Tragédie Grecque Antique

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Définition

Mark Cartwright
de , traduit par Babeth Étiève-Cartwright
publié le 16 mars 2013
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Disponible dans ces autres langues: anglais, espagnol, Turc
Greek Tragedy Theatre Mask (by Mark Cartwright, CC BY-NC-SA)
Masque de théâtre grec
Mark Cartwright (CC BY-NC-SA)

La tragédie grecque était une forme de théâtre populaire et influente jouée dans les théâtres de la Grèce antique à partir de la fin du VIe siècle avant Jésus-Christ. Les dramaturges les plus célèbres du genre étaient Eschyle, Sophocle et Euripide et nombre de leurs œuvres étaient encore jouées des siècles après leur première. La tragédie grecque donna naissance à la comédie grecque et, ensemble, ces genres constitue la base sur laquelle repose tout le théâtre moderne.

Les origines de la tragédie

Les origines exactes de la tragédie (tragōida) sont débattues par les spécialistes. Certains ont lié l'essor du genre, qui débuta à Athènes, à une forme d'art antérieure, l'interprétation lyrique de la poésie épique. D'autres suggèrent un lien étroit avec les rituels accomplis dans le cadre du culte de Dionysos, tels que le sacrifice de chèvres - un rituel de chant appelé trag-ōdia - et le port de masques. En effet, Dionysos devint connu en tant que dieu du théâtre et peut-être y a-t-il un autre lien - les rites de boisson qui avaient pour conséquence que le fidèle perdait le contrôle total de ses émotions et devenait en fait une autre personne, un peu comme les acteurs (hupokritai) espèrent le faire lorsqu'ils jouent. La musique et la danse du rituel dionysiaque étaient particulièrement évidentes dans le rôle du chœur et la musique fournie par un joueur d'aulos, mais des éléments rythmiques étaient également préservés dans l'utilisation d'abord du tétramètre trochaïque, puis du trimètre iambique dans l'énoncé des paroles.

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Une tragédie

Jouée dans un théâtre en plein air (theatron) comme celui de Dionysos à Athènes et apparemment ouverte à toute la population masculine (la présence des femmes est contestée), l'intrigue d'une tragédie était presque toujours inspirée d'épisodes de la mythologie grecque, qui, rappelons-le, faisait souvent partie de la religion grecque. En conséquence de ce sujet sérieux, qui traitait souvent du bien et du mal moral, aucune violence n'était autorisée sur la scène et la mort d'un personnage devait être entendue depuis le hors-scène et non vue. De même, au moins dans les premiers temps du genre, le poète ne pouvait pas faire de commentaires ou de déclarations politiques à travers la pièce, et le traitement plus direct des événements contemporains devait attendre l'arrivée d'un genre moins austère et conventionnel, la comédie grecque.

Les premières tragédies n'avaient qu'un seul acteur qui se produisait en costume et portait un masque, ce qui lui donnait la présomption de se faire passer pour un dieu. Nous pouvons peut-être voir ici le lien avec les rituels religieux antérieurs où les procédures pouvaient être exécutées par un prêtre. Plus tard, l'acteur s'adressait souvent au chef du chœur, un groupe comptant jusqu'à 15 acteurs qui chantaient et dansaient mais ne parlaient pas. Cette innovation est attribuée à Thespis vers 520 av. J.-C. L'acteur changeait également de costume au cours de la représentation (en utilisant une petite tente derrière la scène, la skēne, qui se transformerait plus tard en une façade monumentale) et divisait ainsi la pièce en épisodes distincts. C'est à Phrynichos que l'on doit l'idée de diviser le chœur en différents groupes représentant les hommes, les femmes, les anciens, etc. Finalement, trois acteurs furent autorisés sur scène - une limitation qui permettait l'égalité entre les poètes en compétition. Cependant, une pièce pouvait compter autant d'interprètes non parlants que nécessaire, de sorte que, sans aucun doute, les pièces bénéficiant d'un soutien financier plus important pouvaient monter une production plus spectaculaire avec des costumes et des décors plus raffinés. Enfin, on attribue à Agathon l'ajout d'interludes musicaux sans rapport avec l'histoire en soi.

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La tragédie en compétition

Outre les représentations en compétition, de nombreuses pièces furent mises par écrit pour être publiées et passer à la postérité.

Le concours le plus célèbre pour la représentation de tragédies se déroulait dans le cadre du festival de printemps de Dionysos Eleuthéreus ou des Dionysies de la ville d'Athènes, mais il y en avait beaucoup d'autres. Les pièces qui cherchaient à être jouées dans le cadre des concours d'une fête religieuse (agōn) devaient passer par un processus d'audition jugé par l'archonte. Seules celles jugées dignes de la fête recevaient le soutien financier nécessaire pour se procurer un chœur coûteux et du temps de répétition. L'archonte désignait également les trois chorēgoi, les citoyens qui devaient chacun financer le chœur d'une des pièces choisies (l'État payait le poète et les acteurs principaux). Les pièces des trois poètes sélectionnés étaient jugées le jour même par un jury et le prix pour le vainqueur de ces concours, outre l'honneur et le prestige, était souvent un chaudron tripode en bronze. À partir de 449 av. J.-C., il y avait aussi des prix pour les acteurs principaux (prōtagōnistēs).

Sophocles
Sophocle
Mark Cartwright (CC BY-NC-SA)

Les auteurs de tragédies

Le premier des grands poètes tragiques fut Eschyle (vers 525 - vers 456 av. J.-C.). Grand innovateur, il ajouta un second acteur pour les rôles mineurs et, en incluant davantage de dialogues dans ses pièces, il tira davantage de drame des histoires séculaires si familières à son public. Comme les pièces étaient soumises au concours par groupes de quatre (trois tragédies et un jeu de satyre), Eschyle reprit souvent un thème entre les pièces, créant ainsi des suites. L'une de ces trilogies est Agamemnon, Les porteurs de libations (ou Cheoephori) et Les Furies (ou Euménides), connues collectivement sous le nom d'Oresteia (Orestie). Eschyle aurait décrit son œuvre, composée d'au moins 70 pièces dont six ou sept ont survécu, comme "des morceaux du festin d'Homère" (Burn 206).

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Le deuxième grand poète du genre est Sophocle (c. 496-406 av. J.-C.). Extrêmement populaire, il ajouta un troisième acteur à la pièce et utilisa des décors peints, parfois même des changements de décors au cours de la pièce. Trois acteurs permettaient désormais une plus grande sophistication en termes d'intrigue. L'une de ses œuvres les plus célèbres est Antigone (vers 442 av. J.-C.), dans laquelle le personnage principal paie le prix ultime pour avoir enterré son frère Polynice contre la volonté du roi Kréon de Thèbes. Il s'agit d'une situation classique de tragédie - le droit politique de refuser les rites funéraires au traître Polynice s'oppose au droit moral d'une sœur qui cherche à enterrer son frère. Parmi ses autres œuvres figurent Œdipe Roi et Les Trachiniennes, mais il écrivit en fait plus de 100 pièces, dont sept ont survécu.

Le dernier des poètes classiques de la tragédie était Euripide (c. 484-407 av. J.-C.), connu pour ses dialogues astucieux, ses fines paroles de chœur et un certain réalisme dans son texte et sa présentation scénique. Il aimait poser des questions embarrassantes et déstabiliser le public en traitant de manière provocante des thèmes communs. C'est probablement la raison pour laquelle, bien qu'il ait été populaire auprès du public, il ne remporta que quelques concours de festivals. Sur environ 90 pièces, 19 ont survécu, dont la plus célèbre est Medée - où Jason, célèbre pour sa Toison d'or, abandonne le personnage principal pour la fille du roi de Corinthe, ce qui a pour conséquence que Medée tue ses propres enfants pour se venger.

Seating of the Theatre of Epidaurus
Théâtre d'Épidaure
Mark Cartwright (CC BY-NC-SA)

Héritage de la tragédie

Bien que les pièces aient été spécifiquement commandées pour être jouées lors de festivals religieux ou autres, nombre d'entre elles furent rejouées et copiées dans des textes destinés à la publication "de masse". Les textes considérés comme des classiques, en particulier ceux des trois grands tragédiens, furent même conservés par l'État comme documents officiels et inaltérables. En outre, l'étude des pièces "classiques" devint une partie importante du programme scolaire.

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Cependant, de nouvelles pièces étaient continuellement écrites et jouées, et avec la formation de guildes d'acteurs au IIIe siècle avant J.-C. et la mobilité des troupes professionnelles, le genre continua à se répandre dans le monde grec, les théâtres devenant une caractéristique commune du paysage urbain de la Grande Grèce à l'Asie mineure.

Dans le monde romain, les pièces de tragédie étaient traduites et imitées en latin, et le genre donna naissance à une nouvelle forme d'art à partir du Ier siècle avant J.-C., la pantomime, qui s'inspira de la présentation et des sujets de la tragédie grecque.

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Bibliographie

Traducteur

Babeth Étiève-Cartwright
Babeth s'est consacrée à la traduction après avoir enseigné l'anglais au British Council de Milan. Elle parle couramment le français, l'anglais et l'italien et a 25 ans d'expérience dans le domaine de l'éducation. Elle aime voyager et découvrir l'histoire et le patrimoine d'autres cultures.

Auteur

Mark Cartwright
Mark est un auteur, chercheur, historien et éditeur à plein temps. Il s'intéresse particulièrement à l'art, à l'architecture et à la découverte des idées que toutes les civilisations peuvent nous offrir. Il est titulaire d'un Master en Philosophie politique et est le Directeur de Publication de WHE.

Citer cette ressource

Style APA

Cartwright, M. (2013, mars 16). Tragédie Grecque Antique [Ancient Greek Tragedy]. (B. Étiève-Cartwright, Traducteur). World History Encyclopedia. Extrait de https://www.worldhistory.org/trans/fr/1-11827/tragedie-grecque-antique/

Style Chicago

Cartwright, Mark. "Tragédie Grecque Antique." Traduit par Babeth Étiève-Cartwright. World History Encyclopedia. modifié le mars 16, 2013. https://www.worldhistory.org/trans/fr/1-11827/tragedie-grecque-antique/.

Style MLA

Cartwright, Mark. "Tragédie Grecque Antique." Traduit par Babeth Étiève-Cartwright. World History Encyclopedia. World History Encyclopedia, 16 mars 2013. Web. 04 févr. 2023.

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