Valhalla

Définition

Joshua J. Mark
de , traduit par Yves Palisse
publié le 20 septembre 2021
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Disponible dans ces autres langues: anglais, Turc
Valhalla by Max Brückner (by Max Brückner, Public Domain)
Le Valhalla, par Max Brückner
Max Brückner (Public Domain)

Dans la mythologie scandinave, le Valhalla (Halle-des-occis) est le royaume de l'au-delà où les Valkyries entraînent les héros tombés au combat afin qu’ils y deviennent les guerriers de l'armée qui aura pour mission de combattre les forces du chaos au cours du Ragnarök. Cette conception du palais d'Odin semble avoir évolué à partir d’une vision plus ancienne qui représentait l'au-delà des guerriers comme un champ de bataille permanent.

Le terme Valhalla vient du norrois Valholl, holl désignant à l'origine non un palais, mais un rocher, des rochers ou des montagnes, et signifiant le Rocher des occis. Dans cette vision originelle, les Valkyries étaient considérées comme des démons de la mort qui transportaient les âmes des guerriers tombés au combat vers une sorte de champ de bataille éternel jonché de pierres ou situé sous une chaîne de montagnes. On ne sait pas exactement quand Valholl est devenu le célèbre Valhalla, un palais peuplé de héros et de rois servis par des Valkyries, mais cette image s'est imposée dès le Xe siècle dans le poème intitulé les Dits de Grimnir.

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Les Dits de Grimnir ont été compilés, ainsi que d'autres ouvrages pertinents, dans l'Edda poétique au XIIIe siècle, et ce livre constitue avec l'Edda en prose (écrit à la même époque par le mythographe Snorri Sturluson, l. 1179-1241) l'une des deux principales sources d'information en matière de Valhalla. Le palais des héros d'Odin est l'une des images les plus emblématiques de la mythologie scandinave et apparaît avec une certaine régularité dans le monde des arts, du cinéma, de la musique et des jeux vidéo. Bien qu'il soit souvent considéré comme l''au-delà scandinave', ce n'est qu'un lieux de séjour des morts parmi cinq (peut-être plus) autres, mais c'est celui qui est le plus clairement décrit et le plus souvent présenté comme une vision grandiose du lieu de séjour des héros tombés au combat.

Tradition orale et sources écrites

La mythologie, les légendes et l'histoire scandinaves se sont transmises de façon orale pendant des générations jusqu'à l'arrivée et l'acceptation du christianisme vers l'an 1000. L'alphabet runique des pays scandinaves n'était utilisé que pour orner des pierres commémoratives ou transmettre de brefs messages ; en effet, les runes n'étaient pas faites pour les textes longs. Les contes et légendes rapportant les hauts faits des dieux et des héros qui constituent la mythologie scandinave étaient mémorisés par les poètes (skalds), qui les chantaient pour le public et les enseignaient à des disciples qui les transmettaient à leur tour à la génération suivante.

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LA Prose Edda de sturluson est l'ouvrage de référence le plus souvent cité de nos jours en ce qui concerne la mythologie scandinave en général et le Valhalla en particulier.

À l'orée du XIIIe siècle, des copistes chrétiens avaient commencé à transcrire certains de ces vers. Ils furent ensuite compilés dans un ouvrage intitulé l'Edda poétique, qui regroupe des récits rédigés à partir du Xe siècle. L'écrivain et mythographe islandais Sturluson a puisé dans ces œuvres, dans d'autres aujourd'hui disparues, ainsi que dans la tradition orale afin de créer sa Prose Edda, l'ouvrage de référence le plus souvent cité de nos jours en ce qui concerne la mythologie scandinave en général et le Valhalla en particulier.

On considère également que Sturluson a ajouté ses propres touches poétiques aux récits originaux et qu'il est en grande partie responsable de la méprise courante consistant à voir dans le Valhalla 'l'au-delà scandinave' dans la mesure où il y a consacré de très nombreux détails. Or, comme nous l'avons constaté, le Valhalla avait déjà été mentionné dans un certain nombre d'ouvrages antérieurs, souvent basés sur la mort d'un héros ou sur des récits relatifs à Odin et à l'avènement du Ragnarök. Il existe cependant d'autres royaumes consacrés au séjour des âmes des morts, y compris de ceux qui sont morts au combat, en dehors du palais d'Odin.

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Les royaumes scandinaves de l'au-delà

Les âmes des morts avaient la possibilité de se rendre dans cinq royaumes différents après leur trépas et, dans certains cas, elles se rendaient dans tel ou tel royaume sans raison bien définie :

  • Fólkvangr : le royaume de la déesse Freyja.
  • Hel : le royaume Jötunn Hel.
  • Le royaume de Ran : domaine de la déesse Ran
  • Le tertre funéraire : le tombeau ou la tombe du défunt.
  • Le Valhalla : le palais des héros d'Odin

Outre ces cinq royaumes, certains poèmes font allusion à un sixième, Glæsisvellir ('Plaines scintillantes'), également appelé Ódáinsakr ('la prairie des-non-morts'), qui aurait été un verger ou une partie d'un verger voisin du palais d'Odin. Ce royaume était gouverné par un roi sage nommé Gudmund. Il est décrit dans la Saga de Hervarar, citée ici par le lettré H. R. Ellis Davidson :

Comme Gudmund et ses sujets jouissaient d'une longévité exceptionnelle, les païens appelaient son royaume la Prairie des non-morts, et croyaient qu’aucun de ceux qui s’y rendaient ne connaitraient jamais plus ni maladie, ni vieillesse, ni mort. Après la mort de Gudmund, ses sujets lui vouèrent un culte et firent de lui une divinité. Ceux qui entraient dans le royaume de Gudmund étaient accueillis par ses filles comme des amants, de sorte que son pays pouvait être décrit comme le pays des femmes. (Mythes et Symboles, 185)

Glæsisvellir pourrait avoir été une première version de Fólkvangr ('royaume du peuple') où, semble-t-il, se rendaient les âmes de ceux qui mouraient de mort naturelle. Mais Freyja y faisait également venir des guerriers pour remplir son palais Sessrúmnir ('la salle aux nombreux sièges') et, vraisemblablement, y attendre l'arrivée du Ragnarök, tout comme les héros du Valhalla. Il est dit que la moitié des héros tombés lors d'une bataille allaient aux Valkyries d'Odin, et l'autre moitié à Freyja. Cependant, on ignore tout des critères sur lesquels les deux divinités basaient leurs choix. Il se peut que Freyja, issue de la divine famille des Vanir, ait recherché un type de héros différent de ceux d'Odin, issu de la lignée asgardienne, ou tout simplement qu'ils se soient mis d'accord pour se partager les morts entre eux. Fólkvangr est décrit comme un monde magnifique constitué de champs, de fleurs et de ruisseaux, mais on ne sait pas exactement pour quelle raison une âme y atterrissait plutôt qu'à Hel.

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Valkyrie and a Dying Hero
Une Valkyrie et un héros mourant
Hans Makart (Public Domain)

Hel était réservé en priorité à ceux qui mouraient de maladie ou de vieillesse, mais selon toute apparence, n'importe qui, même un dieu, pouvait y échouer. Il ne s'agissait en aucune façon d'un lieu de punition, mais d'une terre froide de ténèbres et de brume, sur laquelle régnait la jötunn (habitante de Jotunheim) Hel, fille de Loki, qu'Odin avait en quelque sorte condamnée à faire office de reine des morts. L'esprit du dieu Baldr, par exemple, se retrouve à Hel après que son frère Hodr, trompé par Loki, l'ait assassiné. De même, Nanna, la femme de Baldr, se retrouve à Hel, tout comme Hodr après avoir été tué par Váli. Or, aucun de ces dieux ne meurt de vieillesse ou de maladie. Il est donc bien évident qu'Hel était accessible à un certain nombre d'âmes de types différents qui, semble-t-il, auraient tout aussi bien pu se rendre à Fólkvangr ou même au Valhalla.

LES HÉROS DU VALHALLA ÉTAIENT TRIÉS SUR LE VOLET AFIN DE CONSTITUER L'ARMÉE QU'ODIN DEVRAIT CONDUIRE LORS DU RAGNARÖK.

Le royaume de Ran se situait au plus profond de la mer, dans des cavernes sombres où les âmes des noyés erraient après leur mort. Ran, épouse du dieu de la mer Aegir, s'emparait des âmes des marins emportés par les flots et les entraînait dans son royaume, où elle veillait sur elles. Il n'est dit nulle part que ces âmes aient jamais quitté le domaine de Ran, même lors du Ragnarök. Il est cependant fort probable que ses grottes sous-marines aient été détruites lors de cet événement, comme tout le reste des neuf royaumes de la cosmologie scandinave.

Une âme pouvait également élire résidence dans sa propre tombe ou son propre caveau après sa mort et y passer le reste de son éternité paisiblement ou, si elle en avait envie, terroriser le voisinage et y semer le désordre. Le tertre funéraire comme destination finale d'une personne semble avoir été l'une des plus anciennes croyances et pourrait avoir donné naissance au concept de Valhalla dans la mesure où les guerriers étaient enterrés avec leurs armes, leur armure, parfois un cheval ou un chien, ainsi que tout autre objet funéraire jugé nécessaire dans l'autre vie. Avec le temps, ce concept d'un guerrier entièrement équipé pour continuer à combattre dans l'autre monde a engendré la vision d'un royaume où de nombreux guerriers vivaient dans un immense palais où ils ne manquaient jamais de rien et pouvaient chaque jour s'adonner à l'art de la guerre.

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Le Valhalla

Il se peut qu'il y ait eu encore d'autres royaumes d'outre-tombe ou bien seulement cinq, désignés par des noms différents. Glæsisvellir pourrait avoir été une version de Fólkvangr, comme nous l'avons vu, mais, étant donné qu'il était associé à Odin, il se peut qu'il ait également été une manifestation du Valhalla. Davidson note :

Il n'y a certainement aucune raison de croire qu'il ait jamais existé une croyance unique en un royaume universel vers lequel tous les défunts convergent après leur mort. On établit continuellement des contrastes entre les royaumes du monde surnaturel. Nous avons des dieux et des géants, des géants blonds et des géants des glaces... Ces images contrastées sont peut-être fragmentaires et confuses, mais elles peuvent aussi être très anciennes. Un facteur déterminant pour le sort des hommes après leur mort était le rang qu'ils occupaient de leur vivant. (Mythes et Symboles, 188)

C'est probablement cette considération qui a le plus contribué à la transformation du Ragnarök de simple prairie des morts en palais des héros d'Odin. Bien que l'on ait sans doute imaginé au début qu'un roi ou un grand guerrier puisse se contenter de passer son autre vie dans sa tombe, on a fini par leur accorder la jouissance d'un immense palais, au toit recouvert de boucliers d'or soutenu par des manches de lances, ce qui correspondait mieux à leur statut dans la vie et à leur sacrifice au combat. Au lieu de la paille habituelle, des cottes de mailles brillantes faisaient office de coussins sur les bancs et la pièce était meublée de longues tables où les guerriers pouvaient festoyer après une rude journée de bataille, de trépas et de résurrection.

Valhalla
Le Valhalla
Emil Doepler (Public Domain)

Les héros du Valhalla étaient triés sur le volet afin de constituer l'armée qu'Odin devrait conduire lors du Ragnarök. Ils étaient donc censés s'entraîner en permanence à la grande bataille de la fin des temps. Le palais comptait 540 portes - dont au moins une était gardée par un loup et survolée par un aigle - par lesquelles 800 guerriers pouvaient défiler en même temps. Pendant la journée, ils pratiquaient l'art de la guerre, tuaient et étaient tués, avant de se régénérer le soir venu pour festoyer tous ensemble. Les guerriers du Valhalla étaient connus sous le nom de einherjar ('armée d'un seul'), entendu au sens de quelqu'un qui pouvait faire face à n'importe quelle situation, mais continuait tout de même à se perfectionner en vue du Ragnarök, comme décrit au chapitre 41 de la section Gylfaginning de la Prose Edda :

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Chaque jour, dès qu'ils sont habillés, tous les guerriers revêtent leur armure et s’en vont combattre et lutter les uns contre les autres dans une enceinte. Ils en font leur divertissement, et quand vient l’heure du dîner, tous reviennent au Valhalla à cheval pour siéger et boire tous ensembles, comme il est dit ici : Tous les Einherjar dans le pré d’Odin/chaque jour se pourfendent/Ils désignent les morts, puis, du combat, à cheval ils reviennent/Ensemble ils siègent ensuite, réconciliés.

La nourriture et la boisson ne manquaient jamais, car Andhrimnir, le cuisinier des dieux, faisait rôtir la créature géante Saerimnir (parfois qualifée de sanglier) sur une flamme éternelle et chaque soir, Saerimnir revenait à la vie pour fournir la viande du lendemain. Une source intarissable d'hydromel s'écoulait des pis de la chèvre Heidrun , tandis que du bois du cerf Eikthyrnir jaillissait une source d'eau fraîche qui approvisionnait le Valhalla et tous les royaumes en eau douce et pure.

Odin siège sur son trône parmi les âmes des rois et des héros défunts, en compagnie de ses deux corbeaux - Huginn et Muninn - perchés sur ses épaules. Les corbeaux parcourent chaque jour le monde à tire d'aile et en rapportent les nouvelles à Odin à l'heure du dîner, de sorte qu'il sait à tout moment tout ce qui se passe dans les neuf royaumes. Odin lui-même ne prend pas ses repas avec les autres mais se contente de boire du vin - il donne sa part de viande à ses deux loups, Geri et Freki - tandis que les Valkyries qui ont conduit les âmes au palais les servent désormais à table.

Le Ragnarök

La notion de temps ne s'applique pas au royaume de Valhalla - il ne correspond à aucun événement terrestre - et l'on ignore combien de temps les guerriers se battent et festoient ensemble, mais il est entendu qu'il ne s'agit pas d'un royaume éternel. Au chapitre 38 du Gylfaginning, il est précisé que 'tous les hommes qui sont tombés au combat depuis le commencement du monde sont à présent chez d'Odin au Valhalla', et le Gylfaginning précise ensuite qu'ils n'y resteront que jusqu'au Ragnarök, où ils mourront une seconde fois aux côtés d'Odin, de Thor et des autres dieux.

Les dieux scandinaves n'étaient pas immortels. Ils restaient jeunes et forts grâce aux pommes magiques la déesse Idunn, dont ils devaient périodiquement se nourrir pour conjurer la vieillesse et la mort. Lors du Ragnarök, ils étaient vulnérables aux mêmes arme ou dangers que le commun des mortels, et un certain nombre d'entre eux, ainsi que les plus grands parmi les champions du Valhalla, allaient tomber sous les coups des forces du chaos menées par Loki, ses enfants Fenrir, Jörmungandr, Hel et l'armée des morts, des géants du feu commandés par Surtur, et de bien d'autres encore.

Ragnarök
Le Ragnarök
Johannes Gehrts (Public Domain)

Le récit du Ragnarök suggère que les guerriers tombés au combat sont choisis non seulement par Odin et Freyja mais aussi par Hel pour son armée des morts, car le chapitre 51 du Gylfaginning dit que ‘tous les champions de Hel suivent Loki’, et ‘champions’ est le même terme utilisé pour les einherjar du Valhalla. Quelle que soit l'ancienneté du séjour des einherjar dans la salle d'Odin, les mortels de l'ère viking (vers 790 - vers 1100) comprenaient que l'événement qui annonçait la fin des temps - la mort du beau dieu Baldr - s'était déjà produit et que le compte à rebours du Ragnarök avait déjà commencé. L'approche imminente du Ragnarök était annoncée par des signes tels que le changement climatique et l'effondrement des valeurs et coutumes traditionnelles.

À un moment déterminé par les Parques (connues sous le nom de Nornes), les forces du chaos allaient briser les entraves dans lesquels les dieux les avaient emprisonnées et attaquer le monde ordonné. Le chapitre 51 du Gylfaginning décrit le rassemblement des armées sur le champ de bataille de Vigrid :

Quand ces évènements surviendront, Heimdall se lèvera et soufflera fougueusement dans Giallarhorn. Il réveillera tous les dieux et ils tiendront aussitôt conseil. Odin chevauchera alors jusqu'à la source de Mimir afin de demander conseil à Mimir pour lui-même et pour les siens. Puis, le frêne Yggdrasil se mettra à trembler, et la peur s'emparera de toute créature, tant au ciel que sur la terre. Les Ases et tous les champions revêtiront leurs atours de guerre et s'avanceront vers la plaine. En tête chevauchera Odin, portant heaume d'or et tenant sa lance nommée Gungnir. Il s'élancera droit sur [Fenrir] et Thor chevauchera à ses côtés.

Odin est tué par Fenrir, à son tour tué par Vidarr, le fils d'Odin, tandis que Thor tue Jörmungandr, le serpent de Midgard, mais meurt ensuite empoisonné par son venin. Loki et Heimdall s'entretuent, tandis que Surtur, le géant du feu, tue le dieu Freyr avant de détruire les neuf royaumes en allumant un incendie qui consumera le monde entier. On suppose que les héros du Valhalla sont morts dévorés par les flammes du monde qu'ils ont toujours connu en tant que serviteurs de leur seigneur Odin. Bien que ce ne soit mentionné nulle part, on pense généralement que les Valkyries qui les ont élus puis servis trouvèrent également la mort lors du Ragnarök.

Conclusion

Bien que les héros trouvent la mort une seconde fois, ils succombent en se battant courageusement pour la cause de l'ordre et sont finalement victorieux, même dans la défaite, car les dieux triomphent finalement du chaos et un monde nouveau naît de la destruction de l'ancien. Certains auteurs ont cependant affirmé que cette vision de la fin du monde et de sa renaissance était un ajout chrétien à un cycle mythique plus ancien qui se terminait par la mort des dieux et la destruction des neuf royaumes, espoir de résurrection en moins. Ainsi, Davidson note que les références originelles au Valhalla indiquent qu’il ne s’agissait de rien de plus qu'un autre terme pour désigner le séjour des morts :

Le Valhalla, au lieu d'être un paradis chatoyant réservé aux guerriers, semble en effet être un synonyme de mort et de tombeau, décrit de manière imaginative dans les poèmes et partiellement rationalisé par Snorri. Dans ce monde, Odin faisait office de dieu des morts [et] comme ceux qui tombaient au combat lui étaient dédiés par ses adorateurs, l'aspect guerrier était naturellement mis en avant. (Dieux et Mythes, 153)

L'auteur Daniel McCoy note également que les croyances scandinaves pré-chrétiennes ne semblent pas épouser le concept de renaissance, mais mettent plutôt l'accent sur une mort glorieuse célébrée dans les chants des poètes. Bien que cette affirmation ne manque pas d'intérêt, il est pratiquement impossible de savoir quelles étaient les croyances scandinaves pré-chrétiennes dans la mesure où il n'en existe aucune trace écrite. Cependant, les preuves archéologiques et les écrits postérieurs suggèrent fortement une croyance en l'au-delà et une sorte de renaissance dans un royaume après la mort.

Il semble probable que le Valhalla n'ait été autrefois envisagé que comme un champ de bataille pour les morts, mais qu'il soit devenu quelque chose de plus, avant ou après l'avènement du christianisme, parce qu'il ne satisfaisait pas les besoins du peuple. Ceux qui étaient tombés bravement en combattant pour une cause étaient sans doute considérés comme dignes de mériter davantage dans l'au-delà qu’une éternelle errance sur un champ jonché de cadavres, de lances brisées et de casques fracassés. Les vivants pensaient clairement qu'ils méritaient un palais au toit d'or, où on leur servirait d’infinis festins et de l'hydromel à foison, entourés de belles demoiselles d'honneur et en compagnie du roi des dieux lui-même. Cette vision offrait une consolation à ceux qui restaient et un espoir à ceux qui risquaient régulièrement leur vie au combat. Quel qu'ait pu être le Valhalla des origines, le besoin populaire d'une vision plus grandiose l'a immortalisé sous forme d’un Palais des Héros pour faire honneur aux morts qui un jour se relèveront pour combattre à nouveau.

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Traducteur

Yves Palisse
Linguiste passionné d'Histoire, Yves P Palisse est un traducteur indépendant possédant des années d’expérience dans les domaines de la traduction, de l’analyse des médias et du service à la clientèle. Après avoir beaucoup voyagé dans toute l'Europe, Il a fini par poser ses bagages à londres en 1999. Il a une passion pour les sciences humaines, le droit et la justice sociale.

Auteur

Joshua J. Mark
Auteur indépendant et ex-Professeur de Philosophie à temps partiel au Marist College de New York, Joshua J. Mark a vécu en Grèce et en Allemagne, et a voyagé à travers l'Égypte. Il a enseigné l'histoire, l'écriture, la littérature et la philosophie au niveau universitaire.

Citer cette ressource

Style APA

Mark, J. J. (2021, septembre 20). Valhalla [Valhalla]. (Y. Palisse, Traducteur). World History Encyclopedia. Extrait de https://www.worldhistory.org/trans/fr/1-20067/valhalla/

Style Chicago

Mark, Joshua J.. "Valhalla." Traduit par Yves Palisse. World History Encyclopedia. modifié le septembre 20, 2021. https://www.worldhistory.org/trans/fr/1-20067/valhalla/.

Style MLA

Mark, Joshua J.. "Valhalla." Traduit par Yves Palisse. World History Encyclopedia. World History Encyclopedia, 20 sept. 2021. Web. 02 oct. 2022.

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