Berbères

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Définition

Reed Wester-Ebbinghaus
de , traduit par Babeth Étiève-Cartwright
publié le 27 septembre 2016
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Texte original en Anglais : Berbers

Libyan Figure Statue (by Guillaume Blanchard, CC BY-SA)
Statue de figure libyenne
Guillaume Blanchard (CC BY-SA)

Les Berbères ont occupé l'Afrique du Nord, en particulier le Maghreb, depuis le début de l'histoire enregistrée et jusqu'à ce que les conquêtes islamiques du VIIIe siècle ne constituent le groupe ethnique dominant dans la région saharienne. Les berbères modernes qui font perdurer les traditions culturelles constituent une minorité en Afrique du Nord, bien que les groupes berbères soient considérés comme les descendants des habitants préarabes de la région. Dans la plupart des textes classiques, ils sont appelés Libyens. Groupe ethnique largement répandu et diversifié, les anciens Berbères parlaient un sous-ensemble des langues afro-asiatiques, linguistiquement apparentées à celles des Égyptiens, des Kouchites, des Arabes, des Syriens, des tribus du Levant et des Somaliens. Se désignant eux-mêmes comme Amazigh (homme noble et libre), les Berbères prennent leur nom le plus commun du barbarus latin (barbare), une démarche romaine visant à distinguer les sociétés tribales moins développées d'une grande partie de l'Europe et de l'Afrique de leur propre civilisation hellénique. "Libye" est un mot grec qui dérive d'une dénomination régionale et ce terme en arriva à être utilisé de façon interchangeable avec le concept d'Afrique.

Origines des Libyens

La présence de peuples proto-berbères de la préhistoire est évidente dans les grottes sahraouies, où des peintures rupestres représentant diverses vies mégafaunales montrent qu'avant la désertification du Sahara, l'Afrique du Nord était une région luxuriante et riche en ressources peuplée de sociétés de chasseurs-cueilleurs. Les deux divinités basales de la cosmologie berbère - une figure solaire et une figure lunaire - sont vaguement analogues à celles des Égyptiens, suggérant une origine culturelle commune. Selon Hérodote, qui dans ses Histoires parla des Berbères en 430 av. JC.,

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Ils sacrifient au Soleil et à la Lune, mais à aucun autre dieu. Ce culte est commun à tous les Libyens. (IV, 198)

Comme les peuples préabrahamiques du Moyen-Orient, l'importance des roches était un thème majeur dans la tradition berbère. Certains mausolées en pierre, comme le Mausolée royal de Mauritanie de l'époque romaine, construit par des rois berbères dans un style traditionnel, restent intacts aujourd'hui. La vénération berbère des structures en pierre, qui comprenait l'enterrement des morts sous des affleurements rocheux ou des monuments érigés, s'apparentait à des pratiques telles que le pèlerinage nabatéen à la Pierre Noire à la Ka'aba de La Mecque et le culte du grand rocher Al-Weli abu Ruzuma par les Hutaymi arabes. Les similitudes dans la tradition et la langue indiquent un ancien centre culturel proto-afroasiatique d'où ces groupes se sont dispersés.

World Map of Herodotus
Carte du Monde d'Hérodote
Bibi Saint-Pol (Public Domain)

Relations avec l'Égypte

L'existence de puissantes tribus semi-nomades habitant le Maghreb fut notée par les dynasties égyptiennes depuis le 13e siècle avant notre ère ; certaines d'entre elles engagées dans des conflits armés avec les Égyptiens et donc considérées négativement par les dynasties pharaoniques avec leurs sociétés jugées barbares. Les groupes les plus notables de cette période sont les Mâchaouach et les Libou (ou Lebou, Ribou), dont le terme gréco-latin Libye est dérivé. Un système d'écriture hiéroglyphique fut développé par les premiers Berbères, clairement dérivé de celui plus sophistiqué des Égyptiens et mettant en évidence une forte influence culturelle de la région du Nil. Au IIIe siècle avant notre ère, les Libyens commencèrent à former leur propre écriture basée principalement sur l'alphabet phénicien.

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Les Libyens n'étaient pas toujours enclins à considérer les Égyptiens comme des ennemis, en ce sens qu'ils étaient disposés à tolérer un certain niveau de protection de la part des pharaons. Au VIe siècle av. JC, des colons grecs commencèrent à établir une présence encore plus grande dans leur ville libyenne de Cyrène. Selon l'historienne Susan Wise Bauer,

Les Nord-Africains natifs ne le prirent pas bien du tout [...] Ils envoyèrent un message à l'Égypte pour demander de l'aide et «se mettre sous la protection du roi égyptien Apriès». Apriès envoya donc une armée égyptienne [qui fut] décimée par les Grecs : ils furent, selon Hérodote, «si profondément anéantis que presque aucun d'entre eux ne fit retour en Égypte». (502)

Relations avec Carthage et Rome

Au moment de la fondation de Carthage sous la thalassocratie phénicienne du IXe siècle av. JC, de plus grands groupes berbères étaient déjà passés de la cueillette et du pastoralisme à une organisation sédentaire pastorale et agricole.

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Les chefferies nord-africaines fournirent aux marins et colons phéniciens exactement ce qu'ils recherchaient : des partenaires commerciaux.

Les Nord-Africains indigènes fournirent aux marins et colons phéniciens exactement ce qu'ils recherchaient: des partenaires commerciaux. Sur la côte, l'agriculture - probablement adoptée bien plus tôt grâce à l'interaction avec l'Égypte et les sociétés du Croissant Fertile - devint une caractéristique dominante de la société berbère. Les deux sociétés sédentaires libyennes les plus importantes apparurent au IIe siècle avant notre ère: la Numidie et la Maurétanie. Carthage, en tant que ville-État, n'occupait pas un vaste territoire et en dehors de la péninsule tunisienne et de la côte nord-africaine n'avait pas beaucoup d'influence directe. Ainsi, les royaumes libyens des Numidiens et des Maures jouirent, du moins pendant la majeure partie de leur histoire aux côtés de Carthage, d'une relation commerciale indépendante. Les Berbères numidiens étaient également une population importante à Carthage même, bien que les Phéniciens aient occupé les classes de la noblesse et des marchands, reléguant principalement les autochtones au servage et à la conscription militaire. Pendant cette période, les Grecs commencèrent à documenter l'Afrique du Nord et ses royaumes, éclairant davantage les tribus berbères et leur relation avec Carthage et étant les premiers à désigner le peuple du Maghreb comme Libyens.

La Maurétanie, située à l'est de la péninsule tunisienne, bénéficiait d'un commerce très important avec les colonies carthaginoises sur la côte nord-africaine. Dirigés par des rois tribaux, les Maures unirent leurs forces à ceux de Massinissa de Numidie (238-148 av. JC) pendant la Seconde Guerre Punique, unissant leurs forces contre Carthage. Le terme romain Mauri est le précurseur du terme Maures utilisé dans les siècles ultérieurs pour désigner les habitants de l'Afrique du Nord-Est.

Les numidiens étaient prisés pour leur cavalerie et constituèrent ainsi une partie importante de la cavalerie carthaginoise pendant les guerres puniques. Cependant, la position du royaume numidien envers Carthage changea radicalement au cours de la Seconde Guerre Punique. Massinissa, fils puissant d'un chef numidien et allié de Carthage, trahit la ville lorsqu'il réalisa qu'elle perdait du terrain contre les forces de Scipion en péninsule ibérique. Il associa ses forces à celles de la République romaine en 206 av. JC. En conséquence, Massinissa obtint l'aval de Rome pour accéder au trône de Numidie et les aida à vaincre les Carthaginois à la bataille de Zama où Hannibal fut finalement capturé. La victoire décisive mit fin à la Seconde Guerre punique et légitima la Numidie en tant qu'État-client romain. La juridiction romaine de la Numidie pendant le règne de Massinissa conduisit à de grands développements technologiques de la société tribale numidienne berbère, la plupart des citoyens se dirigeant vers un mode de vie agricole sédentaire complet et l'État prenant part à une sphère commerciale méditerranéenne croissante.

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Numidian Mausoleum of Thugga
Mausolée numide de Thugga
carinemahy (Copyright)

Deux ans avant le sac de Carthage en 146 avant notre ère, la République romaine décida de légitimer divers chefs tribaux numidiens en tant que chefs de leurs propres pays-clients numidiens respectifs, susceptibles d'assurer une certaine stabilité et de freiner les perspectives d'un seul souverain libyen à la tête d'un empire en Afrique du Nord qui pourrait être un danger potentiel pour Rome. Tous furent regroupés sous l'égide de l'Africa Proconsularis. Toutefois, les chefs subséquents s'efforcèrent de consolider le pouvoir dans la région.

Un siècle après la victoire romaine de la Seconde Guerre Punique, un dirigeant nommé Jugurtha (160-140 av. JC.) soudoya les autorités romaines pour accéder au trône de Numidie et mit fin à l'institution romaine d'État-client, conduisant à la guerre de Jugurtha, le premier conflit majeur entre Rome et une Numidie indépendante. Jugurtha fut capturé et tué. Les relations numidiennes en tant que région-cliente resteront paisibles jusqu'à l'ascension de Juba II (85-46 av. JC), un chef qui unit les Numidiens et les Maures contre Jules César. Vraisemblablement méfiant de la potentielle transformation de la Numidie en tant que province impériale directement occupée au lieu d'être un État-client, Juba se rangea aux côtés des Pompéiens de la République pendant la Grande Guerre Civile Romaine, décision qui lui coûta la vie à la bataille de Thapsus en 46 av. JC. Cette défaite mit fin à la guerre et établit César en tant que dictateur. César sculpta la province existante de Numidie en une nouvelle entité politique, l'annexant pleinement en tant que province d'Afrique (Africa Nova), qui fut plus tard réétablie et rebaptisée Numidie (Africa Proconsularis).

Au cours de ces années de réorganisation impériale, la juridiction romaine sur la Maurétanie fut également modifiée, passant d'une relation d'État-client à l'annexion provinciale. L'identité politique des berbères numidiens ne changea pas de façon significative pendant la période romaine; il y eut peu ou pas de romanisation parmi les tribus, même si les dirigeants étaient généralement des clients fidèles et répondaient bien à la domination romaine. Seules les religions abrahamiques - d'abord le christianisme, puis l'islam - changeraient fondamentalement le mode de vie berbère, et même dans ce cas, de nombreuses traditions anciennes resteraient et s'épanouiraient.

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Bibliographie

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Traducteur

Babeth Étiève-Cartwright
Babeth a enseigné l’anglais au British Council de Milan. Elle parle couramment le français, l’anglais et l’italien et a 25 ans d’expérience dans le domaine de l’éducation. Elle aime voyager et découvrir la langue, l’histoire et le patrimoine culturel des différents pays qu'elle visite.

Citer cette ressource

Style APA

Wester-Ebbinghaus, R. (2016, septembre 27). Berbères [Berbers]. (B. Étiève-Cartwright, Traducteur). World History Encyclopedia. Extrait de https://www.worldhistory.org/trans/fr/1-15254/berberes/

Style Chicago

Wester-Ebbinghaus, Reed. "Berbères." Traduit par Babeth Étiève-Cartwright. World History Encyclopedia. modifié le septembre 27, 2016. https://www.worldhistory.org/trans/fr/1-15254/berberes/.

Style MLA

Wester-Ebbinghaus, Reed. "Berbères." Traduit par Babeth Étiève-Cartwright. World History Encyclopedia. World History Encyclopedia, 27 sept. 2016. Web. 08 déc. 2021.

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