7 sites antiques en Géorgie

Article

Carole Raddato
de , traduit par Babeth Étiève-Cartwright
publié le 20 décembre 2023
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Disponible dans ces autres langues: anglais, espagnol

Située à la jonction de l'Europe et de l'Asie, la Géorgie est un pays de mythes anciens à l'histoire riche et mouvementée. Berceau des premiers hominidés européens et berceau du vin, les racines de la Géorgie remontent à des civilisations anciennes. Tout au long de son histoire, la région du Caucase a subi l'influence de divers empires et a joué un rôle crucial dans les routes commerciales transcontinentales.

Colchis Fountain in Kutaisi
Fontaine Colchis à Kutaisi
Carole Raddato (CC BY-NC-SA)

Le royaume géorgien le plus célèbre était la Colchide, le pays mythique de Médée et de la Toison d'or. Il prospéra du 13e au 6e siècle avant notre ère, grâce à sa situation stratégique le long de la mer Noire et à ses abondantes ressources naturelles.

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Géographie

Le plus grand fleuve de l'ouest de la Géorgie, le Phasis, était considéré par les géographes grecs de l'Antiquité comme la ligne de démarcation entre l'Europe et l'Asie.

La Géorgie est située entre la mer Noire à l'ouest et la mer Caspienne à l'est. Elle est bordée par la Russie au nord, l'Azerbaïdjan au sud-est, l'Arménie au sud et la Turquie au sud-ouest. Le pays est principalement situé dans les montagnes du Caucase, et ses frontières sont en partie définies par le Grand et le Petit Caucase, deux des plus grandes chaînes de montagnes du monde et les plus hauts sommets d'Europe. La Géorgie présente une géographie diversifiée et fertile, avec de vastes plaines et rivières, des marais navigables, de profondes forêts, des montagnes et des cols. La Géorgie compte environ 25 000 rivières. Le plus grand fleuve de l'ouest de la Géorgie, le Phasis (aujourd'hui connu sous le nom de fleuve Rioni), était considéré par les anciens géographes grecs tels qu'Anaximandre de Milet (de 610 à 546 av. J.-C.) comme la ligne de démarcation entre l'Europe et l'Asie.

Anaximander World Map
Carte du monde d'Anaximandre
Bibi Saint-Pol (Public Domain)

Vin et métaux

La Géorgie est l'une des plus anciennes régions viticoles du monde. La fabrication du vin remonte à la période néolithique, il y a plus de 8 000 ans. Les techniques traditionnelles de vinification impliquaient l'utilisation de qvevris, de grandes jarres en terre cuite enterrées pour la fermentation et le stockage. Cette méthode ancienne et la présence de 500 variétés de raisins indigènes contribuent au caractère distinct des vins géorgiens.

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Qvevri, Neolithic Terracotta Wine Jar
Qvevri, pot à vin néolithique en terre cuite
Carole Raddato (CC BY-NC-SA)

Les riches ressources naturelles du pays ont également joué un rôle important dans l'histoire du Caucase du Sud. Le développement de la métallurgie il y a plus de 5 000 ans et certaines des premières mines d'or du monde (datant d'environ 3 000 ans avant notre ère) ont contribué à la mise en place d'un réseau commercial dynamique, reliant la Méditerranée au Caucase et au-delà. La Géorgie possédait une industrie florissante du bronze et du fer, ainsi que de l'or fluvial dans la région montagneuse de Svaneti, où l'extraction de l'or à l'aide de peaux de mouton a vu le jour. Selon des sources historiques, le royaume de Colchide était riche en "sables d'or" et les autochtones Svanes exploitaient les rivières à l'aide de bateaux en bois spéciaux et de peaux de mouton. Les Svanes continuent d'extraire l'or des rivières comme ils le faisaient dans l'Antiquité.

View of the Caucasus Mountains in Svaneti, Georgia
Vue sur les montagnes du Caucase à Svaneti, en Géorgie
Carole Raddato (CC BY-NC-SA)

La Toison d'or

Dans la mythologie grecque, la Toison d'or se serait trouvée en Colchide, une ancienne région située sur la côte orientale de la mer Noire, dans l'actuelle Géorgie. C'est le héros thessalien Jason, et les Argonautes, qui partit à la recherche de la Toison d'or. L' Argonautique est le récit épique de leurs aventures. Médée, sorcière et princesse de Colchide, assista Jason dans sa quête. Médée tomba amoureuse de Jason et utilisa ses pouvoirs magiques pour l'aider à relever les différents défis lancés par son père afin d'obtenir la Toison d'or.

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Cependant, leur histoire prit une tournure tragique. De retour en Grèce, Jason épousa une autre femme, ce qui entraîna une série d'événements dans lesquels Médée chercha à se venger. L'acte de vengeance le plus tristement célèbre attribué à Médée est le meurtre des enfants qu'elle eut avec Jason.

Modern Statue of Medea
Statue moderne de Médée
Carole Raddato (CC BY-NC-SA)

Brève introduction à la Géorgie antique

Différentes sociétés très développées existaient sur le territoire de la Géorgie à l'âge du bronze. L'émergence d'une métallurgie avancée, de la viticulture, de l'agriculture, de l'élevage et de l'artisanat artistique a caractérisé ces cultures successives. De 3500 à 1600 avant notre ère, la Géorgie fut le cœur de la culture Kouro-Araxes et culture de Trialeti qui pratiquaient la métallurgie et produisaient des objets en or et en argent de la plus haute valeur artistique.

Trialeti Chalice from Georgia
Calice Trialeti de Géorgie
Carole Raddato (CC BY-NC-SA)

Deux premiers États géorgiens, la Colchide à l'ouest et l'Ibérie (ou Kartli) à l'est, virent le jour à l'époque classique. La Colchide s'étendait le long de la côte orientale de la mer Noire, tandis que l'Ibérie englobait les provinces orientales et sud-ouest de la Géorgie. Les deux royaumes se trouvaient à la périphérie des grandes puissances de l'Antiquité: le monde grec à l'ouest, les empires assyrien et perse au sud, et les Scythes au nord-ouest. La Colchide subit les influences de ces régions voisines et prospéra économiquement grâce à sa situation stratégique le long des routes commerciales de la mer Noire.

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Les Colchiens étaient d'habiles artisans engagés dans le commerce, exportant des ressources précieuses telles que l'or, le bois et les esclaves. L'orfèvrerie était particulièrement remarquable et l'abondance d'or dans la région contribua à la richesse et à la réputation de l'artisanat colchien. L'économie de la Colchide reposait également sur l'agriculture, l'élevage et la pêche. Une grande partie du royaume fut construite sur les rives du fleuve Phasis, qui se jette dans la partie orientale de la mer Noire. Les basses terres de Colchide jouissaient d'un climat subtropical, chaud et humide, ce qui créait de bonnes conditions pour les cultures.

Horse-Figured Temple Pendants from Georgia
Pendentifs de temple à figures de chevaux de Géorgie
Carole Raddato (CC BY-NC-SA)

Au VIe siècle avant notre ère, les Grecs de Milet, à la recherche de nouveaux marchés, de nouvelles ressources et d'opportunités agricoles, établirent des comptoirs commerciaux (connus sous le nom d'emporia) le long des rives de la mer Noire. Ces colonies grecques entraînèrent une hellénisation profonde de l'élite colchienne qui se traduisit par la frappe de pièces de monnaie locales gréco-colchiennes et par l'influence de l'architecture hellénistique sur l'urbanisme colchien. Après le VIe siècle avant notre ère, la Colchide était sous la suzeraineté nominale de l'empire achéménide (c. 550-330 av. J.-C.), passa dans le royaume de Mithridate VI (120-63 av. J.-C.), puis passa sous la domination de Rome au Ier siècle avant notre ère, en même temps que l'Ibérie, après la victoire de Pompée lors de la troisième guerre mithridatique (66-65 av. J.-C.). L'Ibérie devint un royaume vassal et la Colchide la province romaine du Lazique.

Map of Ancient Georgian States (600-150 BCE)
Carte des anciens États géorgiens (600-150 avant notre ère)
Deu (CC BY-SA)

Portion of a Colchian Headdress
Partie de coiffe colchienne
James Blake Wiener (CC BY-NC-SA)

À partir du 1er siècle de notre ère, les Romains construisirent des forts le long de la côte, aux points où les routes intérieures rejoignent la mer. Ces garnisons permanentes défendaient la frontière nord-est romaine (le limes du Pont). Avec les vétérans, les familles des soldats, les serviteurs et d'autres personnes, ces forts formaient des colonies qui pouvaient devenir des villes. Des échanges culturels avaient lieu par le biais du commerce, des relations diplomatiques et de la circulation des personnes, contribuant à un mélange d'influences locales et romaines.

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Les royaumes géorgiens ont souvent été pris dans les luttes de pouvoir entre les empires romain et sassanide.

Les royaumes géorgiens furent souvent pris dans les luttes de pouvoir entre les empires romain et sassanide, qui culminèrent avec la guerre Lazique de 541 à 562, et connurent des périodes de domination byzantine et perse. Le christianisme se répandit au début du IVe siècle de notre ère, lorsque saint Nino (c. 280-332) convertit le roi Mirian III (r. de 284 à 361) et la reine Nana d'Ibérie (r. de 292 à 361), faisant de la Géorgie l'une des premières nations à adopter le christianisme en tant que religion d'État. Au cours des derniers siècles des périodes romaine et byzantine, la Colchide dut faire face à diverses invasions, notamment celles de tribus nomades et de l'expansion du califat arabe. Ces invasions et les conflits internes contribuèrent au déclin de la stabilité politique et de la prospérité économique de la région.

L'UNESCO a reconnu les sites les plus importants de la Géorgie: l'ancienne ville et capitale Mtskhéta, le monastère de Ghélati et la région montagneuse de la Haute-Svaneti, avec quatorze autres sites sur la liste indicative. D'autres sites archéologiques importants sont bien conservés.

Voici sept sites anciens à explorer lors d'un séjour en Géorgie.

Musée et site archéologique de Vani

Vani est l'un des sites les plus célèbres de Colchide. Il est situé à 40 kilomètres au sud-ouest de Kutaisi, la résidence du mythique roi Éétès et aujourd'hui la troisième plus grande ville du pays. Établie dans une région fertile au confluent des rivières Sulori et Rioni, Vani était une petite colonie qui servait de centre religieux au royaume de Colchide entre le VIIIe et le Ier siècle avant notre ère. Elle s'étendait sur une colline sur trois terrasses, flanquée sur deux côtés de profonds ravins qui servaient de défenses naturelles. L'ancien nom de la ville n'est pas connu avec certitude, mais des chercheurs ont avancé que Surium, mentionné par Pline l'Ancien (23-79 de notre ère), aurait pu être son nom d'origine.

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Treasures from a Woman's Burial in Vani
Trésors trouvés dans la sépulture d'une femme à Vani
Carole Raddato (CC BY-NC-SA)

La taille et la richesse de Vani augmentèrent de façon spectaculaire du VIe siècle à la fin du IVe siècle avant notre ère. Au cours de cette période, la ville devint le centre politique et administratif de la région. Vani était également le lieu de sépulture de l'élite locale qui dominait une société extrêmement hiérarchisée. Les archéologues ont mis au jour 28 sépultures datant d'environ 450-250 avant notre ère, remarquables par la splendeur de leurs biens. Divers récipients avaient été déposés auprès des morts, y compris des importations grecques et perses, ce qui prouve que le banquet faisait partie des rituels funéraires locaux. Les tombes les plus riches contenaient d'impressionnants bijoux en or, notamment des ornements de cheveux et des appliques vestimentaires en or de Colchide.

Ceremonial Twelve-Stepped Altar at Vani in Colchis
Autel cérémoniel à douze marches à Vani en Colchide
Carole Raddato (CC BY-NC-SA)

Vers 250 avant notre ère, Vani était une ville sanctuaire dotée de temples, d'autels et de plates-formes sacrificielles. Ses habitants se déplaçaient à l'extérieur des murs de la ville. Des statues et des sculptures hellénistiques en bronze ornaient la ville, témoignant de l'impact de la culture grecque. On notera en particulier un torse fragmentaire en bronze trouvé dans le niveau de destruction du milieu du Ier siècle de notre ère et de magnifiques lampes en bronze ornées de têtes d'éléphants, d'Érotes, de Zeus et de Ganymède.

Bronze Lamp from Vani with Zeus and Ganymede
Lampe en bronze de Vani avec Zeus et Ganymède
Carole Raddato (CC BY-NC-SA)

Le musée-réserve archéologique de Vani, récemment rénové, présente plus de 4 000 objets excavés à Vani depuis 1985, notamment des récipients à boire en argent, des figurines en bronze et en fer utilisées dans les rituels religieux et des bijoux en or très élaborés.

Ville troglodytique d'Ouplistsikhé

Ouplistsikhé (qui signifie le château d'Ouplos, fils de Mtskhétos, un héros épique de la mythologie géorgienne) est une ancienne cité troglodyte fortifiée située dans l'est de la Géorgie, qui s'élève au-dessus de la rive gauche de la rivière Mtkvari (connue dans les sources grecques et latines sous le nom de rivière Cyrus). Ouplistsikhé est l'un des plus anciens sites urbains du Caucase, avec des preuves suggérant une habitation continue depuis le premier millénaire avant notre ère. On y trouve un ensemble de grottes, de temples et de tunnels creusés dans la roche pendant l'Antiquité classique. La ville prospéra en tant que centre religieux, politique et commercial majeur pendant les périodes hellénistique et romaine, et elle était une plaque tournante cruciale le long des routes commerciales (la route de la soie longeait les collines au nord).

Uplistsikhe Cave Town, Georgia
Ville troglodytique d'Ouplistsikhé, Géorgie
Carole Raddato (CC BY-NC-SA)

Le complexe d'Ouplistsikhé se compose d'une partie inférieure, d'une partie moyenne et d'une partie supérieure, couvrant environ 40 000 cm², avec des structures taillées dans la roche et des temples dédiés à une déesse du soleil. Il comportait un mur défensif, un fossé, des passages, des tunnels, des rues et un système d'irrigation complexe. À son apogée, Ouplistsikhé abritait 20 000 personnes.

Ouplistsikhé devint un site chrétien important au début de l'ère médiévale, avec la construction d'une basilique et d'autres structures chrétiennes. La ville prospéra jusqu'à la fin du Moyen Âge, puis perdit de son importance en raison de l'évolution du paysage politique et des raids mongols au XIVe siècle.

Uplistsulis Eklesia in Uplistsikhe Cave Town
Uplistsulis eklesia dans la ville troglodytique d'Ouplistsikhé
Carole Raddato (CC BY-NC-SA)

Seule une petite partie d'Ouplistsikhé peut être visitée aujourd'hui, mais le site reste impressionnant. Il resta enterré pendant des siècles et n'a été mis au jour par les archéologues que dans les années 1950.

Site archéologique d'Armaziskhevi (Mtskhéta)

Armaziskhevi ("château d'Armazi") est associé à l'ancienne ville d'Armazi, située à 4 kilomètres au sud-ouest de Mtskhéta, au confluent des rivières Aragvi et Mtkvari. Il s'agissait d'un établissement important au début de l'histoire de la Géorgie. Trois couches culturelles majeures ont été identifiées, la plus ancienne remontant au 4e-3e siècle avant notre ère. Armaziskhevi est lié au culte d'Armazi, la divinité principale du panthéon ibérique.

Armaziskhevi Archaeological Site, Georgia
Site archéologique d'Armaziskhevi, Géorgie
Carole Raddato (CC BY-NC-SA)

Armazi était la capitale de l'Ibérie et le site des résidences royales et des tombes des rois ibériques. Au Ve siècle, Vakhtang Ier d'Ibérie (r. d'environ 447/49 à 502/22 de notre ère) déplaça la capitale à Tbilissi. Armazi subit diverses influences culturelles, notamment grecques et romaines, et joua un rôle dans le paysage géopolitique complexe de la région.

View of Armaziskhevi
Vue d'Armaziskhevi
Carole Raddato (CC BY-NC-SA)

Les fouilles ont révélé des bâtiments des époques hellénistique et romaine, notamment les ruines d'une citadelle, d'un palais, d'un temple païen à six absides, d'une cave à vin avec qvevris et d'un établissement de bains de cinq pièces de style romain. Divers objets permettant de mieux comprendre l'histoire ancienne de la région ont été mis au jour, notamment des fragments de poterie, des bijoux, des sculptures et de la vaisselle en argent provenant de sépultures de familles royales, en particulier deux phiales portant les bustes d'Antinoüs et de Marc Aurèle dans leur médaillon central.

Antinous on a Silver Dish
Antinoüs sur un plat en argent
Carole Raddato (CC BY-NC-SA)

Pompée s'empara d'Armazi en 65 avant notre ère lors de sa campagne en Ibérie et en Colchide. L'armée romaine construisit un pont sur la rivière Koura. Il fut restauré et agrandi sous le règne du roi Vakhtang Ier, et des tours défensives furent ajoutées de part et d'autre du pont. Le pont fut utilisé jusqu'au milieu du XXe siècle, mais il est aujourd'hui sous l'eau en raison de la construction de la centrale hydroélectrique et de l'élévation du niveau de la rivière.

Forteresse de Gonio -Apsarus

La forteresse de Gonio-Apsarus, située à 15 kilomètres au sud de Batoumi, près de la frontière turque, était le plus grand fort romain le long du littoral de la Colchide (le Limes du Pont). Le site s'appelait Apsarus dans l'Antiquité et était lié au mythe de Médée et de son jeune frère Absyrte, impliqué dans la fuite de Jason avec la toison d'or de Colchide.

Le fort fut établi vers 77 de notre ère pour assurer le contrôle des routes longeant la mer Noire vers le nord et l'intérieur des terres vers l'Ibérie. Il s'agissait d'un fort rectangulaire de 4,75 hectares, doté de quatre portes, de 22 tours et de solides remparts mesurant plus de 900 mètres de circonférence. Le fort connut plusieurs phases de construction et de réparation jusqu'à la période ottomane.

Aerial view of the Roman Fort of Apsarus
Vue aérienne du fort romain d'Apsarus
კოლხი (CC BY-SA)

Les fouilles ont permis de mettre au jour divers bâtiments, dont le principia (quartier général), le praetorium (résidence du commandant) et des baraquements équipés d'un système de chauffage par le sol, de deux thermes et de systèmes d'approvisionnement en eau, tous datant de l'époque romaine ou du début de l'époque byzantine. Apsarus était une ville très peuplée. Procope de Césarée, un historien du VIe siècle, mentionne un théâtre, un hippodrome et d'autres installations que l'on trouve habituellement dans une grande ville.

Remains of the Apsarus Roman Fort
Vestiges de la forteresse romaine de Gonio-Apsarus
Carole Raddato (CC BY-NC-SA)

Arrien (86 à environ 160 de notre ère), le gouverneur de Cappadoce qui rendait compte officiellement à l'empereur romain Hadrien (r. de 117 à 138 de notre ère), inspecta le fort au début des années 130 au cours de sa vaste tournée de la mer Noire. Dans son Périple du Pont-Euxin, il mentionne cinq cohortes, soit environ 1 200 à 1 500 hommes, qui garantissaient la sécurité de la navigation le long de la côte, protégeaient le trafic contre les pirates et surveillaient les tribus côtières.

The Periplus of the Euxine Sea, c. 130 CE
Le périple du Pont-Euxin, c. 130 de notre ère
Simeon Netchev (CC BY-NC-SA)

Un musée très intéressant présente les objets trouvés sur le site. Un riche trésor d'orfèvrerie, connu sous le nom de "trésor de Gonio", fut mis au jour en 1974 aux abords de la forteresse et peut être vu au musée archéologique de Batoumi.

Gold Buckle with Beasts Fighting Scene
Boucle en or avec scène de combat de bêtes
Carole Raddato (CC BY-NC-SA)

Site archéologique de Dzalisa

Dzalisa (Dzalisi) est un site archéologique qui remonte à l'ancien royaume d'Ibérie. Il est situé dans la vallée de Moukhrani, sur les deux rives de la rivière Narekvavi, à environ 20 kilomètres au nord-ouest de Mtskhéta, et présente les vestiges d'une ville fortifiée. Le site peut être identifié à Zalissa, mentionnée par Claude Ptolémée (entre 100 et 170 de notre ère) comme l'une des principales villes d'Ibérie. Ce site archéologique témoigne du développement urbain de l'Ibérie au cours des premiers siècles de notre ère. On estime que la ville s'étendait sur 70 hectares.

Dzalisa Archaeological Site, Georgia
Site archéologique de Dzalisa, Géorgie
Carole Raddato (CC BY-NC-SA)

Une importante colonie exista à partir du IIe siècle avant notre ère et prospéra pendant le Principat avant d'être détruite au IVe siècle de notre ère et d'être réinstallée par la suite. Les fouilles archéologiques ont mis au jour les vestiges d'un grand complexe architectural (le plus grand découvert en Géorgie) comprenant une piscine et un bain, une partie d'une villa avec un sol en mosaïque, des baraquements pour les soldats, un système d'approvisionnement en eau et des sépultures. La villa possède une mosaïque de sol du IVe siècle de 48,6 m² représentant Dionysos et Ariane (identifiés par des inscriptions grecques) dans une scène de banquet dans ce qui était probablement une salle de bain privée. Leur entourage habituel les entoure: Pan, un satyre et une ménade. Une inscription grecque figure au-dessus du centre de la mosaïque: "Preiskos a fait ceci". De part et d'autre de l'inscription, deux figures féminines portent de longs vêtements et tiennent des instruments de musique.

Roman Mosaics from Dzalisi
Mosaïques romaines de Dzalisi
Carole Raddato (CC BY-NC-SA)

Archéopolis

Archéopolis, également connue sous le nom de Nokalakevi et de Tsikhegoji ("Forteresse de Kuji") dans les Chroniques géorgiennes, était une cité fortifiée byzantine située à l'extrémité nord de la plaine de Colchide et la capitale du Lazique. Elle se composait d'une ville basse sur la rive du Tekhuri et d'une citadelle haute entourée de trois murs de défense parallèles et de tours. La ville-forteresse est un exemple unique d'architecture urbaine et de fortification géorgienne de la fin de l'Antiquité. Un tunnel menant à la rivière était un élément important de la fortification et du système d'approvisionnement en eau.

Byzantine Fortress of Archaeopolis (Nokalakevi), Georgia
Forteresse byzantine d'Archaeopolis (Nokalakevi), Géorgie
Carole Raddato (CC BY-NC-SA)

Archéopolis joua un rôle essentiel dans les guerres entre Byzantins et Perses au VIe siècle, car elle protégeait le Lazique d'une attaque perse. Grâce à son impressionnant système défensif et à sa garnison de 3 000 hommes, Archéopolis résista aux assauts des Sassanides.

Les fouilles de la ville basse ont révélé d'importants bâtiments en pierre datant du IVe au VIe siècle, dont six églises, deux bains publics et deux palais royaux. Sous ces couches byzantines, on trouve des preuves de plusieurs phases antérieures d'occupation et d'abandon jusqu'au 1er millénaire avant notre ère.

Ruins inside Archaeopolis (Nokalakevi), Georgia
Ruines d'Archaeopolis (Nokalakevi), Géorgie
Carole Raddato (CC BY-NC-SA)

Petra Justiniana

Petra Justiniana est une forteresse byzantine massivement fortifiée construite sur un affleurement rocheux (le nom grec "Petra" signifie rocher) surplombant la mer Noire. Comme son nom l'indique, elle fut construite sur ordre de l'empereur byzantin Justinien Ier (r. de 527 à 565) en 535. Pétra était le principal centre commercial de la province en raison de sa situation stratégique au carrefour de la route reliant le Latium à la Perse et à l'Arménie.

Byzantine Fortress of Petra Justiniana, Georgia
Forteresse byzantine de Petra Justiniana, Géorgie
Carole Raddato (CC BY-NC-SA)

Pétra devint également un champ de bataille entre les Byzantins et l'Empire sassanide pendant la guerre lazique au VIe siècle. La forteresse fut prise en 541 par l'armée sassanide de Kosrau Ier (r. de 531 à 579), qui envoya ses troupes par un tunnel secrètement construit et détruisit les tours, forçant ainsi la reddition.

Le site contient les ruines d'une citadelle à double enceinte, d'une basilique byzantine primitive, de deux bains, de citernes et d'une église à nef unique de style byzantin moyen.

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Traducteur

Babeth Étiève-Cartwright
Babeth s'est consacrée à la traduction après avoir enseigné l'anglais au British Council de Milan. Elle parle couramment le français, l'anglais et l'italien et a 25 ans d'expérience dans le domaine de l'éducation. Elle aime voyager et découvrir l'histoire et le patrimoine d'autres cultures.

Auteur

Carole Raddato
Carole gère le célèbre blog photo d'histoire ancienne "Following Hadrian" ("Sur les pas d'Hadrien") dans lequel elle relate ses voyages à travers le monde à la suite de l'empereur Hadrien.

Citer cette ressource

Style APA

Raddato, C. (2023, décembre 20). 7 sites antiques en Géorgie [7 Ancient Sites in Georgia]. (B. Étiève-Cartwright, Traducteur). World History Encyclopedia. Extrait de https://www.worldhistory.org/trans/fr/2-2340/7-sites-antiques-en-georgie/

Style Chicago

Raddato, Carole. "7 sites antiques en Géorgie." Traduit par Babeth Étiève-Cartwright. World History Encyclopedia. modifié le décembre 20, 2023. https://www.worldhistory.org/trans/fr/2-2340/7-sites-antiques-en-georgie/.

Style MLA

Raddato, Carole. "7 sites antiques en Géorgie." Traduit par Babeth Étiève-Cartwright. World History Encyclopedia. World History Encyclopedia, 20 déc. 2023. Web. 24 avril 2024.

Adhésion