Olympie

Définition

Mark Cartwright
de , traduit par Babeth Étiève-Cartwright
publié le 02 juillet 2012
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Disponible dans ces autres langues: anglais, grec, Turc, espagnol
Stadium Entrance, Olympia (by Mark Cartwright, CC BY-NC-SA)
Entrée du stade, Olympie
Mark Cartwright (CC BY-NC-SA)

L'ancienne Olympie était un site sanctuaire de la Grèce antique dédié au culte de Zeus situé dans l'ouest du Péloponnèse. Les Jeux olympiques panhelléniques étaient organisés sur le site en l'honneur de Zeus tous les quatre ans, de 776 avant J.-C. à 393 de notre ère. Olympie est classée par l'UNESCO au patrimoine mondial de l'humanité.

Histoire ancienne

Habitée pour la première fois au deuxième millénaire avant notre ère, les premières traces archéologiques d'habitations datent de 1900 à 1600 avant notre ère. Le mont Kronion surplombant le site était peut-être le premier lieu de culte dédié à Cronos. Cependant, d'autres édifices sacrés au pied de la colline, dans le bosquet sacré d'oliviers sauvages, ou Altis, indiquent que d'autres divinités étaient adorées, comme Gaia, Thémis, Aphrodite et Pélops. Cependant, avec la descente des tribus de la Grèce occidentale dans le Péloponnèse, c'est Zeus, père des dieux de l'Olympe, qui deviendrait la figure cultuelle dominante à Olympie.

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Le temple de Zeus

Le premier grand bâtiment sur le site du célèbre sanctuaire antique fut l'Héraion, un temple dédié à Héra construit vers 650-600 avant notre ère. Au Ve siècle avant J.-C., le sanctuaire atteignit le sommet de sa prospérité et l'imposant temple de Zeus de 6 x 13 colonnes fut achevé en 457 avant J.-C. afin d'abriter une immense statue en ivoire et en or du chef des dieux de l'Olympe. Conçu par Libon d'Élis, le temple dorique était le plus grand de Grèce à l'époque et mesurait 64,12 m x 27,68 m avec des colonnes de 10,53 m de hauteur. Les frontons du temple de Zeus présentaient de magnifiques sculptures : sur le côté est, la course de chars mythique entre Pélops et Œnomaos, et sur le fronton ouest, une Centauromachie avec la majestueuse figure centrale d'Apollon. Des métopes du temple représentaient les travaux d'Hercule. La statue de Zeus à l'intérieur du temple fut réalisée par Phidias (qui avait travaillé sur le Parthénon et sa statue d'Athéna). Il s'agit d'une statue en or et en ivoire de 12 m de haut représentant Zeus assis sur un trône, considérée comme l'une des sept merveilles du monde antique.

D'autres projets de construction importants furent réalisés au cours des siècles, notamment des bains et une piscine (5e siècle avant J.-C.), le nouveau stade avec des remblais pour les spectateurs (milieu du 4e siècle avant J.-C.), une palaistra (3e siècle avant J.-C.), un gymnasion (2e siècle avant J.-C.), un hippodrome (780 m de long), le grand Léonidaion ou maisons d'hôtes (330 avant J.-C.) et le Theikoloi (résidence des prêtres).

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Les Jeux Olympiques

Les premiers Jeux olympiques eurent lieu en 776 av. J.-C. lors de la première pleine lune après le solstice d'été.

Les événements sportifs étaient à l'origine associés à des rituels funéraires, comme les jeux funéraires organisés par Achille en l'honneur de Patrocle dans l'Iliade d'Homère. Certains récits mythologiques attribuent à Zeus la création des Jeux pour célébrer sa victoire sur Cronos ; d'autres affirment que Pélops les lança en l'honneur d'Œnomaos. Quoi qu'il en soit, le sport, un corps sain et l'esprit de compétition faisaient partie intégrante de l'éducation grecque, et il n'est donc pas surprenant que des compétitions athlétiques organisées aient été créées à un moment donné.

Les premiers Jeux olympiques eurent lieu en 776 avant Jésus-Christ, lors de la première pleine lune après le solstice d'été. Le vainqueur de la première et unique épreuve, la course à pied du stadion (une longueur de la piste du stade, 600 pieds ou 192 m), fut Corèbe d'Élis, et à partir de ce moment-là, tous les vainqueurs furent enregistrés et chaque olympiade fut nommée d'après eux, ce qui nous donne la première chronologie précise du monde grec. Pendant une trêve panhellénique de trois mois, les athlètes et jusqu'à 40 000 spectateurs venaient des cités grecques de toute la Méditerranée pour participer aux Jeux. Les individus et les cités-États apportaient des offrandes à Zeus, notamment de l'argent, des statues (dont la magnifique Victoire de Paionios, vers 424 avant J.-C., et l'Hermès de Praxitèle, fin du IVe siècle avant J.-C.), des trépieds en bronze, des boucliers, des casques et des armes. De nombreuses villes construisaient également des trésors - des bâtiments petits mais impressionnants pour abriter leurs offrandes et rehausser le prestige de leur cité.

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Au fil du temps, d'autres épreuves furent ajoutées aux Jeux, comme des courses à pied plus longues, la lutte, la boxe, les courses de chars, le disque, le javelot, le saut et le pentathlon. À son apogée, il y avait 18 épreuves réparties sur cinq jours. Cependant, c'est toujours le stadion qui restait l'événement le plus important. Les vainqueurs gagnaient des couronnes de feuilles d'olivier et un rameau d'olivier coupé dans l'oliveraie effrayée, mais surtout ils gagnaient la gloire, la célébrité et, dans un sens très réel, l'immortalité historique.

The Philippeion of Olympia
Le Philippeion d'Olympie
Mark Cartwright (CC BY-NC-SA)

Un deuxième événement d'importance qui se tenait à Olympie était les Jeux d'Héra pour les femmes, organisés tous les quatre ans en l'honneur de la déesse Héra. Les enfants, les adolescents et les jeunes femmes participaient à des courses à pied séparées sur une piste de 500 pieds (160 m) dans le stade. Les vainqueurs recevaient des couronnes d'olivier et le droit de faire ériger leur portrait sur le site. La responsabilité de l'organisation des deux Jeux et de l'entretien du site lorsqu'il n'était pas utilisé incombait aux Éléens.

Le temple de Zeus du Ve siècle à Olympie était le plus grand alors construit en Grèce.

Les Jeux se ì poursuivirent pendant la période hellénistique, avec l'ajout architectural notable du Philippeion, un bâtiment circulaire à colonnades érigé par Philippe II de Macédoine, qui contenait des statues en or de la famille royale (vers 338 avant J.-C.). Les Romains, tout en accordant peu d'importance à la signification religieuse des Jeux, continuèrent à les tenir en haute estime et, malgré la tentative de Sulla en 80 avant J.-C. de déplacer définitivement les Jeux à Rome, ils continuèrent à embellir Olympie avec de nouveaux bâtiments, des bains chauffés, des fontaines (notamment le Nymphaion d'Hérode Atticus, 150 de notre ère) et des statues. Le plus célèbre d'entre eux, l'empereur Néron, s'efforça d'obtenir la gloire de la victoire olympique en 67 de notre ère, en participant à certaines épreuves et c'est sans surprise qu'il les remporta toutes.

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Déclin

Avec le décret de l'empereur Théodose interdisant toutes les pratiques cultuelles et les fêtes païennes, les Jeux prirent fin en 393 de notre ère, après une série de 293 olympiades sur plus d'un millénaire. Le célèbre site du sanctuaire tomba peu à peu en décadence, fut partiellement détruit par le décret de l'empereur Théodose II en 426 de notre ère, et fut repris par une communauté chrétienne qui construisit une basilique sur le site au début de la période byzantine. Les tremblements de terre de 522 et 551 détruisirent la plupart des ruines restantes, et le limon des rivières voisines Alpheios et Kladeos finit par recouvrir le site jusqu'à sa redécouverte en 1829 par la Mission archéologique française et les fouilles systématiques de l'Institut archéologique allemand à partir de 1875. La plupart des temples autrefois raffinés ne sont plus que des ruines, mais le visiteur peut au moins aujourd'hui courir sur la piste du tout premier stade olympique.

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Bibliographie

  • Andronicos, M. Olympia. Ekdotike Athenon, Athens, 2002
  • Kaltsas, N. Olympia. MOCARF, Athens, 2009
  • Koursi, M (ed.). The Olympic Games in Ancient Greece. Ekdotike Athenon, Athens, 2003

Traducteur

Babeth Étiève-Cartwright
Babeth a enseigné l’anglais au British Council de Milan. Elle parle couramment le français, l’anglais et l’italien et a 25 ans d’expérience dans le domaine de l’éducation. Elle aime voyager et découvrir la langue, l’histoire et le patrimoine culturel des différents pays qu'elle visite.

Auteur

Mark Cartwright
Mark est un auteur d'articles historiques installé en Italie. Il s'intéresse plus particulièrement à la poterie, à l’architecture, aux mythologies du monde et à la découverte des idées partagées par toutes les civilisations. Il est titulaire d’un Master en philosophie politique et éditeur en chef de WHE.

Citer cette ressource

Style APA

Cartwright, M. (2012, juillet 02). Olympie [Olympia]. (B. Étiève-Cartwright, Traducteur). World History Encyclopedia. Extrait de https://www.worldhistory.org/trans/fr/1-436/olympie/

Style Chicago

Cartwright, Mark. "Olympie." Traduit par Babeth Étiève-Cartwright. World History Encyclopedia. modifié le juillet 02, 2012. https://www.worldhistory.org/trans/fr/1-436/olympie/.

Style MLA

Cartwright, Mark. "Olympie." Traduit par Babeth Étiève-Cartwright. World History Encyclopedia. World History Encyclopedia, 02 juil. 2012. Web. 07 août 2022.

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