Artapherne

Définition

Joshua J. Mark
de , traduit par Babeth Étiève-Cartwright
publié le 09 mars 2020
Disponible dans ces autres langues: anglais
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Governor's Court (by Creative Assembly, Copyright)
Cour du gouverneur
Creative Assembly (Copyright)

Artapherne (actif vers 513-492 av. J.-C., également connu sous le nom d'Artaphernès ) était le satrape de Lydie sous le règne de son frère aîné Darius Ier (le Grand, r. de 522 à 486 av. J.-C.), monarque de l'Empire achéménide (c. 550-330 av. J.-C.), fondé par Cyrus II (le Grand, r. c. 550-530 av. J.-C.). On se souvient de son rôle dans la révolte ionienne (499-494 av. J.-C.), lorsque les cités-États grecques ioniennes d'Asie Mineure se soulevèrent contre la domination perse, et dans la bataille de Sardes (498 av. J.-C.), lorsqu'il défendit sa capitale contre une invasion.

Artapherne négocia un pacte avec des ambassadeurs d'Athènes qui, selon les Perses, soumettait Athènes à leur autorité. Les ambassadeurs, cependant, agissaient de leur propre chef lorsqu'ils en acceptèrent les termes, qu'ils semblent avoir mal compris, et n'avaient aucune autorité d'Athènes pour conclure un tel accord.

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Selon certains spécialistes, le soutien d'Athènes et d'Érétrie à la révolte ionienne fut considéré par Darius Ier comme une violation du contrat que les Athéniens avaient conclu avec Artapherne, ce qui motiva l'invasion de la Grèce par Darius Ier (492-490 av. J.-C.), suivie de celle de Xerxès Ier (r. de 486 à 465 av. J.-C.) en 480 avant J.-C. Son fils Artapherne II (r. de 492 à 480 av. J.-C.) lui succéda et prit part aux deux invasions ultérieures de la Grèce en représailles à la révolte ionienne.

Contexte politique et économique

En 522 avant J.-C., Darius Ier et six autres conspirateurs assassinèrent le roi achéménide Bardiya (r. 522 av. J.-C.) en prétendant qu'il était un imposteur nommé Gaumata, un mage (prêtre) qui avait assassiné le vrai roi et pris sa place. Cette affirmation est faite par Darius Ier en personne dans sa célèbre inscription de Behistun, mais les chercheurs modernes ont remis en question cette version des événements et suggèrent que Bardiya, le monarque légitime, fut déposé et tué par Darius Ier et ses co-conspirateurs lors d'un coup d'État et que l'histoire ultérieure fut créée pour justifier leur action.

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La situation de la Lydie, près de la côte, en faisait la porte d'entrée de l'empire achéménide pour les envoyés de l'ouest.

On ne saura jamais qui était Bardiya/Gaumata ni ce que son règne aurait pu accomplir, mais Darius Ier se révéla être un monarque efficace dès le début. Après avoir réprimé les rébellions contre sa personne, il réforma l'infrastructure de l'empire et nomma des satrapes (gouverneurs) dans les différentes régions. La satrapie de Lydie, centre de commerce important, était l'une des plus riches et l'une des plus puissantes, car le satrape Oroitès, qui avait servi sous le roi Cambyse II (r. de 530 à 522 av. J.-C.), avait vaincu l'État insulaire grec de Samos et s'était emparé de sa marine.

Lorsque Darius Ier arriva au pouvoir, il fit exécuter Oroitès et confia la Lydie à Otanes (r. c. 522 à 513 av. J.-C.), l'un de ses co-conspirateurs, à qui il pensait pouvoir confier une région aussi importante. La situation de la Lydie près de la côte en faisait la porte d'entrée de l'Empire achéménide pour les envoyés de l'ouest. Darius Ier, lorsqu'il créa son célèbre réseau de routes à travers l'empire, relia la capitale lydienne de Sardes à ses capitales impériales de Babylone, Ecbatana, Persépolis et Suse par la Route royale.

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Darius Ier avait poursuivi les politiques de Cyrus le Grand et de Cambyse II en matière d'élargissement de son empire, mais il avait accordé plus d'attention qu'eux à la création d'une marine professionnelle. Les navires étaient construits, et souvent armés, par la satrapie de Phénicie et, en 513 avant J.-C., Darius Ier étendit son contrôle sur le commerce et les voyages en Méditerranée grâce à cette flotte et l'utilisa pour cartographier le littoral de la Grèce continentale et de l'Italie du Sud, où un certain nombre de colonies grecques avaient été établies, pour une utilisation future.

Map of Lydia
Carte de Lydie
Roke (CC BY-SA)

À peu près à la même époque, Athènes expulsa le tyran Hippias (mort vers 490 av. J.-C.) avec le soutien des Spartiates de Cléomène Ier (mort vers 489 av. J.-C.) qui établirent ensuite une oligarchie sous la direction d'Isagoras (fin du 6e siècle av. J.-C.). Isagoras fut défié par l'homme d'État athénien Cléisthène (né à la fin des années 570 av. J.-C.) qui, après un exil imposé par Isagoras, revint une fois le tyran déposé. Cléisthène était conscient de la puissance maritime croissante des Achéménides, mais il était plus préoccupé par la menace que représentait Sparte. Il envoya donc des émissaires à Sardes pour demander le soutien de la Perse contre l'agression spartiate.

Les envoyés athéniens

Artapherne avait succédé à Otanès comme satrape de Lydie en 513 avant J.-C., mais on ne sait rien de son règne jusqu'en 507 avant J.-C., lorsqu'il reçut les ambassadeurs d'Athènes. Les détails de cette rencontre sont donnés par Hérodote:

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Les Athéniens, ayant ensuite rappelé Clisthène et les sept cents familles bannies par Cléomène, envoyèrent à Sardes des ambassadeurs pour faire alliance avec les Perses. Ils étaient, en effet, persuadés qu'ils auraient une guerre à soutenir coutre Cléomène et les Lacédémoniens. Ces ambassadeurs ayant à leur arrivée exposé les ordres dont ils étaient chargés, Artapherne, fils d'Hystaspes, gouverneur de Sardes, leur demanda quelle sorte d'hommes ils étaient, et dans quel endroit de la terre ils habitaient, pour prier les Perses de s'allier avec eux. Les envoyés ayant satisfait à ses questions, il leur dit en peu de mots « Si les Athéniens veulent donner au roi Darius la terre et l'eau il fera alliance avec eux ; sinon, qu'ils se retirent, » Comme les envoyés désiraient fort cette alliance, ils répondirent, après en avoir délibéré entre eux, qu'ils y consentaient ; mais, à leur retour à Athènes, on leur intenta à ce sujet une accusation très grave. (Histoires, V.73 trad. Larcher, Remacle)

Les envoyés acceptèrent d'offrir de la terre et de l'eau sans sembler reconnaître la signification de cet acte - qui aurait été compris par Artapherne comme un acte de soumission - et furent donc censurés à leur retour à Athènes ; la forme que prit cette censure est inconnue.

Hippias, quant à lui, s'était rendu à Sardes et avait demandé à Artapherne de l'aider à le rétablir dans ses fonctions de tyran d'Athènes. Selon Hérodote, Hippias fit "tout ce qu'il put pour noircir les Athéniens aux yeux d'Artapherne, et pour essayer de trouver un moyen de mettre Athènes sous son contrôle et celui de Darius" (V.96). Lorsque les Athéniens eurent vent des activités d'Hippias, ils envoyèrent un autre groupe d'émissaires à Sardes pour dénoncer les mensonges d'Hippias.

Greek Diplomatic Mission
Mission diplomatique grecque
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Artapherne, toujours sous l'impression qu'Athènes s'était soumise à l'autorité perse, dit aux Athéniens que leur sécurité future dépendait de leur acceptation d'Hippias en tant que dirigeant, car telle était la volonté de Darius Ier. Ces envoyés ne répondirent pas mais ramenèrent cette sommation à Athènes où elle fut rejetée et ainsi, comme le dit Hérodote, "ils avaient effectivement décidé d'une hostilité ouverte envers la Perse" (V. 96). La Perse, cependant, ne fit rien à ce sujet à l'époque.

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Siège de Naxos

Les tensions dans la région restèrent au même niveau lorsque, vers 499 avant J.-C., un groupe d'aristocrates exilés de l'île de Naxos arriva dans la satrapie de Milet pour demander l'aide du gouverneur adjoint Aristagoras (mort vers 496 av. J.-C.). Aristagoras était le cousin et le gendre d'Histiée (m. 493 avant J.-C.), tyran de Milet, qui avait été retiré par Darius Ier à Suse, laissant Aristagoras en charge. Histiée avait été le fonctionnaire chargé de placer des tyrans sur les cités des Grecs ioniens en Asie Mineure et avait bien servi Darius Ier lors de la campagne scythe de 513 avant Jésus-Christ. Par la suite, Darius Ier l'avait récompensé en lui confiant un poste à Suse, dont Histiée ne voulait pas et en fait en fut même contrarié.

Alors que les Naxiens étaient bien approvisionnés, le corps expéditionnaire manquait régulièrement de provisions et d'argent.

Aristagoras reçut les exilés et, considérant la façon dont il pourrait contrôler la riche île de Naxos par leur intermédiaire, leur promit de l'aide si elle était approuvée par Darius I. Il alla ensuite voir Artapherne et décrivit le plan comme une victoire facile avec un investissement minimal et un profit maximal, expliquant comment il investissait l'argent pour l'expédition et qu'il réussirait si Darius I acceptait de fournir des navires et du personnel militaire. Il fit remarquer qu'une fois qu'ils auraient pris Naxos, ils auraient également le contrôle des richesses des Cyclades qui en dépendaient. Selon Hérodote, Artapherne accueillit favorablement le plan, proposa d'augmenter le nombre de navires de 100 à 200, comme le prévoyait Aristagoras, et envoya un message à Darius Ier pour lui demander son approbation, qui fut accordée.

Darius Ier confia à son cousin, le général Megabatès (fin du VIe/début du Ve siècle av. J.-C.), le commandement de la flotte qui rejoignit Aristagoras à Milet. La flotte fit route vers Chios, où elle jeta l'ancre en vue de l'attaque. Cette nuit-là, Megabatès découvrit que des sentinelles n'avaient pas été installées à bord de l'un des navires et punit le capitaine de ce navire, Scylax, en le faisant passer par un trou de rame et en l'y attachant. Scylax était un ami d'Aristagoras qui demanda sa libération et, devant le refus de Megabatès, Aristagoras alla détacher Scylax lui-même. Mégabatès, outré, se vengea en faisant savoir à Naxos qu'ils étaient sur le point d'être attaqués.

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Les Naxiens fortifièrent leurs murs et se préparèrent à un siège tandis que la flotte, ignorant tout de l'avertissement, fit voile vers l'île. À leur arrivée, ils trouvèrent Naxos si bien défendue qu'ils ne purent la prendre et l'assiégèrent. Le siège s'éternisa pendant quatre mois et, alors que les Naxiens étaient bien approvisionnés derrière leurs murs, le corps expéditionnaire était régulièrement à court de provisions et d'argent. Aristagoras finit par admettre la défaite et fit faire demi-tour aux navires qui retournèrent à Milet. Megabatès ne fut jamais condamné pour la campagne de Naxos et fut plus tard nommé satrape de Phrygie.

Début de la révolte ionienne

Le plan d'Aristagoras avait complètement échoué et il devait maintenant annoncer la nouvelle à Artapherne qui, bien sûr, en informerait Darius Ier. Aristagoras craignait d'être déchu de son titre - ou pire - et réfléchit à la façon dont il pourrait s'en sortir lorsqu'un messager d'Histiée arriva à Suse. Histiée tenait à ce que son message ne soit lu que par Aristagoras. Il rasa donc la tête d'un de ses esclaves, fit tatouer le message sur le cuir chevelu de l'homme, puis attendit que ses cheveux repoussent pour l'envoyer en mission. Le message incita Aristagoras à déclencher une rébellion à Milet, car Histiaeus était fatigué d'être confiné à Suse et pensait qu'il serait renvoyé à son ancien poste si une révolte éclatait.

Bien que cette version des événements, telle que donnée par Hérodote, soit acceptée comme historiquement exacte, la révolte qu'Histiée suggéra et qu'Aristagoras déclencha n'aurait pas pu prendre de l'ampleur si les Grecs ioniens avaient été satisfaits de la domination perse. Les tyrans qu'Histiée avait installés dans les cités n'étaient chargés que de maintenir la paix et étaient par ailleurs libres de régner en tant que petits rois semi-autonomes. Beaucoup de ces tyrans - mais certainement pas tous - traitaient mal le peuple pour s'enrichir et, tant que la paix était maintenue, le gouvernement central perse les laissait agir à leur guise.

Aristagoras commença la révolte en convoquant une réunion avec ceux qui lui étaient loyaux et en exposant son plan - sans mentionner qu'il était inspiré en cela par son échec à Naxos et l'énorme somme d'argent qu'il devait désormais à Artapherne et à Darius Ier - et tous l'approuvèrent, à l'exception de l'écrivain Hécatée (c. 550 - c. 476 av. J.-C.). Il déclara ensuite que Milet était une démocratie, libre de la domination perse, et fit livrer à leur peuple tous les tyrans des cités-états pour qu'ils soient punis. Ensuite, il réquisitionna les navires et les mercenaires grecs qu'Artapherne lui avait fournis pour Naxos et les utilisa pour sa nouvelle force rebelle.

Soutien d'Athènes et d'Érétrie

Reconnaissant la nécessité d'un soutien pour sa rébellion, il se tourna d'abord vers Sparte - qui le rejeta - puis vers Athènes qui accepta de l'aider car elle s'attendait déjà à une certaine forme d'agression de la part de la Perse après avoir rejeté la demande de retour au pouvoir d'Hippias. Érétrie accepta également d'aider dans l'intérêt du commerce maritime et du profit commercial. Les navires de l'empire achéménide contrôlaient encore principalement la Méditerranée et la chute de l'empire aurait profité à Érétrie, à Athènes et aux cités-États grecques ioniennes ainsi qu'à de nombreux autres. L'expert Kaveh Farrokh commente le motif sous-jacent de la révolte ionienne et l'aide offerte par Athènes et Erétrie:

Le point de vue historique prédominant chez les historiens occidentaux est que la révolte ionienne et les guerres gréco-persanes étaient une lutte épique entre la démocratie (représentée par la Grèce) et la "tyrannie perse". [L'expert] Frye met en garde contre le fait que "l'interprétation selon laquelle [...] les Grecs défendaient la liberté [est] un exemple d'imposition de concepts modernes au passé [et] déforme notre compréhension [...]". Si le désir ionien d'indépendance vis-à-vis de la domination achéménide est un facteur majeur qui a conduit à la guerre, l'élément de rivalité économique était un facteur tout aussi important. (69)

Un autre facteur était les liens étroits de parenté entre les Athéniens et les Ioniens qui garantissaient presque le soutien athénien une fois la révolte lancée en 499 avant Jésus-Christ. Au début de 498 avant J.-C., les Athéniens envoyèrent une flotte de vingt navires et Erétrie un contingent de cinq qui rejoignirent l'armée d'Aristagoras à Ephèse. Aristagoras refusa de diriger lui-même l'armée et désigna comme commandants suprêmes son frère Charopinos et un général milésien nommé Hermophante.

Batailles de Sardes, d'Éphèse et de Lade

Ces généraux demandèrent l'aide de guides éphésiens pour les guider par le meilleur chemin vers Sardes afin de prendre Artapherne par surprise. Leur plan fonctionna et ils purent prendre la ville basse, mais Artapherne rassembla ses forces sur les hauteurs de sa citadelle. L'expert A. T. Olmstead décrit la destruction de la partie basse de la ville et la bataille d'Éphèse qui s'ensuivit:

Sardes était un ensemble de huttes de roseaux ou de maisons en briques crues couvertes de roseaux; lorsqu'une seule maison fut incendiée par un Grec, toute la ville fut en flammes. Piégée par l'incendie qui détruisit le célèbre temple de Cybèle sur le Pactole, la garnison perse descendit de l'acropole et, avec les Lydiens autochtones, se rassembla sur la place du marché [pour défendre la ville]. Les alliés furent repoussés [et] se retirèrent vers la mer, mais juste avant d'atteindre Éphèse, ils furent écrasés dans une grande bataille par les levées perses qui avaient été faites dans les différentes divisions administratives. (153-154)

La bataille d'Éphèse fut une victoire totale pour les forces lydiennes et perses et les Athéniens réussirent à peine à rejoindre leurs navires et à s'échapper. Aristagoras leur avait tenu le même discours qu'à Artapherne pour présenter sa proposition de prise de Naxos, affirmant que l'empire achéménide était faible et tomberait facilement. Reconnaissant maintenant que ce n'était pas le cas, les Athéniens retirèrent leur soutien et, vraisemblablement, Érétrie aussi.

Ionian Revolt
Révolte ionienne
MinisterForBadTimes (CC BY-SA)

La perte d'Athènes et d'Érétrie ne fit cependant rien pour ralentir ou arrêter la rébellion qui se propagea de Milet et d'Éphèse le long de la côte de l'Asie Mineure. Darius Ier mit d'abord en œuvre la tactique de division et de conquête en entamant des négociations avec différentes cités-États, leur promettant des récompenses en cas d'abandon de la cause, mais, en cas d'échec, il avait préparé son armée pour réprimer la rébellion par la force. En 494 avant J.-C., les Perses vainquirent les rebelles à la bataille de Lade, un conflit naval au large de Milet, puis réduisirent systématiquement chaque cité-État rebelle et les ramenèrent sous leur contrôle. Dans le but de prévenir de futurs soulèvements, il abolit le système des tyrans et accorda une plus grande liberté aux Ioniens.

Conclusion

Aristagoras, à ce moment-là, avait été tué dans un conflit contre les Thraces et Histiée, qui avait été envoyé dans la région depuis Suse comme il l'avait espéré, fut convoqué devant Artapherne pour répondre de tout rôle qu'il aurait pu jouer dans la révolte. Histiée prétendit qu'il était totalement innocent et qu'il n'avait joué aucun rôle dans la rébellion, mais Artapherne savait qu'il mentait et, selon Hérodote, il dit : "Histiée, lui dit-il en homme qui avait connaissance de la vraie cause de la révolte, vous avez cousu le soulier, et Aristagoras l'a chaussé." (VI.1). Cependant, Histiée avait la confiance de Darius Ier et Artapherne ne put rien faire pour le punir.

Court of Darius the Great
Cour de Darius le Grand
Ancient History Magazine / Karwansaray Publishers (Copyright)

Artapherne intercepta plus tard des lettres d'Histiée encourageant une nouvelle rébellion et fit tuer ses co-conspirateurs et arrêter Histiée. Artapherne ne voulait pas qu'il soit renvoyé à Suse où il aurait pu tromper Darius Ier pour qu'il accepte ses mensonges et le fit empaler et décapiter. Lorsque Darius Ier apprit la nouvelle, il ordonna que la tête d'Histiée soit enterrée avec tous les honneurs, car il refusait de croire qu'il avait été déloyal, ce qui prouve qu'Artapherne avait fait preuve d'un bon jugement en ordonnant l'exécution du traître.

Plus tard, en 493 avant J.-C., Artapherne réorganisa les cités-États ioniennes et, sur les conseils d'Hécatée, pardonna aux anciennes cités rebelles et les traita toutes avec clémence et justice. Il disparaît ensuite des archives historiques, mourant peut-être en 492 avant J.-C. Son fils Artapherne II lui succéda en tant que satrape de Lydie. Il commanderait une partie de l'invasion punitive de la Grèce lors de l'action de Darius Ier (492-490 av. J.-C.) et de l'invasion de Xerxès Ier (480-479 av. J.-C.).

Le siège de Naxos étant considéré comme le premier acte du drame des guerres gréco-persanes, et la révolte ionienne comme le second, l'implication d'Artapherne dans ces deux événements lie à jamais son nom dans l'histoire au conflit que les auteurs grecs caractériseront comme une lutte entre l'Occident et l'Orient pour la suprématie idéologique et politique. Cette caractérisation du conflit gréco-persan anime la pensée politique, la rhétorique et la politique depuis lors.

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Traducteur

Babeth Étiève-Cartwright
Babeth s'est consacrée à la traduction après avoir enseigné l'anglais au British Council de Milan. Elle parle couramment le français, l'anglais et l'italien et a 25 ans d'expérience dans le domaine de l'éducation. Elle aime voyager et découvrir l'histoire et le patrimoine d'autres cultures.

Auteur

Joshua J. Mark
Auteur indépendant et ex-Professeur de Philosophie à temps partiel au Marist College de New York, Joshua J. Mark a vécu en Grèce et en Allemagne, et a voyagé à travers l'Égypte. Il a enseigné l'histoire, l'écriture, la littérature et la philosophie au niveau universitaire.

Citer cette ressource

Style APA

Mark, J. J. (2020, mars 09). Artapherne [Artaphernes]. (B. Étiève-Cartwright, Traducteur). World History Encyclopedia. Extrait de https://www.worldhistory.org/trans/fr/1-253/artapherne/

Style Chicago

Mark, Joshua J.. "Artapherne." Traduit par Babeth Étiève-Cartwright. World History Encyclopedia. modifié le mars 09, 2020. https://www.worldhistory.org/trans/fr/1-253/artapherne/.

Style MLA

Mark, Joshua J.. "Artapherne." Traduit par Babeth Étiève-Cartwright. World History Encyclopedia. World History Encyclopedia, 09 mars 2020. Web. 22 juin 2024.

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