Charles-Maurice de Talleyrand-Périgord

Le perfide ministre des Affaires étrangères de Napoléon
Harrison W. Mark
de , traduit par Babeth Étiève-Cartwright
publié le
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Talleyrand as Grand Chamberlain, 1807 (by Pierre-Paul Prud'hon, Public Domain)
Talleyrand en tant que Grand Chambellan, 1807 Pierre-Paul Prud'hon (Public Domain)

Charles-Maurice de Talleyrand-Périgord (1754-1838) fut l'une des figures politiques les plus marquantes de l'histoire moderne de la France. Après avoir débuté sa carrière en tant qu'évêque cynique d'Autun, il devint un leader révolutionnaire, puis diplomate, et enfin ministre des Affaires étrangères sous Napoléon Ier. Malgré sa réputation d'intrigant et de traître, Talleyrand affirmait toujours faire passer les intérêts nationaux de la France avant tout, ce qui motiva sa décision de se retourner contre Napoléon. Il joua un rôle majeur au Congrès de Vienne, aidant la France à obtenir la meilleure conclusion possible après la défaite de Napoléon.

Jeunesse

Talleyrand vit le jour le 2 février 1754 à Paris, en France, au sein d'une vieille famille noble mais sans le sou. Il était le fils aîné du comte Charles-Daniel de Talleyrand-Périgord et d'Alexandrine de Damas d'Antigny. Son père avait servi comme officier dans l'armée française pendant la guerre de Sept Ans et souhaitait vivement que son fils suive ses traces et devienne soldat. Cependant, cela s'avéra impossible. À l'âge de quatre ans, Talleyrand tomba d'une commode et se luxa le pied. La blessure ne guérit jamais complètement, et il boita toute sa vie. Si Talleyrand lui-même attribuait son handicap à ce malheureux incident, de nombreux chercheurs modernes pensent qu'il est plus probable qu'il soit né avec un pied bot. Quoi qu'il en soit, il ne put servir dans l'armée, et son père choisit pour lui ce qu'il estimait être la meilleure voie vers la richesse et le pouvoir: une carrière au sein de l'Église.

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En tant qu'agent général du clergé, Talleyrand passait son temps libre à jouer et à courir les femmes, et on le trouvait souvent dans les salons parisiens à la mode.

À l'âge de 8 ans, Talleyrand fut envoyé au Collège d'Harcourt, puis, en 1770, il entra au séminaire de Saint-Sulpice à Paris. Talleyrand méprisait l'Église et la vie ecclésiastique que son père lui avait imposée. Il s'y rebella de deux manières significatives, qui allaient chacune façonner le reste de sa vie. La première fut la lecture des œuvres progressistes des philosophes des Lumières tels que Jean-Jacques Rousseau et Voltaire; en effet, il était tellement fasciné par ces idoles intellectuelles qu’il fit un pèlerinage pour rendre visite à Voltaire, alors au seuil de la mort, en 1778. Son deuxième acte de rébellion s’exprima à travers la luxure. Une nuit, pendant un orage, il proposa de partager son parapluie avec une jeune actrice. Au cours de leur conversation, il apprit que ses parents l’avaient forcée à monter sur scène, tout comme les siens l’avaient contraint à entrer dans les ordres. Ils se lièrent d’amitié autour de leurs malheurs communs et entamèrent une liaison torride. L’actrice allait devenir la première des nombreuses maîtresses de Talleyrand.

En décembre 1779, il fut enfin ordonné prêtre catholique. Moins d’un an plus tard, il était devenu agent général du clergé, chargé de protéger les privilèges de l’Église gallicane (c’est-à-dire l’Église catholique en France) et d’assurer la liaison entre la Couronne et le clergé. À la surprise de ceux qui le connaissaient, il prit cette fonction très au sérieux. Il défendit vigoureusement le droit de l’Église à conserver ses biens et soutint que les ecclésiastiques devaient continuer à être exemptés d’impôts. Il s'avéra que Talleyrand ne menait pas ces combats par amour de l'Église, mais simplement pour se faire connaître et affiner ses talents politiques. Dans sa vie privée, il était aussi cynique et hédoniste que jamais. Il passait son temps libre à jouer et à courir les femmes, et on le trouvait souvent dans les salons parisiens à la mode, discutant avec les esprits les plus brillants et les beautés les plus remarquables de l'époque. Il fut néanmoins nommé évêque d’Autun à la fin de l’année 1788. Talleyrand ne se rendit qu’une seule fois dans son nouveau diocèse, en avril 1789, afin de s’assurer d’être élu aux États généraux à venir. Il prit soin de repartir avant le dimanche de Pâques, afin de ne pas avoir à célébrer la messe.

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Révolution française

La seule visite de Talleyrand à Autun avait pour but de préparer les États généraux de 1789, une assemblée qui réunissait les trois ordres de la France prérévolutionnaire (clergé, noblesse, tiers état). La France était alors en proie à une grave crise financière qui exacerbait les tensions sociales préexistantes; ayant épuisé toutes les autres options, le roi Louis XVI fut contraint de convoquer les États généraux à Versailles pour aider à résoudre la situation, bien que cette assemblée ne se fût pas réunie depuis près de 175 ans. Mais à peine les États généraux se furent-ils réunis, le 5 mai 1789, que les débats déraillèrent. Le Tiers État (le peuple) se sentait frustré de ne pas disposer d’un droit de vote égal à celui des deux ordres supérieurs, alors qu’il représentait plus de 90 % de la population française. En signe de protestation, il fit sécession des États généraux et se proclama Assemblée nationale, jurant de ne pas se disperser tant qu’il n’aurait pas donné à la France une nouvelle constitution. La riposte de la Couronne et de certains éléments de l’ancienne noblesse exacerba les tensions et conduisit à la prise de la Bastille le 14 juillet. La Révolution française avait commencé.

The Opening of the Estates-General
Ouverture des états généraux Isidore-Stanislas Helman (Public Domain)

Comme beaucoup de ses pairs, Talleyrand voyait dans l’avènement de la Révolution une occasion de mettre en œuvre les valeurs des Lumières et de s’éloigner des institutions répressives de l’Ancien Régime. Après avoir rejoint l’Assemblée nationale, il revint sur bon nombre de ses convictions antérieures concernant l’Église. Il proposa une motion visant à ce que l’État saisisse tous les biens de l’Église, qui seraient ensuite vendus pour rembourser la dette nationale, et milita pour l’abolition de la dîme. En 1790, il célébra la messe lors de la Fête de la Fédération et fut dès lors considéré comme "l’évêque de la Révolution". Il proposa la Constitution civile du clergé, qui exigeait de tous les prêtres en activité en France qu’ils prêtent serment d’allégeance à la future Constitution plutôt qu’au pape de Rome. En réponse, Talleyrand fut excommunié par le pape en 1791. Talleyrand se contenta de rire de la nouvelle de son excommunication, écrivant à un ami: "As-tu entendu dire que j’ai été excommunié? Viens me consoler en venant souper avec moi. Tout le monde doit me refuser le feu et l’eau, alors ce soir, nous mangerons de la charcuterie et du vin glacé" (cité dans Cooper, 36).

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Après avoir démissionné de son évêché, Talleyrand devint diplomate. Il se rendit à Londres au début de l’année 1792 pour tenter d’empêcher une guerre entre la Grande-Bretagne et la France révolutionnaire. Pendant son séjour à l’étranger, la situation dans son pays prit une tournure dramatique. La prise des Tuileries le 10 août mit effectivement fin à la monarchie, tandis que les Massacres de septembre virent des centaines de prétendus "contre-révolutionnaires" massacrés dans les rues de Paris. À la suite du procès et de l’exécution de Louis XVI, la Grande-Bretagne et plusieurs autres puissances européennes se joignirent aux guerres révolutionnaires contre la France.

Carte de la Révolution française et des guerres de 1789-1799
Carte de la Révolution française et des guerres 1789-1799 Simeon Netchev (CC BY-NC-ND)

Talleyrand était naturellement réticent à rentrer chez lui, ce qui conduisit la Convention nationale – l’organe révolutionnaire qui avait succédé à l’Assemblée nationale – à lancer un mandat d’arrêt contre lui en décembre 1792. Désormais en exil, Talleyrand resta à Londres jusqu’au début de l’année 1794, date à laquelle il embarqua pour les États-Unis. Alors qu’il se préparait à prendre la mer, il rencontra un ancien général américain qui, comme il l’apprit plus tard, n’était autre que le tristement célèbre traître Benedict Arnold. Talleyrand écrivit plus tard qu’il avait "extrêmement de peine" pour Arnold; à ses yeux, la plus grande erreur d’Arnold n’était pas d’avoir trahi les États-Unis, mais d’avoir misé sur le camp des perdants. Talleyrand arriva à Philadelphie en mai 1794 et y resta pendant les deux années suivantes.

Ministre des Affaires étrangères

En 1796, la phase la plus sanglante de la Révolution – connue sous le nom de Règne de la Terreur – avait pris fin, permettant à Talleyrand de se sentir suffisamment en sécurité pour retourner en France. Peu après son retour à Paris, on lui proposa le poste de ministre des Affaires étrangères au sein du nouveau gouvernement révolutionnaire modéré, le Directoire ; il était le candidat le plus qualifié, la plupart des autres étant soit morts, soit encore en exil. Le Directoire était tristement célèbre pour sa corruption, et Talleyrand ne fit guère exception, utilisant ses nouvelles fonctions pour s’enrichir. L’exemple le plus notoire de cela remonte à 1797, lorsqu’il refusa de recevoir trois envoyés américains à moins qu’ils ne lui versent un énorme pot-de-vin. Ce scandale, appelé l’affaire XYZ, conduisit à la quasi-guerre, un bref conflit naval non déclaré entre les États-Unis et la France.

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Reconnaissant de l'aide apportée par Talleyrand, Bonaparte le maintint à son poste de ministre des Affaires étrangères.

En octobre 1797, Talleyrand ratifia le traité de Campo-Formio, qui mit fin à la guerre de la Première Coalition contre l’Autriche. Les termes du traité avaient été dictés par Napoléon Bonaparte, un jeune et fringant général dont les victoires en Italie avaient fait de lui l’homme le plus populaire de l’armée française. Talleyrand vit un grand intérêt à s’allier à l’ambitieux Bonaparte et commença à correspondre régulièrement avec lui. En 1798, Talleyrand contribua à convaincre le Directoire d'approuver la campagne de Napoléon en Égypte et en Syrie; bien que l'expédition se soit soldée par un échec, elle ne fit qu'accroître la renommée de Bonaparte dans son pays. À ce stade, Talleyrand était las du Directoire et cherchait à le remplacer par un gouvernement plus fort, mieux à même de préserver les acquis de la Révolution. Il plaça sa confiance en Bonaparte et, en novembre 1799, soutint le général lors du coup d’État du 18 brumaire. Le coup d’État fut un succès; Bonaparte renversa le Directoire et établit un nouveau gouvernement, le Consulat français; il se plaça à sa tête en tant que Premier Consul. Reconnaissant de l’aide de Talleyrand, Bonaparte le maintint à son poste de ministre des Affaires étrangères. Contrairement à Arnold, Talleyrand avait misé sur le bon cheval.

Avec un gouvernement plus populaire et plus stable en place, Talleyrand estimait que la prochaine étape devait être d'instaurer une paix durable en Europe, afin de consolider les récentes conquêtes militaires de la France et les avancées révolutionnaires. Au départ, il semblait que Bonaparte partageait cet objectif. Après sa victoire décisive à la bataille de Marengo (14 juin 1800), il autorisa Talleyrand à négocier des traités de paix avec l'Autriche et la Grande-Bretagne, mettant fin aux guerres de la Révolution française en 1801. La même année, Bonaparte se réconcilia avec l'Église catholique grâce au Concordat de 1801, qui révoqua également l'excommunication de Talleyrand. Cependant, dans le cadre de sa tentative pour gagner les faveurs du pape, Bonaparte obligea Talleyrand à épouser sa maîtresse de longue date, Catherine Grand, en 1802. Pendant tout ce temps, Talleyrand aida Bonaparte à consolider son pouvoir. En 1802, il œuvra pour faire de Bonaparte un "consul à vie" et, en mars 1804, fut complice de l'enlèvement et du meurtre du duc d'Enghien, un prince de Bourbon qui vivait en exil. Deux mois plus tard, Bonaparte récompensa Talleyrand pour ses services en le nommant Grand Chambellan de l'Empire, un titre assorti d'une rente annuelle de 500 000 francs.

Charles Maurice de Talleyrand-Périgord, Prince de Bénévent
Charles Maurice de Talleyrand-Périgord, Prince de Bénévent François Gérard (Copyright)

Mais à cette époque, des fissures commençaient déjà à apparaître dans la relation entre le Premier Consul et son ministre des Affaires étrangères. Le 2 décembre 1804, Napoléon se couronna empereur des Français; quelques mois plus tard, il était de nouveau en guerre contre une coalition de nations comprenant l'Autriche, la Russie et la Grande-Bretagne. En 1805, Napoléon remporta une glorieuse victoire sur l’armée austro-russe lors de la bataille d’Austerlitz. L’année suivante, il battit les Prussiens lors des batailles d’Iéna et Auerstedt. À chaque fois, Talleyrand exhorta l’empereur à traiter ses ennemis vaincus avec clémence, afin de préserver le fragile équilibre des pouvoirs en Europe et d’accroître les chances d’une paix durable. Mais Napoléon, se sentant invincible après sa série de magnifiques victoires, n'était pas d'humeur à faire preuve de clémence et imposa des conditions sévères tant à l'Autriche (traité de Presbourg) qu'à la Prusse (traités de Tilsit). Ce dernier traité était particulièrement sévère, forçant la Prusse à céder près de la moitié de son territoire à la France; à Tilsit, Talleyrand aurait consolé la reine Louise de Prusse alors qu'elle pleurait. Talleyrand avait commencé à se rendre compte que Napoléon s'intéressait davantage à la guerre et à la conquête qu'à la stabilité et à la paix. Estimant que ses propres intérêts s'étaient trop éloignés de ceux de l'empereur, Talleyrand démissionna du ministère des Affaires étrangères en 1807.

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Chute de Napoléon

Même s’il complotait contre lui, Talleyrand continua à se plier aux volontés de l’empereur.

Bien que Talleyrand ne fût plus ministre des Affaires étrangères, Napoléon le considérait toujours comme un précieux conseiller et l'emmena avec lui rencontrer les souverains européens au Congrès d'Erfurt en septembre 1808. Là, Talleyrand commença à rencontrer en secret le tsar Alexandre Ier de Russie, l'exhortant à former une nouvelle coalition contre Napoléon. Peu de temps après, il accepta également des pots-de-vin d'agents russes et autrichiens pour révéler les secrets de Napoléon. Talleyrand n'aurait pas considéré cela comme une trahison: dans son esprit, il ne servait que la France, et il estimait que la politique belliciste de l'empereur mettait la France en danger. Il commença même à conspirer avec le ministre de la Police, Joseph Fouché, pour élaborer un plan de succession en vue de la destitution éventuelle de Napoléon. Mais même s'il complotait contre lui, Talleyrand continuait à obéir aux ordres de l'empereur. En 1810, il contribua à négocier le mariage entre Napoléon et Marie-Louise d’Autriche.

En 1812, l’invasion de la Russie par Napoléon se solda par un échec catastrophique; sur les 615 000 soldats que Napoléon avait emmenés avec lui en Russie, moins de 100 000 revinrent vivants. Pour Talleyrand, cela constituait une preuve suffisante que Napoléon menait la France à sa perte, et il refusa une demande de retour au poste de ministre des Affaires étrangères. En octobre 1813, les puissances alliées infligèrent une défaite décisive à Napoléon lors de la bataille de Leipzig. Au cours des mois suivants, l’empereur français mena une campagne défensive désespérée qui se solda par sa défaite et son abdication en avril 1814. Talleyrand, quant à lui, réussit à se retrouver une fois de plus du côté des vainqueurs. Une fois que la chute inévitable de son ancien maître fut devenue évidente, Talleyrand devint président du gouvernement provisoire à Paris et accueillit les armées alliées dans la capitale. Il reçut même gracieusement le tsar Alexandre Ier chez lui. Talleyrand joua un rôle clé dans la Restauration des Bourbons, qui aboutit à l'accession au trône du roi Louis XVIII de France (le frère cadet de Louis XVI, exécuté).

Caricature of Charles Maurice Talleyrand-Périgord
Caricature de Charles Maurice de Talleyrand- Périgord Unknown Artist (Public Domain)

En septembre 1814, Talleyrand fut envoyé pour représenter la France au Congrès de Vienne, un rassemblement des puissances alliées victorieuses visant à discuter de l’avenir politique et constitutionnel de l’Europe post-napoléonienne. Là, Talleyrand était dans son élément. Espérant obtenir le meilleur résultat possible pour la France, il monta secrètement les Alliés les uns contre les autres en jouant sur leur méfiance mutuelle et leurs rivalités historiques. Par exemple, il monta l’Autriche et la Grande-Bretagne contre la Russie en attisant leurs craintes que le tsar n’ait l’intention d’annexer toute la Pologne. En semant ces graines de discorde, Talleyrand parvint à réduire bon nombre des exigences posées par les autres grandes puissances et obtint un accord très favorable, grâce auquel la France pouvait conserver ses frontières de 1792. Mais alors que Talleyrand était sur le point de remporter sa plus grande victoire diplomatique, Napoléon revint de son exil sur l’île d’Elbe et reprit le contrôle de la France. Bien qu’il fût définitivement vaincu à la bataille de Waterloo et exilé une dernière fois, les Alliés n’étaient pas prêts à faire preuve d’une telle indulgence envers la France une seconde fois et repoussèrent ses frontières à leur état de 1790. Talleyrand put néanmoins considérer cela comme une victoire et retourna à Paris avec le sentiment d'avoir sauvé la France de l'humiliation.

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Fin de carrière et mort

Bien que Louis XVIII ait souhaité garder Talleyrand au poste de ministre des Affaires étrangères, de nombreux royalistes s'opposèrent à l'idée d'avoir un ancien révolutionnaire si proche du roi. Talleyrand se retira donc dans une retraite tranquille, passant son temps à rédiger ses mémoires et à critiquer ceux qui l'avaient remplacé. Puis, en 1830, il s'impliqua à nouveau dans l'activité révolutionnaire. Lors de la Révolution de Juillet, il apporta son soutien aux révolutionnaires dans leur tentative de remplacer le roi Charles X de France, jugé oppressif, par le duc d'Orléans, plus libéral. À la suite de l'abdication de Charles X, Orléans monta sur le trône sous le nom de Louis-Philippe Ier, marquant le début de la monarchie de Juillet. En reconnaissance du soutien de Talleyrand ainsi que de ses décennies d'expérience diplomatique, Louis-Philippe le nomma ambassadeur au Royaume-Uni.

Talleyrand as an Old Man, 1828
Talleyrand en tant que vieil homme, 1828 Ary Scheffer (Public Domain)

Talleyrand passa les quatre années suivantes à Londres, où son objectif principal était de convaincre les Anglais de la légitimité de Louis-Philippe. Il était désormais un vieil homme et devait se rendre compte qu'il vivait le crépuscule de sa carrière. Il réalisa néanmoins quelques exploits notables. En 1830, il joua un rôle majeur dans les négociations qui conduisirent à la formation du Royaume de Belgique. Puis, en avril 1834, il contribua à forger une alliance entre la France, la Grande-Bretagne, l'Espagne et le Portugal. Satisfait de ces dernières réalisations, il démissionna en novembre 1834 et prit une nouvelle fois sa retraite. Il passa ses dernières années à mener une vie tranquille, bien que sa santé ne cessât de décliner et qu'il souffrît souvent de dépression lorsqu'il pensait à la façon dont on se souviendrait de lui. Il mourut le 17 mai 1838, à l'âge de 84 ans, et compte parmi les hommes politiques les plus talentueux et les plus polyvalents de son époque.

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Questions & Réponses

Qui était Talleyrand?

Charles-Maurice de Talleyrand-Périgord était un évêque et diplomate français qui occupa le poste de ministre des Affaires étrangères pendant la Révolution française, l'époque napoléonienne et jusqu'à la Restauration.

Quelles furent certaines des réalisations de Talleyrand?

Au cours de sa longue carrière, Talleyrand accomplit de nombreux exploits. Il fut l'un des principaux artisans de la Constitution civile du clergé pendant la Révolution française, contribua à porter Napoléon au pouvoir lors du coup d'État du 18 brumaire, complota pour provoquer la chute de Napoléon et joua un rôle déterminant au Congrès de Vienne.

Pourquoi Talleyrand a-t-il trahi Napoléon?

Talleyrand complota contre Napoléon car il estimait que celui-ci était un belliciste dont la politique imprudente mènerait la France à la ruine et réduirait à néant les acquis de la Révolution française.

Bibliographie

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Traducteur

Babeth Étiève-Cartwright
Babeth, responsable de Traduction pour WHE, est diplômée en anglais et en français langue étrangère. Parlant couramment le français, l'anglais et l'italien, elle a enseigné l'anglais au British Council à Milan, en Italie.

Auteur

Harrison W. Mark
Harrison Mark est diplômé de SUNY Oswego NY, où il a étudié l'histoire et les sciences politiques.

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Style APA

Mark, H. W. (2026, avril 22). Charles-Maurice de Talleyrand-Périgord: Le perfide ministre des Affaires étrangères de Napoléon. (B. Étiève-Cartwright, Traducteur). World History Encyclopedia. https://www.worldhistory.org/trans/fr/1-26126/charles-maurice-de-talleyrand-perigord/

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Mark, Harrison W.. "Charles-Maurice de Talleyrand-Périgord: Le perfide ministre des Affaires étrangères de Napoléon." Traduit par Babeth Étiève-Cartwright. World History Encyclopedia, avril 22, 2026. https://www.worldhistory.org/trans/fr/1-26126/charles-maurice-de-talleyrand-perigord/.

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Mark, Harrison W.. "Charles-Maurice de Talleyrand-Périgord: Le perfide ministre des Affaires étrangères de Napoléon." Traduit par Babeth Étiève-Cartwright. World History Encyclopedia, 22 avril 2026, https://www.worldhistory.org/trans/fr/1-26126/charles-maurice-de-talleyrand-perigord/.

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