Invasion du Québec

Article

Harrison W. Mark
de , traduit par Babeth Étiève-Cartwright
publié le 19 janvier 2024
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Disponible dans ces autres langues: anglais

L'invasion du Québec (ou plus précisément de la province de Québec, septembre 1775-juin 1776) fut une campagne militaire menée pendant la guerre d'Indépendance américaine (1775-1783). Dans l'espoir d'inciter la province de Québec à se joindre à la rébellion, le deuxième Congrès continental envoya des troupes sous les ordres des généraux Richard Montgomery et Benedict Arnold pour occuper le Canada sous contrôle britannique. L'invasion se solda par une défaite américaine à la bataille de Québec.

Arnold's Column Is Shattered at the Battle of Quebec
La colonne d'Arnold est détruite lors de la bataille de Québec
Charles William Jefferys (Public Domain)

L'invasion marqua la première campagne offensive menée par l'armée continentale américaine, et ce malgré l'insistance du Congrès continental sur le fait qu'il menait une guerre purement défensive. Il s'agit d'une invasion sur deux fronts: une force coloniale de 1 200 hommes, sous les ordres du général Montgomery, quitta le fort Ticonderoga en septembre 1775, puis s'empara du fort Saint-Jean et occupa Montréal. Une seconde expédition de 1 100 hommes, dirigée par le général Arnold, partit de Cambridge (Massachusetts) et arriva à Québec en passant par le Maine. La force d'Arnold rejoignit celle de Montgomery et les Américains lancèrent l'assaut sur la ville de Québec le 31 décembre 1775. La bataille fut désastreuse pour les Américains: Montgomery fut tué, Arnold fut blessé et l'attaque américaine fut repoussée.

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Après la bataille de Québec, les Américains maintinrent un siège timide de la ville, pendant lequel leur armée fut ravagée par la variole. Au fur et à mesure que le siège se prolongeait, les loyalistes canadiens parvinrent à retourner l'opinion publique contre les envahisseurs américains, ce qui provoqua des troubles dans la ville de Montréal occupée par les Américains. En mai 1776, de nouvelles troupes britanniques et des mercenaires hessois sous les ordres du général John Burgoyne arrivèrent au Canada, ce qui enhardit le gouverneur canadien Guy Carleton à lancer une contre-offensive. En conséquence, l'armée continentale, rongée par la maladie, mit fin au siège et se replia sur le fort Ticonderoga. La défaite américaine mit fin à tout espoir de voir le Canada se joindre à la Révolution américaine (c. 1765-1789) et ouvrit la voie au général Burgoyne pour lancer sa campagne de Saratoga à travers la vallée de l'Hudson, dans l'État de New York, l'année suivante.

Contexte

Les colons américains se méfiaient de leurs voisins francophones et catholiques du nord.

Lorsque la guerre d'Indépendance éclata en 1775, la province de Québec était encore un ajout relativement récent à l'Empire britannique. Concentrée le long de la vallée du Saint-Laurent et s'étendant au-delà des Grands Lacs jusqu'aux rives de l'Ohio, la province de Québec avait été sous contrôle français jusqu'à la Guerre de la Conquête (1754-1763), lorsque la ville de Québec fut capturée par les Britanniques après la bataille des plaines d'Abraham (13 septembre 1759). Lorsque le traité de Paris mit fin à cette guerre en 1763, la France céda officiellement son territoire canadien à la Grande-Bretagne. Les Canadiens seraient désormais des sujets de la Couronne britannique, tout comme les colons américains des Treize Colonies le long de la côte atlantique. Cependant, les guerres intercoloniales avaient opposé les Canadiens et les Américains pendant près d'un siècle, et ces années de guerre sanglante ne s'oubliaient pas facilement. Les colons américains se méfiaient de leurs voisins francophones et catholiques du nord.

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En 1774, le Parlement britannique adopta l'Acte de Québec, qui protégeait le droit des Canadiens à pratiquer le catholicisme et étendait les frontières de la province de Québec jusqu'à la vallée de l'Ohio. Ces deux dispositions heurtèrent les colons américains: les Américains, très majoritairement protestants, craignaient l'empiètement du catholicisme sur leurs terres, tandis que les arpenteurs de Virginie se sentirent spoliés du territoire de l'Ohio qu'ils estimaient leur appartenir de droit. Dans le même temps, le conflit s'intensifia entre les treize colonies et le Parlement britannique et, à l'automne, nombreux étaient ceux qui pensaient que la guerre était inévitable. Malgré la haine générationnelle entre les Canadiens français et les Américains, le premier Congrès continental reconnut la valeur du soutien canadien et invita officiellement la province de Québec à se joindre à la lutte contre la tyrannie britannique. Le Congrès ne reçut aucune réponse.

Le 19 avril 1775, la tension monta d'un cran lorsque les premiers coups de feu de la guerre d'Indépendance américaine furent tirés dans le Massachusetts lors des batailles de Lexington et Concord, qui se soldèrent par une victoire américaine. Alors que les colons commençaient à assiéger les forces britanniques retranchées à Boston, un autre groupe de miliciens coloniaux, dirigé par Benedict Arnold et Ethan Allen, s'empara du fort Ticonderoga, sur le lac Champlain. Dans leur rapport au deuxième Congrès continental, Arnold et Allen notèrent que la province de Québec était mal défendue par les seules milices et qu'elle pourrait être occupée par une armée américaine de 1 200 hommes seulement. Arnold et Allen sollicitèrent l'honneur de mener une telle campagne, mais l'idée fut d'abord rejetée par le Congrès continental, qui ne voulait pas faire figure d'agresseur dans le conflit..

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American War of Independence, 1775 - 1783
Guerre d'indépendance américaine, 1775 - 1783
Simeon Netchev (CC BY-NC-SA)

La bataille de Bunker Hill (17 juin 1775) se solda par des pertes britanniques effroyables et réduisit considérablement les chances d'un compromis pacifique. Alors même que le Congrès envoyait la pétition du Rameau d'olivier à Londres dans un ultime effort pour négocier la paix, il commençait à se préparer à un conflit prolongé, en organisant l'armée continentale sous le commandement du général George Washington. Certains délégués du Congrès commencèrent également à reconsidérer l'idée d'une invasion du Québec, en particulier lorsqu'ils apprirent que le général Guy Carleton, gouverneur britannique du Québec, renforçait les fortifications canadiennes et utilisait activement le Canada comme base pour courtiser la Confédération iroquoise afin qu'elle se range du côté des Britanniques. Fin juin 1775, le Congrès donna au général Philip Schuyler l'autorisation de commencer à planifier une invasion du Canada, si l'occasion se présentait; l'espoir était qu'une invasion américaine convaincrait les patriotes canadiens de se soulever contre les Britanniques et de rejoindre la cause américaine en tant que quatorzième colonie.

Expédition de Montgomery

Le général Schuyler commença immédiatement à monter une expédition à Fort Ticonderoga. En août, Schuyler rassembla quelque 1 200 hommes, dont Ethan Allen et sa célèbre milice, les Green Mountain Boys. Cependant, juste avant le début de l'invasion, Schuyler tomba malade et confia le commandement de l'expédition au major général Richard Montgomery. D'origine irlandaise et vétéran de la Guerre de sept ans (plus précisément de la guerre de la Conquête), Montgomery avait démissionné de l'armée britannique en 1772 avant de s'installer à New York, où il avait épousé une femme d'une famille d'ardents patriotes américains. Montgomery s'identifia rapidement comme Américain et adopta les convictions anti-britanniques de sa femme; son idéologie politique et son expérience militaire faisaient de lui le candidat idéal pour mener l'attaque sur Québec.

Le 25 août 1775, le général Montgomery conduisit la force coloniale hors de Ticonderoga, suivit la rivière Richelieu jusqu'au fort Saint-Jean où elle arriva le 6 septembre. Le fort Saint-Jean se trouvait à l'extrémité nord du lac Champlain et gardait l'entrée de la province de Québec. Pendant plusieurs jours, les troupes coloniales se livrèrent à des escarmouches aux abords du fort, où elles affrontèrent les alliés autochtones de la Grande-Bretagne, dont la majeure partie était composée de Mohawks. Le 17 septembre, Montgomery assiégea officiellement le fort. Espérant tester la théorie selon laquelle les Canadiens français se précipiteraient à l'aide des Américains, Montgomery envoya Allen et les Green Mountain Boys recruter une nouvelle milice parmi les Canadiens. Allen, cependant, avait des plans plus ambitieux en tête; estimant que Montréal était faiblement défendue, il tenta de prendre la ville le 25 septembre, mais il fut vaincu à la bataille de Longue-Pointe et fut fait prisonnier.

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Capture of Ethan Allen
Capture d'Ethan Allen
H. C. Merrill, after F. C. Yohn (Public Domain)

Malgré ce petit revers, le siège du fort Saint-Jean se poursuivit avec une relative facilité. Le général britannique Carleton ne put pas faire grand-chose pour l'empêcher de progresser; les hommes désertaient ses milices à un rythme alarmant et il n'avait pas de soldats réguliers britanniques. Le 3 novembre, le fort finit par tomber aux mains des troupes de Montgomery. À cette nouvelle, Carleton s'enfuit à Québec, estimant que Montréal était indéfendable. Montgomery occupa donc Montréal le 13 novembre sans combattre. Montgomery s'attarda à Montréal pendant plusieurs jours, au cours desquels il publia des pamphlets en faveur de la cause américaine et rencontra les principaux sympathisants américains pour discuter de l'élection des délégués canadiens au Congrès continental. Pendant son séjour à Montréal, la période d'enrôlement de nombreuses troupes américaines expira, ne laissant à Montgomery que 500 hommes. Cependant, enhardi par son récent succès, Montgomery décida de poursuivre sa route jusqu'à Québec, en dépit de ses forces réduites. Il emmena 300 hommes avec lui et laissa le major général David Wooster et 200 soldats derrière lui pour tenir la garnison de Montréal.

Expédition d'Arnold

Alors que Montgomery poursuivait sa route vers Québec, une seconde expédition américaine se dirigeait vers la même destination. Benedict Arnold aspirait à retrouver la gloire à laquelle il avait goûté lors de la prise de Fort Ticonderoga et demanda au général Washington l'autorisation de mener une seconde expédition au Canada pour soutenir Montgomery. Washington y consentit et donna à Arnold 1 100 hommes pour l'expédition, dont Daniel Morgan et sa compagnie de fusiliers. Partant de Newburyport (Massachusetts), l'expédition d'Arnold arriva à l'embouchure de la rivière Kennebec, dans l'actuel État du Maine, le 19 septembre 1775. L'objectif était d'atteindre la ville de Québec en suivant les rivières du Maine.

Lorsque l'expédition fatiguée d'Arnold atteignit le fleuve Saint-Laurent le 9 novembre, elle comptait 675 hommes.

Pourtant, Arnold semble avoir sous-estimé l'étendue du terrain que lui et ses troupes allaient devoir traverser. Les bateaux utilisés pour remonter la Kennebec n'étaient pas étanches, ce qui entraîna la détérioration de la poudre à canon et des provisions. Les hommes étaient néanmoins dans de bonnes dispositions lorsque vint le temps de quitter la rivière Kennebec et de transporter les bateaux de 400 livres à travers les étendues sauvages du Maine pour atteindre la rivière Chaudière. Cependant, la combinaison d'un temps exécrable et d'un terrain marécageux eut rapidement raison du moral des hommes, surtout lorsque les provisions commencèrent à manquer à la mi-octobre. Dand un état pitoyable, trempés et affamés, des dizaines d'hommes firent alors demi-tour, tandis que d'autres tombèrent malades et furent laissés pour morts. Lorsque l'expédition fatiguée d'Arnold atteignit le fleuve Saint-Laurent le 9 novembre, elle comptait 675 hommes, les autres ayant déserté, étant morts ou ayant été abandonnés en cours de route. Les hommes d'Arnold s'arrêtèrent finalement à Pointe aux Trembles, à environ 32 km de Québec, où ils furent rejoints début décembre par Montgomery et ses troupes plutôt enthousiastes en comparaison.

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Bataille de Québec

Pendant les semaines qui s'écoulèrent entre la chute de Montréal et la jonction des forces de Montgomery et d'Arnold à Pointe aux Trembles, le général Guy Carleton prépara la ville de Québec en vue d'un siège. Carleton disposait d'une garnison de 1 800 hommes, une force que l'historien Robert Middlekauff décrit comme "un étrange mélange de miliciens, de soldats écossais, d'une poignée de marines et d'un grand nombre de marins tirés des navires du port" (311). La ville de Québec est centrée sur le cap Diamant, situé au confluent du fleuve Saint-Laurent et de son affluent, le Saint-Charles. Au pied du cap Diamant se trouve la partie de la ville connue sous le nom de Basse-Ville, défendue par des palissades construites à la hâte et un blockhaus. La partie principale de la ville, appelée Upper Town, est protégée sur trois côtés par des falaises abruptes et sur le côté ouest par un mur de 30 pieds qui surplombe les plaines d'Abraham.

Sir Guy Carleton
Sir Guy Carleton
Unknown (Public Domain)

Montgomery, Arnold et leurs 1 200 hommes encerclèrent la ville et, le 6 décembre, commencèrent à l'assiéger. Ils envoyèrent une lettre à Carleton pour lui demander de se rendre, mais le commandant britannique refusa et brûla la lettre sans la lire. Carleton savait que le temps jouait en sa faveur; il lui suffisait de tenir jusqu'au printemps, lorsque les glaces du Saint-Laurent dégèleraient, permettant ainsi aux renforts britanniques de remonter le fleuve pour lui venir en aide. En outre, les contrats d'enrôlement de la plupart des hommes de troupes américains, pitoyables et affamés, arrivaient à expiration à la fin de l'année, et il devenaient de plus en plus évident que la plupart d'entre eux n'étaient pas prêtes de se réengager. Montgomery se rendit compte qu'il devait prendre la ville avant la nouvelle année et décida que sa meilleure chance était d'attendre une tempête de neige, au cours de laquelle il pourrait s'approcher de Québec et escalader les murs sans se faire repérer, prenant ainsi la garnison par surprise. Le 27 décembre, Montgomery fut confronté à la tempête de neige qu'il attendait, mais le temps de mettre ses hommes en position, la tempête se calma et il fut contraint d'annuler l'assaut.

Il aurait une autre chance dans la nuit du 30 décembre, lorsqu'un nouveau blizzard, encore plus violent que le précédent, s'abattit sur Québec. Il fallut trois heures à Montgomery pour mettre ses hommes en position, et ce n'est qu'à 2 heures du matin, le 31 décembre, qu'ils commencèrent à bouger. Le plan consistait à attaquer la Basse-Ville, là où les défenses britanniques étaient considérées comme les plus faibles; Arnold dirigea 600 hommes contre le côté nord de la Basse-Ville, tandis que Montgomery dirigea 300 hommes contre le côté sud. Les hommes de Montgomery tirèrent des fusées en l'air pour indiquer aux troupes d'Arnold qu'il était temps d'avancer, mais la visibilité étant faible, les deux groupes furent rapidement désorientés et confus dans la neige aveuglante. Les hommes de Montgomery s'approchèrent finalement des murs de Québec vers 5 heures du matin, mais les sentinelles britanniques aperçurent la lumière vacillante émanant des lanternes des Américains. L'alarme fut donnée et les Britanniques ouvrirent le feu dès que les troupes de Montgomery furent à proximité.

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Le général Montgomery fut tué presque instantanément, son corps déchiqueté par la mitraille d'un canon britannique. Ses troupes vacillèrent puis se brisèrent sous les volées britanniques, les survivants s'enfuyant dans l'obscurité de la tempête. Au nord, les hommes d'Arnold furent également découverts et accueillis par plusieurs volées de mousquets britanniques; bien que les Américains n'aient pas pu riposter efficacement en raison de la hauteur du mur, ils tinrent bon et parvinrent finalement à franchir le mur. Arnold fut blessé à la jambe, laissant Daniel Morgan prendre le commandement alors que les Américains affluaient dans la ville basse. Les hommes de Morgan se battirent vaillamment mais ne savaient plus où donner de la tête lorsqu'ils ne virent ni Montgomery ni ses hommes; la révélation de la défaite de Montgomery fit paniquer les hommes de Morgan, ce dont Carleton ne tarda pas à tirer parti. Les Britanniques contre-attaquèrent et engagèrent les Américains dans des combats de rue à rue. À 9 heures du matin, la bataille était terminée. Plus de 400 Américains avaient été capturés, dont Morgan, et 80 autres avaient été tués ou blessés. Les Britanniques n'avaient subi que 19 pertes.

Death of General Montgomery in the Attack on Quebec
Mort du général Montgomery lors de l'attaque de Québec
John Trumbull (Public Domain)

Siège de Québec

Malgré l'humiliante défaite des Américains, Arnold n'était pas encore prêt à abandonner. Il se retira à environ un mille de Québec pour se regrouper et attendre, alors que des renforts commencèrent à arriver des colonies. En peu de temps, il encercla la ville de Québec et recommença à l'assiéger. Mais Carleton avait profité de l'accalmie pour s'approvisionner davantage et pouvait désormais tenir pendant des mois. L'état de la blessure d'Arnold s'aggrava, ce qui l'obligea à abandonner son commandement et à retourner à Montréal, où il fut remplacé par le général David Wooster. Le siège se poursuivit sans grand développement jusqu'à ce que la tentative de Carleton de briser le siège ne soit gâchée lors de la bataille de Saint-Pierre (25 mars 1776).

À ce moment-là, le Congrès continental envoya des milliers de renforts à Québec, dont l'expérimenté major général John Thomas, qui assuma le commandement général. Cependant, l'armée américaine fut bientôt ravagée par la variole qui handicapa une grande partie des soldats; beaucoup finirent par en mourir, y compris le général Thomas en personne. En outre, le mécontentement grondait dans la ville de Montréal occupée par les Américains; durant son administration de la ville, le général Wooster s'était fait beaucoup d'ennemis en emprisonnant des Loyalistes présumés et en forçant plusieurs communautés à rendre leurs armes. Les Canadiens en vinrent également à mépriser les troupes américaines qui paiyaient leurs services avec leur propre papier-monnaie plutôt qu'avec la monnaie britannique. En avril 1776, une délégation du Congrès continental vint évaluer l'opinion publique au Canada. La délégation, dont faisait partie Benjamin Franklin, constata que la population était largement opposée aux Américains. Cette découverte était préoccupante, car l'objectif de l'invasion était d'inciter les Canadiens à soutenir la révolution américaine.

Benedict Arnold, 1776
Benoît Arnold, 1776
Thomas Hart (Public Domain)

Le coup de grâce fut donné fin mai, lorsque le général britannique John Burgoyne arriva au Canada avec des milliers de troupes fraîches, dont des auxiliaires hessois, mercenaires des principautés allemandes de Hesse-Cassel et de Hesse-Hanau. L'arrivée de ces nouvelles forces encouragea Carleton à lancer une contre-offensive et il battit les Américains à la bataille de Trois-Rivières (8 juin), faisant de nombreux prisonniers. Le reste de l'armée américaine se replia sur la rivière Richelieu en direction de Ticonderoga, tandis qu'Arnold supervisa l'évacuation de Montréal. En juillet 1776, les Américains quittèrent le sol canadien, mettant fin à leur invasion qui se solda par un échec.

Retombées

L'invasion américaine du Québec fut la première grande défaite subie par les Américains au cours de la guerre d'Indépendance. Cette initiative désastreuse leur coûta de nombreuses vies, dont celles de Richard Montgomery et de John Thomas, deux de leurs meilleurs commandants. Elle mit également fin à tout espoir de voir la province de Québec se joindre à la guerre du côté américain, car elle plaça une fois pour toutes le Canada dans les bras des Britanniques. L'une des conséquences immédiates de l'échec de la campagne fut qu'il permit au général Burgoyne et à son armée britannique d'entamer l'année suivante la campagne de Saratoga, au cours de laquelle il descendit du Canada et pénétra dans la vallée de l'Hudson, dans l'État de New York. Cette campagne, qui culminerait avec les batailles de Saratoga, serait l'une des plus décisives de la guerre.

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Questions & Réponses

Qu'est-ce que l'invasion de la province de Québec ?

L'invasion américaine du Québec FUt une double invasion du Canada, menée par les forces américaines dans les premiers mois de la guerre d'Indépendance américaine. Elle se solda par un échec pour les Américains.

Qu'est-ce que la bataille de Québec de 1775 ?

La bataille de Québec de 1775 se déroula le 31 décembre, dans le cadre de la guerre d'Indépendance américaine. Elle vit la garnison britannique de la ville vaincre les troupes américaines, marquant la première grande défaite américaine de la guerre et mettant fin à l'invasion américaine du Québec.

Quand l'invasion de la province de Québec a-t-elle eu lieu ?

L'invasion de la province de Québec eut lieu pendant la guerre d'Indépendance américaine et dura de septembre 1775 à juin 1776.

Traducteur

Babeth Étiève-Cartwright
Babeth s'est consacrée à la traduction après avoir enseigné l'anglais au British Council de Milan. Elle parle couramment le français, l'anglais et l'italien et a 25 ans d'expérience dans le domaine de l'éducation. Elle aime voyager et découvrir l'histoire et le patrimoine d'autres cultures.

Auteur

Harrison W. Mark
Harrison Mark est diplômé de SUNY Oswego où il a étudié l'histoire et les sciences politiques.

Citer cette ressource

Style APA

Mark, H. W. (2024, janvier 19). Invasion du Québec [American Invasion of Quebec]. (B. Étiève-Cartwright, Traducteur). World History Encyclopedia. Extrait de https://www.worldhistory.org/trans/fr/2-2354/invasion-du-quebec/

Style Chicago

Mark, Harrison W.. "Invasion du Québec." Traduit par Babeth Étiève-Cartwright. World History Encyclopedia. modifié le janvier 19, 2024. https://www.worldhistory.org/trans/fr/2-2354/invasion-du-quebec/.

Style MLA

Mark, Harrison W.. "Invasion du Québec." Traduit par Babeth Étiève-Cartwright. World History Encyclopedia. World History Encyclopedia, 19 janv. 2024. Web. 12 avril 2024.

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