Hipparchia la Cynique: Femme Dévouée, Mère et Philosophe au Franc-Parler

Article

Joshua J. Mark
de , traduit par Babeth Étiève-Cartwright
publié le 28 mai 2021
X
translations icon
Disponible dans ces autres langues: anglais

Philosophe cynique, épouse de Cratès de Thèbes (C. 360 - 280 av. J.-C.) et mère de ses enfants, Hipparchia de Maronée (c. 350 - 280 av.J.-C.) défia les normes sociales pour vivre ses convictions. Elle est d'autant plus impressionnante qu'elle enseignait et écrivait à Athènes où les femmes étaient considérées comme des individus de seconde classe.

Fresco of Hipparchia & Crates
Fresque d'Hipparchia et Cratès
Unknown (Public Domain)

Hipparchia était originaire de la riche cité septentrionale de Maronée, célèbre pour sa production de vin et centre de commerce prospère. Elle était issue d'une famille riche, très probablement impliquée dans la fabrication ou la vente de vin, mais elle renonça à sa position privilégiée pour épouser Cratès, un philosophe cynique sans le sou, et adopter son style de vie de pauvreté cynique. Elle vécut avec lui dans les rues d'Athènes, lui donna deux enfants qu'elle éleva tout en enseignant, en écrivant et probablement en voyageant, et on pense qu'après la mort de son mari, elle reprit les responsabilités de l'école qu'il avait fondée.

Supprimer la pub
Advertisement
Hipparchia brille d'autant plus que la société dans laquelle elle vivait ne tenait pas les femmes en très haute estime.

Elle aurait épousé Cratès alors qu'elle était jeune et qu'il était beaucoup plus âgé. Elle prit donc probablement soin de lui lorsque sa santé commença à décliner avant de mourir de causes naturelles. Ses réalisations seraient impressionnantes pour n'importe qui à n'importe quelle époque de l'histoire, mais Hipparchia brille d'autant plus qu'elle vécut dans une société qui ne tenait pas les femmes en très haute estime.

Dans l'Athènes antique, les femmes servaient principalement les hommes à la maison en tant qu'épouses ou lors des festivals et des fêtes en tant que prostituées, tandis qu'en tant que filles, elles étaient des pions à jouer pour acquérir la richesse et le prestige par le mariage. Hipparchia de Maronée bouleversa tout ce paradigme, mais, malheureusement, son exemple ne serait pas suivi par ses contemporaines Athéniennes.

Supprimer la pub
Advertisement

Les femmes de la Grèce antique

Dans la Grèce antique, en dehors de Sparte, les femmes occupaient une position sociale juste un peu supérieure à celle des esclaves. Elles n'avaient aucune voix politique ou juridique, et leur identité était entièrement définie par les hommes qui faisaient partie de leur vie, d'abord leur père, puis leur mari, et enfin leur fils. La spécialiste et historienne Helena P. Schrader note:

L'absence quasi-totale de femmes grecques dans l'histoire antique (par opposition à la mythologie et au théâtre grecs) est fonction du fait que les historiens de l'Antiquité étaient principalement des hommes athéniens des périodes classique ou hellénistique. Les Athéniens de ces périodes ne pensaient pas que les femmes devaient être vues - et encore moins entendues - en public. Les femmes n'avaient aucun rôle public et n'avaient donc rien à faire en politique ou en histoire. Comme l'a dit Périclès dans l'un de ses plus célèbres discours, "La plus grande gloire d'une femme est d'être la moins discutée, qu'on vous loue ou qu'on vous critique" (Thucydide, Histoire de la guerre du Péloponnèse, 2:46). (Schrader, 1)

Détail révélateur, même à Sparte, où les femmes étaient considérées comme les quasi-égales des hommes et exerçaient souvent un contrôle considérable sur eux en public, les dates de Gorgô de Sparte sont inconnues, et elle est définie dans l'histoire comme l'épouse du célèbre roi Léonidas (r. de 490 à 480 av. J.-C.), héros de la bataille des Thermopyles. Sparte était la plus progressiste des cités-États grecques en ce qui concerne les droits et le statut des femmes, et pourtant, on ne trouve même pas ici les dates de l'une des plus célèbres reines. Gorgô est régulièrement datée comme étant la fille du roi Cléomène (r. de 520 à 490 av. J.-C.) ou l'épouse de Léonidas. L'expert Thomas Cahill commente la façon dont les femmes étaient considérées en général dans les cités-États grecques et plus particulièrement à Athènes:

Supprimer la pub
Advertisement

Les filles de bonne famille... commencent comme des êtres présexués, sont apprivoisées par la pénétration conjugale et s'installent aussitôt pour accomplir le travail qui leur revient: tenir la maison de l'homme et élever ses enfants. Il n'y a pas de véritable idéal pour la femme grecque, pas d'éternité nue, seulement les tâches du devenir: préparation, mariage, accouchement, éducation des enfants, tolérance de la société si elle survit à la ménopause, mort. (216)

Bien que les déesses aient fréquemment joué des rôles importants dans la religion grecque et qu'Athènes elle-même ait revendiqué la déesse Athéna en tant que divinité protectrice, les femmes dans la vie quotidienne se voyaient refuser toute participation à leur statut. L'éducation d'une fille à Athènes était considérée comme une perte de temps totale, car elle n'aurait jamais l'occasion d'en faire usage.

Greek Woman
Femme grecque
Thomas Hope (Public Domain)

Les filles étaient élevées par leurs mères pour apprendre le "travail des femmes", qui était entièrement axé sur la gestion d'un foyer pour un homme. Les filles étaient mariées à des hommes beaucoup plus âgés pour officialiser des transactions commerciales ou ajouter des terres et des richesses à la famille de l'époux et ne pouvaient même pas demander le divorce ou se représenter elles-mêmes devant un tribunal à moins d'être métisse (née à l'étranger). La compagne de Périclès d'Athènes (495-429 av. J.-C.), Aspasie de Milet (c. 470-410/400 av. J.-C.), fut une exception notable à l'invisibilité générale des femmes athéniennes, et ce très probablement parce qu'elle était métisse.

L'école cynique et Cratès

Maronée n'était pas plus progressiste qu'Athènes en matière de droits des femmes et les filles y étaient élevées selon les mêmes politiques. Les écoles philosophiques qui commencèrent à fleurir dans toute la Grèce après l'école de Thalès de Milet (c. 585 av. J.-C.) étaient fermées aux femmes. Même si Socrate (c. 470/469-399 av. J.-C.) semble avoir eu une haute opinion des femmes, et même - selon Platon - avoir attribué à une certaine Diotime le mérite de lui avoir enseigné le sens du véritable amour, il n'avait pas d'étudiantes.

Supprimer la pub
Advertisement

Platon (c. 438/427-348/347 av.J.-C.) n'en avait pas non plus, et on n'en trouve aucune dans les écoles fondées par les élèves de Socrate, à l'exception d'Arété, la fille du philosophe hédoniste Aristippe de Cyrène (c. 435-356 av.J.-C.) qui non seulement dirigea l'école de Cyrène après la mort de son père, mais instruisit son fils, Aristippe le Jeune, dans la vision de son père.

La définition moderne du "cynique", qui désigne aujourd'hui une personne sceptique, provient de cette école qui remettait en question toutes les conventions sociales.

L'école cyrénaïque enseignait que le plaisir était le plus grand but de la vie et la recherche du plaisir son sens ultime. Pour vivre pleinement l'existence et en profiter, enseignait Aristippe, il fallait s'éduquer à ce qui était vraiment bon et à ce qui était une perte de temps irritante, puis se consacrer au premier. Les plaisirs doivent être appréciés tant que l'on ne se laisse pas contrôler par eux. On pouvait boire autant de vin qu'on le souhaitait, par exemple, tant qu'on pouvait honnêtement s'en passer.

La vision d'Aristippe fut contestée par les écoles fondées par les autres élèves de Socrate, mais surtout par l'école cynique fondée par Antisthène d'Athènes (c. 445-365 av. J.-C.), qui prônait une vie simple et sans ornementation afin de vivre pleinement la réalité. Les cyniques étaient appelés ainsi parce que les gens croyaient qu'ils vivaient comme des chiens, ne possédant rien et poursuivant leurs propres intérêts, et les appelaient par le nom grec pour "chien" (kynos) traduit par "cynique", qui est aujourd'hui compris comme quelqu'un de sceptique; une définition qui vient de l'école qui remettait en question toutes les conventions sociales. Antisthène prêchait une doctrine d'austérité à l'extrême par laquelle on pouvait être libre en renonçant à tous les oripeaux de la société et aux valeurs conventionnelles, y compris ses possessions et sa position, et en vivant sans aucune obligation envers quiconque.

Supprimer la pub
Advertisement

L'élève le plus célèbre d'Antisthène était Diogène de Sinope (c. 404 - 323 av. J.-C.) qui est surtout connu pour avoir tenu une lanterne ou une bougie devant le visage des gens en plein jour dans les rues d'Athènes en disant qu'il cherchait un homme honnête. Par "honnête", il entendait "réel", c'est-à-dire quelqu'un qui ne se contentait pas de jouer le rôle qu'il avait accepté de ses parents et de la société, mais qui était un véritable être humain vivant selon sa propre compréhension du monde et de sa place dans celui-ci. Diogène influença un certain nombre de jeunes hommes d'Athènes, en particulier celui qui s'y était rendu spécialement pour étudier la philosophie et devenir le genre d'homme que Diogène recherchait: Cratès de Thèbes.

Crates of Thebes [Painting]
Cratès de Thèbes [peinture]
Wikipedia User: PhidiasNL (Public Domain)

Cratès adopta instantanément la vision de Diogène et la vécut aussi pleinement que son maître. Alors que Diogène pouvait être quelque peu abrasif et rébarbatif, Cratès était doux et accueillant. Il entrait souvent chez les gens sans être invité et sans s'annoncer lorsqu'il entendait que quelqu'un avait besoin d'un conseil ou d'une consolation, et sa personnalité joyeuse faisait qu'il était le bienvenu partout où il allait. Après avoir aidé le jeune philosophe Métroclès de Maronée à résoudre un problème, Métroclès le présenta à sa sœur, Hipparchia, qui tomba amoureuse du philosophe plus âgé.

Hipparchia, épouse et mère

Selon l'historien Diogène Laërce, Hipparchia ne daigna considérer aucun des nombreux prétendants à sa main, les rejetant tous et menaçant de se suicider si ses parents ne consentaient pas à son mariage avec Cratès:

Vous aimez l'Histoire?

Abonnez-vous à notre newsletter hebdomadaire gratuite!

Elle est tombée amoureuse des discours et de la vie de Cratès et n'a prêté attention à aucun de ses prétendants, à leur richesse, à leur haute naissance ou à leur beauté. Mais pour elle, Cratès était tout. Elle avait même l'habitude de menacer ses parents de se séparer d'elle si elle n'était pas donnée en mariage à Cratès. Cratès fut donc imploré par ses parents de dissuader la jeune fille, et il fit tout ce qu'il put, et finalement, ne parvenant pas à la persuader, il se leva, ôta ses vêtements devant elle, et dit : "Voici l'époux, voici ses biens : fais ton choix en conséquence, car tu ne seras pas mon aide si tu ne partages pas mes occupations". La jeune fille choisit et, adoptant le même vêtement, se promena avec son mari, vécut avec lui en public et sortit dîner avec lui. (Livre VI. Ch. 7, 96-97)

Hipparchia se dévoua à Cratès en embrassant pleinement sa philosophie. Tous les rapports existants sur sa vie suggèrent fortement qu'elle avait été attirée par Cratès parce qu'elle l'avait reconnu comme un homme vraiment honnête, sans prétention et sans les couches de pièges que la société imposait aux gens. Dans la Grèce antique, les femmes qui choisissaient autre chose que le mariage, le divertissement ou la prostitution n'avaient que peu d'options. En Cratès, Hipparchia aurait vu une occasion de vivre comme elle l'entendait, en dehors des diktats de la société, même s'il ne fait aucun doute qu'elle était réellement attirée par lui et lui par elle.

Tous les ouvrages qui lui sont consacrés datent de longtemps après sa mort, et nombre d'entre eux sont soupçonnés d'être plus légendaires que factuels, mais on raconte qu'à un moment donné, Cratès la critiqua pour lui avoir tissé un manteau parce qu'il se demandait si elle l'avait fait par pure compassion ou parce qu'elle voulait être perçue par les autres comme une bonne épouse jouant son rôle traditionnel de s'occuper de son mari. Cette histoire, relatée dans les Épîtres cyniques (1er siècle de notre ère), n'est peut-être pas historiquement exacte, mais on pense qu'elle fut transmise par tradition orale par les disciples du couple. Elle souligne la dévotion d'Hipparchia envers son mari, qui risqua sa réprobation pour lui fournir des vêtements chauds.

Crates of Thebes by Giordano
Cratès de Thèbes par Giordano
Velvet (Public Domain)

De même, elle est dépeinte comme une mère consciencieuse qui prit soin de soi pendant sa première grossesse et accoucha de son fils, Pasiclès, sans aucun problème grâce à sa discipline cynique. On dit qu'elle l'éleva, ainsi que sa fille (nom inconnu), selon les croyances cyniques. La simplicité de la vie était considérée comme la vraie vie et ainsi, au lieu d'une possession coûteuse comme un berceau, Pasiclès aurait été bercé dans une grande écaille de tortue, baigné dans de l'eau froide pour animer son esprit, et nourri avec juste ce qu'il fallait pour le satisfaire et le nourrir, mais pas assez pour encourager le luxe ou la dissipation de l'esprit. Bien qu'aucun récit ne mentionne comment sa fille fut élevée, on suppose qu'Hipparchia maintint la même discipline et la même politique.

Hipparchia la philosophe

Hipparchia aurait écrit un certain nombre de discours, de traités et de lettres, mais aucun de ces écrits n'a survécu. La spécialiste Joyce E. Salisbury décrit sa vie avec son mari:

Hipparchia menait la vie simple d'un cynique, s'habillant des mêmes vêtements grossiers que Cratès et s'engageant dans le discours public des philosophes... Hipparchia rejoignait Cratès lors des dîners publics, choquant les hommes grecs qui s'attendaient à ce que seules des prostituées apparaissent à ces rassemblements. (159)

Les deux principales sources d'information sur la vie d'Hipparchia - les Vies des philosophes éminents de Diogène Laërce (IIIe siècle de notre ère) et le Suda (Xe siècle) - fournissent les récits les plus connus de la vie philosophique et publique d'Hipparchia. Les deux récits ont trait à sa relation professionnelle - et apparemment antagoniste - avec le philosophe cyrénaïque Théodore de Cyrène (alias Théodore l'Athée, c. 340 - c. 250 av. J.-C.) qui, comme son mentor Aristippe le Jeune, prônait le plaisir comme but ultime de la vie et, comme Aristippe de Cyrène , faisait payer les étudiants pour assister à ses conférences. Il affirmait et enseignait également que l'éducation allait de pair avec la recherche du plaisir en ce sens qu'il fallait être éduqué pour reconnaître ce qui valait la peine d'être poursuivi dans la vie.

Fresco of Hipparchia of Maroneia
Fresque d'Hipparchia de Maronée
Unknown (Public Domain)

Hipparchia aurait écrit de nombreuses lettres à Théodore, supposées être des arguments contre ses affirmations et sa pratique de faire payer ses connaissances. Le contenu de ces lettres est inconnu, mais les deux épisodes concernant Hipparchia et Théodore en public suggèrent fortement que les lettres étaient une série d'arguments philosophiques et de réfutations des croyances de l'autre. Salisbury donne la version de Suda du récit de Laërce d'un dîner au cours duquel Théodore essaya d'embarrasser et de faire honte à Hipparchia:

Quelque jour Lysimaque en donnait un [dîner]; elle s'y trouva et y disputa contre Théodore, surnommé l'Athée, en lui opposant le sophisme suivant :

« Tout ce que Théodore peut faire sans s'attirer de reproche, Hipparchie le peut aussi, sans mériter qu'on la blâme. Or, si Théodore se frappe lui-même, il ne fera injustice à personne; ainsi, si Hipparchie frappe Théodore, elle n'en commettra envers qui que ce soit. »

Théodore ne répondit rien à ce raisonnement; il se contenta de tirer Hipparchie par la jupe. Cette action ne l'émut ni ne la déconcerta. (159)

Plus tard, lors de cette même fête (il semblerait), Théodore décida de rappeler à toutes les personnes présentes qu'Hipparchia était une femme et qu'en tant que telle, elle devrait être chez elle à s'occuper de "travaux de femmes" tels que le tissage. Diogène Laërce rapporte que Théodore s'écria: "Qui est cette femme qui a laissé sa navette auprès de sa toile?", en référence au rôle traditionnel de la femme en tant que tisserande. Hipparchia aurait répondu : "C'est moi, Théodore; mais trouvez-vous que j'aie pris un mauvais parti, d'employer à m'instruire le temps que j'aurais perdu à faire de la toile?". (Livre VI, ch. 7, 98). Théodore n'avait pas de réponse à cette question car il ne pouvait pas répondre sans soit contredire ses propres enseignements concernant l'importance de l'éducation, soit admettre que les femmes devraient être éduquées aussi bien que les hommes.

En dehors de ces deux anecdotes, de quelques références d'autres auteurs et d'une épigramme conservée par le poète romain Antipater de Sidon (IIe siècle de notre ère), on ne sait rien d'Hipparchia de Maronée, mais même ces références suffisent à suggérer qu'elle était très estimée et, sans doute, controversée à son époque et pendant de nombreux siècles par la suite. Le simple fait que Diogène Laërce l'ait incluse dans ses Vies des philosophes éminents au IIIe siècle de notre ère témoigne de la pérennité de son héritage.

Conclusion

Si la date de décès d'Hipparchia, 280 avant J.-C., est exacte, alors elle n'aurait dirigé l'école cynique d'Athènes que pendant quelques mois après la mort de Cratès et, ensuite, l'école serait retournée entre les mains des hommes. De nos jours, des chercheurs et des écrivains ont tenté de faire d'Hipparchia un modèle de proto-féminisme, affirmant que son exemple aurait inspiré d'autres femmes à rompre avec les rôles sociétaux et à vivre leur propre vie dans l'Antiquité. Joyce E. Salisbury fait une tentative très admirable de cette revendication, en écrivant:

Si une grande partie de son héritage intellectuel a été perdue, sa vie reste un exemple de nombreuses tendances caractéristiques du monde hellénistique. Dans le monde plus vaste et impersonnel des villes cosmopolites, les liens familiaux se brisent et certains jeunes hommes et femmes commencent à choisir leurs propres partenaires par amour au lieu d'alliances pratiques. Beaucoup ont également rejeté la religion et la moralité traditionnelles pour trouver un épanouissement personnel comme l'ont fait Hipparchia et Cratès, en suivant la philosophie et en défiant les conventions. En traçant leur propre voie, des personnes comme ce couple ont ouvert les choix offerts aux individus en Occident. (159-160)

Bien qu'il y ait certainement une part de vérité dans les affirmations de Salisbury, l'exemple d'Hipparchia n'a malheureusement pas inspiré la libération des femmes à Athènes ou ailleurs dans la Grèce antique. L'Athènes antique est régulièrement saluée comme le "berceau de la démocratie", mais elle n'a jamais reconnu les droits, les sentiments ni même les aspirations de la moitié de sa population. Des femmes comme Aspasie et Hipparchia et quelques autres se distinguent dans l'histoire précisément parce que la reconnaissance de leur individualité et de leurs réalisations est si rare.

Supprimer la pub
Publicité

Traducteur

Babeth Étiève-Cartwright
Babeth s'est consacrée à la traduction après avoir enseigné l'anglais au British Council de Milan. Elle parle couramment le français, l'anglais et l'italien et a 25 ans d'expérience dans le domaine de l'éducation. Elle aime voyager et découvrir l'histoire et le patrimoine d'autres cultures.

Auteur

Joshua J. Mark
Auteur indépendant et ex-Professeur de Philosophie à temps partiel au Marist College de New York, Joshua J. Mark a vécu en Grèce et en Allemagne, et a voyagé à travers l'Égypte. Il a enseigné l'histoire, l'écriture, la littérature et la philosophie au niveau universitaire.

Citer cette ressource

Style APA

Mark, J. J. (2021, mai 28). Hipparchia la Cynique: Femme Dévouée, Mère et Philosophe au Franc-Parler [Hipparchia the Cynic: Devoted Wife, Mother, & Outspoken Greek Philosopher]. (B. Étiève-Cartwright, Traducteur). World History Encyclopedia. Extrait de https://www.worldhistory.org/trans/fr/2-121/hipparchia-la-cynique-femme-devouee-mere-et-philos/

Style Chicago

Mark, Joshua J.. "Hipparchia la Cynique: Femme Dévouée, Mère et Philosophe au Franc-Parler." Traduit par Babeth Étiève-Cartwright. World History Encyclopedia. modifié le mai 28, 2021. https://www.worldhistory.org/trans/fr/2-121/hipparchia-la-cynique-femme-devouee-mere-et-philos/.

Style MLA

Mark, Joshua J.. "Hipparchia la Cynique: Femme Dévouée, Mère et Philosophe au Franc-Parler." Traduit par Babeth Étiève-Cartwright. World History Encyclopedia. World History Encyclopedia, 28 mai 2021. Web. 20 avril 2024.

Adhésion