Sumo

Définition

Mark Cartwright
de , traduit par Babeth Étiève-Cartwright
publié le 07 avril 2017
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Disponible dans ces autres langues: anglais
A Sumo Wrestling Bout (by sophietica, CC BY-NC-SA)
Un combat de lutte de sumo
sophietica (CC BY-NC-SA)

Le sumo (Ozumo) est une ancienne forme de lutte qui est depuis longtemps le sport national du Japon. Ses origines remontent à la période Yayoi (c. 300 av. J-C - c. 300 ap. J-C) et incorpore de nombreux éléments de la religion shinto dans ses différents rituels et conventions, qui durent habituellement beaucoup plus longtemps que le concours sportif proprement dit. Toujours considéré comme un événement sacré, le pavillon où se déroulent des combats de sumo est considéré aussi sacré qu'un sanctuaire shinto.

Origines et développement

Les origines du sumo sont perdues dans les brumes du temps, mais on pense qu'il fut pratiqué pour la première fois dans la période Yayoi dans le cadre des rituels shinto où les kamis (ou esprits) étaient soit invoqués soit «affrontés». Traditionnellement, le tout premier lutteur de sumo fut Nomi no Sukune qui reçut l'ordre de l'empereur Suinin (r. 29 av J-C - 70 ap. J-C) de combattre un certain Taima no Kehaya. Nomi no Sukune gagna, peut-être sans surprise puisqu'il descendait d'Amenohohi, fils de la déesse du soleil Amaterasu.

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La phase physique explosive d'un combat de sumo est précédée d'une longue série de rituels qui ont leurs origines dans la guerre antique et le shinto.

Au VIIIe siècle, pendant la période Nara où l'histoire est plus certaine, les concours de lutte de ces hommes forts devinrent un rituel important. Les combats de sumo impliquaient souvent des samouraï et ces combats étaient connus sous le nom de tsuji-zumo dans lesquels il n'y avait que très peu de règles, les décès étaient fréquents et le prix était en argent comptant. Le deuxième type de combat était le kanjin-zumo et ils avaient lieu dans les sanctuaires afin de recueillir des fonds pour leur entretien.

La forme moderne du sport se concrétisa au sanctuaire shinto de Tomioka Hachimangu à Tokyo. C'est là, qu'à partir de 1684 pendant l'ère Edo (1600-1868), des combats réguliers furent organisés, notamment par l'ancien samouraï Ikazuchi Gondayu qui créa les règles et l'arène encore en usage aujourd'hui. Les lutteurs de sumo, souvent connus sous le nom de rikishi, devinrent ensuite des sportifs professionnels qui voyageaient à travers le pays et le sumo devint le sport national du Japon. Tant les lutteurs de sumo que le sumo lui-même sont encore considérés comme sacrés au Japon aujourd'hui.

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Rituels Shinto du Sumo

La phase physique explosive d'un combat de sumo est précédée par une longue série de rituels et de postures qui trouvent leurs origines dans la guerre antique et la religion shinto. L'un de ces rituels exige que le lutteur soulève une jambe et frappe violemment le sol à plusieurs reprises. Cela découle de la pratique archaïque des guerriers qui faisaient cela avant la bataille pour effrayer l'ennemi et, connue sous le nom de shiki, cela fut également accompli par la déesse Amaterasu quand elle affronta son frère indiscipliné Susanoo dans la mythologie shinto. Les lutteurs battent souvent des mains dans le rituel de pré-combat, une autre tradition dans le shinto quand un croyant applaudit pour signifier le début et la fin d'une prière. Un autre rituel est que les lutteurs jettent périodiquement du sel de l'autre côté du cercle et aussi en dehors. C'est un acte de purification, le sel étant utilisé dans ce but depuis fort longtemps dans les sanctuaires shinto. Enfin, l'arbitre (gyoji) d'un match de sumo est un remarquable spectacle en soi puisqu'il porte une robe inspirée de celles portées à la cour impériale du Japon à l'époque médiévale et semblable à celle d'un prêtre shinto aujourd'hui.

Ryogoku Sumo Hall, Tokyo
Salle de sumo Ryogoku, Tokyo
Brian M. Chapman (CC BY-SA)

Un Combat de Sumo

Deux lutteurs de Sumo se font face debout dans un cercle délimité par une corde sur une plate-forme carrée surélevée faite d'argile compacte. La plate-forme mesure précisément 5,7 mètres de côté, et le cercle ou dohyo est un cercle parfait avec un diamètre de 4,57 mètres. Au-dessus de la plate-forme se trouve un toit de style Shinmei-zukuri généralement utilisé pur les sanctuaires shinto, et le tout jouit donc du même statut qu'un sanctuaire sacré shinto tant il lui ressemble.

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Le vainqueur du combat doit soit pousser son adversaire hors du cercle de corde, soit le faire tomber à terre. Si une partie du corps d'un lutteur autre que ses pieds touche le sol argileux, alors il a perdu. Les lutteurs, avec leurs cheveux attachés en un complexe chignon rappelant celui du samouraï médiéval, portent un mawashi ou une grande ceinture que leur adversaire peut saisir pour le pousser, lutter ou le soulever hors du cercle. La tâche de faire sortir un adversaire peut prendre seulement quelques secondes dans les combats les plus rapides, mais la difficulté réside dans la taille énorme des lutteurs. De nombreux lutteurs de sumo pèsent généralement 150 kilos (330 livres), mais certains de ces géants du sport peuvent peser plus de 200 kilos (450 livres).

Certains lutteurs de sumo sont des superstars au Japon, en particulier ceux qui gagnent des tournois et acquièrent le titre prestigieux de yokozuna ou grand champion. Le sport n'est pas non plus limité aux lutteurs japonais puisque plusieurs yokozuna viennent de Mongolie et même de Hawaï. Même les lutteurs de sumo les moins célèbres sont en demande car ils sont souvent invités dans des maisons privées à la fin de l'hiver pour débarrasser la maison des mauvais esprits ou oni lors d'une cérémonie connue sous le nom de setsubun (« deuxième jour, deuxième mois »). Le lutteur de sumo jette des haricots et crie à plusieurs reprises l'expression Oni wa soto, fuku wa uchi (鬼は外! 福は内!) ou «Le démon est à l'extérieur, la fortune est à l'intérieur!».

This content was made possible with generous support from the Great Britain Sasakawa Foundation.

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Traducteur

Babeth Étiève-Cartwright
Babeth a enseigné l’anglais au British Council de Milan. Elle parle couramment le français, l’anglais et l’italien et a 25 ans d’expérience dans le domaine de l’éducation. Elle aime voyager et découvrir la langue, l’histoire et le patrimoine culturel des différents pays qu'elle visite.

Auteur

Mark Cartwright
Mark est un auteur d'articles historiques installé en Italie. Il s'intéresse plus particulièrement à la poterie, à l’architecture, aux mythologies du monde et à la découverte des idées partagées par toutes les civilisations. Il est titulaire d’un Master en philosophie politique et éditeur en chef de WHE.

Citer cette ressource

Style APA

Cartwright, M. (2017, avril 07). Sumo [Sumo]. (B. Étiève-Cartwright, Traducteur). World History Encyclopedia. Extrait de https://www.worldhistory.org/trans/fr/1-15881/sumo/

Style Chicago

Cartwright, Mark. "Sumo." Traduit par Babeth Étiève-Cartwright. World History Encyclopedia. modifié le avril 07, 2017. https://www.worldhistory.org/trans/fr/1-15881/sumo/.

Style MLA

Cartwright, Mark. "Sumo." Traduit par Babeth Étiève-Cartwright. World History Encyclopedia. World History Encyclopedia, 07 avril 2017. Web. 27 janv. 2022.

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