Trésors de la Tunisie Romaine

Exploration de 10 sites clés
Carole Raddato
de , traduit par Babeth Étiève-Cartwright
publié le
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Située sur la côte nord-africaine, la Tunisie abrite certaines des plus belles ruines romaines de la Méditerranée. Après la chute de Carthage, Rome transforma la région en une province prospère d'Afrique, enrichie par ses plaines fertiles et ses villes animées. Cette terre, façonnée par des événements dramatiques qui ont influencé l'histoire antique, a laissé derrière elle un héritage archéologique extraordinaire avec des ruines disséminées dans la campagne vallonnée, largement épargnée par le tourisme de masse.

Thugga (Dougga)
Thugga (Dougga) Carole Raddato (CC BY-SA)

Brève introduction à la Tunisie romaine

Bien avant l'arrivée des Romains, la Tunisie était fortement influencée par les populations berbères (Amazigh), qui habitaient l'Afrique du Nord depuis des millénaires. Au premier millénaire avant notre ère, les royaumes et les communautés berbères prospéraient dans toute la région et pratiquaient l'agriculture, l'élevage et le commerce. L'arrivée des colons phéniciens au IXe siècle avant notre ère conduisit à la fondation de Carthage (aujourd'hui Tunis) sur la côte tunisienne. Au cours des siècles suivants, Carthage devint une puissance maritime méditerranéenne, dominant les routes commerciales, établissant des colonies et levant des armées qui combattirent Rome pendant les guerres puniques (264-146 av. J.-C.). Ces guerres sont célèbres pour les exploits remarquables, mais finalement infructueux, de l'homme d'État et général carthaginois Hannibal, qui mena une armée à travers les Alpes pour envahir l'Italie en 218 avant notre ère pendant la deuxième guerre punique.

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Byrsa Punic Houses, Carthage
Maisons puniques de Byrsa, Carthage Carole Raddato (CC BY-NC-SA)

Après la destruction de Carthage en 146 avant J.-C., Rome réorganisa l'Afrique du Nord en provinces distinctes. Carthage elle-même fut ensuite reconstruite, d'abord par Jules César (100-44 av. J.-C.), puis par Auguste (27 av. J.-C. - 14 ap. J.-C.), pour finalement devenir la capitale de la province connue sous le nom d'Africa Proconsularis. Les plaines fertiles de la région, longtemps cultivées par les communautés berbères, fournirent rapidement à Rome de grandes quantités de céréales et d'huile d'olive. Cette prospérité agricole contribua à un développement urbain important, les villages indigènes et les colonies romaines se transformant en villes prospères. Les plus chanceuses d'entre elles, comme Dougga, se développèrent en municipia, gouvernées par des magistrats romains et dotées de temples, de thermes et de places de marché. Aux IIe et IIIe siècles de notre ère, l'Africa Proconsularis, souvent qualifiée de "grenier de l'empire", s'était imposée comme l'une des provinces les plus riches de l'Empire romain.

Map of Roman North Africa (146 BCE - 395 CE)
Domination romaine en Afrique du Nord (146 av. J.-C.- 395 de notre ère) Simeon Netchev (CC BY-NC-ND)

Le christianisme s'imposa également dans la région, avec l'émergence de nombreux évêques et penseurs chrétiens. En 249, Carthage devint le siège d'un évêché important, et la province devint un centre de pensée chrétienne, produisant des personnalités telles que Tertullien (c. 155 - c. 220 de notre ère) et Cyprien (c. 210 - 258 de notre ère), deux des grandes figures de l'Église primitive. Au cours des siècles suivants, la région connut des changements majeurs, à commencer par la crise du IIIe siècle, les invasions des Vandales et la reconquête byzantine. Finalement, les conquêtes arabes au VIIe siècle marquèrent la fin de l'ordre politique romain et byzantin, même si bon nombre de ses caractéristiques persistèrent pendant un certain temps.

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Early Christian Mosaic from Sufetula
Mosaïque paléochrétienne de Sufetula Carole Raddato (CC BY-SA)

Peu de régions du monde romain offrent une telle richesse et une telle diversité de sites archéologiques. Voici les dix sites romains les plus importants, les plus impressionnants ou les mieux préservés de Tunisie que les amateurs d'archéologie devraient envisager de visiter.

1. Carthage

Carthage occupe une place unique dans l'histoire antique. Elle était la plus grande et la plus puissante entité politique de la Méditerranée, et la capitale de l'Empire carthaginois, qui rivalisait avec Rome. Rasée au sol en 146 avant J.-C. à la fin de la troisième guerre punique, la ville resta en ruines pendant un siècle. Cependant, Jules César envisagerait la renaissance de la ville et, cinq ans après sa mort, celle-ci était en passe de redevenir un centre majeur et, finalement, la troisième plus grande ville de l'Empire occidental, après Rome et Alexandrie.

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Carthage Tophet
Tophet de Carthage Carole Raddato (CC BY-SA)

L'arrière-pays fertile de l'Afrique du Nord qui entourait Carthage joua un rôle crucial dans le succès économique de la ville et servit de "grenier de Rome" en fournissant une grande partie des céréales de l'Empire. La richesse afflua dans la ville, permettant la construction d'ouvrages architecturaux monumentaux, notamment de grands bâtiments publics et de quartiers résidentiels avec des villas luxueuses. Carthage devint également un centre intellectuel et religieux et forma des personnalités chrétiennes éminentes telles que Tertullien et Cyprien, qui contribuèrent au développement de la pensée chrétienne primitive.

Les vestiges archéologiques de l'ancienne Carthage offrent un aperçu du riche passé historique de la ville, avec des vestiges des civilisations punique, romaine et byzantine. Parmi les structures les plus importantes, on trouve les thermes d'Antonin, reconnus comme l'un des plus grands complexes thermaux de l'Empire romain, qui s'étendent le long du front de mer et comprennent des pièces voûtées et des salles chaudes et froides. À proximité, les citernes de La Malga, alimentées par un bras de l'aqueduc de Zaghouan, constituent les plus grandes citernes du monde antique encore existantes et faisaient partie d'un système sophistiqué de gestion de l'eau qui alimentait la ville.

Baths of Antoninus, Carthage
Thermes d'Antonin, Carthage Carole Raddato (CC BY-SA)
Cisterns of La Malga
Citernes de La Malga Carole Raddato (CC BY-SA)

Sur la colline de Byrsa, qui surplombe les ports qui étaient autrefois le cœur de l'empire maritime de Carthage, se trouvent les fondations d'un temple romain, ainsi que les vestiges de structures résidentielles et de fortifications puniques. Sous la domination punique, cette zone était le cœur de la ville et abritait un temple dédié au dieu carthaginois Eshmoun. Après la conquête romaine et la destruction de Carthage, le sommet de la colline fut nivelé pour faciliter la construction du Capitole et du Forum. Aujourd'hui, la colline de Byrsa est occupée par la cathédrale Saint-Louis et le musée de Carthage.

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Roman Amphitheatre of Carthage
Amphithéâtre romain de Carthage Carole Raddato (CC BY-SA)

Parmi les autres sites incontournables, citons les ruines de l'amphithéâtre romain, les vestiges de villas romaines et le théâtre de l'époque romaine, qui comporte une petite section composée de pierres d'origine datant du IIe siècle de notre ère.

2. Dougga (Thugga)

Nichée au milieu de collines vallonnées et d'oliveraies, Dougga est souvent décrite comme l'un des exemples les mieux préservés de ville romaine en Afrique du Nord. À l'origine une colonie numide, elle se romanisa progressivement après la conquête, tout en conservant des traces de son héritage pré-romain. Ses inscriptions bilingues, en punique et en latin, reflètent le mélange des cultures qui caractérisait l'Afrique romaine.

Capitol of Dougga
Capitole de Dougga Carole Raddato (CC BY-SA)

Le site est réputé pour son bon état de conservation et ses vestiges importants. Parmi ses structures les plus emblématiques figure le Capitolium, un temple dédié aux dieux romains Jupiter, Junon et Minerve. Le théâtre, qui pouvait accueillir jusqu'à 3 500 spectateurs et qui est encore utilisé aujourd'hui pour des représentations, constitue un autre point fort.

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Roman Theatre of Dougga
Théâtre romain de Dougga Carole Raddato (CC BY-SA)
Libyco-Punic Mausoleum of Dougga
Mausolée libyco-punique de Dougga Carole Raddato (CC BY-NC-SA)

On trouve également des vestiges de bâtiments publics et privés, notamment des thermes, des citernes et des maisons. Enfin, le mausolée libyco-punique, une structure imposante antérieure à la domination romaine, est un exemple unique de l'architecture numide qui offre un précieux aperçu des traditions funéraires préromaines. La plupart des mosaïques et autres objets provenant de Dougga sont exposés au musée du Bardo à Tunis.

3. Thysdrus (El Djem)

Dominant la ville moderne, l'immense amphithéâtre d'El Djem est l'une des plus magnifiques structures romaines d'Afrique romaine et un site incontournable. Construit au IIIe siècle de notre ère, lorsque l'ancienne Thysdrus était à l'apogée de sa puissance, ce monument pouvait accueillir jusqu'à 35 000 spectateurs, un nombre impressionnant pour une petite ville de province. Sa taille en fait l'un des plus grands amphithéâtres du monde romain, comparable uniquement au Colisée de Rome et à l'arène de Capoue.

Amphitheatre of El Djem Exterior
Extérieur de l'amphithéâtre d'El Djem Carole Raddato (CC BY-NC-SA)

L'architecture de l'amphithéâtre d'El Djem est une prouesse technique impressionnante, composée de trois niveaux d'arcades et de passages souterrains destinés à abriter les animaux et les gladiateurs. À l'origine, l'amphithéâtre était équipé d'un velarium, un auvent rétractable qui protégeait des rayons intenses du soleil estival. L'amphithéâtre accueillait divers spectacles publics, notamment des combats de gladiateurs et des chasses aux animaux. Certains de ces spectacles sont représentés sur les mosaïques qui s'y trouvent.

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Amphitheatre of El Djem
Amphithéâtre d'El Djem Carole Raddato (CC BY-NC-SA)

Le musée archéologique est installé dans l'une des villas romaines les mieux conservées de Tunisie, à la périphérie d'El-Djem. Il expose de magnifiques mosaïques trouvées dans la villa.

4. Sufetula (Sbeïtla)

Située au centre de la Tunisie, Sufetula (aujourd'hui Sbeïtla) possède l'un des forums romains les mieux conservés au monde. Le site se caractérise par un trio de temples dédiés à Jupiter, Junon et Minerve. Au-delà du forum s'étend un réseau de rues pavées, d'arcs de triomphe et de bains publics qui témoignent de la prospérité de cette ville de l'intérieur des terres.

Capitoline Temples of Sufetula
Temples capitolins de Sufetula Carole Raddato (CC BY-SA)
Forum of Sufetula
Forum de Sufetula Carole Raddato (CC BY-SA)

Initialement fondée en tant que municipium, une ville autonome bénéficiant d'une citoyenneté romaine partielle, Sufetula fut ensuite élevée au rang de colonie romaine au sein de la province d'Afrique Proconsulaire. La ville prospéra au cours des IIe et IIIe siècles de notre ère, en grande partie grâce à son économie agricole florissante, notamment la production d'huile d'olive, et à sa position stratégique le long des routes commerciales. Comme aucune agglomération moderne n'a été construite directement sur l'ancienne Sufetula, le plan de la ville romaine est exceptionnellement bien conservé.

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Le site est également remarquable pour ses vestiges de l'Antiquité tardive et chrétiens. Plusieurs basiliques, baptistères et un complexe épiscopal illustrent la transformation de Sbeïtla en bastion chrétien au IVe siècle après J.-C. Ne manquez pas le baptistère remarquablement bien conservé à l'intérieur de la basilique Saint-Vitale, avec son bassin ovale orné de mosaïques.

Sufetula Baptistery
Baptistère de Sufetula Carole Raddato (CC BY-SA)

5. Thuburbo Majus

Thuburbo Majus est une ancienne colonie fondée par Auguste pour les soldats à la retraite. En 128 après J.-C., à la suite d'une visite de l'empereur Hadrien (r. de 117 à 138 ap. J.-C.), la ville obtint le statut indépendant de municipium et devint une colonie quelques décennies plus tard sous l'empereur Commode (r. de 180 à 192 ap. J.-C.). Le site est situé dans une magnifique vallée entourée de terres fertiles, juste au nord de Zaghouan, et constitue l'un des vestiges romains les plus importants de Tunisie. Il abrite de vastes ruines moins fréquentées, ce qui permet aux visiteurs d'explorer la région sans rencontrer de foules importantes. Parmi les vestiges archéologiques notables, on peut citer le forum, le capitolium, l'amphithéâtre, les thermes et les maisons d'habitation.

Forum of Thuburbo Majus
Forum de Thuburbo Majus Carole Raddato (CC BY-NC-SA)

Le forum est dominé par le temple du Capitole, qui fait écho à la triade capitoline de Sbeïtla, aux côtés du temple de la Paix, du temple de Mercure et d'autres sanctuaires. Au-delà du forum se trouvent les thermes d'été, qui couvrent une superficie de 2,8 kilomètres carrés (1,1 mile carré). Ces thermes étaient autrefois ornés de statues d'Asclépios, d'Hercule, de Mercure et de Vénus, ainsi que de magnifiques mosaïques que l'on peut aujourd'hui admirer au musée du Bardo. À côté des thermes se trouve la palestre des Petronii, une cour d'exercice entourée de colonnes corinthiennes, qui tire son nom de la riche famille qui finança sa construction.

Temple of Baalat in Thuburbo Majus
Temple de Baalat à Thuburbo Majus Carole Raddato (CC BY-NC-SA)
Winter Baths in Thuburbo Majus
Bains d'hiver à Thuburbo Majus Carole Raddato (CC BY-NC-SA)

Plus haut sur la colline, les thermes d'hiver sont un complexe bien conservé avec un sol en mosaïque noir et blanc. La partie sud de Thuburbo Majus abrite un temple dédié à Baal, dont la conception reflète à la fois les influences romaines et orientales. Elle comprend également le sanctuaire de Caelestis, qui fut ensuite transformé en une église à trois nefs. Les ruines de l'amphithéâtre sont situées à la périphérie du site.

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6. Bulla Regia

Bulla Regia, située dans le nord-ouest du pays, est l'une des villes antiques les plus remarquables d'Afrique du Nord. Elle est réputée pour ses villas souterraines, construites par les Romains aux IIe et IIIe siècles de notre ère afin d'échapper à la chaleur intense du soleil tunisien. Le site comprend des temples, des thermes, un fort et une place de marché, mais les villas constituent l'attraction principale.

House of the Hunt Subterranean Room
Salle souterraine de la Maison de la chasse Meryem Athimni (CC BY-NC-SA)

Bulla Regia était à l'origine une ville numide influencée par Carthage. En 202 avant J.-C., le général romain Scipion l'Africain (236-183 av. J.-C.) s'empara de la ville, qui devint plus tard la résidence royale du roi numide Massinissa. Après la chute de Carthage, Bulla Regia fut annexée à l'Africa Nova en 46 avant J.-C. à la suite de la défaite de Juba Ier. Sous la domination romaine, la ville prospéra, reçut des privilèges municipaux de Jules César, puis devint une colonie sous Hadrien, officiellement nommée Colonia Aelia Hadriana Augusta Bulla Regia.

Roman Theatre of Bulla Regia
Théâtre romain de Bulla Regia Carole Raddato (CC BY-NC-SA)

La prospérité de Bulla Regia provenait des grandes plaines fertiles, qui soutenaient les élites riches qui s'élevaient aux rangs équestres et sénatoriaux. La ville était richement décorée de monuments, de statues et de mosaïques, tandis que ses rues, ses systèmes de drainage et ses espaces publics reflétaient l'urbanisme romain. Ses maisons privées se caractérisaient notamment par des pièces souterraines, adaptées au climat chaud.

Mosaic of Venus and Ichthyocentaurs from Bulla Regia
Mosaïque de Vénus et d'ichtyocentaures de Bulla Regia Carole Raddato (CC BY-NC-SA)

Beaucoup de ces maisons ont conservé leurs mosaïques in situ, protégées par la terre qui les recouvre. Chaque villa porte le nom des mosaïques qui y ont été découvertes. Si certaines de ces magnifiques mosaïques sont restées à leur emplacement d'origine, d'autres ont été transférées dans des musées, comme le musée du Bardo à Tunis. En parcourant la Maison de la Chasse ou la Maison d'Amphitrite, les visiteurs descendent des escaliers pour accéder à des pièces spacieuses dont les murs et les sols brillent encore de motifs mythologiques et géométriques.

7 Uthina (Oudhna)

Le site d'Oudhna, l'ancienne Uthina, une ancienne colonie berbère, se trouve au sud-ouest de Tunis, dans la plaine fertile de l'oued Meliane. Il fut fondé sous le règne d'Auguste, qui accorda la ville et les terres environnantes aux vétérans de la Legio XIII Gemina en récompense de leurs services.

Uthina Capitol
Capitole d'Uthina Carole Raddato (CC BY-NC-SA)
Uthina Amphitheatre
Amphithéâtre Uthina Carole Raddato (CC BY-NC-SA)

Uthina reçut le titre prestigieux de Colonia Iulia Tertiadecimanorum Uthina et prospéra sous les dynasties Antonine et Sévère, qui virent la construction de ses principaux monuments, notamment un amphithéâtre, un Capitole et de grands bains publics.

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8 Mactaris (Makthar)

Le site archéologique de Makthar est situé sur un haut plateau au centre de la Tunisie. Il s'agissait autrefois d'une zone frontalière où les Numides avaient construit un fort pour contrôler les routes commerciales locales. Après la chute de Carthage en 146 avant J.-C., de nombreux réfugiés puniques s'installèrent dans la région, car elle était située au-delà des frontières de l'Afrique romaine. Cependant, en 46 avant J.-C., Mactaris fut incorporée dans une nouvelle province romaine. Les populations punique et romaine cohabitèrent pacifiquement.

New Forum of Mactaris
Nouveau Forum de Mactaris Carole Raddato (CC BY-NC-SA)

La romanisation fut un processus lent qui prit environ 200 ans. Sous Trajan (r. de 98 à 117 ap. J.-C.), la ville devint une colonie romaine à part entière avec des bâtiments civils, avant d'obtenir le statut de colonie sous le règne de l'empereur Marc Aurèle (r. de 161 à 180 ap. J.-C.).

Au cœur de la ville se trouvent le Forum et un arc de triomphe qui porte encore une inscription monumentale en l'honneur de Trajan. Dans les environs, on trouve plusieurs autres bâtiments, dont les plus remarquables sont les vestiges d'un marché, une église chrétienne avec un baptistère et, plus au sud, les grands thermes dont les sols sont entièrement recouverts de mosaïques. Le monument le plus remarquable est la Schola des Juvenes, une salle de réunion pour l'organisation de jeunesse de la ville.

Schola Juvenum in Mactaris
Schola Juvenes à Mactaris Carole Raddato (CC BY-NC-SA)

Près de l'entrée du site se trouvent un petit amphithéâtre et une église située dans un temple dédié à Saturne, la principale divinité de l'Afrique antique.

9 Ammaedara (Haïdra)

Ammaedara, près de la frontière algérienne, fut l'une des premières colonies militaires romaines en Afrique. Fondée au Ier siècle de notre ère, elle gardait les routes stratégiques traversant les hauts plateaux et devint un centre de romanisation dans la région. Ses origines militaires sont encore visibles dans la disposition de ses ruines.

Ruins at Ammaedara
Ruines d'Ammaedara Carole Raddato (CC BY-NC-SA)

L'arc de triomphe de Septime Sévère (r. de 193 à 211 ap. J.-C.) domine le site. À proximité se trouvent les vestiges d'une grande forteresse byzantine, avec des murs massifs qui abritaient autrefois la garnison romaine. La ville se dota également d'équipements civils, de thermes, d'un forum et de temples, à mesure que la colonie militaire cédait la place à la croissance urbaine.

Byzantine Fortress of Ammaedara
Forteresse byzantine d'Ammaedara Carole Raddato (CC BY-NC-SA)

À la fin de l'Antiquité, Ammaedara devint un bastion chrétien. D'impressionnantes basiliques, dotées de baptistères et de mosaïques élaborés, reflètent leur profonde signification religieuse, tandis que des inscriptions rapportent les noms des évêques et les délibérations des conciles ecclésiastiques. La continuité de l'occupation pendant la période byzantine fait d'Ammaedara un témoin précieux de la longue vie des villes romaines en Afrique.

Éloignée et peu visitée, Ammaedara offre un sentiment unique de solitude au milieu de ses vastes ruines.

10 Utique

Utique, l'une des plus anciennes villes de Tunisie, tire son origine d'une colonie phénicienne entre le VIIIe et le XIIe siècle avant J.-C., avant de devenir une ville punique puis romaine. Récompensée pour s'être rangée du côté de Carthage lors de la troisième guerre punique, elle fut brièvement la première capitale de la province d'Afrique Proconsulaire.

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Roman Insulae in Utica
insulae romaines à Utique Carole Raddato (CC BY-NC-SA)

La ville prospéra en tant que garnison romaine et quartier résidentiel huppé, riche en monuments et soutenue par un port florissant qui exportait les produits agricoles de son arrière-pays fertile. Au fil du temps, l'envasement du fleuve Medjerda a poussé Utique vers l'intérieur des terres. Comme beaucoup de villes romaines, elle déclina sous la domination vandale et byzantine avant de tomber définitivement après la conquête arabe au VIIe siècle.

Musées

Un voyage archéologique à travers la Tunisie ne serait pas complet sans une visite de ses musées, qui présentent les trésors et les artéfacts remarquables du pays. Le musée du Bardo à Tunis abrite l'une des plus grandes collections au monde de mosaïques romaines, ainsi que des statues, des inscriptions et des objets qui mettent en lumière la vie quotidienne en Afrique Proconsulaire.

Head of Oceanus
Tête d'Océanos Carole Raddato ()

Plus au sud, le musée archéologique de Sousse présente une autre collection impressionnante, richement décorée de mosaïques et d'objets datant des périodes romaine et paléochrétienne de la ville.

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Traducteur

Babeth Étiève-Cartwright
Babeth, responsable de Traduction, est diplômée en anglais et en français langue étrangère. Parlant couramment le français, l'anglais et l'italien, elle a enseigné l'anglais au British Council à Milan, en Italie.

Auteur

Carole Raddato
Carole gère le célèbre blog photo d'histoire ancienne "Following Hadrian" ("Sur les pas d'Hadrien") dans lequel elle relate ses voyages à travers le monde à la suite de l'empereur Hadrien.

Citer cette ressource

Style APA

Raddato, C. (2025, novembre 02). Trésors de la Tunisie Romaine: Exploration de 10 sites clés. (B. Étiève-Cartwright, Traducteur). World History Encyclopedia. https://www.worldhistory.org/trans/fr/2-2811/tresors-de-la-tunisie-romaine/

Style Chicago

Raddato, Carole. "Trésors de la Tunisie Romaine: Exploration de 10 sites clés." Traduit par Babeth Étiève-Cartwright. World History Encyclopedia, novembre 02, 2025. https://www.worldhistory.org/trans/fr/2-2811/tresors-de-la-tunisie-romaine/.

Style MLA

Raddato, Carole. "Trésors de la Tunisie Romaine: Exploration de 10 sites clés." Traduit par Babeth Étiève-Cartwright. World History Encyclopedia, 02 nov. 2025, https://www.worldhistory.org/trans/fr/2-2811/tresors-de-la-tunisie-romaine/.

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