Pierre Gustave Toutant-Beauregard (P. G. T. Beauregard, 1818-1893) était un ingénieur et un général confédéré pendant la guerre de Sécession. Il est célèbre pour avoir été le premier général nommé à la tête de l'Armée provisoire des États confédérés (le 1er mars 1861) et pour avoir été l'officier confédéré qui ordonna les premiers tirs lors de la bataille de Fort Sumter, le 12 avril 1861, marquant ainsi le début de la guerre. Il devint ainsi le premier héros de guerre de la Confédération, et sa popularité dans le Sud s'accrut encore davantage après avoir commandé l'armée confédérée (aux côtés du général Joseph E. Johnston) lors de la première bataille de Bull Run (Première bataille de Manassas), le 21 juillet 1861, première grande bataille de la guerre de Sécession qui se solda par une victoire décisive des Confédérés.
Le penchant de Beauregard pour l'élaboration de plans de bataille complexes – souvent irréalistes ou impraticables –, ainsi que sa querelle persistante avec le président confédéré Jefferson Davis, l'écartèrent des feux de la rampe, Davis l'ayant à plusieurs reprises relevé de ses fonctions et envoyé sur le théâtre d'opérations occidental. Il commanda lors de la bataille de Shiloh (6-7 avril 1862) et repoussa de manière célèbre les troupes de l'Union pendant le siège de Petersburg (du 9 juin 1864 au 25 mars 1865), considéré comme son plus grand exploit militaire de la guerre.
Cependant, en raison de sa rivalité avec Davis, ainsi que de ses tensions avec ses collègues officiers, Beauregard n'est pas aussi connu aujourd'hui que d'autres généraux confédérés qui combattirent sur le théâtre de guerre de l'Est ou que ceux qui conservèrent leurs commandements, essentiellement parce qu'ils étaient amis avec Davis, comme Braxton Bragg.
De plus, après le conflit, il fut l'un des rares généraux confédérés – à l'instar de James Longstreet et de William Mahone – à défendre les droits civiques dans le Sud, le droit de vote des Noirs et la déségrégation, ce qui le rendit impopulaire auprès de ceux qui adhéraient au mythe de la "Cause perdue" et cherchaient à ramener le Sud à son état d'avant-guerre par le biais des lois Jim Crow.
Jeunesse et West Point
Beauregard vit le jour dans la paroisse de Saint-Bernard, en Louisiane, le 28 mai 1818. Il était le fils de Jacques Toutant-Beauregard et d'Hélène Judith de Reggio. Troisième enfant d'une famille créole de Louisiane, il avait trois frères et trois sœurs. Sa famille élargie comptait de nombreux Créoles de couleur et, enfant, il jouait souvent avec ses cousins au teint bistre et avec des garçons esclavisés.
Il grandit dans la plantation de canne à sucre de Contreras où il était né, élevé par une esclavisée nommée Mamie Françoise Similien, qui le considérait comme l'un de ses fils. Sa famille était catholique et, comme la plupart des Créoles, parlait français. Ses parents étant aisés, il fut envoyé dans des écoles privées durant sa jeunesse, puis à New York pour fréquenter une "école française" pendant quatre ans afin d'apprendre l'anglais. Certains des directeurs de cette école avaient été officiers sous Napoléon Bonaparte, et leurs récits incitèrent Beauregard à embrasser une carrière militaire.
Il entra à l'Académie militaire de West Point en 1834 et obtint son diplôme en 1838, terminant deuxième de sa promotion, après s'être spécialisé dans le génie militaire et l'artillerie. Il étudia les campagnes de Napoléon tout au long de ses années à West Point et adopta un style vestimentaire typiquement français, si bien que ses camarades de classe le surnommèrent "le Petit Napoléon". Son admiration pour Bonaparte influencerait plus tard bon nombre de ses plans de bataille complexes pendant la Guerre de Sécession. Son teint bistre lui valut également les surnoms de "Petit Créole" et de "Petit Français noir".
Beauregard aurait été l'élève, puis l'assistant de Robert Anderson, le futur commandant de Fort Sumter, sur lequel Beauregard ouvrirait le feu en 1861. Cette affirmation est contestée par le chercheur Sean Michael Chick, qui écrit:
Après avoir obtenu son diplôme, Beauregard aurait soi-disant servi d'assistant à son professeur préféré, Robert Anderson, l'instructeur d'artillerie. Cependant, Anderson avait déjà quitté West Point, ce qui rend cette histoire probablement apocryphe. (8)
Anderson servait comme premier lieutenant lors de la deuxième guerre séminole en 1837, mais semble être revenu à West Point dès 1839. Le chercheur T. Harry Williams note:
Le professeur préféré [de Beauregard] était l'instructeur d'artillerie Robert Anderson, qui refusera de céder Fort Sumter à son ancien élève lors de la première phase de la guerre. Les relations entre les deux hommes étaient apparemment étroites, car juste après avoir obtenu son diplôme, Beauregard servit pendant un certain temps comme assistant d'Anderson. (8)
L'affirmation de Williams est celle généralement admise par les historiens et est corroborée par les lettres de Beauregard.
Beauregard épousa en 1841 Marie-Antoinette Laure Villere, fille d'un planteur de Louisiane, et le couple eut trois enfants. Marie mourut en donnant naissance à leur troisième enfant, Laure, en 1850. Entre 1842 et 1847 environ, Beauregard et sa famille vécurent dans le quartier français de La Nouvelle-Orléans, où il travaillait comme ingénieur militaire.
Guerre américano-mexicaine et l'entre-deux-guerres
En 1847, Beauregard fut envoyé au Mexique pour servir comme ingénieur lors de la guerre américano-mexicaine sous les ordres du général Winfield Scott; il prit part à plusieurs batailles, notamment celles de Contreras, de Churubusco et de Chapultepec. Il fut promu capitaine puis commandant et, à Chapultepec, il exprima ses réserves quant au plan de Scott prévoyant un assaut frontal contre la porte de la Candelaria, suggérant à la place une feinte à la porte suivie d'une attaque contre la forteresse. Scott se rangea à son avis, et son plan aboutit à la victoire.
Au cours de la bataille de Chapultepec, Beauregard fut blessé à l'épaule et à la jambe, mais il poursuivit la campagne et fut parmi les premiers officiers à entrer dans Mexico, mettant ainsi fin à la guerre.
En 1848, il retourna en Louisiane et s'employa à la remise en état de forts, notamment Fort Jackson et Fort Saint-Philippe sur le fleuve Mississippi. Fervent démocrate sudiste, il soutint la campagne présidentielle de Franklin Pierce en 1852 et fut récompensé par le poste d'ingénieur en chef au bureau des douanes des États-Unis à La Nouvelle-Orléans, qu'il occupa de 1853 à 1860.
Il fut nommé directeur de West Point en janvier 1861, mais n'occupa ce poste que quelques jours, car son État d'origine, la Louisiane, fit sécession de l'Union le 26 janvier 1861, et le gouvernement américain révoqua ses ordres. Beauregard considéra cette mesure comme injuste et inéquitable, estimant que la Louisiane avait le droit de faire sécession et qu'elle ne représentait en aucune manière une menace pour le gouvernement américain. Il comprit toutefois que, si les hostilités devaient éclater, il devrait se battre pour son État d'origine, une décision que prendraient de nombreux officiers confédérés.
La Guerre de Sécession
Il retourna en Louisiane, espérant être nommé commandant de l'armée de l'État, mais cet honneur revint à Braxton Bragg. Beauregard fut nommé général de brigade dans l'Armée provisoire des États confédérés le 1er mars 1861 et chargé de prendre la tête des défenses de Charleston, en Caroline du Sud, où il arriva le 3 mars 1861.
Bataille de Fort Sumter
Le major Robert Anderson, commandant des forces de l'Union dans le port de Charleston, avait déplacé ses hommes de Fort Moultrie à Fort Sumter dans la nuit du 26 décembre 1860, peu après la sécession de la Caroline du Sud le 20 décembre. Les autorités de Charleston considérèrent cela comme un acte hostile, car Sumter était plus facile à défendre que Moultrie et représentait une menace directe pour la ville de Charleston.
À son arrivée dans la ville, Beauregard envoya à Anderson des caisses de brandy, de whisky et de cigares, mais Anderson ordonna qu'elles lui soient renvoyées, estimant que ces cadeaux n'étaient pas appropriés vu les circonstances.
Le 6 avril, cependant, il écrivit à Beauregard:
J'espère de tout cœur que rien ne viendra altérer, ne serait-ce qu'un tant soit peu, la haute considération et l'estime que je vous porte depuis tant d'années. Je suis, cher général, votre dévoué…
Beauregard répondit:
Je tiens à vous assurer, Monsieur le Major, que je ne ménagerai aucune peine pour préserver les relations amicales et les bons sentiments qui nous lient depuis tant d'années.
(Chadwick, 268)
Malgré tout, Charleston ne pouvait tolérer qu'une garnison de l'Union fortifie une position si proche de la ville, et Beauregard exigea qu'Anderson rende Fort Sumter. Anderson refusa et, à 4 h 30 du matin, le 12 avril 1861, Beauregard ordonna à ses troupes de tirer sur le fort, marquant ainsi le début de la guerre de Sécession.
Les troupes d'Anderson résistèrent au bombardement, ripostant aux tirs, jusqu'au 13 avril, date à laquelle il se rendit. Fidèle à sa parole, Beauregard ne fit aucun prisonnier et autorisa Anderson et la garnison à retourner à New York. Anderson, dans le Nord, et Beauregard, dans le Sud, devinrent des héros nationaux.
Première bataille de Bull Run
Beauregard se vit confier le commandement des troupes lors de la première bataille de Bull Run le 21 juillet, aux côtés du général Joseph E. Johnston. Ils affrontèrent les forces de l'Union sous les ordres du général de brigade Irvin McDowell (l'un des camarades de promotion de Beauregard à West Point) et, dans un premier temps, la journée ne s'annonçait pas favorable pour eux. La bataille bascula en faveur des Confédérés dans l'après-midi avec la capture des canons de l'Union et la célèbre charge menée par Stonewall Jackson, qui força l'armée de l'Union à battre en retraite (comme le rapporta le journaliste William H. Russel dans son article Panique à Bull Run).
Cette bataille fut une défaite cuisante pour le Nord et une grande victoire pour le Sud, mais Beauregard et Johnston ne parvinrent pas à poursuivre l'armée de l'Union jusqu'à Washington, D.C., ce qui, selon E. P. Alexander, officier d'état-major de Beauregard puis artilleur, constituait une erreur impardonnable, comme il l'explique clairement dans sa critique de la bataille, Losing an Opportunity at Bull Run (Une occasion manquée à Bull Run).
Le fait que Beauregard n'ait pas poursuivi l'ennemi marqua le début des tensions entre lui et Jefferson Davis, mais les partisans de l'un et de l'autre divergent encore aujourd'hui considérablement quant à savoir qui en fut responsable. Beauregard affirmait qu'il aurait poursuivi l'ennemi s'il n'avait pas été en empêché par Davis; Davis affirmait quant à lui qu'il avait vivement recommandé la poursuite, mais qu'il en avait été dissuadé par Beauregard et Johnston. En réalité, l'armée confédérée était trop désorganisée à Bull Run pour avoir pu poursuivre efficacement l'ennemi cette nuit-là, et une forte pluie le lendemain empêcha toute nouvelle action. Beauregard fut promu général d'armée dans l'armée confédérée à la suite de sa victoire.
Parmi les nombreux problèmes auxquels les deux armées furent confrontées le 21 juillet figurait la confusion causée par des uniformes et des drapeaux similaires. Beauregard remédia à ce problème en concevant le drapeau de bataille confédéré, l'étendard le plus célèbre de la Confédération.
Shiloh et Charleston
Beauregard, qui avait d'abord été très apprécié par Davis, devint rapidement une source d'irritation car il critiqua publiquement le président pour ses décisions à Bull Run et refusa d'accepter les ordres des membres du cabinet de Davis. Davis en vint à considérer Beauregard comme arrogant et prétentieux et l'envoya donc sur le théâtre des opérations de l'Ouest en mars 1862, essentiellement pour l'écarter de son chemin.
Le général de l'Union Ulysses S. Grant était actif dans l'Ouest depuis 1861 et avait remporté la bataille de Fort Henry le 6 février 1862 ainsi que celle de Fort Donelson (du 11 au 16 février 1862). En mars, Grant se dirigeait vers Corinth, dans le Mississippi, pour rejoindre l'armée commandée par le général de division Don Carlos Buell.
Beauregard était le commandant en second du général Albert Sidney Johnston, et ensemble, ils déplacèrent leur Armée du Mississippi pour intercepter Grant. Beauregard planifia un assaut complexe, sur le modèle napoléonien, qui entraîna une désorganisation sur le champ de bataille. Il parvint néanmoins à repousser Grant, et lorsque Johnston fut mortellement blessé, Beauregard prit le commandement à part entière lors de la bataille de Shiloh (6-7 avril 1862).
À la tombée de la nuit le 6, Beauregard suspendit l'attaque, convaincu que Grant avait été vaincu, et prévoyait d'anéantir les forces de l'Union le lendemain matin. Au cours de l'après-midi du 6, cependant, les forces de Buell étaient arrivées et, le matin du 7, Grant lança une contre-attaque qui chassa Beauregard du champ de bataille et le força à battre en retraite vers Corinth. Grant fut remplacé par le général de division Henry W. Halleck, un commandant bien plus timoré, qui s'approcha lentement de Corinth, laissant à Beauregard le temps d'organiser une défense consistant notamment à faire circuler des trains vides, accueillis par les acclamations de ses troupes, suggérant ainsi l'arrivée de renforts. Halleck attendit si longtemps avant de se diriger vers Corinth que, lorsqu'il s'y décida enfin, Beauregard s'était déjà éclipsé et avait emmené ses troupes à Tupelo, dans le Mississippi.
À ce stade, épuisé, Beauregard prit un congé de santé – sans toutefois adresser de demande officielle à Davis – et ce dernier le remplaça donc par l'ancien rival de Beauregard, le général Braxton Bragg. Beauregard protesta, mais Davis refusa de l'écouter et renvoya Beauregard à Charleston pour superviser les défenses. Tout au long de l'année 1863, Beauregard défendit Charleston contre les attaques de l'Union, en particulier celles visant le fort Sumter, qui était sous contrôle confédéré depuis avril 1861.
C'est sous le commandement de Beauregard que se déroula la célèbre seconde bataille de Fort Wagner (18 juillet 1863) sur l'île de Morris, au cours de laquelle le régiment noir du 54e Massachusetts, sous les ordres de Robert Gould Shaw, mena l'attaque de l'Union, célèbre scène dramatisée dans le film Glory de 1989.
Beauregard supervisa à cette époque des expériences sur les sous-marins dans le but de briser le blocus de l'Union sur le port de Charleston. Il s'impliqua dans le développement du sous-marin H.L. Hunley et ordonna que soit fixé à la proue le mât destiné à délivrer la charge explosive. Le Hunley attaqua et coula avec succès l'USS Housatonic le 17 février 1864, mais coula à son tour immédiatement après.
Petersburg et la capitulation
En 1860, dix ans après avoir perdu sa première épouse, Beauregard s'était marié une seconde fois avec Marguerite Caroline Deslonde. Alors qu'il inspectait des fortifications en Floride, il reçut un télégramme l'informant que Caroline était décédée le 2 mars 1864 après une longue maladie. Beauregard ne pouvait pas quitter son poste, et la presse nordiste publia des éditoriaux affirmant que sa négligence avait conduit à la mort de son épouse, ce qui entraîna un revirement de l'opinion publique à son encontre. Les forces de l'Union supervisèrent le rapatriement de sa dépouille depuis la Nouvelle-Orléans jusqu'à son domicile.
Beauregard demanda un congé pour se remettre du décès de son épouse et d'un grave problème de gorge dont il souffrait, mais sa demande fut rejetée et il fut envoyé en Caroline du Nord pour préparer la défense de la Virginie. C'est à cette époque qu'il prit le commandement des troupes à Petersburg, en Virginie, en juin 1864, tenant la ville face à Ulysses S. Grant jusqu'en mars 1865, ce qui est considéré comme son plus bel exploit de toute la guerre.
La Confédération s'effondrait tandis que Grant continuait de poursuivre Robert E. Lee et que William Tecumseh Sherman balayait le Sud lors de la célèbre "Marche de Sherman vers la mer". La santé de Beauregard se détériorait également, et il fut remplacé par Joseph E. Johnston. Après la reddition de Lee devant Grant à Appomattox Court House le 9 avril 1865, Beauregard et Johnston se rendirent à Sherman à Durham, en Caroline du Nord, le 26 avril, et la guerre prit effectivement fin.
Vie d'après-guerre
Après la guerre, Beauregard retourna à La Nouvelle-Orléans, prêta serment d'allégeance aux États-Unis en septembre 1865 et fut officiellement gracié par le président Andrew Johnson en 1868 pour son rôle dans la guerre de Sécession. Il reçut des propositions de pays étrangers pour diriger leurs armées, mais choisit de mener une vie tranquille en tant que civil.
En 1869, il obtint un brevet pour le tramway à câble aérien, qu'il introduisit à La Nouvelle-Orléans, et occupa les fonctions d'ingénieur en chef et de directeur de la ligne de chemin de fer New Orleans, Jackson and Great Northern. Il fut également directeur de la Louisiana State Lottery Company et, à l'instar de nombreux autres officiers de la guerre de Sécession, rédigea des articles sur le conflit pour divers périodiques.
À cette époque, il milita également ouvertement en faveur des droits civiques et du droit de vote des Noirs, prenant la tête du Mouvement d'unification de la Louisiane en 1873. Beauregard appela à l'intégration des écoles, à l'égalité en matière d'éducation et d'accès à la propriété, ainsi qu'à la déségrégation des lieux publics et des transports en commun. Les historiens débattent encore pour savoir s'il agissait ainsi par conviction en faveur de l'égalité des races, conviction qui lui avait été inculquée dès son enfance, ou s'il s'agissait d'une manœuvre politique visant à utiliser le droit de vote des Noirs comme moyen de contrer les politiques des républicains radicaux et de manipuler la population noire du Sud au profit des intérêts des Blancs.
Conclusion
Quelles qu'aient pu être ses motivations, le résultat, s'il avait été accepté, aurait établi les droits civiques des Noirs dans le Sud environ 80 ans avant le Mouvement des droits civiques du milieu du XXe siècle. Ses initiatives furent toutefois rejetées, et d'autres politiques à caractère racial furent mises en œuvre, ce qui fut également le cas avec l'œuvre remarquable de William Mahone en Virginie.
Il est donc ironique que la statue équestre de P. G. T. Beauregard, qui se trouvait autrefois à l'entrée du City Park à La Nouvelle-Orléans, ait été retirée en mai 2017 dans le cadre de l'initiative de la ville visant à démanteler les monuments dédiés aux dirigeants confédérés. Bien que son engagement en faveur des droits civiques dans le Sud ne puisse pas vraiment être comparé à celui de Longstreet ou de Mahone, il semblait avoir changé d'avis et s'être efforcé de réparer les torts du passé.
Beauregard mourut dans son sommeil le 20 février 1893, à l'âge de 74 ans, des suites d'une maladie cardiaque, et fut inhumé au cimetière de Metairie, dans la banlieue de La Nouvelle-Orléans. Son engagement en faveur des droits civiques le rendit impopulaire dans le Sud – et ainsi, sa résistance à Petersburg et sa victoire à Bull Run s'estompèrent dans la mémoire collective.
Aujourd'hui, Beauregard est généralement regroupé avec d'autres généraux sudistes de la guerre de Sécession sous l'étiquette "confédéré " et écarté – ou a tout simplement été oublié, car il n'a pas bénéficié de la même couverture médiatique élogieuse que Robert E. Lee, Stonewall Jackson ou J. E. B. Stuart après la guerre –, mais il reste l'une des figures les plus intéressantes et énigmatiques de la guerre de Sécession, et son histoire mérite vraiment une plus grande attention.