Dynastie des Sargonides

Joshua J. Mark
de , traduit par Babeth Étiève-Cartwright
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Sargon II Wall Relief (by Jastrow, Public Domain)
Bas-relief de Sargon II, Dur Sharrukin, Irak Jastrow (Public Domain)

La dynastie des Sargonides fut la dernière maison régnante de l'empire néo-assyrien de 722 à 612 avant notre ère, du règne de Sargon II à la chute de l'empire néo-assyrien. Certains des rois les plus célèbres de l'histoire de l'Assyrie sont issus de cette dynastie, considérée comme l'apogée de l'empire.

Le dernier grand roi fut Assurbanipal (r. de 668 à 627 av. J.-C.), surtout connu pour sa bibliothèque à Ninive; après sa mort, ses fils ne purent maintenir l'empire et celui-ci se désagrégea. Des coalitions d'invasion composées des peuples qui s'étaient sentis opprimés par la domination assyrienne ont ravagé le pays et brûlé les villes en 612 avant notre ère et, par la suite, le territoire a été divisé et gouverné par ces diverses cultures.

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Tiglath Phalazar III et Salmanazar V: Les rois pré-sargonides

Bien que la dynastie sargonide commence avec Sargon II, son père, Tiglath Phalazar III (r. de 745 à 727 av. J.-C.), qui réorganisa l'armée et restructura le gouvernement, lui fournit les ressources nécessaires pour entamer son glorieux règne. Selon l'érudit Simon Anglim:

Tiglath Phalazar III entreprit de vastes réformes de l'armée, réaffirma le contrôle central de l'empire, reconquit le littoral méditerranéen et soumit même Babylone. Il remplaça la conscription [dans l'armée] par un prélèvement de main-d'œuvre imposé à chaque province et exigea également des contingents de la part des États vassaux. (14)

Il vainquit le royaume d'Urartu, qui s'était à nouveau soulevé et incommodait les dirigeants assyriens, et soumit la région de la Syrie. Selon certains spécialistes, l'empire néo-assyrien commence en fait avec Tiglath Phalazar III. L'universitaire Gwendolyn Leick, par exemple, écrit:

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Entre 745 et 705 avant J.-C., l'Empire assyrien prend forme. C'est le résultat non seulement d'une nouvelle expansion militaire, mais aussi de nouvelles structures administratives qui assurent un contrôle politique et fiscal beaucoup plus étroit. (127)

Sous le règne de Tiglath Phalazar III, l'armée assyrienne devient la force militaire la plus efficace de l'histoire jusqu'alors et servirait de modèle aux armées futures en matière d'organisation, de tactique, d'entraînement et d'efficacité. C'était la première armée professionnelle au monde capable de combattre tout au long de l'année et non pas seulement en été (entre les semailles et les récoltes, lorsque les armées de la période antique étaient traditionnellement conscrites), ce qui, en plus de ses armes en fer, donnait à l'Assyrie un énorme avantage sur ses adversaires.

Assurbanipal envoya des émissaires sur les terres qu'il contrôlait, où ils récupéraient ou copiaient les livres de la ville puis les ramenaient tous à Ninive pour la bibliothèque royale.

Tiglath Phalazar III fut suivi par Salmanazar V (r. de 727 à 722 av. J.-C.), qui poursuivit la politique du roi mais ne fut pas aussi efficace dans les campagnes militaires. Il semble également avoir été un piètre administrateur et un mauvais juge de son peuple, car il surtaxa la population et imposa le travail forcé même aux citoyens prestigieux de la ville d'Assur, l'ancienne capitale de l'empire.

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Le siège de Samarie et la guerre contre Israël s'éternisèrent, et ses compétences militaires étaient loin d'être aussi brillantes que celles de son père, dont les campagnes victorieuses sont légendaires. Salmanazar V régna pendant cinq ans, puis disparaît de l'histoire pour être remplacé par Sargon II. Comme il n'y a aucune trace de la mort de Salmanazar V et qu'il existe de nombreuses preuves de rébellions et de troubles lors de l'ascension de Sargon II, il semble probable que le roi ait été assassiné lors d'un coup d'État organisé par son frère cadet qui fut alors décrié tant qu'usurpateur du trône.

Sargon II (r. de 722 à 705 av. J.-C.)

Les inscriptions de Sargon II désignent Salmanazar V comme son frère de sang (et non comme son "frère" au sens honorifique du terme), mais affirment qu'il était mauvais et qu'il ne respectait pas les coutumes des dieux. Les historiens pensent que Sargon II avait hérité des compétences politiques et des prouesses militaires de son père et qu'il s'était lassé d'assister au règne inepte de son frère aîné. Salmanazar V n'aurait été choisi comme héritier que parce qu'il était le plus âgé, et non parce qu'il était le plus compétent.

Ce n'est que par ses propres inscriptions que l'on sait qu'il était le fils de Tiglath Phalazar III. Sargon II est inconnu avant de monter sur le trône et choisit "Sargon" comme nom de trône pour se rattacher au légendaire roi akkadien Sargon le Grand (r. de 2334 à 2279 av. J.-C.). Le nom "Sargon" signifie "vrai roi" ou "roi légitime" et, comme Sargon le Grand était un usurpateur qui avait choisi ce nom pour légitimer son règne, on pense que Sargon II aurait également été un usurpateur.

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Même s'il est généralement admis qu'il était le fils du grand Tiglath Phalazar III, ce n'était peut-être pas le cas. La cour assyrienne et les territoires de l'empire éclatèrent se soulevèrent lorsqu'il monta sur le trône et, pour certains érudits, cela suggère qu'il n'était peut-être pas de sang noble.

Neo-Assyrian Empire
L'Empire néo-assyrien Ningyou (Public Domain)

Peu importe qui il était et d'où il venait, Sargon II était un chef militaire et un administrateur brillant qui étendit l'empire plus loin que n'importe quel autre roi avant lui. Son règne est considéré comme l'apogée absolue de l'Empire assyrien et ses campagnes étaient des modèles d'efficacité, de brillantes tactiques militaires, de courage et d'impitoyabilité. Bien que le règne de Sargon II ait été contesté par des nobles qui prétendaient qu'il s'était emparé du trône illégalement, il maintint la cohésion de l'empire, élargit les frontières, améliora la législation et l'administration, et garda le trésor royal rempli grâce à ses conquêtes.

Sa campagne en Urartu, en 714 avant notre ère, aboutit au pillage du riche temple de Haldi, dans la ville de Mushashir, qui augmenta considérablement la richesse de l'Assyrie. Désireux de disposer d'une nouvelle capitale pour diriger son empire, il ordonna la construction d'une nouvelle ville, Dur-Sharrukin ("Forteresse de Sargon"), dont il supervisa en personne la création. Le spécialiste Stephen Bertman commente:

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La capitale de Sargon avait plus d'un kilomètre de côté et sa conception devint sa préoccupation. Les dimensions de la ville, par exemple, étaient basées sur la valeur numérologique du nom de Sargon. Des tablettes décrivant l'histoire de la construction du palais furent déposées dans sa pierre angulaire, le texte identique étant répété sur des tablettes individuelles de cuivre, de plomb, d'argent, d'or, de calcaire, de magnésite et de lapis-lazuli, tandis que des peintures illustraient l'importation de bois de cèdre du Liban pour fournir le bois d'œuvre nécessaire. Des taureaux colossaux en pierre, dotés d'ailes et de têtes humaines, gardaient ses entrées. Les murs du palais étaient ornés d'une telle quantité de sculptures que les panneaux, mis bout à bout, s'étendaient sur un kilomètre. (19)

La construction de la ville dura dix ans, de 717 à 707 avant notre ère, et Sargon II s'installa dans son nouveau palais en 706 avant notre ère. Malheureusement pour lui, il n'en profiterait pas très longtemps, car il serait tué lors d'une bataille contre le peuple Tabal d'Anatolie l'année suivante, en 705 avant notre ère.

Sennacherib and the Fall of Lachish
Sennachérib et la chute de Lakis Osama Shukir Muhammed Amin (Copyright)

Sennachérib (r. de 705 à 681 av. J.-C.)

Il fut suivi par son fils Sennachérib, qui mena une vaste campagne avec son armée et conquit Israël, le royaume de Juda et les provinces grecques d'Anatolie. Son siège de Jérusalem est décrit en détail sur le "Prisme de Taylor" (découvert en 1830 par le colonel britannique Taylor), un bloc cunéiforme décrivant les exploits militaires de Sennachérib, qui affirme avoir capturé 46 villes et piégé les habitants de Jérusalem à l'intérieur de la ville jusqu'à ce qu'il ne les terrasse.

Son récit est toutefois contesté par la version des événements décrite dans le livre biblique de II Rois, chapitres 18-19, II Chroniques 32:21, et Isaïe 37, où il est affirmé que Jérusalem aurait été sauvée par une intervention divine et que l'armée de Sennachérib aurait été chassée du champ de bataille. Le récit biblique relate cependant bel et bien la conquête assyrienne de la région.

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Les victoires militaires de Sennachérib augmentèrent la richesse de l'empire au-delà de ce qu'avait accompli Sargon II, même si son règne fut entaché par des campagnes militaires persistantes contre Babylone et les Élamites. Après la mort de son père, il déplaça la capitale de la ville de Sargon, Dur-Sharrukin, à Ninive et construisit ce que l'on appelle "le palais sans rival". Il embellit et améliora la structure originale de la ville en plantant des vergers et des jardins. Le spécialiste Christopher Scarre écrit:

Le palais de Sennachérib possédait tous les attributs habituels d'une grande résidence assyrienne: des figures de gardien colossales et des reliefs de pierre sculptés impressionnants (plus de 2 000 dalles sculptées dans 71 pièces). Ses jardins étaient également exceptionnels. Des recherches récentes menées par l'assyriologue britannique Stephanie Dalley ont suggéré qu'il s'agissait des célèbres jardins suspendus, l'une des sept merveilles du monde antique. Des auteurs ultérieurs ont placé les jardins suspendus à Babylone, mais des recherches approfondies n'ont pas permis d'en retrouver la trace. Le récit de Sennachérib, fier des jardins du palais qu'il a créés à Ninive, correspond à celui des Jardins suspendus dans plusieurs détails importants. (231)

Babylone avait été un problème persistant tout au long du règne de Sennachérib, et il finit par se lasser de devoir composer avec eux. Ignorant les leçons du passé, et non content de sa grande richesse et du luxe de la ville, Sennachérib conduisit son armée contre Babylone, la saccagea et pilla les temples. Comme plus tôt dans l'histoire avec Tukulti-Ninurta Ier (r. de 1244 à 1208 av. J.-C.), le pillage et la destruction des temples de Babylone furent considérés comme le summum du sacrilège par les habitants de la région et par les fils de Sennachérib qui l'assassinèrent dans son palais de Ninive afin d'apaiser la colère des dieux.

Sennachérib avait choisi son plus jeune fils, Assarhaddon, pour lui succéder en 683 avant notre ère, ce qui ne fut guère du goût de ses frères aînés. Bien que le meurtre de leur père ait pu être motivé par leur désir de pouvoir (et pour couper court aux espoirs de leur jeune frère d'accéder à la couronne), ils auraient eu besoin d'une justification pour cet acte, et le sac de Babylone par leur père leur fournit cette excuse.

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Human-headed Winged-bull
Taureau ailé à tête humaine Osama Shukir Muhammed Amin (Copyright)

Assarhaddon (r. de 681 à 669 av. J.-C.)

Le fils de Sennachérib, Assarhaddon, monta sur le trône, vainquit les factions de ses frères au cours d'une guerre civile de six semaines, puis exécuta leurs familles, leurs associés et tous ceux qui s'étaient opposés à lui. Son règne désormais assuré, l'un de ses premiers projets fut de reconstruire Babylone. Il publia une proclamation officielle affirmant que Babylone avait été détruite par la volonté des dieux en raison de la méchanceté de la ville et de son manque de respect pour les dieux. Cette proclamation ne mentionne nulle part Sennachérib ou son rôle dans la destruction de la ville, mais elle indique clairement que les dieux avaient choisi Assarhaddon comme moyen divin de restauration:

Une fois, pendant le règne d'un précédent souverain, il y eut de mauvais présages. La ville insulta ses dieux et fut détruite sur leur ordre. Ils m'ont choisi, moi, Assarhaddon, pour tout remettre à sa place, pour calmer leur colère et apaiser leur rage.

L'empire prospéra sous son règne. Il réussit à conquérir l'Égypte, ce que Sennachérib avait tenté de faire sans succès (parce que, selon Hérodote II.141, des mulots avaient mangé les cordes des arcs des archers, leurs carquois et les courroies des boucliers des soldats de Sennachérib la nuit précédant la bataille). Assarhaddon établit les frontières de l'empire jusqu'au nord des monts Zagros (l'Iran actuel) et jusqu'au sud de la Nubie (le Soudan actuel), avec une étendue comprenant le Levant (du Liban actuel à Israël) jusqu'à l'Anatolie (la Turquie). Ses campagnes militaires victorieuses et le maintien attentif du gouvernement assurèrent la stabilité nécessaire aux progrès de la médecine, de l'alphabétisation, des mathématiques, de l'astronomie, de l'architecture et des arts. L'historien Will Durant écrit:

Dans le domaine de l'art, l'Assyrie égalait sa préceptrice, la Babylonie, et la surpassait en matière de bas-relief. Stimulés par l'afflux de richesses à Assur, Kalakh et Ninive, les artistes et les artisans commencèrent à produire - pour les nobles et leurs dames, pour les rois et leurs palais, pour les prêtres et les temples - des bijoux de toutes sortes, de la fonte de métal aussi habilement conçue et finement travaillée que sur les grandes portes de Balawat, et des meubles luxueux en bois richement sculptés et coûteux, renforcés de métal et incrustés d'or, d'argent, de bronze ou de pierres précieuses. (278)

Afin de garantir la paix, Assarhaddon conclut des traités de vassalité avec les Perses et les Mèdes, exigeant d'eux qu'ils se soumettent à l'avance à son successeur. En outre, la mère d'Assarhaddon, Zakûtu (c. 728-c. 668 av. J.-C.) publia son traité en 670 ou 668 av. J.-C., le traité de loyauté de Naqi'a-Zakûtu, qui obligeait la cour assyrienne et les territoires soumis à accepter Assurbanipal comme roi et à soutenir son règne. Cela permit une transition facile du pouvoir lorsqu'Assarhaddon mourut en 669 avant notre ère lors d'une campagne en Égypte, et que le pouvoir fut transmis au dernier grand roi assyrien, Assurbanipal.

Assurbanipal (r. de 668 à 627 av. J.-C.)

Assurbanipal était le plus lettré des souverains assyriens et est probablement mieux connu de nos jours pour la vaste bibliothèque qu'il rassembla dans son palais de Ninive. Bien que grand mécène des arts et de la culture, Assurbanipal pouvait se montrer tout aussi impitoyable que ses prédécesseurs pour assurer la sécurité de l'empire et intimider ses ennemis. Le spécialiste Paul Kriwaczek commente:

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Quel autre impérialiste aurait, comme Assurbanipal, commandé une sculpture pour son palais avec une décoration le montrant, lui et sa femme, en train de banqueter dans leur jardin, avec la tête et la main coupées du roi d'Élam se balançant aux arbres de chaque côté, comme d'horribles boules de Noël ou d'étranges fruits? (208)

Il vainquit de manière décisive les Élamites, acheva la conquête de l'Égypte par son père (même si l'Égypte parviendrait plus tard à se défaire de la domination assyrienne) et étendit l'empire à l'est et au nord. L'Élam posait depuis longtemps un problème à l'empire assyrien, et Assurbanipal l'avait déjà vaincu une fois au combat. En 648/647 avant notre ère, le roi de l'Élam mourut et le pays fut alors divisé par une guerre civile, différentes factions se disputant le trône. Assurbanipal y vit l'occasion de vaincre enfin son vieil ennemi et lança à nouveau son armée à l'assaut de l'Élam. L'universitaire Susan Wise Bauer écrit:

Les villes élamites brûlèrent. Les temples et les palais de Suse furent pillés. Sans autre raison que la vengeance, Assurbanipal ordonna l'ouverture des tombes royales et l'envoi en captivité des ossements des rois. (414)

Lorsqu'il saccagea et détruisit la ville de Suse en 647 avant notre ère, il laissa derrière lui une tablette qui relate son triomphe sur les Élamites:

Suse, la grande ville sainte, demeure de leurs dieux, siège de leurs mystères, je l'ai conquise. J'ai pénétré dans ses palais, j'ai ouvert ses trésors où s'amassaient l'argent et l'or, les biens et les richesses... J'ai détruit la ziggourat de Suse. J'ai brisé ses cornes de cuivre brillant. J'ai réduit à néant les temples de l'Élam, j'ai dispersé au vent leurs dieux et leurs déesses. J'ai dévasté les tombeaux de leurs rois anciens et récents, je les ai exposés au soleil, et j'ai emporté leurs ossements vers le pays d'Assur. J'ai dévasté les provinces de l'Élam et j'ai semé du sel sur leurs terres.

Tous ceux qui avaient la moindre prétention au trône étaient capturés et ramenés à Ninive comme esclaves. Conformément à la politique assyrienne, Assurbanipal déplaça ensuite une grande partie de la population dans toute la région et laissa les villes vides et les champs stériles. Bauer écrit:

Assurbanipal n'a pas reconstruit le pays après l'avoir détruit. Il n'a pas installé de gouverneurs, il n'a pas restauré les villes dévastées, il n'a pas essayé de faire de cette nouvelle province d'Assyrie autre chose qu'un terrain vague. L'Élam resta ouvert et sans défense. (414)

Cela s'avérerait plus tard être une erreur, car les Perses s'emparèrent lentement du territoire qui avait été l'Élam et procédèrent à la reconstruction et à la fortification des villes. À terme, ils contribueraient à renverser l'Empire assyrien.

Lion-Hunting Scene, King Ashurbanipal
Scène de chasse au lion, roi Assurbanipal Osama Shukir Muhammed Amin (Copyright)

Juste avant la campagne d'Assurbanipal en Élam, son frère, Shamash-shum-ukin, qui dirigeait Babylone, s'était révolté. Il s'était secrètement allié aux Élamites et avait même encouragé leur invasion de l'Assyrie plus tôt dans le règne d'Assurbanipal. Assurbanipal marcha sur Babylone et assiégea la ville pendant quatre ans.

Les inscriptions de l'époque racontent ce que les défenseurs de Babylone durent endurer derrière les murs: "Ils mangèrent la chair de leurs fils et de leurs filles à cause de la famine". Lors de la chute de la ville, les soldats assyriens exterminèrent ceux qui avaient survécu si longtemps et, comme l'écrit Assurbanipal, "j'ai détruit le reste des vivants... et j'ai donné leurs corps découpés en morceaux aux chiens, aux porcs, aux loups, aux aigles, aux oiseaux du ciel et aux poissons de l'abîme". Shamash-shum-ukin s'immola dans son palais pour échapper à la capture. Assurbanipal plaça alors un fonctionnaire assyrien nommé Kandalu sur le trône de Babylone.

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Après le siège de Babylone et la destruction de l'Élam, Assurbanipal se consacra à l'un de ses grands centres d'intérêt: les livres. Conscient de l'importance de préserver le passé, il envoya des émissaires dans toutes les régions qu'il contrôlait et leur demanda de récupérer ou de copier les livres de la ville ou du village en question, et de les rapporter à Ninive pour la bibliothèque royale.

Bien qu'il n'ait pas été le premier roi à collectionner les livres, il fut le premier à faire de cette collection une priorité. Assurbanipal prétendait pouvoir lire l'écriture cunéiforme en akkadien et en sumérien, et sa collection d'écrits était vaste. Selon Kriwaczek, "Assurbanipal est allé plus loin que la simple capacité à lire et a revendiqué une maîtrise complète de tous les arts scribaux" (250). Selon ses propres termes, Assurbanipal affirma:

Moi, Ashurbanipal, dans le palais, j'ai compris la sagesse de Nabu [le dieu de l'apprentissage]. Tout l'art de l'écriture, quel qu'il soit. Je me suis rendu maître de tout cela. J'ai lu les tablettes de Sumer, pleines de finesses, et la sombre langue akkadienne difficile à utiliser correctement; j'ai pris plaisir à lire les pierres inscrites avant le déluge. Le meilleur de l'art scribal, des travaux qu'aucun des rois qui m'ont précédé n'a jamais appris, des remèdes du sommet de la tête aux ongles des pieds, des sélections non canoniques, des enseignements intelligents, tout ce qui a trait à la maîtrise médicale des [dieux] Ninurta et Gala, je l'ai écrit sur des tablettes, vérifié et collationné, et je l'ai déposé dans mon palais pour qu'on les lise et les consulte".

Kriwaczek note en outre qu'il ne s'agissait pas d'une vaine vantardise du roi, car il existe des preuves réelles qu'Assurbanipal pouvait composer en cunéiforme et cite des tablettes signées par l'auteur en tant qu'"Assurbanipal, roi d'Assyrie". À sa mort, sa bibliothèque abritait plus de 30 000 tablettes d'argile sur lesquelles étaient écrits certains des plus grands chefs-d'œuvre de la littérature mésopotamienne, dont l'Épopée de Gilgamesh et l'Enuma Elish, le récit babylonien de la création.

King Ashurbanipal
Roi Assurbanipal Artaxiad (GNU FDL)

Déclin et chute

Assurbanipal régna sur l'empire pendant 42 ans, période durant laquelle il mena des campagnes fructueuses et gouverna de manière efficace. Cependant, l'empire s'était trop étendu et les régions étaient surtaxées. En outre, l'immensité du domaine assyrien rendait difficile la défense des frontières. Aussi nombreuse qu'ait été l'armée, il n'y avait pas assez d'hommes pour maintenir une garnison dans chaque fort ou avant-poste important.

À la mort d'Assurbanipal, en 627 avant notre ère, l'empire commença à se désagréger. Ses fils et successeurs, Assur-etli-Ilâni, Sîn-Shar-Ishkun et Assur-uballit II, tous des souverains inefficaces, se disputèrent le trône. Alors qu'ils se battaient pour le contrôle de l'empire, ce même empire se désintégra peu à peu. Les territoires sous domination assyrienne virent leur chance d'indépendance et la saisirent; des régions commencèrent à s'en détacher avec succès. Le régime de l'empire assyrien était perçu comme trop dur par ses sujets, en dépit des progrès et du luxe que le fait d'être un citoyen assyrien pouvait apporter, et les anciens États vassaux se révoltèrent.

En 612 avant notre ère, Ninive fut mise à sac et brûlée par une coalition de Babyloniens, de Perses, de Mèdes et de Scythes, entre autres (tout comme Assur, Kalkhu et les autres villes assyriennes). La destruction du palais fit tomber les murs enflammés sur la bibliothèque d'Assurbanipal et, bien que cela ait été loin de l'intention d'origine, cela préserva la grande bibliothèque et l'histoire des Assyriens, en faisant durcir et en enterrant les tablettes d'argile. Kriwaczek écrit:

C'est ainsi que les ennemis de l'Assyrie échouèrent dans leur objectif lorsqu'ils rasèrent Assur et Ninive en 612 avant notre ère, quinze ans seulement après la mort d'Assurbanipal: l'effacement de la place de l'Assyrie dans l'histoire. (255)

Cependant, la destruction des grandes villes assyriennes fut si complète que, deux générations après la chute de l'empire, personne ne savait où elles se trouvaient.

Les ruines de Ninive furent recouvertes par les sables et restèrent enfouies pendant les 2 000 ans qui suivirent. La dynastie des Sargonides avait porté l'empire assyrien à son apogée en tant qu'entité politique et militaire, mais, comme plus tard avec Rome, l'empire était devenu trop grand pour être maintenu.

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Les historiens ont émis l'hypothèse que c'est peut-être la raison pour laquelle Assurbanipal ne serait jamais reparti à la conquête de l'Égypte après que celle-ci se soit révoltée contre la domination assyrienne; il avait peut-être compris que l'empire était déjà trop grand pour être gouverné de manière efficace. Il fut le dernier roi capable de maintenir la cohésion de l'empire, mais même si ses fils avaient été de meilleurs hommes et de meilleurs dirigeants, l'empire n'aurait pas pu survivre beaucoup plus longtemps; il était tout simplement devenu trop grand et s'effondra sous le poids de cette vaste étendue.

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Questions & Réponses

Qu'était la dynastie des Sargonides?

La dynastie sargonide (722-612 av. J.-C.) fut la dernière dynastie régnante de l'Empire néo-assyrien. Elle fut fondée par Sargon II (r. 722-705 av. J.-C.).

Qui étaient les rois de la dynastie sargonide?

Les rois de la dynastie sargonide, de 722 à 627 avant notre ère, étaient: Sargon II, Sennachérib, Assarhaddon et Assurbanipal. Entre 627 et 612 avant notre ère, les fils incompétents d'Assurbanipal se disputèrent l'empire alors qu'il s'effondrait.

Pourquoi la dynastie sargonide est-elle célèbre?

La dynastie sargonide est célèbre pour avoir marqué l'apogée de l'Empire néo-assyrien grâce à ses victoires militaires et à son expansion, qui permirent un essor culturel important. Elle fut également la dernière dynastie à régner sur l'Empire assyrien.

Qu'est-ce qui a causé la chute de la dynastie sargonide?

La dynastie sargonide s'est effondrée parce que l'empire était devenu trop vaste pour être maintenu, mais aussi en raison de l'inefficacité des fils d'Assurbanipal. L'empire est tombé aux mains d'une coalition composée des Perses, des Mèdes, des Babyloniens et d'autres peuples qui rejetaient la domination assyrienne.

Traducteur

Babeth Étiève-Cartwright
Babeth, responsable de Traduction, est diplômée en anglais et en français langue étrangère. Parlant couramment le français, l'anglais et l'italien, elle a enseigné l'anglais au British Council à Milan, en Italie.

Auteur

Joshua J. Mark
Joshua J. Mark est cofondateur et Directeur de Contenu de la World History Encyclopedia. Il était auparavant professeur au Marist College (NY) où il a enseigné l'histoire, la philosophie, la littérature et l'écriture. Il a beaucoup voyagé et a vécu en Grèce et en Allemagne.

Citer cette ressource

Style APA

Mark, J. J. (2025, juillet 23). Dynastie des Sargonides. (B. Étiève-Cartwright, Traducteur). World History Encyclopedia. https://www.worldhistory.org/trans/fr/1-12970/dynastie-des-sargonides/

Style Chicago

Mark, Joshua J.. "Dynastie des Sargonides." Traduit par Babeth Étiève-Cartwright. World History Encyclopedia, juillet 23, 2025. https://www.worldhistory.org/trans/fr/1-12970/dynastie-des-sargonides/.

Style MLA

Mark, Joshua J.. "Dynastie des Sargonides." Traduit par Babeth Étiève-Cartwright. World History Encyclopedia, 23 juil. 2025, https://www.worldhistory.org/trans/fr/1-12970/dynastie-des-sargonides/.

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