Cyrène

Définition

Joshua J. Mark
de , traduit par Babeth Étiève-Cartwright
publié le 04 juillet 2023
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Disponible dans ces autres langues: anglais
Temple of Zeus at Cyrene (by Sebastià Giralt, CC BY-NC-SA)
Temple de Zeus à Cyrène
Sebastià Giralt (CC BY-NC-SA)

Cyrène (aujourd'hui Shahhat, en Libye) était un centre culturel vital et un port de commerce en Afrique du Nord, fondé en 631 avant notre ère par des colons grecs de l'île de Théra. La ville est surtout connue pour être le lieu de naissance du philosophe Aristippe de Cyrène, du poète et savant Callimaque et du polymathe Ératosthène, ainsi que pour ses références bibliques.

Elle devint la ville fondatrice de la région de Cyrénaïque, également connue sous le nom de Pentapole ("cinq villes") qui comprenait :

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  • Cyrène (aujourd'hui Shahhat)
  • Barqa (aujourd'hui Al-Marj)
  • Euesperides (aujourd'hui Benghazi)
  • Apollonia (aujourd'hui Marza-Souza)
  • Taucheira (moderne Tukrah)

Certains spécialistes remplacent Apollonia, qui était le port de Cyrène, par Balagrae (aujourd'hui El Beïda) et d'autres par la ville de Ptolémaïs (aujourd'hui Tolmeita), mais les cinq cités ci-dessus sont les plus communément acceptées comme étant la Pentapole d'origine.

La région était exceptionnellement fertile et la richesse de Cyrène provenait en grande partie de la culture et du commerce du silphium (ou silphion), plante très appréciée dans l'Antiquité comme aromate et assaisonnement, comme abortif et pour ses propriétés médicinales. Le silphium devint synonyme de Cyrène et son image figurait sur la monnaie de la ville. Le silphium disparut au 1er siècle de notre ère (selon Pline l'Ancien) et, selon Strabon (64 av. J.-C. - 24 ap. J.-C.), seule une étroite bande de la région produisait la plante, et celle-ci fut presque détruite par une invasion de "barbares", bien qu'il ne les nomme pas (17:22). Les spécialistes de l'époque moderne pensent toutefois que la plante fut poussée à l'extinction par le surpâturage et la surexploitation qui auraient épuisé les éléments nutritifs du sol.

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La perte de la culture du silphium, l'expansion de la Cyrénaïque qui épuisa les ressources naturelles, les guerres et les troubles civils (notamment le soulèvement juif à l'époque romaine) et les catastrophes naturelles telles que la sécheresse et les tremblements de terre (en 262 et 365 de notre ère) entraînèrent le déclin de la ville, qui était presque déserte au IVe siècle de notre ère. Au VIIe siècle, la ville n'était plus qu'une ruine vide. Les premières fouilles modernes ont commencé au milieu du XIXe siècle et se sont poursuivies jusqu'au XXe siècle. En 1982, Cyrène a été déclarée site du patrimoine mondial de l'UNESCO et, au cours des dix dernières années, elle a été déclarée en danger en raison de l'avancée de l'expansion humaine, du pillage et du vandalisme.

Histoire ancienne et nom

La région était à l'origine occupée par le peuple Imazighen (plus tard connu sous le nom de Berbères) mais, semble-t-il, pas la zone qui allait devenir Cyrène. Selon Hérodote (c. 484-425/413 av. J.-C.), l'île de Théra devint surpeuplée et, après avoir consulté l'oracle de Delphes, les habitants reçurent l'ordre d'envoyer une partie de leur population vers le sud pour coloniser l'Afrique du Nord. Les habitants auraient ignoré ce conseil jusqu'à ce que la famine ne leur rappelle les paroles de l'oracle d'Apollon et qu'un groupe ne soit organisé pour le voyage (Livre IV. 150-151).

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Le chef de l'expédition était Aristotélès (plus tard connu sous le nom de Battos Ier, r. c. 631 à c. 599 av. J.-C.), mais comme personne à Théra ne savait où se trouvait la terre mentionnée par Apollon, ils demandèrent de l'aide à la Crète et furent mis en contact avec un marchand nommé Corôbios qui les conduisit d'abord à l'île de Platée, puis à la région nord-africaine d'Asilis (également donnée comme Aziris), et enfin, en 631 avant J.-C., à l'emplacement de la future ville de Cyrène.

Ruins of Cyrene
Ruines de Cyrène
MM (CC BY-NC-SA)

La légende veut que la ville ait été nommée d'après une princesse devenue déesse, mais cette affirmation a été remise en question à l'époque moderne. L'universitaire Kathleen Freeman commente :

Le nom de la ville est en fait dérivé de la source locale appelée Cyré; la légende fait de Cyrène une princesse qui vivait dans les forêts près du mont Pélion et était une chasseresse aimée d'Artémis. Apollon la vit combattre un lion sans armes et tomba amoureux d'elle. Il l'emmena en Libye et s'unit à elle; elle devint la reine du pays et donna naissance à un fils nommé Aristée, divinité agricole et pastorale. La légende locale veut que Cyrène ait tué son lion en Libye, où le roi avait offert son royaume à quiconque le débarrasserait de la bête destructrice. Quoi qu'il en soit, les [Grecs] firent de Cyrène leur déesse protectrice, aux côtés d'Apollon, dont ils avaient apporté le culte et auquel leur culte principal était toujours consacré. (192)

Les immigrants trouvèrent une terre vierge et incroyablement fertile. Freeman note :

Le site avait été bien choisi : "De par sa position, sa formation, son climat et son sol", dit un auteur moderne, "la région est peut-être l'une des plus agréables à la surface du globe". L'ensemble de la région était un vaste jardin de fruits et de beauté naturelle, doté d'un climat frais. Les fortes rosées d'été et les averses d'hiver alimentaient d'innombrables sources et ruisseaux, et le sol profond fournissait non seulement des récoltes abondantes, mais aussi d'excellents pâturages. Pour la nouvelle ville, les colons choisirent un site situé à dix miles à l'intérieur des terres, sur un plateau délimité au sud par des ravins menant au plateau supérieur et au nord par le bord d'un grand escarpement à deux mille pieds au-dessus du niveau de la mer. (192-193)

Le mythe de la princesse Cyrène et d'Apollon semble s'être développé très tôt, et la construction de la ville commença à l'endroit où l'on pensait que Cyrène avait tué le lion et attiré l'attention du dieu. Parmi les premières constructions, on trouve un temple dédié à Apollon et un palais pour le roi, Battos Ier, fondateur de la dynastie des Battiades.

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Sanctuary of Apollon in Cyrene
Sanctuaire d'Apollon à Cyrène
Xavier de Jauréguiberry (CC BY-NC-ND)

Les premiers rois et l'Égypte

Aristotélès choisit le nom de Battos (que l'on pense être une version grecque du terme Imazighen pour "roi"), mais ce nom ressemble au mot grec signifiant "bègue", ce qui donna lieu à la légende selon laquelle Battos avait été gêné par un problème d'élocution et s'était rendu à l'oracle de Delphes pour obtenir des conseils sur la manière d'y remédier. Apollon lui demanda de quitter Théra pour l'Afrique du Nord et, à son arrivée, il vit un lion qui l'effraya, et le choc soudain guérit son bégaiement.

Outre cette légende et la fondation de Cyrène, on ne sait rien de son règne ni de celui de son fils et successeur Arcésilas Ier (c. 599 à 583 av. J.-C.), si ce n'est que, sous leur règne, Cyrène se développa, le port d'Apollonia fut établi et le commerce prospéra. Grâce à leurs efforts, le troisième roi, Battos II (le Prospère, r. d'environ 583 à environ 560 av. J.-C.), disposait de nombreuses ressources, et la poursuite de l'expansion l'encouragea à inviter d'autres Grecs à se joindre à la communauté. Les Grecs, en particulier ceux du Péloponnèse, répondirent à l'appel et arrivèrent en masse, s'installant dans les régions périphériques et déplaçant les populations indigènes. Les Imazighen réagirent en demandant l'aide d'Apriès, pharaon d'Égypte (r. 589-570 av. J.-C.). Hérodote écrit :

Les Libyens leurs voisins, et Adicran leur roi, se voyant insultés et dépouillés de leurs terres par les Cyrénéens, eurent recours à Apriès, roi d'Égypte, et se soumirent à lui. Ce prince envoya contre Cyrène des forces considérables. Les Cyrénéens s'étant rangés en bataille à Irasa, et près de la fontaine de Thesté, en vinrent aux mains, et les défirent. Les Égyptiens, qui ne s'étaient pas auparavant essayés dans les combats contre les Grecs, les méprisaient ; mais ils furent tellement battus, qu'il n'en retourna en Égypte qu'un très petit nombre.

(Livre IV. 159, trad. Larcher, Remacle)

Peu après, Apriès fut renversé et remplacé par Amasis (Ahmôsis II, r. de 570 à 526 av. J.-C.), qui non seulement fit la paix avec Cyrène, mais encouragea le commerce entre les Cyrénéens et Naucratis en Égypte, et envoya des cadeaux somptueux à la ville, notamment une grande statue de la déesse Athéna. Le règne de Battos II lui valut son épithète de "Prospère", car la ville et les régions environnantes prospérèrent. À sa mort, Cyrène était fabuleusement riche.

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Déclin, démocratie et Perse

À Battos II succéde son fils Arcésilas II (le Dur, r. d'environ 560 à 550 av. J.-C.), et Hérodote note que "la première chose qu'Arcésilas fit en devenant roi fut de se brouiller avec ses frères" (Livre IV. 160). La querelle semble avoir été due à la personnalité dominatrice d'Arcésilas II et à sa méfiance à l'égard des autres, ce qui amena les frères à quitter Cyrène et à fonder la ville de Barqa. Arcésilas II marcha sur Barqa mais fut vaincu par une alliance de Barcéens et de Libyens, perdant 7 000 hommes, et il fut ensuite assassiné par Léarque, soit un frère cadet, soit un ami proche. Léarque régna brièvement en tant que régent du jeune Battus III avant d'être assassiné par la veuve d'Arcésilas II, Eryxo, qui exerça la régence jusqu'à ce que son fils atteigne la majorité.

Démonax établit une démocratie à Cyrène et la fonction du roi se limita à celle de grand prêtre.

Battos III (le boiteux, r. d'environ 550 à environ 530 av. J.-C.) doit son épithète à une malformation de naissance qui le faisait boiter. Conscient que la stabilité et la prospérité du règne de Battos II avaient été sérieusement compromises sous Arcésilas II, il se rendit à l'oracle de Delphes pour demander conseil. On lui dit de consulter le législateur Démonax d'Arcadie (c. 550 av. J.-C.), qui revint avec lui, créa (ou révisa) la constitution de Cyrène et divisa le peuple en trois tribus selon leur lieu d'origine - ceux de Théra (y compris ceux qui s'étaient mariés avec des Imazighen), ceux de Crète et du Péloponnèse et ceux des autres régions de Grèce. Ce faisant, Démonax établit une démocratie à Cyrène puisque les questions législatives étaient désormais du ressort du peuple, la fonction du roi se limitant à officier en tant que grand prêtre lors des fêtes et à approuver l'attribution des terres.

Battos III fut remplacé par son fils Arcésilas III (r. d'environ. 530 à environ 514 av. J.-C.) qui, avec le soutien de sa mère Pheretima (ou Phérétimê), chercha à renverser la démocratie et à restaurer la monarchie absolue. Lorsque le roi perse achéménide Cambyse II (r. de 530 à 522 av. J.-C.) conquit l'Égypte en 525 av. J.-C., Arcésilas III reconnut sa suprématie et envoya des cadeaux monétaires, comme on aurait pu s'y attendre puisque Cyrène avait été alliée à l'Égypte. Il espérait peut-être que ses cadeaux inciteraient Cambyse II à l'aider à restaurer la royauté cyrénéenne. Si tel est le cas, ses espoirs furent déçus, car Cambyse II estima que le montant était trop faible et, selon Hérodote, jeta l'argent à ses troupes car il n'y en avait pas assez pour faire quoi que ce soit d'autre.

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Darius Ier (également connu sous le nom de Darius le Grand, r. de 522 à 486 av. J.-C.) succéda à Cambyse II et Cyrène apparaît sur les listes perses comme tributaire de l'empire achéménide. Le refus d'Arcésilas III d'envisager des négociations avec la faction pro-démocratique de Cyrène conduisit à une guerre civile en 518 avant notre ère, qu'il perdit et il fut contraint de fuir à Samos tandis que sa mère se réfugia dans la cité-État de Salamine à Chypre. Pheretima échoua dans ses efforts pour obtenir des troupes du roi de Salamine, mais Arcésilas III eut plus de chance à Samos.

Agora of Cyrene
Agora de Cyrène
Xavier de Jauréguiberry (CC BY-NC-ND)

De retour à Cyrène avec son armée, il s'arrêta à l'oracle de Delphes pour s'enquérir de ses chances de succès et on lui dit qu'il devait traiter le peuple de Cyrène avec douceur s'il voulait régner. Arcésilas III ignora l'oracle, marcha sur Cyrène et rétablit la monarchie, exilant ou tuant ses anciens opposants et opprimant le peuple. Alors qu'il se trouvait un jour à Barqa avec son beau-père, il fut assassiné par des exilés vers 514 avant notre ère et Pheretima lui succéda jusqu'à sa mort la même année (les deux événements sont parfois donnés comme étant survenus en 515 av. J.-C.).

Son fils, Battos IV (le Bel, r. d'environ 514 à environ 470 av. J.-C.), qui apparaît dans les listes perses achéménides comme un roi client de l'empire, lui succéda. Cela suggère que la monarchie restaurée sous Arcésilas III était toujours en place sous Battos IV, et le règne de son fils et successeur, Arcésilas IV (r. c. 470 à c. 440 av. J.-C.) en est une preuve supplémentaire. On sait peu de choses du règne de Battos IV, mais Arcésilas IV fut honoré dans une chanson par le poète Pindare pour sa victoire dans la course de chars aux Jeux Pythiques de Delphes en 462 avant notre ère.

Les chevaux de Cyrène, ainsi que leurs chars, étaient très appréciés dans toute la Méditerranée à cette époque et furent de nouveau utiles à Arcésilas IV deux ans plus tard, lorsqu'il remporta la course de chars encore plus prestigieuse des Jeux olympiques. Peu après, les Cyrénéens rétablirent la démocratie, Arcésilas IV fut déposé et Cyrène devint une république en 460 avant notre ère. Arcésilas IV s'enfuit avec son fils, Battos V, dans la ville voisine d'Euesperides où ils furent tous deux assassinés en 440 avant notre ère, ce qui mit fin à la dynastie des Battiades.

Période hellénistique

Cyrène soutint Sparte dans les guerres du Péloponnèse, mais une faction croissante admirait la démocratie athénienne. L'ancienne constitution de Démonax avait entraîné un déséquilibre des pouvoirs entre l'élite et la classe ouvrière qui était de plus en plus opprimée et maltraitée. Vers 401 avant notre ère, la classe ouvrière se révolta. Freeman commente:

Cette répression gouvernementale était due à la peur de la classe ouvrière, qui était désormais plus nombreuse que les classes supérieures et moyennes; au cours de cette révolution, cinq cents riches furent mis à mort et d'autres s'enfuirent. Le parti démocratique entreprit alors de consolider sa force par des changements constitutionnels. Imitant les mesures prises par Cleisthenes à Athènes un siècle plus tôt, ils créèrent de nouvelles tribus et de nouveaux clans, plus nombreux que les anciens, et ils brisèrent les anciennes associations, mélangeant le peuple autant que possible et substituant un petit nombre de fêtes religieuses communes à tous les citoyens aux nombreuses célébrations des rites familiaux et tribaux. (200)

On ne sait pas comment cette démocratie fonctionnait dans la pratique, car il n'existe aucun document à ce sujet. On ne sait rien de Cyrène jusqu'à l'arrivée d'Alexandre le Grand en 332/331 avant notre ère, si ce n'est qu'elle était restée un centre commercial et culturel important. Aristippe de Cyrène (435-356 av. J.-C.), élève de Socrate, y établit l'école cyrénaïque de l'hédonisme, enseignant le plaisir comme le bien suprême de la vie (un concept développé plus tard par les Cyrénaïques et les Épicuriens) et le silphium y était encore en abondance. Hormis cette information et le fait que la grande nécropole de Cyrène continuait à être utilisée, l'histoire de Cyrène reprit avec Alexandre. Alors qu'il se rendait à l'oracle d'Ammon, dans l'oasis de Siwa, une délégation de Cyrène l'accueillit et lui offrit des chevaux et des chars de guerre, qu'il accepta. Après sa mort en 323 avant notre ère, la ville fut prise par son général Ptolémée Ier Soter (r. de 323 à 282 av. J.-C.) de la dynastie égyptienne des Ptolémées.

Aristippus of Cyrene
Aristippe de Cyrène
Pasicles (Public Domain)

Alors que les généraux d'Alexandre se disputaient son empire lors des tristement célèbres guerres des Diadoques, l'un des commandants les moins connus, Thibron, assassina le gouverneur macédonien Harpale, qui avait été placé à la tête de Babylone par Alexandre. Il s'empara alors de la somme considérable du trésor, équipa une flotte et, sous l'impulsion d'exilés cyrénéens mécontents, navigua jusqu'à Cyrène. Ses tentatives pour prendre la riche cité endommagèrent gravement le port d'Apollonia, et lorsque les Cyrénéens demandèrent l'aide de Ptolémée Ier Sôter, les conflits entre son général Ophellas, les forces de Thibron et les Cyrénéens combattant de part et d'autre, endommagèrent ou détruisirent encore davantage les zones situées à l'intérieur et aux alentours de Cyrène. Ophellas fut victorieux et Cyrène retourna sous la domination ptolémaïque, tandis que Thibron fut capturé et exécuté en 322 avant notre ère. Le décret de fondation de Cyrène date de cette époque et garantit les mêmes droits aux Théréens nouvellement arrivés qu'à ceux déjà établis à Cyrène ou restés à Théra. Il est possible que ce décret ait été publié dans l'espoir de repeupler la ville après les pertes de la guerre.

Cyrène produisit deux des plus grands savants de l'antiquité à cette époque, Callimaque (c. 310 à c. 240 av. J.-C.), le poète et savant associé à la bibliothèque d'Alexandrie qui aurait écrit plus de 800 ouvrages, et le polymathe Ératosthène (c. 276-195 av. J.-C.), le premier à avoir calculé la circonférence de la terre et son inclinaison axiale. Lorsque Ératosthène était conservateur en chef de la bibliothèque d'Alexandrie sous le règne de Ptolémée III Evergète (r. de 246 à 222 av. J.-C.), Cyrène était encore célèbre en tant que source de silphium, des meilleurs chevaux et chars, et d'autres biens commerciaux de valeur.

Conclusion

La ville resta sous le contrôle des Ptolémées jusqu'à la mort de Ptolémée Apion en 96 avant notre ère qui laissa la Cyrénaïque à Rome. Sous la République romaine et au début de l'Empire romain, Cyrène continua à prospérer. Sous le règne de l'empereur romain Vespasien (69-79 de notre ère), la communauté juive de Cyrène se révolta contre la perte des droits civiques qu'elle avait connus sous la dynastie ptolémaïque et contre l'oppression perçue de la domination romaine.

Cette rébellion s'inscrit dans le cadre de la grande révolte juive de 66 de notre ère (également connue sous le nom de première guerre judéo-romaine, 66-73 de notre ère), qui débuta sous Néron (r. de 54 à 68 de notre ère). Le conflit judéo-romain reprit sous le règne de Trajan (r. de 98 à 117 de notre ère) lors de la guerre de Kitos (115-117 de notre ère), qui coûta la vie à plus de 200 000 civils et endommagea Cyrène si gravement qu'elle dut être en grande partie reconstruite - et repeuplée - par Hadrien (r. de 117 à 138 de notre ère).

Le christianisme arriva en Cyrénaïque depuis l'Égypte, mais on ne sait pas exactement quand. Cyrène est mentionnée dans le livre des Actes des Apôtres et ailleurs dans le Nouveau Testament de la Bible, notamment dans la figure de Simon de Cyrène, contraint de porter la croix du Christ lors de sa crucifixion (Matthieu 27:32, Marc 15:21, Luc 23:26). Lors du premier concile de Nicée en 325 de notre ère, la Cyrénaïque devint une province ecclésiastique d'Alexandrie.

The Growth of Christianity in the Roman Empire
Expansion du Christianisme dans l'Empire Romain
Simeon Netchev (CC BY-NC-SA)

Cyrène est citée comme l'un des premiers centres du christianisme, mais à la fin du IVe siècle, selon l'historien romain Ammien Marcellin, il n'y avait pratiquement personne qui y vivait : "Dans la Pentapole libyenne se trouve Cyrène, une ancienne ville aujourd'hui déserte" (Freeman, 210). Les tremblements de terre de 262 et surtout de 365 mirent fin à la vie de la ville.

À cette époque, les champs et les vallées fertiles qui avaient accueilli les colons de Théra en 631 avant notre ère avaient été construits, pavés, probablement exploités jusqu'à la stérilité, et déchirés par les différents conflits; il semble donc peu probable que Cyrène ait pu durer beaucoup plus longtemps. Lorsque les Arabes musulmans arrivèrent à Cyrène au VIIe siècle, ils découvrirent un paysage bien différent de celui qui avait accueilli Battos Ier.

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Questions & Réponses

Où se trouvait l'ancienne Cyrène et qu'en est-il aujourd'hui ?

L'ancienne Cyrène était située sur la côte de l'Afrique du Nord, à l'emplacement de l'actuelle Shahhat, en Libye.

Quand Cyrène fut-elle créée et par qui ?

Cyrène fut fondée en 631 avant notre ère par des immigrants de l'île grecque de Théra.

Quels sont les personnages célèbres originaires de Cyrène ?

Parmi les citoyens célèbres de Cyrène figurent le philosophe hédoniste Aristippe, le poète et savant Callimaque, le polymathe Ératosthène, le philosophe Hégésias (qui développa négativement la vision d'Aristippe) et Simon de Cyrène, mentionné dans la Bible.

Pourquoi Cyrène fut-elle abandonnée ?

Cyrène fut abandonnée après les tremblements de terre de 262 et 365 de notre ère, mais elle avait été gravement endommagée par des troubles civils et l'on pense que les ressources de la terre avaient été épuisées bien plus tôt encore.

Traducteur

Babeth Étiève-Cartwright
Babeth s'est consacrée à la traduction après avoir enseigné l'anglais au British Council de Milan. Elle parle couramment le français, l'anglais et l'italien et a 25 ans d'expérience dans le domaine de l'éducation. Elle aime voyager et découvrir l'histoire et le patrimoine d'autres cultures.

Auteur

Joshua J. Mark
Auteur indépendant et ex-Professeur de Philosophie à temps partiel au Marist College de New York, Joshua J. Mark a vécu en Grèce et en Allemagne, et a voyagé à travers l'Égypte. Il a enseigné l'histoire, l'écriture, la littérature et la philosophie au niveau universitaire.

Citer cette ressource

Style APA

Mark, J. J. (2023, juillet 04). Cyrène [Cyrene]. (B. Étiève-Cartwright, Traducteur). World History Encyclopedia. Extrait de https://www.worldhistory.org/trans/fr/1-773/cyrene/

Style Chicago

Mark, Joshua J.. "Cyrène." Traduit par Babeth Étiève-Cartwright. World History Encyclopedia. modifié le juillet 04, 2023. https://www.worldhistory.org/trans/fr/1-773/cyrene/.

Style MLA

Mark, Joshua J.. "Cyrène." Traduit par Babeth Étiève-Cartwright. World History Encyclopedia. World History Encyclopedia, 04 juil. 2023. Web. 24 avril 2024.

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