Baldr

Définition

Joshua J. Mark
de , traduit par Babeth Étiève-Cartwright
publié le 16 septembre 2021
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Disponible dans ces autres langues: anglais, espagnol, Turc
Baldr's Death (by Jakob Sigurðsson, Public Domain)
La mort de Baldr
Jakob Sigurðsson (Public Domain)

Baldr est un dieu de la mythologie nordique associé à la lumière, à la sagesse et au courage, bien qu'il ne soit jamais spécifiquement défini comme le dieu de l'un de ces éléments. Il est surtout connu pour sa mort dramatique, qui annonce la venue du Ragnarök, la fin de l'ère des dieux nordiques et la renaissance du monde.

Baldr est le fils d'Odin et de Frigg. Son nom pourrait signifier "Seigneur", mais il est également associé au "jour" et au "courage". Les spécialistes continuent de débattre de la signification du nom, mais semblent généralement accepter l'affirmation du mythographe Jakob Grimm selon laquelle il signifie "brillant" ou "celui qui brille".

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L'histoire de sa mort est entièrement racontée dans l'Edda en prose du mythographe islandais Snorri Sturluson (1179-1241), mais il y est fait référence dans l'Edda poétique. Dans l'histoire tissée à partir de ces deux œuvres, Frigg obtient de tous les êtres vivants la promesse de ne pas faire de mal à Baldr, mais ignore le gui, que le dieu filou Loki utilise ensuite pour tuer le dieu. Baldr est cependant mentionné dans d'autres œuvres. Dans les Gesta Danorum de Saxo Grammaticus (c. 1160 - c. 1220), il est un prince nommé Balderus en guerre contre un autre, Hotherus, pour la main de la princesse Nanna. Dans cette version, il est tué par Hotherus qui brandit une épée magique appelée Gui.

Le conte de Baldr pourrait avoir été à l'origine un discours officiel relatant la mort tragique d'un prince, qui, avec le temps, aurait été élevé au rang de conte des dieux.

Ces deux versions - et d'autres moins connues - dérivent d'un conte plus ancien, peut-être basé sur un événement réel dans lequel un homme a tué son frère et, à une époque où le sang devait être vengé par le sang, le père n'arrivait pas à punir le meurtrier. Cette théorie est avancée par le spécialiste John Lindow, qui affirme que le mythe de Baldr illustre l'impraticabilité de la vendetta à une époque où les hommes étaient considérés comme des "fils d'Odin" et des frères de sang. Le mythe semble toutefois résister à cette interprétation - du moins tel qu'il est présenté dans les Eddas - car Odin féconde la géante Rindr pour avoir un fils, Váli, qui venge Baldr et répond ainsi aux exigences de l'honneur familial.

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Dans l'Edda en prose et l'Edda poétique islandaises, Baldr est dépeint comme l'incarnation idéale de la lumière, de la sagesse, de l'affabilité et de la noblesse, tandis que dans l'œuvre danoise de Grammaticus, il est dessiné de manière plus réaliste. Le jeu vidéo moderne God of War suit la vision danoise en dépeignant Baldr comme un guerrier robuste plutôt que comme un dieu brillant.

Tradition orale et conte primitif

Il est possible que le personnage de Baldr ait été inspiré à l'origine par un noble germanique, le nom proto-germanique Baldraz signifiant "prince" (ou "héros"). Il n'y a cependant aucun moyen de le vérifier, car il n'existe aucune trace écrite. Les premières communications écrites nordiques prenaient la forme de runes, qui n'étaient pas utilisées pour raconter de longues histoires; c'était le travail des poètes qui maintenaient une tradition orale. Lindow commente:

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Les plus anciennes inscriptions runiques datent d'environ l'époque de l'émergence des peuples germaniques et sont écrites dans un alphabet de 24 caractères dont l'origine est très discutée... La plupart [des inscriptions runiques] sont commémoratives: Elles expliquent qui a érigé la pierre, qui est mort et quelle était la relation entre les deux. Bien que les quelques bâtons runiques et autres types d'inscriptions runiques qui ont été conservés montrent que les runes pouvaient être utilisées de bien des manières, la Scandinavie de l'époque des Vikings était pour ainsi dire une société orale, dans laquelle presque toutes les informations étaient encodées dans la mémoire mortelle - plutôt que dans des livres pouvant être stockés - et transmises d'une mémoire à l'autre par le biais d'actes de parole. Certains actes de langage étaient de nature formelle, d'autres non. Mais à l'instar des discours que les hommes politiques adaptent à des publics différents, une grande partie du savoir antique a dû être susceptible de changer au cours de la transmission orale. (11-12)

Le conte de Baldr aurait pu être à l'origine, et a probablement été, un discours formel relatant la mort tragique d'un prince, qui, avec le temps, aurait été élevé au rang de conte des dieux et d'un dieu en particulier, un innocent, dont la mort injuste signale la fin du monde ordonné. Il est également possible que le conte ait toujours porté sur les dieux et que la mort de Baldr, "le brillant", préfigure la mort des autres dieux lors du Ragnarök et la destruction du royaume brillant d'Asgard.

Dans l'Edda poétique et l'Edda en prose

Les poètes (skalds) auraient chanté le conte pour un public qui aurait retenu les bases et transmis l'histoire. Cette tradition orale se maintint jusqu'à l'an 1000 environ, lorsque le christianisme se répandit dans la région et que les légendes, les contes et les mythes antérieurs furent mis par écrit. De nombreux ouvrages plus anciens furent mis par écrit au 10e siècle et servirent de sources aux écrivains ultérieurs. L' Edda poétique (compilée au XIIIe siècle) en conserve un grand nombre, tandis que l'Edda en prose de Sturluson présente un grand nombre des mêmes histoires sous forme de récits.

Dans l'Edda poétique, Baldr figure dans la Völuspá ("La prophétie de la sorcière"), la Lokasenna ("Les railleries de Loki"), Baldrs Draumar ("Les rêves de Baldur") et la Völuspá hin skamma ("La Völuspá courte"). Dans l'Edda en prose, son histoire est présentée dans la section Gylfaginning ("Le charme de Gylfi") sous sa forme la plus complète. Bien qu'il soit admis que Sturluson s'est inspiré de mythes antérieurs, il est également reconnu qu'il y a ajouté des éléments, de sorte que la version la plus connue de la mort de Baldr est considérée comme étant en grande partie une création de Sturluson au XIIIe siècle. Cette affirmation s'appuie sur les morceaux de l'Edda poétique et sur les allusions au récit que l'on trouve ailleurs, mais, comme toute théorie concernant la mythologie nordique préchrétienne, elle ne peut être prouvée puisqu'il n'existe aucune trace écrite. Il est possible que Sturluson ait repris l'histoire d'une pièce antérieure, perdue par la suite.

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Quoi que Sturluson ait ajouté, ou s'il a ajouté quoi que ce soit, l'histoire commence par les événements relatés brièvement dans le poème Les rêves de Baldur. Baldr fait des cauchemars dans lesquels il voit une catastrophe imminente qu'il ne peut pas voir. Odin conduit Sleipnir jusqu'à Hel, le royaume des morts, et ressuscite l'esprit d'une völva ("voyante") pour découvrir la signification de ces rêves. Sturluson reprend l'histoire à ce moment-là, lorsque Frigg parcourt les neuf royaumes de la cosmologie nordique pour obtenir de toutes les choses, animées ou inanimées, la promesse qu'elles ne feront pas de mal à son fils. Toutes les choses font cette promesse et, par la suite, les dieux d'Asgard développent un jeu amusant consistant à lancer des objets sur Baldr pour les voir rebondir sur lui.

Odin Rides to Hel
Odin se rend à Hel
W.G. Collingwood (Public Domain)

Loki, observant cela, se transforme en femme et va rendre visite à Frigg dans sa grande salle. Frigg demande à la visiteuse ce que font les dieux à Asgard, et "elle" lui répond qu'ils s'adonnent à leur sport habituel, à savoir lancer des objets sur Baldr. La visiteuse demande alors timidement s'il est vrai que toutes les choses ont promis de ne jamais faire de mal au fils de Frigg, et celle-ci répond qu'elle n'a jamais arraché de promesse au gui parce qu'il était si jeune et inoffensif.

Loki se précipite, trouve du gui à l'ouest du Valhalla et le transforme en projectile. Lorsqu'il revient à Asgard, les dieux sont toujours en train de jouer, et Hodr, le frère aveugle de Baldr, se tient à l'écart, triste de ne pas pouvoir participer à la fête. Loki place le gui dans la main de Hodr et lui dit qu'il guidera sa visée. Hodr lance le gui qui tue Baldr sur le coup.

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Les dieux sont tous horrifiés et Frigg demande un volontaire pour se rendre en Hel et demander le retour de Baldr. Le dieu Hermodr, considéré comme le frère de Baldr, reçoit Sleipnir et part pour Hel pendant que les autres préparent les funérailles de Baldr. L'épouse de Baldr, la déesse de la lune Nanna, meurt de chagrin ou se tue lorsque Baldr est placé sur le bûcher à bord de son grand navire Hringhorni. Les dieux sont tous présents et Odin murmure quelque chose au cadavre de Baldr avant que Thor ne tente, en vain, de lancer le navire. La géante Hyrrokkin est convoquée de Jotunheim et pousse le grand bateau dans la mer, provoquant des flammes et des tremblements de terre qui mettent en colère Thor, qui estime qu'il aurait pu mieux faire. Alors que les flammes engloutissent les cadavres de Baldr et de Nanna, Thor, furieux, précipite le nain Litr - qui semblait simplement passer par là - sur le navire, le brûlant vif.

Hermodr, quant à lui, est arrivé à Hel et demande à la reine des morts le retour de Baldr et, comme il le voit maintenant, de Nanna. Hel accepte à condition que toutes les choses dans les Neuf Royaumes pleurent Baldr. Hermodr part et obtient que toutes les choses pleurent le dieu déchu, à l'exception de la géante Thokk (Loki déguisé) qui refuse. Baldr et Nanna doivent alors rester au pays des morts jusqu'au Ragnarök, où ils reviendront lors de la renaissance du monde.

Hermod Before Hela
Hermod devant Hela
John Charles Dollman (Public Domain)

Odin s'accouple avec la géante Rindr qui donne naissance à un fils, Váli, qui grandit en un jour et tue Hodr pour venger Baldr. Ensuite, lors d'un banquet des dieux, Loki insulte toutes les personnes présentes jusqu'à ce que Thor n'arrive et ne menace de le battre. Les dieux emprisonnent alors Loki sous la terre dans une grotte avec un serpent au-dessus de lui dégoulinant de venin sur sa tête. Les dieux emprisonnent alors Loki sous terre dans une grotte avec un serpent au-dessus de lui dégoulinant de venin sur la tête. Cette punition est censée être pour son rôle dans la mort de Baldr et les insultes lors du banquet. Loki et ses enfants, Fenrir le loup, Jörmungandr le serpent et Hel, la reine des morts, resteront tous dans leurs prisons respectives jusqu'à l'aube du Ragnarök, où ils se libéreront et affronteront les dieux d'Asgard et les héros du Valhalla lors de la grande bataille finale.

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Le conte de Baldr de Saxo Grammaticus

L'histoire de Baldr de Grammaticus conserve la noblesse du personnage central, mais l'humanise comme tous les autres. Bien que l'histoire contienne des éléments magiques, elle est présentée comme une histoire dans les Gesta Danorum III. 70-81. Dans cette version de l'histoire, Balderus est un demi-dieu amoureux de la princesse Nanna, fille du roi de Norvège, qui est également poursuivie par le héros Hotherus. Balderus est soutenu par un groupe de femmes (peut-être des Valkyries) et par les dieux, en particulier Odin et Thor.

Les femmes gardent Balderus fort grâce à une nourriture spéciale qu'elles lui servent, ce qui le rend invincible, et comme c'est un demi-dieu, il ne peut être tué par aucune arme fabriquée par des mains mortelles. Hotherus va voir les femmes pour leur demander de l'aide, et elles acceptent de lui donner une ceinture magique qui lui apportera la victoire ainsi que quelques conseils, mais refusent de l'aider à tuer Balderus. Hotherus rencontre Balderus et les dieux au combat et le vainc après avoir coupé le manche du marteau de Thor. Ils se rencontrent à nouveau et, cette fois, Balderus est victorieux mais ne peut toujours pas obtenir la main de Nanna qui ne veut pas épouser un demi-dieu et se marie avec Hotherus.

L'histoire de Baldr met en lumière la réalité désagréable de la vie : on n'obtient pas toujours ce que l'on veut, et des gens bien souffrent et meurent injustement.

Balderus devient malade d'amour et tombe dans une dépression si profonde qu'il ne peut plus marcher et doit être tiré dans un chariot. Balderus, même dans son état de faiblesse, est toujours capable de causer des problèmes au couple et Hotherus essaie à nouveau de trouver un moyen de le tuer. Il découvre que Balderus ne peut être tué que par une épée magique appelée Gui, gardée par un satyre (ou un troll) dans le monde souterrain. Hotherus entreprend le long et dangereux voyage, vainc le gardien et retourne dans le royaume des mortels avec le gui.

Lorsque Balderus monte une nouvelle attaque contre Hotherus, ce dernier le blesse avec l'épée magique, et Balderus meurt trois jours plus tard. Il reçoit des funérailles royales et est enterré dans un grand tertre. Odin jure de venger Balderus et un sorcier lui dit qu'il doit féconder la princesse Rinda, fille du roi des Ruténiens. Odin tente d'abord de séduire Rinda sous la forme d'un guerrier, puis d'un forgeron et enfin d'un chevalier, mais elle rejette ses avances.

Il se transforme alors en femme et devient l'une des servantes de Rinda, tout en faisant savoir qu'elle a des pouvoirs de guérison particuliers. Lorsque Rinda tombe malade, Odin en tant que servante ordonne qu'elle soit attachée pour qu'on puisse lui administrer des médicaments, prend sa véritable forme et la viole. Elle donne naissance au héros Bous qui, plus tard, tuera Hotherus et vengera Balderus.

Le Dieu qui meurt et ressuscite

Les récits sont sensiblement différents, même s'ils présentent des similitudes frappantes, et d'autres chroniques danoises reprennent la version de Grammaticus. D'autres chroniques danoises reprennent la version de Grammaticus, ce qui laisse penser à certains spécialistes que l'histoire aurait pu naître au Danemark sous la forme d'un récit de la mort d'un prince ou d'un héros, transformé ensuite en une tragédie concernant les dieux. La version de Sturluson a souvent été citée comme un exemple du motif du dieu qui meurt et ressuscite - une divinité qui donne sa vie pour le plus grand bien du peuple et revient sous une forme ou une autre - qui apparaît dans la mythologie de nombreuses cultures anciennes. L'exemple le plus célèbre de cette figure est Jésus-Christ, mais de nombreuses religions antérieures présentent le même personnage, notamment l'Égypte ancienne avec Osiris.

C'est le folkloriste et érudit Sir James George Frazer (1854-1941) qui s'est le plus illustré en présentant Baldr comme le dieu du renouveau dans son ouvrage influent de 1890, The Golden Bough (Le rameau d'or). La mort de Baldr en tant qu'exemple de dieu qui meurt et ressuscite a été répétée par d'autres auteurs, plus ou moins pour les mêmes raisons, depuis lors. Le problème de cette affirmation est que ni le mythe ni l'"histoire" de Grammaticus ne la soutiennent. Dans la version de Sturluson, Baldr meurt, se rend en Hel et ne peut revenir lorsque Thokk refuse de le pleurer. Bien qu'il revienne du pays des morts lors de la renaissance du monde, il n'est en rien à l'origine de cette résurrection et il n'occupe pas une place plus importante que les autres parmi les survivants du Ragnarök. Dans l'histoire de Grammaticus, Balderus se ratatine à cause du mal d'amour et lorsqu'il est vaincu et tué, il est enterré et la vie continue.

Baldr and Nanna
Baldr et Nanna
Friedrich Wilhelm Heine (Public Domain)

Cette affirmation continue d'être répétée, mais les spécialistes se disputent pour savoir si le mythe de Baldr est une vieille histoire de dieu de la végétation qui meurt et ressuscite qui a été christianisée par la suite, ou s'il s'agit en grande partie d'une création de Sturluson tirée des quelques références à la mort de Baldr dans les œuvres de l'Edda poétique. Il n'y a aucun moyen de savoir si un conte de Baldr a existé dans la Scandinavie préchrétienne ou en Islande, comme indiqué, mais il est clair, d'après les œuvres existantes, que Baldr n'était pas un dieu qui meurt et ressuscite, car il ne revient pas d'entre les morts tant que les neuf royaumes, y compris Hel, n'ont pas été détruits et qu'il n'y a plus rien qui le retienne au pays de la mort. Contrairement à Osiris, à Jésus, à Inanna ou à toute autre divinité qui meurt et ressuscite, Baldr ne meurt pas dans l'intérêt de quiconque; sa mort annonce en fait la destruction du monde.

Conclusion

Lindow rejette l'affirmation selon laquelle Baldr est un dieu ressuscité pour des raisons de bon sens, car elle n'est pas étayée par les récits. Selon Lindow, il s'agit plus probablement d'une illustration de l'impossibilité de résoudre les différends par des querelles de sang :

Je comprends l'histoire comme le reflet mythique d'un problème social fondamental, à savoir le fait qu'une société qui utilise les liens du sang pour résoudre les différends ne peut pas faire face à un meurtre au sein d'une famille. En exigeant simplement une contre-attaque contre la famille du tueur, le meurtre de Baldr par Hodr met Odin dans une situation impossible. (69)

Bien qu'il s'agisse d'une observation intéressante, Lindow lui-même admet qu'Odin ne fait que "déplacer le problème du frère qui tue son frère" en incitant Váli à tuer Hodr, mais qu'il respecte toujours le code de la vendetta. L'histoire de la mort de Baldr a trop de résonance et semble avoir été beaucoup trop populaire pour n'avoir été qu'une représentation mythique d'un aspect de la culture nordique que personne ne semble avoir remis en question ou avec lequel il y avait un problème.

L'histoire de Baldr a très probablement trouvé un écho auprès du public antique et médiéval pour la même raison qu'aujourd'hui: parce qu'il s'agit d'une tragédie, et que les tragédies ont toujours été une forme de divertissement populaire. Comme l'observe Aristote, la tragédie met en scène un personnage principal de noble stature qui subit la défaite et la mort, procurant au public une sorte de soulagement (catharsis) dans la mesure où il n'est pas seul ou unique à faire face aux aspects les plus difficiles de la vie.

Dans la version de Grammaticus, le noble prince, même soutenu par les dieux, n'obtient pas la princesse de ses rêves et est au contraire vaincu et tué. Dans la version de Sturluson, le dieu brillant, le plus aimé de tous les dieux, est assassiné sans raison, à son insu, par son frère qui doit alors mourir pour préserver l'honneur de la famille. À son niveau le plus élémentaire, l'histoire de Baldr met en lumière la réalité désagréable de la vie: on n'obtient pas toujours, ni même souvent, ce que l'on veut, et les bonnes personnes souffrent et meurent injustement.

Le message que l'on peut tirer de cette histoire est que si l'injustice et la souffrance peuvent s'abattre sur un dieu ou un prince, elles peuvent tout aussi bien s'abattre sur n'importe qui, et que l'on peut se réconforter en reconnaissant que n'importe qui, même un dieu, peut être abattu sans raison valable. La souffrance personnelle peut alors être atténuée non seulement par le deuil de Baldr, mais aussi par l'empathie avec tous ceux qui pleurent ce qu'ils ont perdu.

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Traducteur

Babeth Étiève-Cartwright
Babeth s'est consacrée à la traduction après avoir enseigné l'anglais au British Council de Milan. Elle parle couramment le français, l'anglais et l'italien et a 25 ans d'expérience dans le domaine de l'éducation. Elle aime voyager et découvrir l'histoire et le patrimoine d'autres cultures.

Auteur

Joshua J. Mark
Auteur indépendant et ex-Professeur de Philosophie à temps partiel au Marist College de New York, Joshua J. Mark a vécu en Grèce et en Allemagne, et a voyagé à travers l'Égypte. Il a enseigné l'histoire, l'écriture, la littérature et la philosophie au niveau universitaire.

Citer cette ressource

Style APA

Mark, J. J. (2021, septembre 16). Baldr [Baldr]. (B. Étiève-Cartwright, Traducteur). World History Encyclopedia. Extrait de https://www.worldhistory.org/trans/fr/1-20077/baldr/

Style Chicago

Mark, Joshua J.. "Baldr." Traduit par Babeth Étiève-Cartwright. World History Encyclopedia. modifié le septembre 16, 2021. https://www.worldhistory.org/trans/fr/1-20077/baldr/.

Style MLA

Mark, Joshua J.. "Baldr." Traduit par Babeth Étiève-Cartwright. World History Encyclopedia. World History Encyclopedia, 16 sept. 2021. Web. 13 avril 2024.

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