L'occasion manquée à Bull Run

La critique de Porter sur la victoire confédérée
Joshua J. Mark
par , traduit par Babeth Étiève-Cartwright
publié le
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Le récit de William H. Russell sur la retraite des forces de l’Union lors de la première bataille de Bull Run (Première Bataille de Manassas), le 21 juillet 1861, est devenu célèbre près d’un mois après l’engagement (voir Panique à Bull Run). On accorda moins d’attention, du moins dans le Nord, à l’occasion manquée par l’armée confédérée de tirer parti de son avantage pendant cette retraite.

Dans le Sud, en revanche, le président Jefferson Davis et ses partisans critiquèrent les généraux qui commandaient les forces confédérées ce jour-là – P.G.T. Beauregard et Joseph E. Johnston – pour ne pas avoir poursuivi l'ennemi alors qu'il battait en retraite.

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The Stampede from Bull Run by Frank Vizetelly
La débandade de Bull Run, de Frank Vizetelly Frank Vizetelly (Public Domain)

En 1907, l’ancien ingénieur en chef et officier des transmissions confédéré Edward Porter Alexander (plus connu sous le nom d’E.P. Alexander, 1835-1910), qui faisait partie de l’état-major de Beauregard à Bull Run, publia ses Military Memoirs of a Confederate: A Critical Narrative (Mémoires militaires d’un confédéré: Un récit critique), dans lesquelles il critiquait le fait que ces généraux, après leur victoire, n’aient pas su saisir l’occasion qui s’offrait à eux de mettre fin à la guerre en poursuivant l’ennemi jusqu’à Washington, D.C. et en s’emparant de la ville cette nuit-là voire le lendemain matin.

Jamais un ennemi ne s’est échappé aussi facilement d’une position aussi exposée – Alexander

Un extrait de l’ouvrage d’Alexander est publié aujourd’hui sous le titre Losing an Opportunity at Bull Run (L'occasion manquée à Bull Run). Ce récit est considéré comme fidèle à la réalité, car les détails sont corroborés par d’autres documents de première main relatifs à cet événement.

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E.P. Alexander

E.P. Alexander servit dans l’armée confédérée tout au long de la guerre de Sécession et s’illustra lors de plusieurs événements:

  • Il fut le premier à utiliser des drapeaux de signalisation au combat pour transmettre un message sur une longue distance lorsque, lors de la première bataille de Bull Run, il signala au colonel Nathan "Shanks" Evans que son flanc avait été contourné.
  • Il utilisa avec efficacité une montgolfière pendant les batailles des Sept Jours pour recueillir des renseignements sur les positions de l’Union.
  • Il est surtout connu pour avoir été le chef de l’artillerie chargé du barrage d’artillerie contre les positions de l’Union lors de la bataille de Gettysburg, en préparation de l’assaut confédéré connu sous le nom de "charge de Pickett".
  • À Appomattox Court House, il conseilla à Robert E. Lee de ne pas se rendre à Ulysses S. Grant, mais plutôt de disperser l’armée afin que chaque soldat ou groupe de soldats puisse se diriger vers le sud, se regrouper et poursuivre le combat. Lee, comme on le sait, rejeta cette proposition.
E. P. Alexander
E.P. Alexander Unknown Photographer (Public Domain)
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Après la guerre, Alexander devint un auteur, un enseignant et un dirigeant des chemins de fer très respecté. Ses mémoires militaires furent bien accueillies et sont encore considérées comme l’un des meilleurs ouvrages sur la guerre de Sécession. Tout au long de son ouvrage, Alexander relève de manière objective les erreurs commises par bon nombre des généraux confédérés les plus célèbres, dont Robert E. Lee.

E.P. Alexander mourut des suites d’un accident vasculaire cérébral le 28 avril 1910. Aujourd’hui, il est sans doute surtout connu pour sa présence dans les films Gettysburg (1993) et Gods and Generals (2003), où il est incarné dans les deux films par l’acteur américain James Patrick Stuart.

Texte

L’extrait suivant, intitulé Losing an Opportunity at Bull Run, tiré de Military Memoirs of a Confederate: A Critical Narrative d’E. P. Alexander, est extrait de The Civil War: The South, sous la direction de Thomas Streissguth, pp. 55-63. Les points de suspension indiquent des omissions dans le texte pour des raisons d’espace.

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Le président Davis était arrivé à Manassas en provenance de Richmond en début d'après-midi, et, même à ce moment-là, des soldats épars venus du champ de bataille avaient rejoint le train à hauteur de la jonction, à un demi-mile de la gare, avec des récits si alarmants que le conducteur craignait de poursuivre le trajet. Après avoir été exhorté, de le faire, il finit toutefois par laisser le président et un aide de camp se rendre à la gare à bord d'une locomotive.

À la gare, on lui procura des chevaux et un guide, et M. Davis se rendit à cheval sur le champ de bataille. Il rencontra bientôt le cortège des soldats et écouta leurs récits. Il fut tellement frappé par leur nombre qu’il dit à un officier qui l’accompagnait: "On ne remporte pas de victoires là où les hommes désertent leurs couleurs, comme le font les nôtres."

Tout près du champ de bataille, la route traversait un petit ruisseau. C’est là que les chirurgiens avaient installé des hôpitaux de campagne, et autour de ceux-ci, à l’ombre des arbres, s’était rassemblée une foule nombreuse de blessés, d’accompagnateurs et de soldats. Tout au long de son trajet à cheval, le président avait fréquemment exhorté les hommes à retourner sur le champ de bataille, et certains l’avaient fait. À cet endroit, il semblait craindre que toute l’armée ne soit en train de battre en retraite.

Alors qu’il entra dans le ruisseau à cheval, il tira sur ses rênes et, le visage pâle et sévère, d’une voix forte et retentissante, il s’écria: "Je suis le président Davis! Suivez-moi, retournons sur le champ de bataille!"

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Non loin de là, Stonewall Jackson, qui avait reçu une balle dans la main mais n’y avait pas prêté attention tant que la victoire n’était pas assurée, se faisait désormais panser la main par le chirurgien Hunter McGuire. Jackson n’avait pas entendu les paroles du président, et McGuire les lui répéta.

Jackson s’écria aussitôt: "Nous les avons battus à plate couture! Ils se sont enfuis comme des moutons! Donnez-moi 5 000 hommes frais, et je serai à Washington demain matin."

Dans cette phrase, comme nous le verrons, apparaît pratiquement la seule preuve de la prise de conscience, parmi nos chefs sur ce champ de bataille, de la formidable opportunité qui s’offrait désormais à eux.

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L'ennemi avait été mis en déroute; Jackson constata leur découragement et estima que, s'ils se mettaient à leurs trousses, cela se propagerait et pourrait même menacer la capitale proprement dite. Et chaque soldat aurait dû y voir au moins une bonne occasion de leur couper la route et de capturer plusieurs milliers de fuyards qui battaient en retraite par des chemins longs et détournés.

Il n’y eut guère d’effort, digne de ce nom, même pour accomplir cela. Nos petits détachements de cavalerie firent de leur mieux et capturèrent à peu près autant de prisonniers qu’ils pouvaient en gérer. Au total, 871 hommes non blessés furent faits prisonniers. Mais pour tirer pleinement parti d’une telle opportunité, il en fallait bien davantage.

Toutes les troupes les mieux placées pour couper la ligne de retraite auraient dû être mises en mouvement. Non seulement les officiers d’état-major, mais les généraux eux-mêmes, auraient dû se lancer à leur poursuite pour encourager la poursuite. La devise de notre armée ici semblait avoir été: "Construisons un pont d’or pour un ennemi en fuite."

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L’offre de Jackson de s’emparer de Washington le lendemain matin avec 5 000 hommes avait été faite au président à son arrivée sur le champ de bataille, probablement vers cinq heures. Le soleil ne se coucha qu’à 19 h 15, et la lune était presque pleine. Mais le président et les deux généraux passèrent ces précieuses heures à parcourir à cheval le champ de bataille où le conflit avait eu lieu.

C’était sans doute un spectacle instructif, les morts et les blessés graves des deux camps se trouvant pour la plupart là où ils étaient tombés, mais ce n’était pas le moment de s’arrêter pour s'y attarder. L’un des généraux – Beauregard, par exemple – aurait dû traverser Bull Run à Ball’s Ford ou à Stone Bridge avec toutes les troupes se trouvant dans les environs et aurait dû poursuivre la poursuite toute la nuit. Johnston aurait dû galoper rapidement vers Mitchell’s Ford et marcher de là sur Centreville avec Bonham, Longstreet et Jones, qui n’avaient pas pris part aux combats.

Il n’aurait pas été nécessaire de livrer de violents combats. Une menace sur l’un ou l’autre flanc aurait sans doute suffi; et, une fois la retraite de Centreville engagée, même des salves à blanc tirées dans son dos auraient rapidement transformé celle-ci en panique…

…Les généraux et le président passèrent les dernières heures de la journée à parcourir le champ de bataille à cheval.

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J'eus la chance d'être chargé de transmettre le premier ordre visant à contrôler la poursuite, et je garde un souvenir très vif de ces circonstances. Lorsque je rejoignis Beauregard, en provenance de Signal Hill, l’ennemi était en pleine déroute, certains battant en retraite par le Stone Bridge et d’autres vers Sudley; et des ordres étaient envoyés aux différents commandements concernant la poursuite.

Kershaw, avec les 7e et 8e régiments de Caroline du Sud, reçut l’ordre de poursuivre la poursuite en traversant le pont de pierre et en longeant la route de Warrenton. J’accompagnai le général [Beauregard] dans sa visite du champ de bataille et m’occupai de détails mineurs pendant un certain temps. Vers 18 heures, je me retrouvai par hasard à être le seul membre de son état-major personnel à ses côtés.

De manière assez brusque, et sans rapport apparent avec quoi que ce soit que j’aie vu ou entendu, il me dit: "Traversez le pont de pierre à cheval et retrouvez le colonel Kershaw, qui mène la poursuite le long de la route. Ordonnez-lui d’avancer avec la plus grande prudence et de ne pas attaquer."

J’avais récemment lu des récits de l’affaire de Big Bethel [la bataille de Big Bethel, le 10 juin 1861] au cours de laquelle Magruder [confédéré] avait repoussé Butler [de l’Union], dont les troupes s’étaient repliées vers Fortress Monroe dans la panique, bien qu’elles n’aient pas été poursuivies.

J’avais relevé deux faits: 1. Que la cavalerie de Magruder, qui avait reçu l’ordre de poursuivre l’ennemi, s’était laissée "intimider" par la batterie américaine de Greble. Celle-ci était à court de munitions, mais elle avait réussi à faire rebrousser chemin à notre cavalerie en dételant ses canons vides. 2. Que, bien que victorieux, Magruder s’était replié sur Yorktown le même après-midi, quoique peut-être avec moins de précipitation que n’en avait fait preuve Butler lors de son retour à Fortress Monroe.

Il me semblait désormais que des ordres péremptoires "de ne pas attaquer" pourraient entraîner un autre scandale de ce genre. J’hésitais à faire la moindre suggestion, me souvenant des anecdotes militaires racontant les réponses de vieux généraux à de jeunes aides de camp qui leur avaient donné des conseils de leur propre initiative. Mais je me risquai à dire: "Dois-je lui dire de ne pas attaquer en aucune circonstance, quelle que soit la situation de l’ennemi devant lui?"

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Il répondit: "La batterie de Kemper a reçu l’ordre de le rejoindre. Qu’il attende qu’elle arrive. Il pourra alors poursuivre, mais avec prudence, et il ne doit pas attaquer à moins d’avoir un avantage certain."

Plus rassuré, je poursuivis ma mission. À un mile au-delà du Stone Bridge, un membre du Congrès, M. Ely de New York, fut sorti des bois en tant que prisonnier alors que je passais, et fut remis à la garde.

Un demi-mile plus loin, je rattrapai Kershaw en train de se mettre en ligne de bataille, un canon fédéral, près du pont sur Cub Run, ayant ouvert le feu sur sa colonne. Après quelques minutes, pendant lesquelles des tirailleurs avaient avancé, la batterie de Kemper arriva et ouvrit le feu avec deux canons sur la position de Cub Run.

Je fis demi-tour pour rejoindre Beauregard et, au Stone Bridge, je croisai la brigade d’Elzey qui venait de traverser. Il était alors près de sept heures et le soleil était levé depuis environ une demi-heure lorsque, sur le Stone Bridge, je rencontrai Ferguson, de l’état-major de Beauregard, porteur d’ordres non seulement de mettre fin à la poursuite, mais aussi de rappeler tous les soldats sur la rive sud de Bull Run.

Je demandai la raison de ces ordres et on me répondit qu’un message avait été transmis aux généraux, qui se trouvaient encore sur le champ de bataille, indiquant qu’une force ennemie avait été aperçue au sud du Bull Run, à l’arrière de notre flanc droit.

Ferguson jugea ce message absurde et transmettait les ordres à contrecœur. Je rejoignis rapidement les deux généraux sur le champ de bataille et constatai, parmi les officiers d’état-major, que personne ne prêtait attention à cette nouvelle. Mais les ordres déjà transmis ne furent pas révoqués et, jusque tard dans la nuit, toutes les troupes situées sur la rive nord furent ramenées.

Entre-temps, les tirs de Kemper sur le pont de Cub Run avaient détruit un attelage sur le pont et provoqué une panique ainsi qu’un embouteillage inextricable de plus de cinquante véhicules, comprenant des canons, des caissons, des chariots et des ambulances, dont les cochers avaient détaché de nombreux attelages. Des centaines de fantassins avaient également jeté leurs canons dans le cours d’eau en traversant le pont.

C’est là que Kershaw fut rejoint par une partie de notre cavalerie qui avait traversé Bull Run à Ball’s Ford, puis, plus tard, par d’autres éléments qui avaient suivi l’ennemi di côté de Sudley. Lorsqu’il reçut l’ordre de regagner la rive sud, il laissa l’un de ses régiments d’infanterie et cette cavalerie en charge de la situation. Ceux-ci, pendant la nuit, déblayèrent le barrage et, le matin, amenèrent à Manassas 17 canons, dont le Parrott de 30 livres, avec plus de 20 caissons et de nombreux autres véhicules…

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À l’aube du lendemain, il pleuvait à verse et cela dura presque toute la journée. Ces fortes précipitations ont souvent été invoquées par les "faiseurs de pluie" pour confirmer leurs théories selon lesquelles la pluie pourrait être provoquée par un intense bombardement.

Les reconnaissances ordonnées furent effectuées et, bien sûr, ne révélèrent qu’une campagne déserte. Notre cavalerie poursuivit la retraite au-delà de Fairfax Court House et récupéra quelques retardataires ainsi qu’une vingtaine de chariots.

Ces activités ainsi que l'artillerie capturée à Cub Run puis ramenée au cours de la journée nous divertirent et nous captivèrent à mesure que s'écoulaient les dernières heures de notre avantage. Jamais un ennemi ne s'était échappé aussi facilement d'une position aussi vulnérable après une déroute aussi totale.

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Questions & Réponses

Qu'est-ce que "Losing an Opportunity at Bull Run" (L'occasion manquée à Bull Run)?

"Losing an Opportunity at Bull Run" (L'occasion manquée à Bull Run) est un extrait de l'ouvrage "Military Memoirs of a Confederate: A Critical Narrative" (Mémoires militaires d'un confédéré: un récit critique) d'E.P. Alexander, dans lequel il reproche au haut commandement confédéré, lors de la première bataille de Bull Run, de ne pas avoir poursuivi l'armée de l'Union jusqu'à Washington, D.C.

Qui était E.P. Alexander?

E.P. Alexander était officier confédéré, ingénieur en chef, officier des transmissions et chef de l'artillerie pendant la guerre de Sécession. Il est surtout connu pour avoir été l'officier d'artillerie chargé du barrage d'artillerie contre les positions de l'Union lors de la bataille de Gettysburg, avant la charge de Pickett, le troisième jour des combats.

Le titre "Losing an Opportunity at Bull Run" (Une occasion manquée à Bull Run) est-il exact?

Oui. "Losing an Opportunity at Bull Run" est tiré de l'ouvrage plus complet d'E.P. Alexander, "Military Memoirs of a Confederate: A Critical Narrative", très apprécié pour son objectivité et sa précision.

Comment E.P. Alexander est-il mort?

E.P. Alexander survécut à la Guerre de Sécession; il devint ensuite un auteur, un enseignant et un dirigeant des chemins de fer très respecté, et mourut d'un accident vasculaire cérébral le 28 avril 1910.

Traducteur

Auteur

Citer cette ressource

Style APA

Mark, J. J. (2026, septembre 04). L'occasion manquée à Bull Run: La critique de Porter sur la victoire confédérée. (B. Étiève-Cartwright, Traducteur). World History Encyclopedia. https://www.worldhistory.org/trans/fr/2-2965/loccasion-manquee-a-bull-run/

Style Chicago

Mark, Joshua J.. "L'occasion manquée à Bull Run: La critique de Porter sur la victoire confédérée." Traduit par Babeth Étiève-Cartwright. World History Encyclopedia, septembre 04, 2026. https://www.worldhistory.org/trans/fr/2-2965/loccasion-manquee-a-bull-run/.

Style MLA

Mark, Joshua J.. "L'occasion manquée à Bull Run: La critique de Porter sur la victoire confédérée." Traduit par Babeth Étiève-Cartwright. World History Encyclopedia, 04 sept. 2026, https://www.worldhistory.org/trans/fr/2-2965/loccasion-manquee-a-bull-run/.

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