Inari

Définition

Mark Cartwright
par , traduit par Babeth Étiève-Cartwright
publié sur 23 mai 2017
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Disponible dans d'autres langues: Anglais, Espagnol
Torii, Fushimi Inari shrine (by James Blake Wiener, CC BY-NC-SA)
Torii, sanctuaire Fushimi Inari
James Blake Wiener (CC BY-NC-SA)

Inari est le dieu shinto du riz, le protecteur de la nourriture et celui qui apporte la prospérité. Plus de 40 000 sanctuaires lui sont dédiés, grands et petits, à travers le Japon, dont le plus ancien et le plus important est le sanctuaire de Fushimi Inari, près de Kyoto, avec ses célèbres portes rouges torii et ses statues de renard en l'honneur de l'animal considéré le messager et le gardien du dieu.

Noms

Le nom d'Inari vient de ine, qui signifie semis de riz, et son nom peut donc être traduit par "porteur de riz". Le dieu du riz peut porter un autre nom, celui de Ta-no-kami ou "le dieu de la rizière". Il est parfois appelé Susshe Inari (Inari du succès) ou Manzoku Inari (Inari de l'accomplissement). Un autre titre encore est Ukanomitama-no-kami, qui signifie "le dieu de la nourriture". Inari est également étroitement associé à l'ancienne déesse du riz ou de la nourriture Ukemochi okami. Une autre association, typique du croisement des figures divines dans le shinto et le bouddhisme japonais, est Daikiniten/Daikokuten (du Dakini hindou), le dieu bouddhiste de la cuisine et des Cinq Grains, qui incluent bien sûr le riz. Dans le bouddhisme, le dieu est considéré comme un disciple du Bouddha et il peut également être connu sous le nom de Inari Daimyojin.

Diffusion du culte

Selon la légende, Inari fut vénéré pour la première fois sur le mont Inari à partir du 8e siècle de notre ère, suite à la découverte d'un homme appelé Hata no Irogu. Un jour, Irogu s'exerçait au tir à l'arc en utilisant pour cibles des gâteaux de riz gluant (mochi). Un tir traversa un gâteau qui se transforma comme par magie en une colombe blanche. Irogu suivit le vol de l'oiseau qui finit par se poser sur un sommet du Mont Inari appelé Mitsumine, et là, il trouva du riz qui poussait, et c'est ainsi que commença le culte d'Inari en tant qu'esprit ou kami Shinto.

Inari est le dieu SHINTo de la prospérité, l'ami des marchands, des commerçants et des artisans, et celui qui résout tous les problèmes.

En tant que dieu du riz, l'aliment de base de l'ancien Japon et si essentiel à la vie de tous, du simple fermier à l'empereur en personne, Inari est devenu, sans surprise, l'une des figures majeures du Shinto. Les festivals et les rituels liés au riz et à la riziculture, en particulier pendant les périodes de semis et de récolte, sont pratiqués depuis que la culture du riz fut introduite dans le sud du Japon pendant la période Yayoi (300 av. J.-C. - 250 ap. J.-C.). Compte tenu de l'importance de cet aliment, le culte d'Inari toucha tous les coins des îles japonaises et il acquit toutes sortes d'autres attributs. Il était considéré comme le porteur de la prospérité en général, le protecteur de la nourriture, celui qui retrouve les objets perdus, le protecteur des amoureux et des couples mariés, le patron des épéistes, l'ami des marchands, des commerçants et des artisans, et enfin, celui qui résout tous les problèmes.

Le culte d'Inari, qui était auparavant une divinité purement locale, se répandit au IXe siècle lorsque le célèbre moine érudit et fondateur du bouddhisme Shingon au Japon, Kūkai, alias Kobo Daishi (774-835), fit du dieu le gardien du temple To-ji à Heiankyo (Kyoto), alors capitale du Japon. Kūkai avait affirmé avoir rencontré un vieil homme transportant du riz sur la montagne Inari et il prit ça pour une rencontre avec le dieu en personne. Lorsque l'empereur tomba gravement malade, ce n'est qu'en donnant à Inari une bonne position à la cour qu'il assura sa guérison.

Torii, Fushimi Inari Shrine
Torii, sanctuaire Fushimi Inari
James Blake Wiener (CC BY-NC-SA)

Au cours de la période Edo (1603-1868), Inari fut associé au commerce et représentait donc la richesse et la prospérité. Cette association se développa au fur et à mesure que l'économie du Japon se développait et que la vie devenait plus commerciale, si bien qu'à l'époque Meiji (1868-1912), Inari était considéré comme le kami de la finance et de l'industrie, une position qu'il occupe encore pour beaucoup aujourd'hui. Par conséquent, les sanctuaires d'Inari sont toujours très utilisés et apparaissent sous forme miniaturisée sur des places de marché et sur les toits des immeubles de bureaux.

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Le renard

Dans l'art, le dieu est parfois représenté avec une barbe, il porte des vêtements de cour, un sac de riz, parfois un bijou flamboyant qui exauce les vœux, et peut tenir la clé d'un grenier. Très souvent, il chevauche un renard blanc, l'animal étant considéré comme le messager et le gardien d'Inari. C'est pour cette raison qu'Inari est devenu le yashikigami ou la divinité domestique des guerriers à l'époque médiévale, car eux aussi étaient censés chevaucher des renards.

De nombreux sanctuaires d'Inari comportent des sculptures de renards, souvent vêtus de foulards rouges pour porter chance et tenant dans leur bouche la clé d'un grenier à riz. Chaque sanctuaire possède également un trou symbolique dans l'un de ses murs d'enceinte pour permettre au renard messager d'Inari d'entrer et de sortir facilement. Les fidèles laissent fréquemment une offrande pour le renard dans les sanctuaires d'Inari, généralement un inari-zushi, qui est du riz cuit enveloppé dans du tofu frit et trempé dans une liqueur de riz sucrée. On espère que le renard, satisfait de cette offrande, ne fera que transmettre à son maître de bonnes choses sur l'adorateur et s'assurera ainsi une réponse favorable du dieu pour ce qui est demandé.

Fox Statue, Fushimi Inari Shrine
Statue de renard, sanctuaire Fushimi Inari
James Blake Wiener (CC BY-NC-SA)

Fushimi Inari

Inari est l'une des divinités les plus populaires du Japon, et il a des milliers de sanctuaires à travers le pays, surtout dans les zones rurales, mais c'est le complexe du temple Fushimi Inari Taisha près de Kyoto qui est le plus ancien, le plus grand et le plus important. Outre le fait qu'il est le siège du culte d'Inari, le sanctuaire de Fushimi est également célèbre pour le grand nombre de portails rouges (torii) de toutes tailles qui se trouvent sur le site et qui sont offerts par les fidèles qui espèrent que le dieu leur accordera ses faveurs (le prix de départ est d'environ 3 000 dollars américains au moment où nous écrivons ces lignes). Les chemins du complexe comptent plus de 5 000 torii, et ils sont placés si près les uns des autres qu'ils forment presque des allées couvertes.

Le sanctuaire de Fushimi Inari fut fondé en l'an 711 par le clan Hata et fut déplacé de son emplacement d'origine, au sommet du mont Inari, à son emplacement actuel, plus bas, au IXe siècle. Comme plusieurs autres sanctuaires shinto, il fut administré par des moines bouddhistes jusqu'à la séparation officielle des deux religions en 1873. La grande pierre ronde à l'extérieur du temple principal représente la présence (shintai) d'Inari et est flanquée d'une grande paire de sculptures de renards. Le bâtiment principal fut malheureusement détruit par un incendie en 1468 pendant les guerres Onin (1467-1477), mais il fut reconstruit en 1499 et a depuis été régulièrement restauré. Le sanctuaire de Fushimi est une attraction populaire toute l'année, mais surtout au Nouvel An pour le festival Hatsumode et au début du mois de février pour le festival Hatsuuma Taisai.

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À propos du traducteur

Babeth Étiève-Cartwright
Babeth s'est consacrée à la traduction après avoir enseigné l'anglais au British Council de Milan. Elle parle couramment le français, l'anglais et l'italien et a 25 ans d'expérience dans le domaine de l'éducation. Elle aime voyager et découvrir l'histoire et le patrimoine d'autres cultures.

A propos de l'auteur

Mark Cartwright
Mark est un auteur, chercheur, historien et éditeur à plein temps. Il s'intéresse particulièrement à l'art, à l'architecture et à la découverte des idées que toutes les civilisations peuvent nous offrir. Il est titulaire d'un Master en Philosophie politique et est le Directeur de Publication de WHE.

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Cartwright, M. (2017, mai 23). Inari [Inari]. (B. Étiève-Cartwright, Traducteur). World History Encyclopedia. Récupéré de https://www.worldhistory.org/trans/fr/1-16065/inari/

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Cartwright, Mark. "Inari." Traduit par Babeth Étiève-Cartwright. World History Encyclopedia. Dernière modification mai 23, 2017. https://www.worldhistory.org/trans/fr/1-16065/inari/.

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Cartwright, Mark. "Inari." Traduit par Babeth Étiève-Cartwright. World History Encyclopedia. World History Encyclopedia, 23 mai 2017. Web. 08 déc. 2022.

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