Prostitution dans l'Ancienne Athènes

Article

Joshua J. Mark
de , traduit par Babeth Étiève-Cartwright
publié le 02 juillet 2021
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Disponible dans ces autres langues: anglais, espagnol

La prostitution dans l'ancienne Athènes était légale et réglementée par l'État. Pendant la période archaïque grecque (environ 800-479 av. JC), les maisons closes furent instaurées et soumises à l'impôt par le législateur Solon (c. 630 à 560 av. JC), et cette politique se poursuivit jusqu'à la période classique (480-323 av. JC). Pour de nombreuses femmes athéniennes, la prostitution était le seul moyen de gagner leur vie.

Hetaira & Symposiast
Hétaïre et invité à un symposion
Marie-Lan Nguyen (CC BY)

Athènes était un centre de commerce prospère qui attirait une grande population de jeunes hommes célibataires qui servaient d'équipage à bord de navires marchands, tandis que, en parallèle, les jeunes athéniens se mariaient généralement après l'âge de 30 ans. Pour assurer le plaisir sexuel des uns et l'expérience sexuelle avant le mariage des autres, Solon légalisa la prostitution et ouvrit des bordels publics. Il n'y avait aucune stigmatisation attachée aux clients des prostituées ni, dans l'ensemble, à la profession de prostituée. Il y avait deux types de prostituées à Athènes, la pornai, que lon trouvait dans des bordels ou aux coins de rue, et les courtisanes (hétaïres) de classe supérieure. Une hetaïre était une compagne, et le sexe n'était qu'un aspect des services qu'elle fournissait. Comme une hetaïre pouvait coûter assez cher, la plupart des hommes visitaient les pornai.

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Les prostituées femmes étaient reconnues comme ayant une profession juridiquement légale et fournissant un service nécessaire, tandis que les prostitués hommes, eux, étaient généralement considérés comme «jouant le rôle de la femme» dans le sexe, car leurs clients étaient presque exclusivement des hommes. Beaucoup de pornai étaient des esclaves, certaines qui avaient été libérées et d'autres non et qui étaient forcées à travailler par leurs maîtres ou qui avaient compris qu'elles n'avaient aucun moyen de gagner leur vie autrement que par la vente de sexe. Les hetaïres étaient généralement des femmes instruites de la classe supérieure qui voulaient contrôler leur vie et leurs propres finances et qui, généralement, vivaient comme bon leur semblait.

Femmes dans l'ancienne Athènes

Les femmes qui trouvaient les règles sociales athéniennes trop restrictives avaient la possibilité légale de devenir prostituées, ce qui était considéré comme égal à toute autre profession.

Les femmes de l'ancienne Athènes étaient essentiellement des mineures constamment supervisées par un tuteur masculin, d'abord le père, puis le mari, et si elle survivait aux deux, elle l'était par son fils aîné ou peut-être un oncle. Les femmes de la Grèce antique n'avaient pas de voix politique et ne pouvaient pas effectuer de transactions financières sauf avec d'autres femmes et encore à certains moments et à certains endroits précis. Dans l'agora, par exemple, il y avait une zone où les femmes pouvaient acheter et vendre les produits de leurs jardins, de la laine qu'elles avaient filée, des objets et des bijoux, ou tout ce qu'elles voulaient, mais elles ne pouvaient pas les vendre à des hommes ni à l'extérieur de leur zone spécifiée.

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Dans leur propre maison, les quartiers des femmes étaient séparés du reste de la maison et pouvaient être vérrouillés de l'extérieur (l'homme de la maison en détenait la clé) parce que les femmes étaient considérées incroyablement lubriques, faibles de constitution et faciles à séduire. Une femme devait se marier, avoir et élever des enfants et gérer le foyer. L'expert Robin Waterfield commente :

Quand un homme arrivait à l'âge adulte, il avait divers rôles qui se superposaient les uns aux autres: participant à l'administration de la ville, soldat, travailleur, membre de la famille, membre de groupes d'autres hommes partageant les mêmes idées. La plupart des femmes n'avaient que le mariage, l'accouchement et la vie familiale pour combler leur existence. Le mariage devait remplir la vie d'une femme de la même manière que la guerre et la politique remplissaient celle d'un homme. Tant dans le théâtre que dans la vraie vie, les premières larmes versées pour une fille défunte étaient parce qu'elle ne se marierait jamais. Les femmes avaient un devoir civique — produire la prochaine génération de citoyens athéniens — et cela était considéré comme leur rôle principal (162).

Le seul domaine de la vie publique auquel les femmes pouvaient participer activement était la sphère religieuse. Les femmes étaient au cœur des festivals des Panathénées et des Grandes Panathénées et pouvaient librement participer aux rituels du Culte d'Athéna, même en tant que prêtresse. Les femmes tissaient le grand peplos (vêtement) de la statue d'Athéna dans le Parthénon et le portaient lors de la procession à travers l'agora et jusqu'au chemin panathénaïque de l'Acropole. Les femmes étaient également encouragées à se réunir chaque automne pour le festival des Thesmophories qui célébrait les déesses Déméter et Perséphone et qui était lié thématiquement aux mystères éléusiniens. Les Thesmophories étaient un festival entièrement féminin, tandis que les Mystères accueillaient les deux sexes à part égale.

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Symposiast & Hetaira
Invité à un symposion et hétaïre
Sebastià Giralt (CC BY-NC-SA)

Les femmes qui trouvaient les règles sociales athéniennes trop restrictives avaient la possibilité légale de devenir prostituées, ce qui était considéré comme égal à toute autre profession de la ville comme le potier, le tisserand ou le charpentier. Les femmes de la classe inférieure avaient plus de liberté que celles de la classe supérieure parce qu'elles avaient besoin d'aider à nourrir leur famille, et leur mari n'avait pas les moyens d'insister sur le rôle traditionnel de soutien de famille. Il se peut donc qu'il y ait eu des potières, des tisserandes et des fermières, mais elles étaient relativement peu nombreuses par rapport au nombre de femmes qui avaient choisi ou étaient forcées de se prostituer. Une femme qui survivait à son mari et à son père et qui n'avait pas de fils pouvait tenter de gagner sa vie en filant de la laine ou pouvait se prostituer, en compagnie de ses filles. L'écrivain Athénée de Naucratis (IIe siècle de notre ère) raconte comment les mères qui avaient perdu leurs maris et leurs fils dans la guerre grecque et qui étaient trop âgées pour se lancer elles-mêmes dans cette activité poussaient leurs filles à se prostituer pour survivre.

Pornai

Les maisons closes et les prostituées indépendantes payaient l'impôt sur le revenu, qui servait à financer des bâtiments publics, des monuments et à réparer les routes.

Comme on l'a noté, la plus grande classe de prostituées de l'ancienne Athènes était les pornai (signifiant «vendre») qui offraient leurs services dans des bordels, aux coins de rue, aux murs de la ville, dans des tavernes et lors de fêtes privées. Solon fixa le prix d'une séance avec une prostituée à un seul obol. Six obols, frappés sous forme de pièces d'argent, équivalaient à une drachme qui était un salaire journalier pour un ouvrier. Les maisons closes et les prostituées indépendantes payaient l'impôt sur le revenu, qui était utilisé pour financer des bâtiments publics, des monuments et pour réparer les routes, même si, au départ, Solon semblait avoir prévu la taxe pour la construction de temples pour honorer les dieux, en particulier la divinité patronne de la ville, Athéna. Lorsqu'elles n'étaient pas engagées dans leur métier ou ne poursuivaient pas leurs propres intérêts, les prostituées pouvaient gagner de l'argent en filant de la laine et en tissant, les occupations traditionnelles d'une femme ordinaire à Athènes et ailleurs dans la Grèce antique. Le fruit de leur travail pouvaient ensuite être vendues à d'autres femmes pour compléter leur revenu.

Cependant, toutes les pornai n'acceptaient pas les obols comme moyen de paiement et préféraient le troc de produits tels que la nourriture, le vin, les cosmétiques ou les vêtements. La plupart, cependant, acceptaient la monnaie et étaient bien connues pour faire tout leur possible pour être agréables et pouvoir obtenir un prix plus élevé pour leurs services afin d'économiser de l'argent pour acheter des esclaves plus jeunes qu'elles formeraient au métier. On s'attendait alors à ce que ces jeunes filles s'occupent de leur maîtresse une fois qu'elle ne pourrait plus attirer la clientèle et que cela continuerait donc de génération en génération. Le poète comique Alexis (c. 375 - c. 275 av. JC), qui vécut à Athènes, décrit la vie des prostituées dans un passage de l'une de ses pièces qui n'existe aujourd'hui qu'en fragments :

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Elles se soucient tout d'abord de gagner de l'argent et de voler leurs voisins. Tout le reste passe au second plan. Elles tendent des pièges à tout le monde. Une fois qu'elles commencent à gagner de l'argent, elles embauchent de nouvelles prostituées qui font leurs premiers pas dans la profession. Elles remodèlent immédiatement ces filles, et leurs manières et leurs allures ne sont plus les mêmes. Supposons que l'une d'elles soit petite; du liège est cousu dans ses chaussures. Trop grande? Elle porte de fines pantoufles et se promène la tête penchée vers son épaule; cela réduit sa taille. Pas de hanches? Elle enfile un jupon et les spectateurs font des commentaires sur son bel arrière-train. Elles ont de faux seins comme ceux des comédiens comiques; elles les placent bien droits et ils tirent leurs robes vers l'avant comme avec des perches. Les sourcils sont trop légers? Elles les peignent en noir. Trop sombre? Elle se met de la céruse. La peau est trop blanche? Elle y frotte du rouge. Si une partie de son corps est jolie, elle la montre nue. De belles dents? Elle est alors forcée de continuer à rire pour que la compagnie présente puisse voir la bouche dont elle est si fière. Si elle n'aime pas rire, elle passe la journée à l'intérieur, comme la viande à la boucherie, quand les têtes de chèvres sont en vente; elle garde une mince tige de bois de myrte entre ses lèvres en espérant qu'avec le temps elle deviendra souriante, qu'elle le veuille ou non. (Fragment 103 PCG.G, Lefkowitz & Fant, 209)

Bien qu'Alexis ait été connu pour sa comédie et que ce passage soit très probablement le discours d'un de ses personnages, il s'agit toujours d'une représentation précise de la vie d'une prostituée de classe inférieure dans l'ancienne Athènes. Plus une prostituée pouvait se rendre attrayante, plus elle pouvait facturer des clients. Beaucoup apprenaient à jouer d'un instrument, à danser et à faire des acrobaties si elles ne savaient pas déjà le faire, elles seraient donc embauchées comme animatrices lors de fêtes. Le Banquet de Platon (l. 428/427-348/347 av. JC) et de Xénophon (l. 430 à 354 av. JC) mentionnent des interprètes pornai (peut-être hetairai, quoique peu probable) embauchées pour la soirée. Dans le travail de Platon, la jeune fille est renvoyée au début de la fête pour que les hommes puissent discuter de leur point de vue sur l'amour. Dans Le Banquet de Xénophon, les artistes hommes et femmes dansent, chantent et des font des acrobaties pour les invités, puis partent après, vraisemblablement, avoir été payés. Cependant, lors de nombreuses fêtes, un invité engageait une fille, ou un jeune homme, pour le reste de la nuit et les emmenait au lit.

Scene from a Symposium
Scène de symposion
James Lloyd (Copyright, fair use)

Les pornai mâles n'étaient pas aussi nombreux que les femmes, mais ils travaillaient dans des maisons closes et dans la rue exactement de la même manière. Les prostitués de sexe masculin pouvaient et fournissaient à tous les effets des services à des clientes de sexe féminin, mais leurs clients étaient principalement des hommes plus âgés. L'exploitation des prostitués esclaves était courante chez les esclaves de tout sexe et ils n' avaient aucune protection juridique. Bon nombre des pornai mâles étaient des esclaves qui étaient forcés de travailler dans des maisons closes, mais, que leur profession soit volontaire ou non, ils avaient une carrière plus courte que les prostituées femmes. Un pornai mâle n'était considéré désirable qu'à partir de la puberté jusqu'à ce qu'il ne commence à se faire pousser une barbe, donc à peu près entre 13 et 20 ans. Les pornai femmes, en revanche, pouvaient travailler pendant de nombreuses années avant d'avoir à compter sur les jeunes filles qu'elles avaient formées pour obtenir du soutien et, dans le cas des hétaïres, elles continuaient toute leur vie, car l'éloquence et l'esprit étaient tout aussi importants, et souvent même plus, que le sexe parmi les nombreux services qu'elles offraient.

Hétaïre

Certains chercheurs de nos jours ne font aucune distinction entre les pornai et les hétaïres, affirmant qu'elles n'étaient que des prostituées, et que les hétaïres étaient tout simplement plus chères. Cette affirmation n'est cependant pas étayée par les documents primaires, qui mettent l'accent sur l'intelligence, le charme et l'esprit d'une hétaïre alors que les pornai ne sont référencés qu'en ce qui concerne le sexe. L'hétaïre la plus célèbre de l'ancienne Athènes était Aspasie de Milet (c. 470-410/400 av. JC), la consort de l'homme d'État Periclès (495-429 av. JC). Aspasie était une métèque (une personne qui n'était pas née à Athènes), et beaucoup de femmes métèques semblent avoir souvent trouvé du travail à Athènes en tant qu'hétaïres, tout comme Aspasie l'avait fait.

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Aspasia of Miletus (Artist's Impression)
Aspasie de Milet (Impression d'artiste)
Ubisoft (Copyright, fair use)

Une autre hétaïre bien connue, qui n'a peut-être jamais existé, était Philénis (au IVe siècle avant notre ère), également métèque, originaire de Samos qui vivait à Athènes. Elle était célèbre pour avoir écrit des œuvres érotiques qui ne survivent que par fragments ou comme références dans les œuvres d'autres auteurs. Il est possible que Philénis ait été un pseudonyme et que l'œuvre ait été écrite par un homme, mais cette affirmation repose en grande partie sur des textes apologétiques anciens écrits pour pratiquer son habileté à la persuasion en rhétorique, et non sur des récits de première main. L'expert I. M. Plant plaide pour l'existence de Philénis en tant qu'hétaïre et écrivain, notant :

La pornographie était souvent attribuée à des prostituées et Philénis semble peut-être être la plus connue d'entre elles. Samos était notoire pour les mauvaises normes morales de ses femmes et pour un grand nombre de prostituées, et il n'est pas surprenant de trouver Philénis liée à cette île... son nom, un diminutif féminin du mot grec pour amour, était régulièrement utilisé par les prostituées. [Même si elle n'était pas une personne réelle] 'Philénis' existait en tant que figure littéraire féminine, renforçant l'une des images typiques des femmes dans le monde classique: la prostituée (45).

Le point de vue de Plant est que des œuvres telles que celles attribuées à Philénis ont contribué à la vision des femmes comme des objets sexuels et ont mis en évidence leur participation à la prostitution. Pour les pornai qui n'étaient pas esclaves, la prostitution était souvent le seul moyen de survie, mais pour les hétaïres, du moins dans certains cas, c'était une profession choisie qui offrait aux femmes la possibilité de vivre comme elles le voulaient sans contrôle masculin sur leurs finances et leurs choix de vie. Le terme hétaïre est traduit par «courtisane» mais signifie en fait «femme compagne», et une hétaïre pouvait être embauchée par un client riche pour l'accompagner à une fête, à une fonction sociale ou à une fête religieuse n'ayant rien à voir avec les rapports sexuels.

Les hétaïres sont généralement désignés comme des femmes instruites, souvent métèques, qui avaient choisi leur profession, mais ce n'était pas toujours le cas. Une autre hétaïre célèbre, Laïs, était une jeune fille qui vivait à Hyccara en Sicile lorsque les Athéniens mirent la ville à sac, la kidnappèrent et la vendirent en esclavage. Elle passa du statut de pornai réticente à hétaïre et à l'une des prostituées les plus célèbres du monde antique qui défia le dramaturge tragique grec Euripide dans une bataille d'esprit et fut la compagne quasi constante du philosophe Aristippe de Cyrène. On pense que les fragments des œuvres de Laïs encore existantes sont des pièces ultérieures écrites par quelqu'un utilisant son nom. Plant commente: «Laïs était une prostituée si célèbre qu'une œuvre attribuée à quelqu'un de ce nom aurait laissé entendre qu'il s'agissait de l'œuvre d'une prostituée» (119). En outre, cela signifierait qu'une hétaïre de grande classe était suffisamment respectée pour que les gens veuillent lire son travail et que d'autres, espérant gagner des lecteurs, écriraient sous le nom d'une prostituée.

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Conclusion

Malgré cela, et bien que la prostitution ait été légale et socialement acceptable, elle restait "indigeste" pour de nombreux citoyens athéniens. Les enfants de prostituées n'étaient pas considérés comme des citoyens parce que, dans la plupart des cas, leurs mères ne l'étaient pas, et leur paternité ne pouvait être prouvée. Les pornai et hétaïres avaient toutes deux des enfants qui, s'ils étaient de sexe féminin, étaient élevés pour poursuivre la profession de leur mère et s'occuper d'elle dans la vieillesse et, s'ils étaient de sexe masculin, étaient abandonnés ou vendus à des épouses athéniennes infertiles qui devaient produire un héritier pour leur mari.

Symposiast and Hetaira Playing a Harp
Invité à un symposion et hétaïre jouant de la harpe
James Lloyd (Copyright, fair use)

Comme on l'a vu, les prostitués hommes étaient généralement considérés défavorablement, comme ayant perdu leur masculinité en acceptant un rôle passif dans le sexe. La fameuse affaire juridique connue sous le nom de Contre Timarque de 346-345 av. JC souligne comment les prostitués hommes étaient perçus vu que l'homme d'État et orateur Eschine affirme que Timarque était inapte à participer aux affaires de la ville parce qu'il avait autrefois été un prostitué masculin. Eschine indique clairement qu'il ne s'attaque pas aux relations amoureuses ou sexuelles hommes-hommes, mais seulement au rôle joué par le prostitué homme qui ne peut être considéré comme un citoyen viable d'Athènes car il avait accepté le rôle d'une femme. Les femmes étaient considérées comme étant biologiquement, spirituellement et mentalement inférieures aux hommes et n'avaient donc pas leur place dans la vie sociale et politique active de la ville, comme le note Waterfield :

Les femmes étaient considérées comme étant plus proches des bêtes que d'un homme entièrement rationnel et avaient un fort appétit pour le sexe, la nourriture et l'alcool. L'honneur d'un homme athénien dépendait en partie de l'honneur de ses femmes et il vivait dans la crainte de l'adultère de sa femme, bien que le mariage ait largement été reconnu comme sa meilleure chance de «dompter» une femme (165).

Les prostituées, en revanche, ne représentaient pas une telle menace. Un homme pouvait passer une heure avec une prostituée et ne plus jamais avoir à penser à elle par la suite. Il ne semble jamais être venu à l'esprit d'un homme athénien que cette pratique était dégradante pour les femmes et que leurs lois forçaient souvent les jeunes femmes à se prostituer après la mort de l'homme chef de famille pour survivre.

Bien que cette politique et cette pratique soient considérées comme répréhensibles à l'heure actuelle, et même si cette occupation était déplorée par beaucoup à l'époque, la prostitution dans l'ancienne Athènes était globalement considérée comme une réponse rationnelle à un besoin biologique sans aucune préoccupation éthique. Il convient toutefois de noter que ce point de vue n'était pas le même pour toutes les cités-États grecques, et dans certaines villes, comme Sparte, la prostitution était réprouvée comme dégradante tant pour les hommes que pour les femmes.

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Traducteur

Babeth Étiève-Cartwright
Babeth s'est consacrée à la traduction après avoir enseigné l'anglais au British Council de Milan. Elle parle couramment le français, l'anglais et l'italien et a 25 ans d'expérience dans le domaine de l'éducation. Elle aime voyager et découvrir l'histoire et le patrimoine d'autres cultures.

Auteur

Joshua J. Mark
Auteur indépendant et ex-Professeur de Philosophie à temps partiel au Marist College de New York, Joshua J. Mark a vécu en Grèce et en Allemagne, et a voyagé à travers l'Égypte. Il a enseigné l'histoire, l'écriture, la littérature et la philosophie au niveau universitaire.

Citer cette ressource

Style APA

Mark, J. J. (2021, juillet 02). Prostitution dans l'Ancienne Athènes [Prostitution in Ancient Athens]. (B. Étiève-Cartwright, Traducteur). World History Encyclopedia. Extrait de https://www.worldhistory.org/trans/fr/2-28/prostitution-dans-lancienne-athenes/

Style Chicago

Mark, Joshua J.. "Prostitution dans l'Ancienne Athènes." Traduit par Babeth Étiève-Cartwright. World History Encyclopedia. modifié le juillet 02, 2021. https://www.worldhistory.org/trans/fr/2-28/prostitution-dans-lancienne-athenes/.

Style MLA

Mark, Joshua J.. "Prostitution dans l'Ancienne Athènes." Traduit par Babeth Étiève-Cartwright. World History Encyclopedia. World History Encyclopedia, 02 juil. 2021. Web. 04 oct. 2022.

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