Lombards

Définition

Joshua J. Mark
par , traduit par Yves Palisse
publié sur 06 décembre 2014
Disponible dans d'autres langues: Anglais, Italien
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Lombard Horseman Shield Mount (by James Steakley, CC BY-SA)
Cavalier lombard - monture du Grand Bouclier de Stabio
James Steakley (CC BY-SA)

Les Lombards étaient une tribu germanique originaire de Scandinavie qui migra en Pannonie au Ve siècle (à peu près la Hongrie d'aujourd'hui). Leur migration est considérée comme une composante essentielle des grandes 'invasions barbares' et des 'grandes migrations', une série d'événements qui se déroulèrent entre l'an 376 et l'an 476.

Néanmoins, certains historiens admettent volontiers que ces migrations auraient pu commencer plus tôt et durer plus longtemps que ne l'indiquent les dates traditionnellement retenues. Pour l'auteur J. F. C. Fuller, par exemple: 'les Grandes Invasions' commencent officiellement 'avec la traversée du Danube par les Goths en 376', mais il existe des preuves de migrations antérieures à cette date (277).

Les Lombards sont mentionnés pour la première fois dans les sources romaines en l'an 9 de notre ère par l'historien Velleius Paterculus, puis en l'an 20 de notre ère par Strabon et encore une fois en l'an 98 par Tacite. Le récit le plus complet sur leurs origines est l'Histoire des Lombards écrite par Paul Diacre à la fin du VIIIe siècle sur la base d'un ouvrage antérieur connu sous le nom de L'Origine des Lombards. Cependant, comme le souligne le médiéviste Roger Collins: 'c'est un ouvrage qui pose de nombreux problèmes à l'historien' car 'il dépend pour ses informations d'une variété de sources qui ne sont pas toutes vérifiables et sont de qualité inégale' (198).

En outre, l'œuvre de Paul Diacre comprend des récits qu'il qualifie lui-même de 'saugrenus', et d'autres (tels que la prostituée donnant naissance à sept enfants à la fois, dont l'un deviendrait plus tard le roi lombard Lamissio) qu'il affirme devoir être acceptés comme des faits. Néanmoins, les historiens se sont appuyés sur l'œuvre de Paul pour les informations les plus fiables qu'elle fournit sur les débuts de l'histoire des Lombards.

Les violences confessionnelles constatées dans d'autres royaumes ne semblent pas avoir PRIS PLACE dans le royaume lombard.

Ils s'allièrent à l'Empire romain d'Orient contre les Ostrogoths d'Italie et combattirent pour Rome à la bataille de Taginae contre Totila en 552. En 568, ils quittèrent massivement la Pannonie et envahirent l'Italie, créant le royaume lombard sous le règne d'Alboïn (r. c. 560-572). Leur royaume se développa en taille et en puissance jusqu'à englober la quasi-totalité de l'Italie actuelle; il dura jusqu'en 774, date à laquelle ils furent vaincus par les Francs. Par la suite, ils n'existèrent plus en Italie que sous la forme de petites cités-États relevant d'autres puissances. Leur nom subsiste encore aujourd'hui dans la région de Lombardie, dans le nord de l'Italie.

Origines et alliance avec Rome

Paul Diacre raconte que les Lombards étaient à l'origine une tribu scandinave connue sous le nom de Winniles. Ibor et Aio étaient les chefs d'un sous-groupe de cette tribu. Ils quittèrent la tribu en compagnie de leur mère Gambara et émigrèrent vers le sud, s'installant finalement dans la région que Paul appelle Scoringa (près de l'Elbe). Paul écrit que les Vandales de la région 'soumirent tous leurs voisins par la force' et 'envoyèrent des messagers aux Winniles pour leur dire qu'ils devaient soit payer un tribut aux Vandales, soit se préparer aux luttes de la guerre' (8-9). Les deux frères décidèrent 'qu'il valait mieux maintenir leur liberté par les armes que de la souiller par le paiement d'un tribut' et firent savoir aux Vandales qu'ils préféraient se battre plutôt que de vivre comme des esclaves. Leur problème, cependant, était qu'ils ne disposaient pas d'un grand nombre de combattants et qu'ils étaient sûrs d'être dépassés en nombre par l'armée vandale.

Paul Diacre écrit que les deux camps en appelèrent à leur dieu principal, Odin, pour obtenir la victoire:

C'est alors que les hommes d'autrefois racontent une histoire saugrenue selon laquelle les Vandales, se rendant auprès de Godan (Odin), lui demandèrent la victoire sur les Winniles et qu'il leur répondit qu'il donnerait la victoire à ceux qu'il verrait en premier au lever du soleil. (9)

La Winnile Gambara se rendit alors auprès de Freyja (également appelée Frigg ou Frigga), l'épouse d'Odin, et lui demanda de donner la victoire à ses fils au combat. Freyja dit à Gambara que les femmes des Winniles devaient 'laisser retomber leurs cheveux et les arranger sur leur visage comme une barbe, et qu'au petit matin, elles devraient être présentes aux côtés de leurs maris et se placer de la même manière pour être vues par Godan depuis le quartier dans lequel il avait l'habitude de regarder par sa fenêtre, vers l'est' (9). Les femmes prirent leurs places dans les rangs avec leurs cheveux attachés en guise de barbe et, le lendemain matin, Odin regarda par sa fenêtre au lever du soleil et les vit se tenir au garde à vous dans le terrain. Il s'exclama : 'Qui sont ces longues barbes ?' Freyja lui répondit que, puisqu'il avait donné leur nom à la tribu, il devait aussi lui donner la victoire. C'est ce qu'il fit, et les Winniles se firent dès lors appeler les 'Longues Barbes' ce qui, avec le temps, se transforma en 'Lombards'.

Paul écrit ensuite à propos de cette histoire: 'ces choses sont risibles et ne doivent pas être prises au sérieux' et affirme que le nom de 'Langobards' (ou longobards) vient de la longueur de la barbe des hommes ('Longues Barbes') qu'ils refusaient de raser ou de tailler. La plupart des historiens pensent que leur gentilé dérive d'un des noms d'Odin, Langbaror, car la tribu s'était consacrée au culte d'Odin à un moment donné après avoir quitté la Scandinavie.

Après avoir vaincu les Vandales, les Lombards ne trouvèrent que peu de vivres et de ressources dans la région et, selon Paul, 'souffrirent de grandes privations dues à la faim' et 'leurs esprits furent remplis de consternation' (10). Ils décidèrent donc de poursuivre leur route et, après un certain nombre d'autres aventures (y compris des batailles et des combats singuliers avec divers adversaires). Ensuite, ils s'installèrent dans les terres situées à l'est de l'Elbe, connues par Paul Diacre sous le nom de Mauringa et correspondant à l'Autriche d'aujourd'hui. Ils y subirent un temps la domination de la confédération saxonne, jusqu'à ce qu'ils se soulèvent sous l'égide de leur roi Agelmund (fils d'Aio) et vécurent en tant que peuple autonome pendant les 30 années suivantes.

Lombard Drinking Horn
Corne à boire lombarde
Osama Shukir Muhammed Amin (Copyright)

C'est à ce moment-là que Paul situe l'histoire de la prostituée qui mit au monde sept enfants non désirés et les jeta dans un étang pour les noyer. Le roi Agelmund qui avait fait une halte à l'étang pour abreuver son cheval, y trouva un des nouveaux-nés encore en vie. Il le sortit de l'eau et l'éleva comme son propre fils. L'enfant se révéla être Lamissio qui, 'une fois adulte, devint un jeune homme si vigoureux qu'il prit goût au combat et, après la mort d'Agelmund, il dirigea le gouvernement du royaume' (13-14). Lamissio accéda au pouvoir après un raid des Bulgares au cours duquel Agelmund trouva la mort et sa fille fut enlevée.

Lamissio rallia les Lombards, vainquit les Bulgares et sauva la princesse. D'autres rois, tels que Lethu, Hildeoc et Gudeoc, suivirent Lamissio et, peut-être en raison de la surpopulation et du manque de ressources, ou peut-être en raison d'un conflit avec les Huns, ils se déplacèrent autour de l'an 487 vers le Danube après la destruction par le roi Odoacre d'Italie de la tribu des Ruges, qui vivait dans cette région.

C'est à peu près vers cette époque qu'ils se firent remarquer par l'Empire romain d'Orient (Byzance) qui les invita en Pannonie pour défendre la région contre les Gépides. Selon d'autres sources, ils faisaient partie de l'hégémonie thuringienne (les Goths), et émigrèrent seuls vers la Pannonie après sa dislocation. C'est à cette époque, vers l'an 526, que le premier 'roi véritablement historique, Wacho', régna sur le peuple lombard (Halsall, 398). Ils vainquirent les Hérules, qui résidaient en Pannonie, et s'emparèrent de leurs terres ancestrales.

Alliés et ennemis de Rome

Sous le règne de Wacho, puis d'Audoin (546-560), les Lombards prospérèrent en Pannonie. Audoin décéda en 560. Son fils Alboïn (560-572), l'un des plus grands rois lombards, lui succéda. Selon certaines sources, Alboïn estimait que le meilleur moyen de vaincre les Gépides était de s'allier avec Bayan Ier, roi des Avars (r. de 562/565 à 602). Il les vainquit lors d'une bataille en 567, tua leur roi Cunimond et s'empara de sa tête comme trophée, qu'il transforma plus tard en coupe à boire.

Les sources diffèrent cependant sur ces détails, et il est possible que ce soit Bayan Ier qui ait suggéré l'alliance, ait tué Cunimond, puis donné son crâne à Alboïn en guise de trophée pour célébrer leur victoire. Cependant, une fois les Gépides soumis, ce furent les Avars qui imposèrent leur autorité sur la région grâce à l'accord qu'Alboïn avait conclu avec Bayan Ier avant la bataille. En effet, Bayan Ier avait insisté sur le fait qu'en cas de victoire sur les Gépides, toutes leurs terres et richesses reviendraient aux Avars, et non aux Lombards. Nul ne sait ce qui avait pu pousser Alboïn à accepter des conditions aussi défavorables. Une fois en possession des territoires Gépides, les Avars commencèrent à exercer une puissance que les Gépides eux-même n'avaient jamais possédée. L'historien Guy Halsall écrit :

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Ainsi, en dépit de leurs victoires sur les Gépides, les Lombards se retrouvèrent dans la position d'une faction politique perdante, lorsque, au cours du troisième quart du Ve siècle, les Avars, poussés dans la région du Danube par les Romains de l'Est, s'imposèrent comme la puissance dominante de la région. (399)

Alboïn épousa ensuite Rosemonde, la fille du roi Cunimond, afin de créer une alliance entre les Lombards et les Gépides contre les Avars. Cependant, à cette époque, les Avars étaient déjà devenus trop puissants et les Gépides trop faibles pour qu'elle soit efficace. Par conséquent, Alboïn estima plus prudent de quitter la région. Un grand nombre de Lombards avaient servi dans les forces impériales sous les ordres du général Narsès en Italie, et s'étaient illustrés lors de la bataille de Taginae en 552. Narsès y avait vaincu le roi ostrogoth Totila et reconquis l'Italie pour l'empire. Comme ces soldats se souvenaient encore de l'Italie en tant que terre verte et fertile, ils suggérèrent à Alboïn d'y émigrer. Cependant, selon d'autres sources, ils s'y rendirent à l'invitation de Narsès lui-même (cette dernière affirmation est régulièrement contestée). Quelle qu'ait pu en être la raison, en l'an 568, Alboïn conduisit les Lombards depuis la Pannonie jusqu'au nord de l'Italie.

Invasion de l'Italie et mort d'Alboïn

Alboïn trouva le pays relativement désert et, à peu d'exceptions près, prit ville après ville sans rencontrer d'opposition de la part des forces impériales (sauf pour Pavie, dont la conquête nécessita un siège de trois ans). En 572, Alboïn avait conquis la majeure partie de l'Italie, établissant sa capitale à Vérone, jusqu'à la prise de Pavie. Il divisa le pays en 36 territoires appelés 'duchés', tous gouvernés par un duc qui ne rendait compte qu'au roi.

Bien que ce système ait été une forme de gouvernement efficace d'un point de vue bureaucratique, il laissait trop de pouvoir entre les mains des différents ducs. Ainsi, les régions prospéraient ou souffraient en fonction de la qualité de leur duc respectif. Alboïn régnait effectivement depuis Vérone, mais, comme il était plus préoccupé par la sécurité de ses frontières contre les Francs et la lutte contre l'empire d'Orient, il avait abandonné les affaires du gouvernement à ses subordonnés. Il en résulta un manque de cohésion entre les différents territoires, car chaque duc, naturellement, exigeait de faire passer les besoins de sa région avant ceux des autres.

Ainsi, en l'an 572, le royaume lombard se trouvait dans une situation particulièrement vulnérable lorsque le roi Alboïn fut assassiné par des conjurés guidés par son épouse Rosemonde. Selon Paul Diacre, elle n'avait jamais pardonné à Alboïn d'avoir tué son père et avait convaincu Helmechis, frère adoptif d'Alboïn, de l'assassiner. D'autres sources sur l'assassinat d'Alboïn (comme Grégoire de Tours ou Marius d'Avenches) donnent des informations différentes, mais toutes s'accordent à penser que le complot aurait été ourdi par Rosemonde qui aurait fait assassiner Alboïn pour venger son père.

Paul Diacre raconte la célèbre histoire d'Alboïn forçant Rosemonde à boire dans la coupe qu'il avait fabriquée à partir du crâne de son père, l'invitant à 'trinquer joyeusement avec son père'. Cette insulte, selon Paul, est ce qui finit par pousser Rosemonde à faire tuer son mari. Après la perte de leur roi, les divers territoires lombards se désunirent encore plus. Ils se battirent les uns contre les autres jusqu' au moment où ils se virent menacés par les forces étrangères des Francs et de l'empire d'Orient.

L'Empire byzantin avait dépensé des sommes astronomiques pour reprendre l'Italie aux Ostrogoths après la mort de Théodoric le Grand, en 526. Entre 526 et 555, l'empire d'Orient était dans un état de guerre quasi permanent avec les Ostrogoths d'Italie et faisait souvent appel aux Lombards pour les combattre. Il était donc particulièrement difficile pour eux de voir leurs anciens alliés occuper les terres que les forces impériales avaient eu tant de mal à reconquérir.

Vers 582, l'Empereur byzantin, Maurice, créa l'Exarchat de Ravenne, dont le but était de reprendre l'Italie aux Lombards. Les exarques étaient des commandants militaires dont le rôle était d'organiser la population et d'équiper une armée. Cependant, le peuple italien, qui se souvenait encore des impôts exorbitants de l'Empire, ne souhaitait pas le retour de la domination impériale et avait encore moins envie de voir l'argent de ses impôts servir à financer d'autres guerres impériales au lieu d'être consacré à apporter des améliorations sur son propre territoire. L'exarchat fut donc inefficace et n'aboutit à rien.

Map of Lombard Kingdom, 575 CE
Carte du royaume lombard, 576
Castagna (CC BY-SA)

Succession d'Alboïn et royaume lombard

Cependant, l'éventualité d'une menace impériale incita les ducs lombards à cesser de se battre entre eux et à choisir un roi, Authari, en 586. Authari vainquit les forces byzantines qui s'étaient finalement ralliées contre les Lombards en 586, mais perdit des terres au profit de ces derniers lors d'une autre bataille l'année suivante. Afin de renforcer sa position, il arrangea un mariage avec la fille du roi franc Childebert II. Cependant, les négociations échouèrent et Childebert maria sa fille à un roi wisigoth. Les Francs, qui avaient longtemps été hostiles à l'Empire byzantin, s'allièrent désormais à lui contre les Lombards et, en 590, ils se lancèrent dans une véritable invasion de l'Italie, s'emparant d'un certain nombre de villes importantes.

Authari épousa ensuite la fille d'un duc bavarois, Théodelinde de Bavière, afin de s'assurer une forme d'alliance contre les forces des Francs et des Byzantins. Il mourut en 590 avant d'avoir pu conclure un quelconque engagement militaire. Son parent (peut-être son neveu) Agilulf (qui régna de 590 à 616), qui épousa sa veuve, lui succéda. Agilulf fut un souverain beaucoup plus efficace qu'Authari. Il signa la paix avec les Francs, renforça ses frontières et réorganisa la structure du gouvernement afin de réduire le pouvoir des ducs lombards et de placer l'ensemble de l'Italie sous un contrôle plus étroit.

L'Empire byzantin était en guerre contre les Avars et les Slaves dans la région des Balkans et tentait de repousser les Perses en Anatolie. Il ne possédait pas les ressources nécessaires pour mener d'autres campagnes en Italie. Agilulf put donc régner dans une paix relative. Les Lombards étaient principalement des chrétiens ariens, tandis que la majeure partie de la population était trinitaire (catholique romaine) et pourtant, comme l'écrit Collins, la division entre ariens et catholiques, qui avait causé tant de dissensions dans d'autres royaumes et à d'autres époques, ne 'semble pas très conflictuelle. Il n'existe pas de rapport sur des débats théologiques ou des confrontations sur la propriété des églises' (215). Agilulf, un arien, fréquentait des lieux de culte catholiques et accepta de faire baptiser ses fils catholiques, à la demande de sa femme. Collins note en outre que:

Malgré le langage insultant utilisé à leur encontre dans des textes tels que les lettres impériales au roi franc, les Lombards n'étaient en aucun cas les barbares qu'ils ont parfois été accusés d'être. On les disait chrétiens à la fin du Ve siècle, et leur adhésion collective au catholicisme, par opposition à l'arianisme des Gépides, a été utilisée comme un contre-pouvoir diplomatique dans leurs relations avec l'Empire à l'époque de Justinien. Certes, cela ne saurait être vrai pour la totalité du peuple, car dans la génération qui suivit leur invasion de l'Italie, on rapporte qu'un grand nombre d'entre eux étaient restés païens. En outre, à l'époque d'Alboïn (vers 560-72), certains Lombards chrétiens semblent être devenus ariens. (204)

Pourtant, le type de violences confessionnelles constatées dans d'autres royaumes (comme celui des Vandales d'Afrique du Nord) ne semblent pas avoir pris place dans le royaume lombard. Au fur et à mesure que leur royaume devenait plus sûr, les Lombards commencèrent à adopter les coutumes des habitants de l'Italie, comme le note Collins: 'Dans la culture matérielle, ils ne se montrent pas différents des Goths ou des Francs. Leurs vêtements et leurs armes étaient, comme ceux de ces autres peuples, fortement influencés par les traditions romaines et surtout par les styles privilégiés par l'armée impériale tardive' (204). À l'époque du règne d'Agilulf, les coutumes, les vêtements et les manières natives des Lombards avaient été largement remplacés par ceux des Romains. Ils abandonnèrent de plus en plus leurs rituels païens au profit de rites catholiques et choisirent de baptiser leurs enfants avec des noms romains.

Après la mort d'Agilulf, son épouse Théodelinde régna jusqu'en 628, date à laquelle son fils, Adaloald, atteignit la majorité et monta sur le trône. Il fut détrôné par Arioald, son beau-frère et arien convaincu, qui s'opposait au catholicisme du roi. Arioald fut remplacé en 636 par Rothari, considéré comme le roi lombard le plus efficace entre Alboïn et le futur Liutprand. Sous Rothari, les Lombards étendirent leurs possessions en Italie jusqu'à ce que l'Empire byzantin ne détienne plus que Rome et quelques petites provinces. Le nord de l'Italie était entièrement dominé par les Lombards, de même que la majorité du sud. Il publia la première loi écrite des Lombards, l'Edictum Rothari, en 643, qui codifiait les lois en latin. Rothari fut remplacé par son fils, Rodoald, qui fut rapidement assassiné par ses ennemis politiques.

Déclin des Lombards et conquête franque

Après sa mort, le royaume lombard fut réparti entre deux souverains, l'un à Milan et l'autre à Pavie, et les Lombards se combattirent entre eux. Ils affrontèrent aussi les tribus slaves qui empiétaient sur leurs frontières. Cette situation fut résolue lorsque Liutprand monta sur le trône en 712 et régna jusqu'en 744. Liutprand est généralement considéré comme le plus grand roi lombard depuis Alboïn. Il agrandit le royaume lombard au-delà même de ce qu'avait accompli Rothari et s'allia solidement aux puissants Francs contre tous ses ennemis. Son règne est caractérisé par la sécurité et la prospérité, mais cette bonne fortune ne dura pas longtemps après sa mort.

Ses successeurs furent en général des hommes faibles et cupides ou tout simplement des souverains incompétents. Le dernier roi, Didier de Lombardie, réussit à prendre Rome et à chasser les Byzantins d'Italie mais, lorsqu'il menaça le pape Hadrien Ier, Charlemagne, roi des Francs, s'interposa, brisant l'alliance franco-lombarde, et vainquit Didier de Lombardie lors d'une bataille en 774. Charlemagne se saisit alors des terres des Lombards et mit ainsi fin à leur domination en Italie. Certains territoires sous l'autorité de ducs lombards survivants subsistèrent, mais il n'y avait plus de gouvernement lombard central, et le peuple, ainsi que sa culture, fut absorbé par le royaume des Francs.

À propos du traducteur

Yves Palisse
Linguiste passionné d'Histoire, Yves P Palisse est un traducteur indépendant possédant des années d’expérience dans les domaines de la traduction, de l’analyse des médias et du service à la clientèle. Après avoir beaucoup voyagé dans toute l'Europe, Il a fini par poser ses bagages à londres en 1999. Il a une passion pour les sciences humaines, le droit et la justice sociale.

A propos de l'auteur

Joshua J. Mark
Auteur indépendant et ex-Professeur de Philosophie à temps partiel au Marist College de New York, Joshua J. Mark a vécu en Grèce et en Allemagne, et a voyagé à travers l'Égypte. Il a enseigné l'histoire, l'écriture, la littérature et la philosophie au niveau universitaire.

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Style APA

Mark, J. J. (2014, décembre 06). Lombards [Lombards]. (Y. Palisse, Traducteur). World History Encyclopedia. Récupéré de https://www.worldhistory.org/trans/fr/1-13468/lombards/

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Mark, Joshua J.. "Lombards." Traduit par Yves Palisse. World History Encyclopedia. Dernière modification décembre 06, 2014. https://www.worldhistory.org/trans/fr/1-13468/lombards/.

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Mark, Joshua J.. "Lombards." Traduit par Yves Palisse. World History Encyclopedia. World History Encyclopedia, 06 déc. 2014. Web. 29 mai 2024.

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