Mirabeau

Définition

Harrison W. Mark
de , traduit par Babeth Étiève-Cartwright
publié le 06 avril 2022
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Disponible dans ces autres langues: anglais
Portrait of Honoré-Gabriel Riqueti, comte de Mirabeau (by Joseph Boze, Public Domain)
Portrait d'Honoré-Gabriel Riquetti, comte de Mirabeau
Joseph Boze (Public Domain)

Honoré-Gabriel Riquetti, comte de Mirabeau (1749-1791) était un orateur et un noble français qui se fit connaître en tant que leader pendant les premières étapes de la Révolution française (1789-1799). De fils à scandale tombé en disgrâce d'un marquis distingué, les talents d'orateur de Mirabeau lui vaudront une nouvelle réputation de voix du peuple et de héros national.

Pendant la Révolution, Mirabeau plaida pour l'établissement d'une monarchie constitutionnelle sur le modèle de la Grande-Bretagne. Malgré cette position modérée, Mirabeau jouit d'une immense popularité parmi les sans-culottes, ou classes inférieures, et fut même un membre important du Club des Jacobins, bien qu'il ait fini par désapprouver la direction radicale prise par les Jacobins sous l'influence de Maximilien Robespierre (1758-1794).

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Mirabeau mourut d'une péricardite en 1791, alors qu'il était au sommet de sa popularité, mais il serait bien vite jeté en disgrâce à titre posthume après la révélation qu'il avait été secrètement à la solde du roi Louis XVI de France (r. de 1774 à 1792) et de l'Autriche, ennemis de la Révolution. Aujourd'hui encore, nombreux sont ceux qui sont partagés entre la vision d'un dirigeant compétent qui aurait pu sauver la France du règne de la terreur et celle d'un traître immoral au service des ennemis de la France.

Jeunesse

Honoré-Gabriel Riquetti, comte de Mirabeau, vit le jour le 9 mars 1749 au château de Bignon, dans le centre de la France. La famille Riquetti, probablement d'origine italienne, s'était enrichie en tant que marchands à Marseille et avait connu suffisamment de succès pour acquérir le fief de Mirabeau en 1570. A l'époque de la naissance d'Honoré-Gabriel, la famille était devenue très respectée et avait un passé de service militaire.

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Honoré-Gabriel était le cinquième enfant de l'économiste Victor Riquetti, marquis de Mirabeau et de son épouse Marie-Geneviève de Vassan. Ce mariage n'était pas heureux, et la tendresse du jeune Honoré-Gabriel pour sa mère et sa ressemblance physique avec elle lui valurent le dédain de son père. À l'âge de trois ans, le garçon fut victime d'une attaque de variole qui lui laissa le visage défiguré, ce qui ne fit que renforcer l'aversion du marquis à son égard. Désireux de se débarrasser de son fils, le marquis finit par l'envoyer dans un pensionnat strict à Paris.

La curiosité naturelle de Mirabeau et son intérêt pour la vie des gens du peuple contribuèrent à le faire connaître du public en tant que chef de file révolutionnaire.

En 1767, après avoir terminé sa scolarité, Mirabeau s'engagea dans un régiment de cavalerie. À 18 ans, il sera plus tard décrit par l'écrivain français Victor Hugo (1802-1885) comme étant d'une "laideur impressionnante et électrisante" en raison de sa grosse tête marquée par la variole (Davidson, 13). Les défauts physiques de Mirabeau ne l'empêchèrent guère de courir les femmes, un passe-temps qui semblait toujours lui attirer des ennuis. Peu de temps après s'être engagé dans la cavalerie, Mirabeau eut une liaison avec la femme d'un colonel, ce qui provoqua un scandale et lui valut un court séjour en prison.

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Il fut libéré à temps pour participer à l'invasion française de la Corse en 1768, période au cours de laquelle il réalisa une étude détaillée de l'île et apprit les traditions et les coutumes corses. Cette curiosité naturelle et son intérêt pour la vie des gens du peuple contribueraient plus tard à le faire apprécier du public en tant que chef de file révolutionnaire.

À son retour de Corse, Mirabeau tenta de regagner les faveurs de son père en épousant Émilie de Marignane, une riche héritière, en 1772, mais son style de vie extravagant et ses dettes de jeu en suspens réduisirent à néant cette bonne volonté. Ces dettes croissantes, ainsi que d'autres fautes de comportement, conduisirent Mirabeau à l'exil rural et finalement à l'emprisonnement, en vertu d'une lettre de cachet obtenue par son père. Ce type de lettre, signée par le roi, était utilisé pour faire appliquer des jugements et permettait d'emprisonner des sujets sans procès ni appel.

Mirabeau fut d'abord emprisonné au château d'If, près de Marseille, en 1774, avant d'être transféré au fort de Joux, dans le Jura. Pendant son séjour à Joux, Mirabeau reçut la permission de se rendre occasionnellement dans la ville voisine de Pontarlier, où il rencontra Marie-Thérèse de Monnier, qu'il appellait "Sophie". Ils tombèrent très vite amoureux et s'enfuirent ensemble à Amsterdam, où Mirabeau gagna sa vie en tant qu'écrivain amateur. Entre-temps, la ville de Pontarlier le condamna à mort pour avoir séduit et enlever Sophie. Pour éviter ce sort, Mirabeau se plia à une autre lettre de cachet et se laissa arrêter par la police française en 1777.

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Marie-Thérèse Sophie de Monnier
Marie-Thérèse Sophie de Monnier
Jean-Louis Delignon (Public Domain)

Cette fois, Mirabeau fut emmené au donjon de Vincennes, où il restera pendant les trois années suivantes. Pendant son emprisonnement, il commença à écrire, en commençant par son œuvre érotique, Lettres à Sophie. Il rédigea également un essai politique sur les lettres de cachet et les prisons d'État, dans lequel il soutient que ces lettres sont non seulement moralement injustes mais aussi constitutionnellement illégales. Cet essai politique fut suivi d'un autre, intitulé Avis aux Hessois, dans lequel il exhorte les mercenaires hessois de Grande-Bretagne à ne pas combattre les rebelles américains pendant la guerre d'Indépendance américaine (1775-1783). Après sa libération en 1780, il semble que Mirabeau ait été prêt à quitter son existence inutile pour une nouvelle vie d'écrivain.

Se forger une nouvelle réputation

À peine Mirabeau avait-t-il goûté à la liberté qu'il se retrouva à nouveau mêlé à des problèmes juridiques, cette fois à cause de sa propre femme. Émilie avait fini par éprouver du dégoût pour son flambeur de mari coureur de jupons et demanda la séparation judiciaire en 1782. L'influence du père de Mirabeau, ainsi que ses propres antécédents de comportement peu recommandable, montèrent les juges du tribunal contre lui, et il perdit le procès. Bien qu'il ait désormais été un homme libre, qui avait réussi à faire annuler sa condamnation à mort, Mirabeau était également totalement seul, car Sophie mit fin à leur relation et s'enfuit avec un officier de l'armée juste après sa sortie de prison. N'ayant nulle part où aller, Mirabeau partit d'abord pour la République hollandaise, puis pour l'Angleterre.

Il continua à écrire et à gagner en notoriété. Son traité sur les lettres de cachet devint populaire à Londres, et il fut admis dans la société littéraire et politique des Whigs. L'habileté de Mirabeau à manier la plume fut bientôt remarquée par des personnalités de son pays, et il fut chargé par le contrôleur général Charles Alexandre de Calonne (1734-1802) d'écrire des pièces attaquant Jacques Necker (1732-1804), le prédécesseur et rival de Calonne. Il travailla un temps avec Benjamin Franklin (1706-1790), Père fondateur et représentant des États-Unis, et se lia d'amitié avec de futures figures révolutionnaires françaises comme Georges Danton (1759-1794). En 1788, il rejoignit la Société des amis des Noirs, un groupe prônant l'abolition de l'esclavage.

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Son travail lui valut l'attention du puissant ministre français des Affaires étrangères, le comte de Vergennes, qui le chargea d'une mission secrète à Berlin en 1786 pour rédiger un rapport sur l'état de la cour de Prusse. Le rapport final, publié en janvier suivant sous le titre Histoire secrète de la cour de Berlin, était une dénonciation cinglante de la corruption et de l'incompétence de la cour d'un roi mourant, Frédéric le Grand de Prusse (r. de 1740 à 1786).

Assembly of Notables of 1787
Assemblée des notables de 1787
Claude Niquet (Public Domain)

L'année où son rapport controversé fut publié, l'Assemblée des notables de 1787 fut convoquée pour discuter d'importantes réformes financières alors que la France se dirigeait rapidement vers la faillite. Désormais connu en tant qu'écrivain public, Mirabeau contribua à l'événement en rédigeant des pamphlets attaquant son ancien patron Calonne, contribuant ainsi à la chute du contrôleur général. L'assemblée conclut que seule une réunion des États généraux avait le pouvoir d'approuver des réformes aussi radicales, et le roi Louis XVI, à contrecœur, en fixa une en 1789. Les États généraux, une réunion de députés élus représentant les trois états de la France prérévolutionnaire (clergé, noblesse et tiers états), étaient une occasion trop belle pour qu'un homme ambitieux la laisse passer.

Mirabeau ne pouvant être élu député de sa propre classe, puisqu'il ne possédait aucune terre, il se présenta comme député du tiers état. Méprisé toute sa vie par les membres de sa propre classe, Mirabeau dénonça férocement les classes privilégiées, et ses talents d'orateur lui valurent d'être élu à Marseille et à Aix-en-Provence. Choisissant de représenter cette dernière, Mirabeau était présent à l'ouverture des États généraux de 1789 à Versailles où il consolidera sa place dans l'histoire.

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La voix du peuple

Mirabeau n'eut aucun mal à se faire remarquer, même dans une foule aussi nombreuse que celle réunie pour les États généraux. Sa réputation, à la fois d'écrivain averti et compétent et de scandaleux coureur de jupons criblé de dettes, le précéda. Son aptitude à parler en public, grandement peaufinée au fil des ans, le rendait impossible à ignorer ; selon ses propres mots, "quand je secoue ma terrible crinière, personne n'ose m'interrompre !". (Davidson, 13).

Au fur et à mesure que la réunion des États généraux progressait, la conversation commençait à s'éloigner de la réforme financière pour se concentrer sur l'inégalité au sein de la société française, en particulier les privilèges des deux classes supérieures par rapport aux charges du tiers état qui constituait plus de 90 % de la population française. Certains, comme l'abbé Sieyès, adoptèrent la position radicale selon laquelle le tiers état constituait à lui seul une nation entière et que les deux autres n'étaient que des poids morts. Mirabeau, encore échaudé par son rejet par le Second-État, applaudit cette opinion.

Avec une poignée d'autres, Mirabeau et Sieyès seraient reconnus comme les chefs de file de la détresse du tiers état alors même que celui-ci réclamait la convocation d'une assemblée nationale et l'élaboration d'une nouvelle constitution. Le 23 juin, au milieu de cette atmosphère tendue, un représentant royal exigea que les membres mécontents de chacune des classes regagnent leurs salles respectives à la fin d'une session royale. À cet ordre, Mirabeau répondit de façon célèbre : " Allez dire à ceux qui vous envoient que nous sommes ici par la volonté du peuple, et qu'on ne nous en arrachera que par la puissance des baïonnettes. ". Cette réponse dramatique, appelée par les historiens français "la réplique de Mirabeau", servit de défi à la légitimité de l'autorité royale. Le lendemain, la plupart des membres du clergé rejoignirent le tiers état, ainsi que 47 nobles, et une Assemblée nationale fut rapidement formée.

Mirabeau Answering to Dreux-Brézé
Mirabeau répond à Dreux-Brézé
Alphonse Lamotte (Public Domain)

Mirabeau désapprouva la prise de la Bastille le 14 juillet, mais il demanda le renvoi des ministres responsables de ce soulèvement. Le 4 août, l'Assemblée abolit la féodalité par les décrets d'août, tout en travaillant à l'élaboration d'une nouvelle constitution. Mirabeau lui-même travailla à la rédaction de la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen et proposa de confisquer les biens de l'Église pour garantir la valeur de l'assignat, la nouvelle forme de papier-monnaie de la France révolutionnaire. Il défendit ces victoires et d'autres victoires révolutionnaires dans de puissants discours à la fin de 1789 et au début de 1790.

Mirabeau était partisan d'une monarchie constitutionnelle et préconisa la création d'un système de gouvernement comme celui de la Grande-Bretagne. Ce n'était pas une opinion impopulaire dans les premiers mois de la Révolution car beaucoup pensaient qu'un roi était encore nécessaire pour donner une légitimité à l'État. En octobre, la Marche des femmes sur Versailles déplaça de force la famille royale de Versailles au palais des Tuileries à Paris. De nombreux participants à la marche avaient réclamé une monarchie constitutionnelle, et Mirabeau commença à esquisser son idée d'un tel système. En consultation avec des alliés de la couronne, Mirabeau envisagea un gouvernement qui l'aurait inclu lui et les personnalités les plus en vue de la Révolution. Ce plan fut divulgué à l'Assemblée qui vota le 7 novembre 1789 afin d'interdire à tous les membres de l'Assemblée de devenir ministres royaux, contrecarrant ainsi le projet de Mirabeau.

Dernières années : Monarchiste révolutionnaire

En juillet 1790, la reine Marie-Antoinette (1755-1793) rencontra Mirabeau dans l'intimité du château de Saint-Cloud, à 5 km à l'ouest de Paris. La reine nourrissait un certain dédain pour cet homme, ayant déjà fait référence à "l'horreur que son immoralité m'inspire" (Fraser, 313). Cependant, Marie-Antoinette n'était pas en mesure de choisir ses alliés, et Mirabeau, aussi populaire qu'elle et le roi étaient détestés, serait un ami inestimable. À présent, le roi et la reine étaient devenus des prisonniers virtuels dans leur propre palais, à la merci de l'Assemblée et du marquis de Lafayette (1757-1834), commandant de la Garde nationale et véritable geôlier de la famille royale. Bien que leur situation ait été loin d'être aussi mauvaise qu'elle ne le serait bientôt, il devenait de plus en plus clair qu'ils auraient besoin d'aide pour récupérer l'autorité royale.

Mirabeau pensait que la Révolution avait atteint tous ses objectifs et se voyait comme l'un des ministres du roi, chargé de créer une monarchie constitutionnelle.

Mirabeau accepta de servir le roi et la reine en tant que conseiller secret, en échange du remboursement par le roi de ses dettes, qui s'élèvaient désormais à la somme faramineuse de 208 000 livres. Louis remboursa les dettes de Mirabeau avec de l'argent autrichien et accepta de lui verser des mensualités supplémentaires de 6 000 livres, avec des promesses d'augmentation. Mirabeau n'aurait pas considéré cela comme une tentative du roi de le soudoyer. En effet, il pensait que la Révolution avait atteint tous ses objectifs en 1789 et se considérait comme l'un des ministres du roi, chargé de créer une monarchie constitutionnelle compatible avec les nouvelles réformes révolutionnaires. Dès le mois de mai 1790, Mirabeau défendit l'autorité du roi devant l'Assemblée, insistant pour que Louis XVI conserve son droit de regard sur la guerre et la paix et conserve son droit de veto absolu. Ce comportement, combiné à l'amélioration soudaine du train de vie de Mirabeau, ne passa pas inaperçu et des pamphlets le traitant de traître circulèrent dans les rues de Paris. Pourtant, Mirabeau bénéficia d'un soutien suffisant pour être élu président du Club des Jacobins en 1790.

En sa qualité de conseiller royal secret, Mirabeau élabora un plan pour sauver l'autorité royale, seul moyen, selon lui, d'éviter une guerre civile. Il plaida, mais sans succès, pour l'abrogation du décret qui interdit aux membres de l'assemblée de devenir ministres royaux, estimant qu'une telle division ne ferait que provoquer des hostilités entre un corps législatif et le cabinet du roi.

Mirabeau complota également pour affaiblir Lafayette qui, bien qu'étant lui-même un monarchiste constitutionnel, était un rival de Mirabeau depuis qu'il avait rejeté son offre d'alliance politique en 1789. Pire encore, aux yeux de Mirabeau, Lafayette avait fait preuve d'ambition en reléguant le roi au second plan lors de la Fête de la Fédération de 1790, se réservant le centre de la scène. Comme Lafayette tirait son pouvoir de la Garde nationale, une force chargée de maintenir l'ordre à Paris, Mirabeau pensait que le déplacement de la capitale de la France dans une autre ville priverait Lafayette et d'autres rivaux de leurs sources de pouvoir. Déplacer le roi ailleurs le mettrait également à l'abri pendant que les tensions dans la ville s'apaiseraient d'elles-mêmes.

En fin de compte, alors que Mirabeau cherchait à concilier Révolution et monarchie, ses tentatives échouèrent. L'entêté Louis XVI ne montra guère d'enthousiasme à collaborer avec l'Assemblée, tandis que, au fil du temps, de moins en moins de membres de l'Assemblée avaient envie de travailler avec le roi. Même si "à la cour [Mirabeau] plaidait en faveur de la Révolution... et à l'Assemblée il plaidait en faveur du roi", la Révolution semblait aller trop vite et la possibilité d'une réconciliation s'éloignait rapidement (Furet, 271). Mirabeau commença à subir des attaques constantes au sein du Club des Jacobins, tandis que les journaux radicaux qui le dénonçaient redoublèrent d'ardeur.

Bust of Mirabeau
Buste de Mirabeau
Henri-Frédéric Iselin (CC BY-SA)

Pendant ce temps, Mirabeau maintint son emprise sur l'Assemblée. Il s'efforça de ne pas compromettre les relations tendues entre la France et les nations voisines tout en veillant à ne pas renier les victoires politiques de la Révolution. Pourtant, même dans les derniers mois de sa vie, il fut toujours aussi tranchant à l'Assemblée. Ses actions pour protéger les tantes du roi, qui avaient fui Paris, ainsi que son hostilité à une loi contre les émigrés, provoquèrent un tollé contre lui à l'Assemblée. Accusé à un moment donné de ressembler à un dictateur, Mirabeau répondit : "Toute ma vie, j'ai combattu le despotisme et je continuerai à le combattre." Lorsque quelques membres de l'assemblée grommelèrent à ce sujet, il se fâcha, un peu comme un maître d'école grondant des enfants indisciplinés : "Silence aux trente voix !".

Le 25 mars 1791, après avoir passé la nuit avec deux danseuses de l'opéra, Mirabeau fut frappé de violentes crampes intestinales. Ce que son médecin personnel, Cabanis, avait d'abord considéré comme une nuit d'excès sexuels s'avéra être quelque chose de plus sérieux car la douleur s'aggrava. Son état continua de se détériorer jusqu'à ce que, le matin du 2 avril, Mirabeau dise à Cabanis qu'il voulait se faire raser car " mon ami, je vais mourir aujourd'hui " (Schama, 543). Quelques heures plus tard, il était mort, âgé de seulement 42 ans. L'autopsie confirma qu'il était mort d'une péricardite.

Postérité

La mort de Mirabeau fut accompagnée d'un deuil national, car il était considéré comme un héros national et un père de la Révolution. Il reçut un grand enterrement dans le Panthéon nouvellement construit, un mausolée pour les citoyens français distingués. Pourtant, ni sa glorieuse réputation ni la monarchie ne survivraient longtemps. Lors du procès de Louis XVI en 1792, il fut révélé que Mirabeau avait travaillé secrètement avec le roi. Il fut dénoncé par Robespierre, devenu l'un des chefs jacobins les plus influents, et sa dépouille fut retirée du Panthéon et enterrée dans une tombe anonyme. Malgré des recherches pour retrouver sa dépouille mortelle en 1889, rien ne fut jamais trouvé.

La mort de Mirabeau rendit la défense de la monarchie beaucoup plus difficile, bien que certains historiens affirment que la monarchie n'aurait pas pu être sauvée même s'il avait vécu. Il n'en reste pas moins que Mirabeau était incontestablement un chef de file fort et compétent qui était passé du statut de prisonnier scandaleux à celui d'homme le plus populaire de France, largement adulé à sa mort. Comme beaucoup d'autres chefs révolutionnaires français, il demeure une figure controversée, considérée alternativement comme un chef de valeur ou comme un traître immoral. Ce que l'on ne peut nier, cependant, c'est son influence sur le cours de la Révolution et sur l'histoire de France.

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Questions et réponses

Qui était Mirabeau?

Honoré-Gabriel Riquetti, comte de Mirabeau (1749-1791) était un orateur et un noble français qui se fit connaître en tant que chef de file pendant les premières étapes de la Révolution française (1789-1799).

À quelle classe de la société Mirabeau appartenait-il?

Mirabeau ne pouvant être élu député de sa propre classe nobiliaire puisqu'il ne possédait aucune terre, il se présenta comme député du tiers état. Mirabeau sera reconnu comme un chef de file de la détresse du Troisième État.

Mirabeau était-il révolutionnaire ou monarchiste ?

Mirabeau était un partisan de la monarchie constitutionnelle et préconisait la création d'un système de gouvernement comme celui de la Grande-Bretagne. Il pensait que la Révolution avait atteint tous ses objectifs en 1789 et se considérait comme l'un des ministres du roi, chargé de créer une monarchie constitutionnelle compatible avec les nouvelles réformes révolutionnaires.

Traducteur

Babeth Étiève-Cartwright
Babeth a enseigné l’anglais au British Council de Milan. Elle parle couramment le français, l’anglais et l’italien et a 25 ans d’expérience dans le domaine de l’éducation. Elle aime voyager et découvrir la langue, l’histoire et le patrimoine culturel des différents pays qu'elle visite.

Auteur

Harrison W. Mark
Harrison Mark is a graduate of SUNY Oswego, where he studied history and political science.

Citer cette ressource

Style APA

Mark, H. W. (2022, avril 06). Mirabeau [Honoré-Gabriel Riqueti, comte de Mirabeau]. (B. Étiève-Cartwright, Traducteur). World History Encyclopedia. Extrait de https://www.worldhistory.org/trans/fr/1-20701/mirabeau/

Style Chicago

Mark, Harrison W.. "Mirabeau." Traduit par Babeth Étiève-Cartwright. World History Encyclopedia. modifié le avril 06, 2022. https://www.worldhistory.org/trans/fr/1-20701/mirabeau/.

Style MLA

Mark, Harrison W.. "Mirabeau." Traduit par Babeth Étiève-Cartwright. World History Encyclopedia. World History Encyclopedia, 06 avril 2022. Web. 24 juin 2022.

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