant notre ère. Le trône revint alors à son fils Amyntas IV (r. en 359 av. J.-C.), qui n'était encore qu'un nourrisson, et Philippe exerça la régence pendant une courte période avant de déposer son neveu et de revendiquer le trône pour lui-même. Il ne considérait pas Amyntas IV comme une menace réelle et le traita bien au lieu de le faire tuer (Alexandre III, cependant, le ferait exécuter plus tard lorsqu'il succéderait à Philippe).

Philippe II entreprit immédiatement une révision complète des pratiques éducatives et de l'armée de son royaume. Il agrandit les forces armées et introduisit les tactiques et les formations qu'il avait apprises à Thèbes. Dans le même temps, il intensifia l'hellénisation de la région dans la lignée des politiques d'Archélaos et fit venir Aristote (384-322 av. J.-C.) de Grèce pour enseigner à son jeune fils Alexandre ainsi qu'aux compagnons d'Alexandre.

En 368 avant notre ère, Philippe II et Alexandre III vainquirent les forces combinées d'Athènes et de Thèbes à la bataille de Chéronée.

Entre 356 et 348 avant notre ère, Philippe II s'impliqua dans les affaires de ses voisins méridionaux en s'alliant avec certains d'entre eux pour en conquérir d'autres, puis en conquérant ces derniers. L'orateur athénien Démosthène (c. 384-322 av. J.-C.) prononça un certain nombre de discours (connus sous le nom de "Philippiques") contre le roi de Macédoine, mettant en garde ses concitoyens contre le danger de faire confiance à Philippe, mais ces discours restèrent largement lettre morte. En 368 avant notre ère, Philippe II et Alexandre III vainquirent les forces combinées d'Athènes et de Thèbes à la bataille de Chéronée et formèrent ensuite le Congrès panhellénique, dont il était le chef. Il avait bel et bien conquis les cités-États grecques et les avait placées sous le contrôle de la Macédoine.

La Macédoine était désormais un royaume puissant et unifié qui accumulait également des richesses grâce à de nouvelles négociations commerciales et aux tributs versés par le sud. Lorsque Philippe II fut assassiné en 336 avant notre ère - pour des raisons qui n'étaient pas claires même dans l'Antiquité - le trône revint à Alexandre III qui allait tirer le meilleur parti des ressources dont il avait hérité.

Alexandre le Grand

Philippe II avait planifié une campagne militaire contre la Perse - l'empire le plus puissant du monde à l'époque - et Alexandre reprit immédiatement ces plans. En 334 avant notre ère, il passa de la Grèce à l'Asie mineure avec une force de 32 000 fantassins et 5 100 cavaliers et prit la ville de Baalbek. En 333 avant notre ère, il battit avec brio les armées de Darius le Grand à la bataille d'Issos, mais ne parvint pas à le capturer. Il s'empara de la Syrie en 332 avant notre ère et de l'Égypte en 331 avant notre ère.

The Alexander Mosaic
Mosaïque d'Alexandre
Carole Raddato (CC BY-SA)

Comme il avait hérité d'une solide armée permanente et d'un trésor bien rempli, Alexandre n'avait pas eu besoin de conclure des alliances avec d'autres puissances et était libre de faire ce qu'il voulait, quand il le voulait et comme il l'entendait. L'un des objectifs de ses conquêtes, si ce n'est le principal, était l'unification et le mélange des cultures. Il répandit donc la pensée, la langue et la culture hellénistiques partout où il se rendit, tout en tenant compte des cultures et des régions des pays conquis.

En 331, Alexandre vainquit Darius à la bataille de Gaugamèles et, peu après, Darius fut assassiné par son propre garde du corps. Alexandre était désormais le maître de toutes les terres anciennement détenues par la Perse, mais il poursuivit sa tentative de conquête de l'Inde en 327 avant notre ère. Les succès qu'il put remporter dans cette entreprise furent interrompus lorsque ses hommes menacèrent de se mutiner s'il ne faisait pas demi-tour et qu'il annula la campagne. Il envisageait peut-être de la reprendre lorsqu'il mourut, après dix jours de forte fièvre, en 323 avant notre ère.

Macédoine hellénistique et Rome

Alexandre n'ayant pas nommé de successeur, son empire fut divisé entre ses quatre généraux: Lysimaque (qui gouverna la Thrace et l'Asie mineure), Ptolémée Ier (Égypte, Palestine, Cilicie, Nabatée, Chypre), Séleucos (Mésopotamie, Levant, Perse et Inde) et Cassandre qui s'empara de la Macédoine et de la Grèce. Bien que chacun d'entre eux ait eu suffisamment de terres et de richesses pour satisfaire n'importe qui, tous - à l'exception peut-être de Ptolémée Ier - en voulaient davantage et les guerres des Diadoques (322-275 av. J.-C.) commencèrent.

Ces guerres impliquèrent non seulement les quatre généraux, mais aussi d'autres personnes qui estimaient avoir droit à une plus grande part de l'empire d'Alexandre. Sa demi-sœur Cynané (c. 357-323 av. J.-C.), par exemple, réussit à marier sa fille Adéa (connue sous le nom de reine Eurydice) à l'homme choisi pour succéder à Alexandre, son demi-frère Arrhidée (plus tard connu sous le nom de Philippe III, r. de 323 à 317 av. J.-C.). La mère d'Alexandre, Olympias, s'impliqua également dans les disputes et finit par faire tuer Eurydice et Philippe III. Le fils d'Alexandre le Grand, Alexandre IV, était le choix le plus évident comme successeur, mais il naquit peu après la mort d'Alexandre. Il fut finalement assassiné sous les ordres de Cassandre vers 309 avant notre ère.

Coin of Philip V of Macedon
Pièce de Philippe V de Macédoine
PHGCOM (Public Domain)

Pendant l'absence d'Alexandre, le général Antipater (père de Cassandre) régna sur la Macédoine en tant que régent (334-323 av. J.-C.), mais se proclama régent de l'empire tout entier en 320 av. J.-C. Cassandre, après avoir mené ses différentes guerres contre ses anciens camarades, retourna en Macédoine et pensait qu'il serait nommé successeur de son père. Antipater choisit son ami et camarade Polyperchon à la place et Cassandre s'allia au général Antigone pour obtenir le trône. Antigone et Cassandre furent victorieux et, vers 305 avant notre ère, Cassandre fut proclamé roi de Macédoine et fonda la dynastie des Antipatrides, qui ne durerait que le temps des guerres des Diadoques.

L'histoire de la Macédoine entre 275 et 205 av. J.-C. se caractérise par une série de campagnes militaires menées par ses rois, avec plus ou moins de succès, et par l'assassinat de ces rois et d'autres membres de l'aristocratie. Le plus brillant de ces rois, du moins au début, fut Philippe V (r. de 221 à 179 av. J.-C.), qui sécurisa ses frontières contre les tribus envahissantes et étendit le pouvoir macédonien en Grèce et dans toute la Méditerranée, en Asie mineure et en Égypte.

La Macédoine s'impliqua dans les affaires de Rome au cours de la deuxième guerre punique (218-201 av. J.-C.) lorsqu'un envoyé macédonien à bord d'un navire avec un diplomate carthaginois fut capturé en 215 avant notre ère et qu'il s'avéra qu'il transportait un traité entre la Macédoine et le général carthaginois Hannibal Barca. Rome ne pouvait se permettre une alliance entre Carthage et la Macédoine et c'est ainsi que débuta la première guerre de Macédoine (214-205 av. J.-C.). Rome fut victorieuse, comme lors de la deuxième guerre punique, et s'imposa en tant que plus grande puissance de la région méditerranéenne.

Roman Forum, Philippi
Forum romain, Philippes
Carole Raddato (CC BY-SA)

La Macédoine continua cependant d'affirmer son indépendance et son autorité au cours des décennies suivantes, tandis que Rome devint de plus en plus puissante. Les Romains n'oublièrent jamais ou ne pardonnèrent pas l'implication de Philippe V dans l'affaire de Carthage et exigèrent une somme exorbitante en guise de dommages et intérêts. Philippe V refusa cette demande et c'est ainsi que débuta la deuxième guerre de Macédoine (200-197 av. J.-C.), au cours de laquelle Rome fut à nouveau victorieuse et la Macédoine contrainte de céder ses possessions en Grèce. La troisième guerre de Macédoine (171-168 av. J.-C.) et la quatrième guerre de Macédoine (150-148 av. J.-C.) se terminèrent de la même manière et, à chaque fois, la Macédoine perdit un peu plus. Lorsque les Romains remportèrent la troisième guerre punique contre Carthage en 146 avant notre ère, la Macédoine fut peu après absorbée en tant que province romaine.

Conclusion

Les invasions slaves de la région commencèrent vers le Ve siècle de notre ère, au moment de la chute de Rome, et se poursuivirent jusqu'au VIIe siècle. En 681, les tribus bulgares fondèrent le premier empire bulgare, qui durerait jusqu'en 1018, date à laquelle l'empire byzantin s'empara de la région. Les Byzantins conservèrent la région jusqu'en 1453, date à laquelle ils furent vaincus par les Ottomans qui s'établirent dans la région comme partie intégrante de leur empire et la conservèrent jusqu'au 20e siècle.

Au fil du temps, et après de nombreux conflits, la région s'est divisée en entités politiques et ethniques distinctes qui comprennent aujourd'hui la Grèce, l'Albanie, la Bulgarie, le Kosovo, la Serbie et la Yougoslavie. En 1991, la République de Macédoine fut créée sur une partie du territoire de l'ancien empire macédonien d'Alexandre le Grand (aujourd'hui république de Macédoine du Nord). L'héritage de la région est l'hellénisation du monde antique par les armées d'Alexandre qui sut tirer le meilleur parti de ce qui lui avait été donné pour avoir un impact et une influence significatifs sur d'autres générations; un paradigme qui illustre les habitants de la région jusqu'à aujourd'hui.

Supprimer la pub
Publicité

Questions & Réponses

Qu'est-ce que la Macédoine ?

La Macédoine (Macedon) est un royaume du nord de la Grèce fondé au VIIe siècle avant notre ère.

Que signifie le nom "Macedon" ?

Le nom de Macédoine vient du dieu Makedon, fils de Zeus, vénéré par la tribu des Mackednoi qui a fondé le royaume.

Pourquoi la Macédoine est-elle célèbre ?

La Macédoine a une longue histoire, mais elle est surtout connue comme le lieu de naissance d'Alexandre le Grand.

La Macédoine a-t-elle été conquise par Rome ?

La Macédoine a perdu chacune des quatre guerres macédoniennes (214-148 avant notre ère) contre Rome et est devenue une province de la République romaine après 146 avant notre ère.

Traducteur

Babeth Étiève-Cartwright
Babeth s'est consacrée à la traduction après avoir enseigné l'anglais au British Council de Milan. Elle parle couramment le français, l'anglais et l'italien et a 25 ans d'expérience dans le domaine de l'éducation. Elle aime voyager et découvrir l'histoire et le patrimoine d'autres cultures.

Auteur

Joshua J. Mark
Auteur indépendant et ex-Professeur de Philosophie à temps partiel au Marist College de New York, Joshua J. Mark a vécu en Grèce et en Allemagne, et a voyagé à travers l'Égypte. Il a enseigné l'histoire, l'écriture, la littérature et la philosophie au niveau universitaire.

Citer cette ressource

Style APA

Mark, J. J. (2018, novembre 05). Royaume de Macédoine [Macedon]. (B. Étiève-Cartwright, Traducteur). World History Encyclopedia. Extrait de https://www.worldhistory.org/trans/fr/1-386/royaume-de-macedoine/

Style Chicago

Mark, Joshua J.. "Royaume de Macédoine." Traduit par Babeth Étiève-Cartwright. World History Encyclopedia. modifié le novembre 05, 2018. https://www.worldhistory.org/trans/fr/1-386/royaume-de-macedoine/.

Style MLA

Mark, Joshua J.. "Royaume de Macédoine." Traduit par Babeth Étiève-Cartwright. World History Encyclopedia. World History Encyclopedia, 05 nov. 2018. Web. 23 avril 2024.

Adhésion