Révolution Française

Définition

Harrison W. Mark
de , traduit par Babeth Étiève-Cartwright
publié le 12 janvier 2023
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Disponible dans ces autres langues: anglais, chinois, allemand, grec, italien, portugais, espagnol
An Allegory of the Revolution (by Nicolas Henri Jeaurat de Bertry, Public Domain)
Une allégorie de la Révolution
Nicolas Henri Jeaurat de Bertry (Public Domain)

La Révolution française (1789-1799) fut une période de bouleversements sociétaux et politiques majeurs en France. Elle vit l'effondrement de la monarchie, l'instauration de la Première République française et culmina avec l'ascension de Napoléon Bonaparte et le début de l'ère napoléonienne. La Révolution française est considérée comme l'un des événements déterminants de l'histoire occidentale.

La Révolution de 1789, comme on l'appelle parfois pour la distinguer des révolutions françaises ultérieures, naquit de problèmes profondément enracinés que le gouvernement du roi Louis XVI (r. de 1774 à 1792) s'était révélé incapable de résoudre ; ces problèmes étaient principalement liés aux difficultés financières de la France ainsi qu'à l'inégalité sociale systémique ancrée dans l'Ancien Régime. Les États généraux de 1789, convoqués pour traiter ces questions, aboutirent à la formation d'une Assemblée nationale constituante, un corps de représentants élus des trois ordres sociétaux qui jurèrent de ne jamais se dissoudre avant d'avoir rédigé une nouvelle constitution. Au cours de la décennie suivante, les révolutionnaires tentèrent de démanteler l'ancienne société oppressive et d'en construire une nouvelle fondée sur les principes du siècle des Lumières illustrés par la devise"Liberté, égalité, fraternité".

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Bien qu'ayant initialement réussi à établir une République française, les révolutionnaires se retrouvèrent rapidement mêlés aux guerres révolutionnaires françaises (1792-1802) dans lesquelles la France se battit contre une coalition de grandes puissances européennes. La Révolution se transforma très vite en une violente paranoïa, et 20 à 40 000 personnes furent tuées pendant le règne de la Terreur (1793-94), dont de nombreux anciens dirigeants de la Révolution. Après la Terreur, la Révolution stagna jusqu'en 1799, lorsque Napoléon Bonaparte (1769-1821) prit le contrôle du gouvernement lors du coup d'État du 18 Brumaire, transformant finalement la République en Premier Empire français (1804-1814, 1815). Bien que la Révolution n'ait pas réussi à empêcher la France de retomber dans l'autocratie, elle fut cependant efficace à d'autres égards. Elle inspira de nombreuses révolutions dans le monde entier et contribua à façonner les concepts modernes d'État-nation, de démocratie occidentale et de droits de l'homme.

Causes

La plupart des causes de la Révolution française trouvent leur origine dans les inégalités économiques et sociales.

La plupart des causes de la Révolution française sont liées à des inégalités économiques et sociales exacerbées par les dysfonctionnements de l'Ancien Régime, nom donné rétroactivement au système politique et social du Royaume de France au cours des derniers siècles de son existence initiale. L'Ancien Régime était divisé en trois états, ou ordres sociaux : le clergé, la noblesse et les roturiers. Les deux premiers ordres jouissaient de nombreux privilèges sociaux, notamment d'exemptions fiscales, qui n'étaient pas accordés aux roturiers, une classe qui représentait bien plus de 90 % de la population. Ce tiers état était chargé du travail manuel et doit payer la plupart des impôts.

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La croissance rapide de la population contribua à la souffrance générale ; en 1789, la France était l'État européen le plus peuplé avec plus de 28 millions d'habitants. La croissance de l'emploi n'avait pas suivi l'augmentation de la population, laissant 8 à 12 millions de personnes appauvries. Des techniques agricoles rétrogrades et une série constante de mauvaises récoltes conduisirent à la famine. Pendant ce temps, une classe montante de riches roturiers, la bourgeoisie, menaçait la position privilégiée de l'aristocratie, ce qui accrut les tensions entre les classes sociales. Les idées du siècle des Lumières contribuèrent également à l'agitation nationale ; les gens commencèrent à considérer l'Ancien Régime comme corrompu, mal géré et tyrannique. La haine était particulièrement dirigée contre la reine Marie-Antoinette qui était considérée comme la personnification de tout ce qui n'allait pas avec le gouvernement.

The Three Orders
Les trois ordres
National Library of France (Public Domain)

Une dernière cause importante était la dette monumentale de l'État français, accumulée par ses tentatives pour maintenir son statut de puissance mondiale. Des guerres coûteuses et d'autres projets avaient endetté le trésor français de plusieurs milliards de livres, car il fut contraint de contracter des prêts à des taux d'intérêt extrêmement élevés. Les systèmes d'imposition irréguliers du pays étaient inefficaces et, lorsque les créanciers commencèrent à exiger le remboursement de la dette dans les années 1780, le gouvernement réalisa enfin qu'il faut faire quelque chose.

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L'orage gronde: 1774-1788

Le 10 mai 1774, le roi Louis XV mourut après un règne de près de 60 ans, laissant à son petit-fils l'héritage d'un royaume troublé et brisé. Âgé de 19 ans seulement, Louis XVI était un souverain impressionnable qui suivit les conseils de ses ministres et impliqua la France dans la guerre d'indépendance américaine. Bien que la participation française à la Révolution américaine ait réussi à affaiblir la Grande-Bretagne, elle alourdit aussi considérablement la dette de la France, et le succès des Américains encouragea les sentiments anti-despotiques dans tout le pays.

En 1786, Louis XVI fut convaincu par son ministre des finances, Charles-Alexandre Calonne, que la question de la dette publique ne pouvait plus être ignorée. Calonne présenta une liste de réformes financières et convoqua l'Assemblée des Notables de 1787 pour les entériner. Les Notables, une assemblée essentiellement aristocratique, refusèrent et dirent à Calonne que seuls des États généraux pouvaient approuver des réformes aussi radicales. Il s'agissait d'une assemblée des trois ordres de la France prérévolutionnaire, un organe qui n'avait pas été convoqué depuis 175 ans. Louis XVI refusa, réalisant qu'un État général pourrait saper son autorité. Au lieu de cela, il congédia Calonne et soumit les réformes aux parlements.

Assembly of Notables of 1787
Assemblée des notables de 1787
Claude Niquet (Public Domain)

Les parlements étaient les 13 tribunaux judiciaires chargés d'enregistrer les décrets royaux avant leur entrée en vigueur. Composés d'aristocrates, les parlements luttaient depuis longtemps contre l'autorité royale, toujours amers d'avoir été subjugués par le "roi soleil" Louis XIV un siècle auparavant. Voyant une chance de récupérer un peu de pouvoir, ils refusèrent d'enregistrer les réformes royales et se joignirent aux Notables pour plaider en faveur d'États généraux. Lorsque la couronne réagit en exilant les assemblées, des émeutes éclatèrent dans tout le pays ; les parlements s'étaient présentés comme les champions du peuple, gagnant ainsi le soutien du peuple. L'une de ces émeutes éclata à Grenoble le 7 juin 1788 et conduisit les trois ordres du Dauphiné à se rassembler sans le consentement du roi. Connue sous le nom de "journée des tuiles", elle est considérée par certains historiens comme le début de la Révolution. Réalisant qu'il avait été battu, Louis XVI nomma le populaire Jacques Necker comme nouveau ministre des finances et convoqua des États généraux en mai 1789.

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Montée en puissance du tiers état: Février-septembre 1789

Dans toute la France, 6 millions de personnes participèrent au processus électoral pour les États généraux, et 25 000 cahiers de doléances furent rédigés pour être discutés. Lorsque les États généraux de 1789 se réunirent enfin le 5 mai à Versailles, 578 députés représentaient le tiers état, 282 la noblesse et 303 le clergé. Cependant, la double représentation du tiers état n'avait pas de sens, car les votes étaient toujours comptés par ordre et non par tête. Comme les classes supérieures étaient sûres de voter ensemble, le tiers état était désavantagé.

Par la suite, le tiers état refusa de vérifier ses propres élections, un processus nécessaire pour entamer la procédure. Il exigea que les votes soient comptés par tête, ce que la noblesse refusa catégoriquement. Pendant ce temps, l'attention de Louis XVI fut détournée par la mort de son fils, paralysant l'autorité royale. Le 13 juin, dans l'impasse, le Tiers état commença l'appel nominal, rompant le protocole en commençant la procédure sans le consentement du roi ou des autres ordres. Le 17 juin, suite à une motion proposée par l'abbé Emmanuel-Joseph Sieyès, le tiers état se proclama officiellement Assemblée nationale constituante. Deux jours plus tard, le clergé vota officiellement son adhésion, et la noblesse suivit à contrecœur. Le 20 juin, après s'être retrouvés enfermés à l'extérieur de la salle des séances, les députés de l'Assemblée nationale se réunirent dans le court du jeu de paume royal. Ils y prêtèrent le serment du jeu de paume, promettant de ne jamais se dissoudre avant d'avoir donné une nouvelle constitution à la France. La Révolution française avait commencé.

The Tennis Court Oath
Serment du jeu de paume
Jacques-Louis David (Public Domain)

Louis XVI réalisa qu'il devait reprendre le contrôle. Début juillet, il appela plus de 30 000 soldats dans le Bassin parisien, et le 11 juillet, il renvoya Necker et d'autres ministres jugés trop amicaux envers les insolents révolutionnaires. Craignant que le roi ne veuille écraser la Révolution, le peuple de Paris se révolta le 12 juillet. Leur soulèvement atteignit son apogée le 14 juillet avec la prise de la Bastille, lorsque des centaines de citoyens réussirent à attaquer la forteresse de la Bastille pour la piller afin d'y trouver des munitions. Le roi fit marche arrière, renvoya ses soldats et rétablit Necker dans ses fonctions. Déstabilisé par ces événements, le plus jeune frère du roi, le comte d'Artois, fuit la France avec un entourage de royalistes dans la nuit du 16 juillet; ils furent les premiers de milliers d'émigrés à fuir.

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Dans les semaines qui suivirent, les campagnes françaises furent le théâtre d'émeutes éparses, à mesure que se répandaient les rumeurs de complots aristocratiques visant à priver les citoyens de leurs libertés. Ces émeutes donnèrent lieu à des mini-Bastilles, les paysans pillant les domaines féodaux des seigneurs locaux et obligeant les nobles à renoncer à leurs droits féodaux. Connue plus tard sous le nom de Grande Peur, cette vague de panique obligea l'Assemblée nationale à s'attaquer à la question du féodalisme. Dans la nuit du 4 août, dans un élan de ferveur patriotique, l'Assemblée annonça que le régime féodal était "entièrement détruit" et mit fin aux privilèges des classes supérieures. Plus tard dans le mois, elle adopta la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen, un document historique sur les droits de l'homme qui défendait la volonté générale du peuple, la séparation des pouvoirs et l'idée que les droits de l'homme étaient universels. Ces deux réalisations sont considérées comme les plus importantes et les plus durables de la Révolution.

Declaration of the Rights of Man and of the Citizen, 1789
Déclaration des droits de l'homme et du citoyen, 1789
Jean-Jacques-François Le Barbier (Public Domain)

Une monarchie populaire: 1789-1791

Alors que l'Assemblée nationale rédigeait lentement sa constitution, Louis XVI boudait à Versailles. Il refusa de consentir aux décrets d'août et à la Déclaration des droits de l'homme, exigeant au contraire que les députés incluent son droit de veto absolu dans la nouvelle constitution. Cela mit en colère le peuple de Paris et, le 5 octobre 1789, une foule de 7 000 personnes, principalement des femmes du marché, marchèrent de Paris à Versailles sous une pluie battante, réclamant du pain et que le roi accepte les réformes de l'Assemblée. Louis XVI n'eut d'autre choix que d'accepter et fut contraint de quitter son isolement à Versailles pour accompagner les femmes jusqu'à Paris, où il fut installé au palais des Tuileries. Connue sous le nom de "Marche des femmes" ou "Journées d'octobre", cette insurrection conduisit à la fin de l'Ancien Régime et au début de l'éphémère monarchie constitutionnelle française.

L'année et demie qui suivit marqua une phase relativement calme de la Révolution ; en effet, beaucoup de gens croyaient que la Révolution était terminée. Louis XVI accepta d'adopter les réformes de l'Assemblée et sembla même se réconcilier avec la Révolution en acceptant une cocarde tricolore. L'Assemblée, pendant ce temps, commença à gouverner la France, adoptant sa propre monnaie, l'assignat, pour aider à résoudre le problème de la dette. Après avoir retirer les griffes de la noblesse, elle s'intéressa maintenant à l'Église catholique. La Constitution civile du clergé, publiée le 12 juillet 1790, obligea tous les clercs à prêter serment à la nouvelle constitution et à faire passer leur loyauté envers l'État avant leur loyauté envers le pape à Rome. Dans le même temps, les terres de l'Église furent confisquées par l'Assemblée et la ville papale d'Avignon fut réintégrée à la France. Ces attaques contre l'église éloignèrent beaucoup de gens de la Révolution, y compris le pieux Louis XVI en personne.

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Le 14 juillet 1790, date du premier anniversaire de la Bastille, une grande fête fut organisée sur le Champ-de-Mars. Dirigée par le marquis de Lafayette, la fête de la Fédération était censée marquer l'unité du peuple français nouvellement libéré sous le règne magnanime de son roi-citoyen. Mais le roi avait d'autres plans. Un an plus tard, dans la nuit du 20 au 21 juin 1791, lui et sa famille quittèrent les Tuileries en se déguisant et tentèrent de fuir la France dans ce qui est connu sous le nom de "fuite de Varennes". Ils furent rapidement rattrapés et ramenés à Paris, mais leur tentative détruisit irrévocablement la confiance que le peuple avait dans la monarchie. Les appels à la déposition de Louis XVI se multiplièrent, tandis que certains commencèrent même à réclamer sérieusement une République française. La question divisa le Club des Jacobins, une société politique où les révolutionnaires se réunissaient pour discuter de leurs objectifs et de leurs programmes. Les membres modérés, fidèles à l'idée de la monarchie constitutionnelle, se séparèrent pour former le nouveau Club des Feuillants, tandis que les autres Jacobins se radicalisèrent.

Return of Louis XVI to Paris After Varennes
Retour de Louis XVI à Paris après Varennes
Jean Duplessis-Bertaux (Public Domain)

Le 17 juillet 1791, une foule de manifestants se réunit sur le Champ-de-Mars pour demander la déposition du roi. La Garde nationale de Paris, commandée par Lafayette, leur tira dessus, faisant 50 morts. La fusillade du Champ-de-Mars mit les républicains en fuite, donnant aux Feuillants suffisamment de temps pour faire passer leur constitution, centrée sur une monarchie libérale et affaiblie. Le 30 septembre 1791, la nouvelle Assemblée législative se réunit, mais malgré la constitution tant attendue, la Révolution était plus divisée que jamais.

Naissance d'une République : 1792-1793

De nombreux députés de l'Assemblée législative se regroupèrent en deux factions : les Feuillants, plus conservateurs, siégeaient à la droite du président de l'Assemblée, tandis que les Jacobins radicaux s'asseyaient à sa gauche, donnant naissance au spectre politique gauche/droite encore utilisé aujourd'hui. Après que les monarques d'Autriche et de Prusse eurent menacé de détruire la Révolution dans la Déclaration de Pillnitz, une troisième faction se sépara des Jacobins, réclamant la guerre comme seul moyen de préserver la Révolution. Ce parti de la guerre, connu plus tard sous le nom de Girondins, domina rapidement l'Assemblée législative, qui vota la déclaration de guerre à l'Autriche le 20 avril 1792. Ce fut le début des guerres révolutionnaires françaises (1792-1802), les anciens régimes d'Europe, se sentant menacés par les révolutionnaires radicaux, s'unirent dans une coalition contre la France.

Au départ, la guerre se déroula de manière désastreuse pour les Français. Au cours de l'été 1792, une armée prussienne accompagnée d'émigrés royalistes français se dirigea lentement vers Paris. En août, les envahisseurs publièrent le Manifeste de Brunswick, menaçant de détruire Paris si la famille royale française venait à être touchée. Cette menace plongea le peuple parisien dans une panique hystérique qui aboutit à la prise du palais des Tuileries le 10 août 1792, l'insurrection qui finit par renverser la monarchie. Craignant toujours des ennemis contre-révolutionnaires qui pourraient aider les Prussiens, la foule parisienne envahit alors les prisons de la ville et assassina plus de 1 100 personnes lors des massacres de septembre.

The September Massacres Outside the Abbaye Prison
Les massacres de septembre devant la prison de l'Abbaye
Jules-Adolphe Chauvet (Public Domain)

Le 20 septembre 1792, une armée française finit par arrêter l'invasion prussienne lors de la miraculeuse bataille de Valmy. Le lendemain, l'Assemblée législative en liesse proclama officiellement la République française. Le futur calendrier républicain français prit date à partir de ce moment, qui était considéré comme l'accomplissement ultime de l'humanité. L'Assemblée fut dissoute et une Convention nationale fut convoquée pour rédiger une nouvelle constitution. L'une des premières tâches de la Convention fut de décider du sort de Louis XVI déchu ; il fut finalement jugé et guillotiné le 21 janvier 1793, sa famille restant emprisonnée dans la tour du Temple jusqu'au procès puis l'exécution de Marie-Antoinette en octobre de la même année. Le procès et l'exécution de Louis XVI choquèrent l'Europe, amenant la Grande-Bretagne, l'Espagne et la République néerlandaise à entrer dans la coalition contre la France.

Règne de la Terreur: 1793-1794

Après le déclin des Feuillants, les Girondins devinrent la faction modérée de la Révolution. Au début de l'année 1793, ils furent opposés à un groupe de Jacobins radicaux appelé la Montagne, principalement dirigé par Maximilien Robespierre, Georges Danton et Jean-Paul Marat. Les Girondins et la Montagne entretinrent une rivalité acharnée jusqu'à la chute des Girondins le 2 juin 1793, lorsque près de 80 000 sans-culottes, ou révolutionnaires de classe inférieure, et gardes nationaux encerclèrent le palais des Tuileries, exigeant l'arrestation des principaux Girondins. Ce fut chose faite, et les chefs girondins furent ensuite exécutés.

La victoire de la Montagne divisa profondément la nation. L'assassinat de Marat par Charlotte Corday se produisit au milieu de foyers de guerre civile qui menaçaient de détruire la jeune république, comme la guerre de Vendée et les révoltes fédéralistes. Afin d'étouffer ces dissensions et de stopper l'avancée des armées coalisées, la Convention approuva la création du Comité de salut public, qui s'arrogea rapidement un pouvoir exécutif quasi total. Grâce à des mesures telles que la conscription massive, le Comité réprima brutalement les guerres civiles et contrôla les armées étrangères avant de s'attacher à démasquer les traîtres nationaux et les agents contre-révolutionnaires. Le règne de la Terreur qui s'ensuivit, de septembre 1793 à juillet 1794, entraîna des centaines de milliers d'arrestations, 16 594 exécutions à la guillotine et des dizaines de milliers de morts supplémentaires. Des aristocrates et des membres du clergé furent exécutés aux côtés d'anciens dirigeants révolutionnaires et de milliers de personnes ordinaires.

Cartoon Showing Robespierre Guillotining the Executioner After Having Guillotined Everyone Else
Caricature montrant Robespierre guillotinant le bourreau après avoir guillotiné tous les autres
Bibliothèque nationale de France (Public Domain)

Robespierre accumula des pouvoirs quasi dictatoriaux durant cette période. Tentant d'enrayer la déchristianisation rampante de la Révolution, il mit en place le Culte de l'Être Suprême afin d'intégrer la France dans sa vision d'une société moralement pure. Ses ennemis y virent une tentative de revendiquer le pouvoir total et, craignant pour leur propre vie, décidèrent de le renverser. La chute de Maximilien Robespierre et de ses alliés le 28 juillet 1794 mit fin à la Terreur et est considérée par certains historiens comme le déclin de la Révolution à proprement parler.

Les Thermidoriens et le Directoire: 1794-1799

L'exécution de Robespierre fut suivie de la Réaction thermidorienne, une période de contre-révolution conservatrice au cours de laquelle les vestiges du pouvoir jacobin furent effacés. Le Club des Jacobins lui-même fut définitivement fermé en novembre 1794, et une tentative des Jacobins de reprendre le pouvoir lors de l'insurrection de Prairial en 1795 fut écrasée. Les Thermidoriens reprimèrent un soulèvement royaliste le 13 vendémiaire (5 octobre 1795) avant d'adopter la Constitution de l'an III (1795) et de passer au Directoire français, le gouvernement qui dirigea la République dans les dernières années de la Révolution.

Pendant ce temps, les armées françaises avaient réussi à repousser les forces de la coalition, battant la plupart des nations de la coalition en 1797. La star de la guerre était sans aucun doute le général Napoléon Bonaparte, catapulté vers la gloire grâce à sa brillante campagne d'Italie de 1796-97. Le 9 novembre 1799, Bonaparte prit le contrôle du gouvernement lors du coup d'État du 18 Brumaire, mettant fin à l'impopulaire Directoire. Son ascension marqua la fin de la Révolution française et le début de l'ère napoléonienne.

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Questions & Réponses

Qu'est-ce que la Révolution française ?

La Révolution française fut une période de grands bouleversements sociaux et politiques en France qui dura de 1789 à 1799. Ses objectifs étaient de démanteler l'ancien régime oppressif de la France et de créer une nouvelle société fondée sur les principes du siècle des Lumières, tels que la volonté générale du peuple et les droits naturels.

Quelles furent les 3 principales causes de la Révolution française ?

Les trois principales causes de la Révolution française furent une crise financière due à l'augmentation de la dette de l'État, une inégalité sociale galopante et l'incompétence du monarque français et de l'Ancien Régime.

Qu'est-ce qui déclencha la Révolution française ?

On s'accorde généralement à dire que la Révolution française commença le 5 mai 1789 avec la réunion des États généraux, bien qu'il soit possible de soutenir qu'elle commença à d'autres dates, comme la journée des Tuiles en 1788 ou la prise de la Bastille le 14 juillet 1789.

Qu'est-ce qui mit fin à la Révolution française ?

Le coup d'État du 18 Brumaire, en novembre 1799, est généralement considéré comme ayant mis fin à la Révolution française, car c'est à ce moment-là que Napoléon Bonaparte prit le pouvoir en France et inaugura l'ère napoléonienne.

Quels sont les événements importants de la Révolution française ?

Parmi les événements importants de la Révolution française, citons la prise de la Bastille par le peuple, l'adoption de la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen, le renversement de la monarchie et l'instauration de la République française, l'exécution du roi Louis XVI, le règne de la Terreur et les guerres révolutionnaires françaises qui donnèrent lieu aux guerres napoléoniennes.

Traducteur

Babeth Étiève-Cartwright
Babeth s'est consacrée à la traduction après avoir enseigné l'anglais au British Council de Milan. Elle parle couramment le français, l'anglais et l'italien et a 25 ans d'expérience dans le domaine de l'éducation. Elle aime voyager et découvrir l'histoire et le patrimoine d'autres cultures.

Auteur

Harrison W. Mark
Harrison Mark est diplômé de SUNY Oswego où il a étudié l'histoire et les sciences politiques.

Citer cette ressource

Style APA

Mark, H. W. (2023, janvier 12). Révolution Française [French Revolution]. (B. Étiève-Cartwright, Traducteur). World History Encyclopedia. Extrait de https://www.worldhistory.org/trans/fr/1-19568/revolution-francaise/

Style Chicago

Mark, Harrison W.. "Révolution Française." Traduit par Babeth Étiève-Cartwright. World History Encyclopedia. modifié le janvier 12, 2023. https://www.worldhistory.org/trans/fr/1-19568/revolution-francaise/.

Style MLA

Mark, Harrison W.. "Révolution Française." Traduit par Babeth Étiève-Cartwright. World History Encyclopedia. World History Encyclopedia, 12 janv. 2023. Web. 21 avril 2024.

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