Batailles de Lexington et Concord

Article

Harrison W. Mark
par , traduit par Babeth Étiève-Cartwright
publié sur 14 décembre 2023
Disponible dans d'autres langues: Anglais, Italien
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Les batailles de Lexington et de Concord opposèrent des soldats britanniques réguliers et des miliciens de la colonie du Massachusetts le 19 avril 1775. Les troupes britanniques étaient en route pour s'emparer d'éaquipements militaires stockés dans la ville de Concord lorsqu'elles furent confrontées aux miliciens coloniaux. Victoire américaine, les batailles déclenchèrent la guerre d'Indépendance américaine (1775-1783).

Battle of Lexington
Bataille de Lexington
William Barnes Wollen (Public Domain)

Ces batailles furent le point culminant d'une lutte de dix ans entre le Parlement britannique et les treize colonies de l'Amérique du Nord britannique sur la question des droits des Américains et l'idée de "pas d'imposition sans représentation". À partir de 1764, le Parlement avait tenté d'imposer plusieurs taxes aux colonies, notamment le Sugar Act (1764), le Stamp Act (1765) et les Townshend Acts (1767-1768). Chacune de ces lois avait été violemment combattue dans les colonies, au motif que les Américains n'étant pas représentés au Parlement, celui-ci n'avait pas le pouvoir de les taxer directement. Des incidents tels que le massacre de Boston (5 mars 1770) et la Boston Tea Party (16 décembre 1773) n'avaient fait que creuser le fossé entre la mère patrie et ses enfants. Dans l'espoir de rétablir l'ordre, en particulier dans l'impertinente province de la baie du Massachusetts, le Parlement avait promulgué les lois intolérables en 1774, qui, entre autres, avaient fermé le port de Boston au commerce et remplacé plusieurs élus de la colonie par des personnes nommées par le roi.

Les batailles de Lexington et de Concord conduisirent à la guerre d'Indépendance et à l'indépendance des États-Unis d'Amérique.

C'en était trop pour les colons. En septembre 1774, les délégués de douze des treize colonies s'étaient réunis au premier Congrès continental à Philadelphie pour discuter d'un éventuel boycott des importations britanniques. À cette occasion, les délégués avaient approuvé les Résolutions de Suffolk, une mesure qui demandait aux milices locales du Massachusetts de se préparer à défendre les libertés de la colonie. Les tensions entre les factions patriotes et loyalistes de la colonie s'étaient accrues au cours de l'hiver, les troupes britanniques marchant régulièrement dans la campagne du Massachusetts pour confisquer les armes et les munitions des milices. Le 19 avril 1775, une colonne de troupes britanniques se mit en route pour saisir les munitions des Patriotes entreposées dans la ville de Concord. En chemin, ils furent confrontés à environ 70 miliciens américains sur Lexington Green; après un bref échange, quelqu'un tira un coup de feu, ce qui amena les soldats à tirer deux salves sur les miliciens, tuant huit d'entre eux et en blessant dix autres.

Les Britanniques poursuivirent leur route vers Concord, mais constatèrent que la plupart des équipements avaient été déplacés ou détruits. Pendant ce temps, la force de couverture britannique au North Bridge de Concord fut attaquée par environ 400 miliciens, et les soldats furent contraints de se retirer. Au cours de leur retraite vers Boston, les soldats britanniques furent harcelés par un nombre croissant de miliciens de Nouvelle-Angleterre qui tirèrent sur les réguliers depuis des granges, des arbres et des murs de pierre. Lorsque les Britanniques atteignirent enfin la sécurité de Boston, jusqu'à 15 000 miliciens coloniaux attendaient à l'extérieur de la ville, prêts à entamer le siège de Boston (du 19 avril 1775 au 17 mars 1776). Les batailles de Lexington et de Concord, dont le premier coup de feu serait plus tard décrit par Ralph Waldo Emerson comme "le coup de feu entendu dans le monde entier", conduisirent à la guerre d'Indépendance et à l'indépendance des États-Unis d'Amérique, devenant ainsi l'un des moments clés de la Révolution américaine au sens large (c. 1765-1789).

Prélude

À la fin de l'année 1774, la tension était montée à Boston et dans ses environs, capitale de la province de la baie du Massachusetts. En guise de punition pour les nombreuses transgressions commises par Boston à l'encontre de l'autorité parlementaire, notamment la récente Boston Tea Party, le Parlement britannique avait fermé le port de la ville au commerce, installé un gouverneur militaire dans le Massachusetts et remplacé le conseil élu de la colonie par des personnes nommées par la royauté. Ces politiques, connues dans les colonies sous le nom de "lois intolérables", étaient déjà suffisamment graves pour les patriotes coloniaux qui craignaient pour leurs libertés, mais elles étaient également désastreuses pour les marchands et les dockers de la ville.

La situation s'aggrava lorsque des régiments de l'armée régulière britannique arrivèrent à Boston pour la première fois depuis le massacre de Boston; la vue des tuniques rouges forant à nouveau sur le Boston Common et montant la garde sur King Street rouvrit de vieilles blessures. En septembre 1774, alors que le Congrès continental se réunit à Philadelphie pour discuter d'une réponse coloniale unifiée aux lois intolérables, plusieurs patriotes du Massachusetts se réunirent pour adopter les Suffolk Resolves qui, entre autres, demandaient aux milices locales de la colonie de commencer à se préparer à un conflit potentiel avec les soldats britanniques. Nombre de ces miliciens étaient impatients d'en découdre, certains d'entre eux exhortant même tous les patriotes de Boston à évacuer la ville afin de pouvoir la brûler avec les loyalistes et les soldats qui s'y trouvaient. Le proverbial baril de poudre était prêt et il ne manquait qu'une étincelle pour qu'il n'explose.

General Thomas Gage
Général Thomas Gage
John Singleton Copley (Public Domain)

Le général Thomas Gage, récemment nommé gouverneur militaire du Massachusetts, était déterminé à étouffer cette étincelle avant même qu'elle ne soit allumée. Homme d'un naturel affable, dont l'épouse était née aux États-Unis, Gage espérait au départ restaurer l'autorité royale dans la colonie sans recourir à la violence. Cependant, ses tentatives pour faire appliquer les lois intolérables furent contrariées par les colons, tandis que de nombreux hommes qui avaient été nommés par le roi au conseil du gouverneur furent poussés à la démission par les Patriotes. Dans un rapport adressé aux ministres du roi, Gage suggéra d'abroger les lois intolérables; si cela n'était pas possible, il demanda des renforts, estimant qu'il ne pouvait pas écraser une rébellion avec moins de 20 000 hommes (il n'en avait alors que 3 000 à Boston). Dans l'attente d'une réponse, Gage estima que la meilleure solution était de retarder le conflit en saisissant les armes et les munitions susceptibles d'être utilisées par les milices patriotes. Le 1er septembre 1774, Gage envoya 260 réguliers saisir la poudre à canon stockée dans une poudrière située dans l'actuelle Somerville, au nord-ouest de Boston. Bien que l'opération se soit déroulée sans incident, des rumeurs circulèrent selon lesquelles les tuniques rouges avaient assassiné six hommes au cours de l'opération, ce qui conduisit des milliers de miliciens coloniaux à se rendre à Cambridge. L'effusion de sang ne fut évitée que lorsque les miliciens apprirent que les rumeurs étaient fausses.

Cet événement, connu sous le nom de Powder Alarm (littéralement «l'alarme de la poudre»), fit prendre conscience à Gage qu'il n'avait pas affaire à une "populace grossière" confinée à Boston, comme l'avaient affirmé les ministres du roi, mais à un mouvement politique en plein essor qui se propageait rapidement dans toute la campagne du Massachusetts (Middlekauff, 272). Alors que Gage passa l'hiver à fortifier la péninsule de Boston, un "Congrès provincial" se réunit dans la ville de Concord; présidé par John Hancock et composé de nombreux patriotes de premier plan du Massachusetts, le Congrès était censé servir de gouvernement provisoire de la colonie si la guerre éclatait. Heureusement pour Gage, le Congrès savait qu'il ne pouvait pas frapper le premier, sous peine de perdre le soutien des douze autres colonies, qui ne viendraient en aide au Massachusetts qu'en cas de guerre défensive. Le face-à-face entre la milice et les tuniques rouges se poursuivit donc jusqu'à la fin de l'année, tandis que Gage attendait nerveusement les instructions qui lui parviendraient de Londres.

L'expédition

Dès novembre 1774, le roi George III de Grande-Bretagne (r. de 1760 à 1820) écrivit au Premier ministre Lord North que "les gouvernements de la Nouvelle-Angleterre sont en état de rébellion, les coups doivent décider s'ils sont soumis à ce pays ou indépendants" (Middlekauff, 268). Le Parlement se rallia à l'opinion belliqueuse du roi et les deux chambres votèrent en février 1775 la proclamation de l'état de rébellion ouverte du Massachusetts. Il n'est donc guère surprenant que les ministres du roi aient balayé la suggestion de Gage d'abroger les lois intolérables, ainsi que sa demande de troupes supplémentaires; ils pensaient sûrement que les rebelles du Massachusetts pourraient facilement être écrasés avec les troupes dont Gage disposait. Lord Dartmouth, secrétaire d'État aux colonies, l'affirma dans ses instructions à Gage, qui arrivèrent à Boston le 14 avril 1775. Admonestant l'inactivité de Gage, Dartmouth exhorta le général à agir avec fermeté et suggéra l'arrestation des membres du Congrès provincial. Une telle action conduirait sans aucun doute à la guerre, mais Dartmouth soutenait qu'il valait mieux que le conflit commence maintenant plutôt que d'attendre que les colonies n'atteignent "un état de rébellion plus mûr" (Middlekauff, 272).

American War of Independence, 1775 - 1783
Guerre d'indépendance américaine, 1775 - 1783
Simeon Netchev (CC BY-NC-SA)

Ces instructions, bien que formulées par Dartmouth, étaient censées provenir directement du roi. Gage ne pouvait se permettre de tergiverser plus longtemps, mais les dirigeants du Congrès provincial étaient hors de sa portée, et Gage savait qu'il ne pouvait les arrêter sans alerter toute la colonie. Au lieu de cela, il choisit de saisir les armes et les munitions stockées dans la ville de Concord, notamment quatre canons en laiton, deux mortiers et dix tonnes de boulets de plomb. À partir du 15 avril, Gage détacha discrètement 700 soldats d'élite de leurs régiments pour l'expédition à Concord, dont environ 400 grenadiers et un nombre légèrement inférieur de fantassins légers mobiles. Le major John Pitcairn, des Royal Marines, dirigeait l'infanterie légère, tandis que le commandement de l'ensemble de l'expédition fut confié au colonel Francis Smith. Pour expliquer la concentration soudaine de troupes d'élite britanniques, Gage annonça qu'elles se dirigeaient vers la campagne pour des exercices d'entraînement.

Mais Gage ne fut pas aussi discret qu'il le pensait. Avant même que les troupes du colonel Smith ne connaissent leurs véritables intentions, la moitié de Boston savait que les munitions de Concord étaient en danger. Des rumeurs commencèrent même à circuler selon lesquelles John Hancock et Samuel Adams, qui séjournaient dans la ville de Lexington sur la route de Concord, étaient les véritables cibles de l'expédition. Hancock était considéré comme le visage du mouvement patriote du Massachusetts, tandis qu'Adams en était le cerveau; leur arrestation serait un coup dur. Le 16 avril, le docteur Joseph Warren, l'un des principaux patriotes de Boston, envoya l'orfèvre Paul Revere à Lexington pour avertir Hancock et Adams. En rentrant à Boston cette nuit-là, Revere s'arrêta à Charlestown pour organiser un signal lorsque les Britanniques se mettraient en mouvement: si les troupes se déplaçaient par voie terrestre au-dessus de la péninsule de Boston, une lanterne devait être pendue, deux si elles venaient par voie maritime (le signal a été immortalisé dans le poème de Longfellow sous la forme "'one if by land, two if by sea'" (une si par voie terrestre, deux si par voie maritime).

Lexington Green

Vers 22 heures, dans la nuit du 18 avril 1775, les troupes sélectionnées pour l'expédition du colonel Smith furent tranquillement réveillées par leurs sergents. Après s'être essuyé les yeux, les soldats furent conduits à Lechmere Point, à East Cambridge, où ils débarquèrent et se placèrent le long d'une route en attente d'instructions. Ces instructions n'arrivèrent qu'à deux heures du matin, et c'est alors que les soldats traversèrent Willis Creek à gué; le colonel Smith évita le pont pour ne pas alerter les colons par le bruit des pas des soldats. Les milices coloniales, cependant, avaient déjà été réveillées. Le docteur Warren avait envoyé Revere et un autre cavalier, William Dawes, sur les deux routes les plus fréquentées de Concord pour alerter les villes. Après avoir évité deux officiers britanniques sur la route, Revere arriva à Lexington vers minuit, alors que les troupes régulières attendaient encore les ordres à East Cambridge. Lorsque l'orfèvre s'approcha de la maison où se trouvaient Hancock et Adams, il fut réprimandé par un milicien qui lui reprocha de faire trop de bruit. "Du bruit!" répondit Revere. "Vous aurez assez de bruit dans peu de temps! Les soldats sont de sortie" (Philbrick, 238).

Paul Revere Wakes the Town of Lexington
Paul Revere réveille la ville de Lexington
Hy Hintermeister (Public Domain)

Revere convainquit Hancock et Adams de fuir Lexington pour leur propre sécurité, tandis qu'environ 130 miliciens de la ville se rassemblèrent sur Lexington Green. La milice était commandée par le capitaine John Parker, un vétéran de la guerre de la conquête, qui souffrait déjà de la tuberculose qui allait bientôt le tuer; les autres hommes étaient tous des voisins et des membres de la famille élargie, qui se connaissaient et se faisaient confiance. Il faisait un froid glacial ce matin-là et, alors qu'ils attendaient les troupes régulières, certains miliciens rentrèrent chez eux pour se réchauffer, étant entendu qu'ils se reformeraient sur le Green une fois les troupes arrivées. Après avoir accompli leur devoir, Revere, Dawes et un troisième homme, le docteur Samuel Prescott, montèrent à cheval et se rendirent à Concord. En chemin, Revere fut capturé par un groupe d'officiers britanniques, mais il fut finalement libéré et retourna à pied à Lexington. Ce n'est qu'à 4h30 du matin que les premiers éléments de l'infanterie légère du major Pitcairn, toute vêtue de rouge écarlate, pénétrèrent dans Lexington. Les mousquets chargés, les soldats se mirtent en ligne de bataille face aux miliciens du capitaine Parker, dont seuls 70 étaient revenus. Pitcairn et plusieurs officiers à cheval chevauchèrent devant leurs troupes, criant aux colons de "déposer les armes, bandits, rebelles ! Soyez maudits, dispersez-vous ! (Philbrick, 252).

Le capitaine Parker avait tout d'abord dit à ses hommes: "Restez sur place. Ne tirez pas à moins qu'on ne vous tire dessus. Mais s'ils veulent faire la guerre, qu'elle commence ici" (Philbrick, 251). En infériorité numérique et face aux canons des mousquets britanniques, Parker décida qu'il valait mieux laisser passer les soldats et ordonna à ses hommes de se disperser. Certains miliciens obéirent à cet ordre, d'autres restèrent sur place. Peu après, un coup de feu retentit; on ne sait pas de quel côté il fut tiré, mais c'est un coup de feu dont on se souvient depuis longtemps comme "le coup de feu entendu dans le monde entier". Une série de crépitements désordonnés se fit entendre alors que les fantassins légers tirèrent une volée, sans en avoir reçu l'ordre. Certains miliciens pensèrent d'abord que les troupes tiraient à blanc pour les intimider, jusqu'à ce que leurs camarades ne commencent à s'effondrer sur le sol autour d'eux. Plusieurs miliciens ripostèrent alors que les soldats déclenchèrent une seconde salve, mieux coordonnée. Lorsque la fumée se dissipa, huit miliciens gisaient morts sur Lexington Green, et dix autres étaient blessés. La seule victime britannique était un fantassin dont la jambe avait été effleurée par une balle.

Concord et Menotomy

Une fois la milice de Lexington dispersée, les troupes britanniques poussèrent trois cris de joie et poursuivirent leur route vers Concord, fifres et tambours à l'appui; l'escarmouche de Lexington avait rendu la discrétion superflue. Mais William Dawes, qui avait échappé aux officiers qui avaient capturé Revere, arriva à Concord à temps pour les avertir de l'arrivée des troupes régulières; la cloche de la ville attira des compagnies de minutemen, des milices très mobiles entraînées pour être prêtes au combat à la minute près. Lorsque la force du colonel Smith arriva vers 7 heures du matin, les miliciens des villes environnantes avaient depuis longtemps rejoint Concord.

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Les miliciens n'opposèrent d'abord aucune résistance aux réguliers qui progressaient sur le North Bridge en direction de la maison du colonel James Barrett, où les munitions étaient censées être entreposées. Smith posta trois compagnies d'infanterie légère pour garder le North Bridge, tandis que ses grenadiers attaquaient la maison de Barrett et les bâtiments environnants. Hormis quelques sacs de farine et 500 livres de balles de mousquet, les soldats ne trouvèrent rien de valeur; à un moment donné, l'atelier du forgeron et le palais de justice prirent feu, sans que l'on sache s'il s'agissait d'un acte délibéré ou non. Les miliciens, dont le nombre s'élevait à plus de 400, furent furieux lorsqu'ils aperçurent les flammes du haut de la colline voisine de Punkatasset. Beaucoup d'entre eux descendirent de la colline et se dirigèrent vers le pont nord, où ils tombèrent sur les trois compagnies d'infanterie légère. Après avoir échangé quelques insultes, les Britanniques ouvrirent le feu, tuant deux Américains et en blessant un troisième. Le major de la milice John Buttrick s'écria alors: "Pour l'amour de Dieu, tirez !" (Philbrick, 281). La riposte des colons fit trois morts et neuf blessés parmi les soldats britanniques.

Battle of North Bridge, Concord
Bataille de North Bridge, Concord
Frank T. Merrill (Open Government License)

Les soldats, choqués, rompirent rapidement les rangs et s'enfuirent. Les Américains, peut-être tout aussi choqués et sous l'effet de l'adrénaline, les poursuivirent. Malgré la confusion, le colonel Smith parvint à rassembler ses troupes et, à midi, entama une retraite "ordonnée" vers Boston. Les Britanniques parvinrent à parcourir sans encombre environ un kilomètre avant que les miliciens américains ne puissent lancer une attaque. Tout au long de la route de douze miles (20 km) menant à Boston, les soldats britanniques essuyèrent les tirs des Américains qui s'abritaient derrière des arbres, des granges, des clôtures et des murs de pierre. Les Britanniques ripostèrent quand ils le purent, déclenchant des volées meurtrières chaque fois qu'ils parvenaient à coincer les miliciens. Cependant, le nombre de miliciens ne cessa d'augmenter, laissant les Britanniques au bord de la panique lorsqu'ils retournèrent à Lexington. À 14h30, alors que Smith reformait ses troupes ébranlées sur Lexington Green, il fut rejoint par un millier de renforts sous les ordres du comte Hugh Percy; les troupes de Smith purent prendre une heure de repos bien nécessaire, car l'artillerie de Percy maintenait les Américains à distance.

Vers 15h30, le comte Percy fit sortir la colonne britannique de Lexington et se dirigea vers la ville de Menotomy (aujourd'hui Arlington), où les réguliers furent pris d'assaut par 5 100 miliciens; des compagnies fraîches venues des villes environnantes avaient rejoint celles qui poursuivaient les Britanniques depuis Concord. Les combats à Menotomy devinrent particulièrement sanglants, les propriétaires tirant sur les troupes britanniques depuis leurs maisons, ce qui donna lieu à des combats barbares au corps à corps. Percy perdit bientôt le contrôle de ses hommes, qui, poussés par la peur et la rage, pillèrent les maisons de Menotomy et attaquèrent les civils qui s'y trouvaient. Ce n'est qu'à grand-peine que les officiers de Percy empêchèrent leurs hommes de tuer tous les civils qu'ils trouvaient. Une fois l'ordre rétabli, les Britanniques reprirent leur route sanglante vers Boston.

Répercussions

La troupe de Percy n'échappa au danger qu'une fois arrivée à Charlestown, après le coucher du soleil. Au cours de la journée, les Britanniques avaient subi 273 pertes, tandis que les Américains déploraient 95 morts et blessés. Les Américains, qui avaient démontré qu'ils étaient plus que capables de tenir tête aux soldats britanniques, étaient déterminés à ne pas s'arrêter en si bon chemin. Le lendemain matin, plus de 15 000 miliciens venus de toute la Nouvelle-Angleterre encerclèrent Boston et commencèrent à l'assiéger; ces miliciens formeraient la base de l'armée continentale américaine. Les batailles de Lexington et de Concord marquèrent donc le début dramatique d'une guerre de huit ans qui aboutirait à l'indépendance des États-Unis d'Amérique.

Questions et réponses

Que sont les batailles de Lexington et de Concord ?

Les batailles de Lexington et Concord (19 avril 1775) constituent le premier engagement militaire de la guerre d'Indépendance américaine, entre les troupes régulières britanniques et la milice du Massachusetts. Elles se sont soldées par une victoire américaine et ont conduit au siège de Boston.

Qu'est-ce qui a conduit aux batailles de Lexington et de Concord ?

La cause immédiate des batailles de Lexington et de Concord fut une tentative des troupes britanniques de s'emparer des armes et des munitions stockées dans la ville de Concord. Les Américains pensaient également que les Britanniques avaient l'intention d'arrêter John Hancock et Samuel Adams, les chefs révolutionnaires qui séjournaient à Lexington.

Où se sont déroulées les batailles de Lexington et de Concord ?

Les batailles de Lexington et Concord se sont déroulées dans plusieurs villes situées le long de l'Old Concord Road (aujourd'hui Battle Road) dans le Massachusetts, notamment Lexington, Concord, Lincoln et Menotomy (aujourd'hui Arlington).

À propos du traducteur

Babeth Étiève-Cartwright
Babeth s'est consacrée à la traduction après avoir enseigné l'anglais au British Council de Milan. Elle parle couramment le français, l'anglais et l'italien et a 25 ans d'expérience dans le domaine de l'éducation. Elle aime voyager et découvrir l'histoire et le patrimoine d'autres cultures.

A propos de l'auteur

Harrison W. Mark
Harrison Mark est diplômé de SUNY Oswego où il a étudié l'histoire et les sciences politiques.

Citer ce travail

Style APA

Mark, H. W. (2023, décembre 14). Batailles de Lexington et Concord [Battles of Lexington and Concord]. (B. Étiève-Cartwright, Traducteur). World History Encyclopedia. Récupéré de https://www.worldhistory.org/trans/fr/2-2341/batailles-de-lexington-et-concord/

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Mark, Harrison W.. "Batailles de Lexington et Concord." Traduit par Babeth Étiève-Cartwright. World History Encyclopedia. Dernière modification décembre 14, 2023. https://www.worldhistory.org/trans/fr/2-2341/batailles-de-lexington-et-concord/.

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Mark, Harrison W.. "Batailles de Lexington et Concord." Traduit par Babeth Étiève-Cartwright. World History Encyclopedia. World History Encyclopedia, 14 déc. 2023. Web. 29 mai 2024.

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