Cyclades

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Définition

Mark Cartwright
par , traduit par Babeth Étiève-Cartwright
publié le 23 octobre 2012
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Texte original en anglais: Cyclades

Cycladic Head Sculpture (by Mary Harrsch (Photographed at the Getty Villa, Malibu), CC BY-NC-SA)
Sculpture de tête cycladique
Mary Harrsch (Photographed at the Getty Villa, Malibu) (CC BY-NC-SA)

Les Cyclades sont un groupe d'îles du sud de la mer Égée située entre le continent grec et la Turquie. Le nom fut inventé à l'époque archaïque car les îles forment un cercle approximatif (kyklos) autour de l'île centrale, et la plus sacrée (à l'époque), Délos. Les îles eurent une culture unique à l'âge du bronze ancient et moyen et retrouvèrent une importance régionale pendant les périodes archaïque et classique.

Les Cyclades de l'âge du bronze ancien

Les Cyclades sont composées de plus de deux cents petites îles dont les plus importantes sont Naxos, Milos, Paros, Santorin, Sifnos, Ios, Kéa, Andros, Tinos et Mykonos. Les îles témoignent d'une colonisation à partir de 5000 av. JC, probablement par des voyageurs d'Asie Mineure. L'une des matières premières les plus importantes de l'île était l'obsidienne (ou verre volcanique), utilisée pour créer des outils de découpe et exportée dans toute la mer Égée. Milos était particulièrement riche en cette précieuse marchandise. Au début de l'âge du bronze, le plomb, le cuivre et le marbre étaient également exportés. Ces ressources naturelles amenèrent une certaine prospérité qui dura tout au long de l'âge du bronze et qui peut être divisée en trois phases distinctes: le cycladique ancien I, ancien II et ancien III. Les dates précises de ces périodes sont très contestées et, afin de placer les îles dans un contexte géographique plus large, ce texte adoptera les définitions plus larges de l'âge du bronze ancien, moyen et final, comme on peut le voir dans toute la mer Égée.

L'âge du bronze ancien (environ 3000-2200 av. JC) vit la création de petites communautés rurales et de pêche dans tout l'archipel. Les bâtiments présentent souvent des fondations en pierre sur lesquelles auraient été posées des superstructures en argile non cuite (pisé). Les cultures vivrières les plus courantes étaient l'orge et le blé, avec quelques signes de culture d'olivier et de vigne. Le bétail était composé de moutons, de chèvres, de bovins, de cochons et de cerfs. Le poisson était également une source de nourriture importante, en particulier le thon et la perche. Les découvertes de fusaïoles témoignent de l'artisanat de tissage et les poteries sont abondantes, généralement de récipients sombres décorés par incisions ou dessins de peinture blanche. Le marbre était également utilisé pour produire des récipients et des formes communes comprennent des bols, des gobelets, des bocaux, des saucières et des poêles à frire. Ceux-ci sont similaires à la poterie contemporaine sur le continent et en Anatolie et suggèrent des liens culturels. En effet, les tasses de cette période pourraient bien être d'origine anatolienne. Les outils étaient fabriqués à partir d'os, de pierre, de coquille et d'obsidienne et comprennent des haches en émeri. Les tombes en pierre construites à partir de dalles de marbre et utilisées pour de nombreuses sépultures et fortifications sur Syros et Andros sont dans les deux cas les premiers exemples de ce genre dans la mer Égée. Les sceaux en argile suggèrent une sorte d'appareil administratif et les arts mineurs sont mieux représentés par des bijoux en argent et en cuivre et par la production de petites figurines en marbre. Ces sculptures hautement stylisées de figures humaines sont parmi les objets d'art les plus distinctifs produits tout au long de l'Âge du bronze en mer Égée. Les premiers exemples ressemblent à des violons, mais sont en fait des représentations d'une femme accroupie. Les exemples ultérieurs sont des figures debout avec les bras croisés et des visages minimalistes où seul le nez est mis en évidence. Des traces de peinture sur certains exemples survivants suggèrent que les figures étaient peintes de couleur vive.

Cycladic Harp Player Figurine
Figurine de joueur de harpe cycladique
Mary Harrsch (Photographed at the Getty Villa, Malibu) (CC BY-NC-SA)

Cyclades à l'âge du bronze moyen et final

L'âge du bronze moyen (environ 2200-1700 av. JC) connut une augmentation en taille et en sophistication des localités avec un plan de ville plus régulier. Les populations semblent également s'être concentrées dans les grandes zones urbaines. Les bâtiments sont également plus grands et plus sophistiqués, et les fortifications autour des villes deviennent une caractéristique de plus en plus commune. La poterie blanche s'ajoute au style poli et sombre de la poterie des Cyclades: des récipients opaques et décorés de motifs abstraits et géométriques, de motifs floraux et de spirales. Les formes courantes comprennent des cruches et des bols peu profonds. On constate également une forte augmentation en importation de poteries en provenance de Crète minoenne et du continent et la production continue de figurines en marbre, certaines étant alors de grandeur nature.

La sculpture cycladique fait partie des œuvres d'art les plus remarquables produites dans la mer Égée de l'âge du bronze.

À l'âge du bronze final (vers 1700-1000 av. JC), la culture des îles devient moins distincte et plus fortement influencée par la Crète Minoenne, puis, à partir de 1400 av. JC, par la civilisation mycénienne de la Grèce continentale. Par exemple, bien que la poterie soit encore produite localement, elle présente de plus en plus des éléments de design minoen: la vie marine, animale et végétale représentée de façon réaliste sous des formes fluides et dynamiques. Il y a également une augmentation significative des importations de poteries minoennes. En particulier sur Santorin, les fresques et l'architecture qui survivent (bassins lustraux et salles à colonnes) sont remarquablement similaires à celles de la Crète de l'époque. Des mesures de poids minoennes et des exemples de script linéaire A ont également été trouvés sur les îles. La question de savoir si cette proximité dans l'art reflète une domination politique ou militaire des Minoens des Cyclades est toutefois incertaine.

Entre 1650 et 1550 av. JC, le cratère volcanique de Théra (Santorin moderne ) explosa lors d'une éruption cataclysmique recouvrant complètement de cendres la grande ville d'Akrotiri et provoqua une vague destructrice de neuf mètres de haut qui toucha divers sites en mer Égée. L'éruption fut la plus importante observée dans l'histoire documentée et fut précédée de tremblements de terre d'au moins 7 sur l'échelle de Richter. De telles forces destructrices doivent sûrement avoir gravement affecté les civilisations de la mer Égée de l'âge du bronze, mais les experts ne savent toujours pas à quel point. Même une date approximative de l'événement n'est pas encore convenue. La datation carbone et.de carottes de glace effectuée au début des années 2000 suggère une date d'éruption plus tôt que prévue, ce qui remettrait en question les cadres temporels régionaux déjà établis. Ce qui est certain, c'est que l'éruption préserva à la perfection la ville d'Akrotiri, ce qui nous donne un aperçu inestimable de la vie de l'âge du bronze à cette époque.

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Dolphin Decorated Pithoi, Akrotiri
Pithoi décoré de dauphin, Akrotiri
Mark Cartwright (CC BY-NC-SA)

Vers 1400 av. JC, les Cyclades reflètent la montée de la civilisation mycénienne en tant que culture dominante dans la mer Égée, à la fois par une augmentation marquée des importations de poteries mycéniennes et par les caractéristiques architecturales des palais, en particulier à Phylakopi sur Milos. On trouve de grandes tombes tholos uniques aux Mycéniens également à Mykonos, Tinos et Naxos. À partir de 1250 av. JC, comme dans d'autres régions de la mer Égée, l'influence mycénienne diminua, il y eut une augmentation des fortifications des colonies et enfin, à partir de 1100 av. JC, il y a des preuves de destruction et d'abandon de ces mêmes colonies.

Cyclades archaïques et classiques

Les Cyclades reprirent une certaine importance régionale dans les périodes archaïque et classique, en particulier les cité-états des îles de Délos et de Naxos. Délos était le site d'un important sanctuaire à Apollon à partir de 700 av. JC, le dieu et sa sœur Artémis étaient nés sur cette île dans la mythologie grecque. Naxos avait d'importants temples en l'honneur d'Apollon, Déméter et Dionysos, ces derniers étant nés sur cette île selon la mythologie. Dionysos aurait également épousé Arianne à Délos et l'occasion était célébrée chaque année pendant la période archaïque. Au VIIIe siècle av. JC, Naxos fonda la première colonie grecque en Sicile et, au VIe siècle av. JC, le tyran Lygdamis, aidé par son allié Pisistrate, le tyran d'Athènes, permit une période de prospérité pour Naxos. C'est pendant cette période que le temple d'Apollon fut construit et que le festival des Dionysies, célèbre dans le monde grec, fut créé pour la première fois pour honorer Dionysos, le dieu du vin. À partir du VIe siècle av. JC, l'île de Paros commença à exporter son beau marbre blanc tant apprécié par les sculpteurs et les architectes grecs.

Au cours du Ve siècle av. JC, lorsque la Perse tenta de conquérir la Grèce, plusieurs îles des Cyclades prirent de l'importance. Naxos fut attaquée en 499 et en 490 av. JC par les forces perses de Darius. L'île était un membre important des forces grecques unies qui combattirent et vainquirent les Perses lors des célèbres batailles de Salamis en 480 av. JC et de Platées en 479 av. JC. À partir de 478 av. JC, de nombreuses îles étaient membres de la Ligue de Délos dirigée par Athènes et qui avait son trésor sur l'île de Délos (jusqu'à ce qu'il fût déplacé à Athènes en 454 av. JC), ligue qui avait été créée pour mieux repousser l'agression perse. La Ligue n'était cependant pas en parfaite harmonie comme le démontrent les rébellions de Naxos en 469/8 av. JC et de Thasos en 465 av. JC. Certains membres n'étaient pas du tout satisfaits de la façon dont Athènes commençait à dominer la Ligue, mais le puissant État maritime réprima rapidement de tels soulèvements.

Temple of Apollo, Naxos
Temple d'Apollon, Naxos
Mark Cartwright (CC BY-NC-SA)

Pendant la guerre du Péloponnèse (431-404 av. JC) entre Athènes et Sparte et leurs alliés respectifs, les Cyclades étaient généralement du côté athénien, mais il y eut des cas de dissidence, peut-être le plus célèbre étant l'île de Milos qui avait activement soutenu les Spartiates et fut donc attaquée et vaincue par Les forces athéniennes de 417 à 415 av. JC. Tous les hommes de l'île furent tués et toutes les femmes et enfants furent vendus en esclavage. Lorsque la deuxième Ligue athénienne fut créée de 377 à 355 av. JC, les îles se mirent de nouveau du côté d'Athènes pour se défendre de Sparte, mais cette fois aussi, des épisodes de rébellion se produisirent, notamment à Céos (Kéa moderne) en 363 av. JC.

Cyclades hellénistiques

À l'époque hellénistique (à partir du IIe siècle av. JC), les îles étaient sous le règne des Ptolémées d'Égypte et, à l'époque romaine, les îles étaient de nouveau sous domination athénienne (166 av. JC) mais elles connurent néanmoins une nouvelle période de prospérité grâce à leur position commerciale dans la mer Égée. Cette période se termina de façon spectaculaire avec l'attaque de Délos en 88 av. JC par Mithridate et l'installation subséquente d'une base pirate dans l'archipel par Athénodore en 69 av. JC. En effet, la réputation des îles en tant que repère de pirates durerait jusqu'à l'époque médiévale et même au-delà. Enfin, les derniers vestiges de la civilisation grecque sur les îles disparurent lorsque de nombreux temples grecs furent convertis en basiliques chrétiennes aux Ve et VIe siècles de notre ère. Cependant, à partir du milieu du XXe siècle, le monde se souviendra une fois de plus de la contribution des Cyclades à la civilisation de l'Europe occidentale lorsque des fouilles archéologiques révélèrent les sites importants d'Akrotiri (sur Santorin), Ayia Irini (Kéa), Phylakopi (Milos), Kastri (Syros), Kavos (Keros), Skarkos (Ios), Parikia (Paros) et Strophilas (Andros). Ces sites sont encore en cours de fouille aujourd'hui et ils continuent d'apporter des informations précieuses sur la vie dans l'ancienne mer Égée.

Bibliographie

À propos du traducteur

Babeth Étiève-Cartwright
Babeth a enseigné l’anglais au British Council de Milan. Elle parle couramment le français, l’anglais et l’italien et a 25 ans d’expérience dans le domaine de l’éducation. Elle aime voyager et découvrir la langue, l’histoire et le patrimoine culturel des différents pays qu'elle visite.

À propos de l'auteur

Mark Cartwright
Mark est un auteur d'articles historiques installé en Italie. Il s'intéresse plus particulièrement à la poterie, à l’architecture, aux mythologies du monde et à la découverte des idées partagées par toutes les civilisations. Il est titulaire d’un Master en philosophie politique et éditeur en chef de WHE.

Cite cette œuvre

Style APA

Cartwright, M. (2012, octobre 23). Cyclades [Cyclades]. (B. Étiève-Cartwright, Traducteur). World History Encyclopedia. Récupéré à partir de https://www.worldhistory.org/trans/fr/1-11293/cyclades/

Style Chicago

Cartwright, Mark. "Cyclades." Traduit par Babeth Étiève-Cartwright. World History Encyclopedia. Dernière modification octobre 23, 2012. https://www.worldhistory.org/trans/fr/1-11293/cyclades/.

Style MLA

Cartwright, Mark. "Cyclades." Traduit par Babeth Étiève-Cartwright. World History Encyclopedia. World History Encyclopedia, 23 oct. 2012. Web. 26 nov. 2021.

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