L'Île de Gla: un Mystère Mycénien Résolu?

Duncan JD Smith
de , traduit par Babeth Étiève-Cartwright
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L'île de Gla, une citadelle mycénienne énigmatique située dans le coin nord-est du bassin de Copaïs, se trouve à 110 km au nord d'Athènes, dans la région de Béotie. Le lac Copaïs était le plus grand lac de Grèce jusqu'à la fin du XIXe siècle, lorsqu'il fut asséché pour créer des terres cultivables. Cependant, lorsque les eaux se sont retirées, des vestiges inattendus d'anciens fossés et remblais ont fait leur apparition. S'étendant à travers tout le bassin de Copaïs, ils ont fourni des preuves fascinantes d'un projet d'assèchement antérieur, datant de la dernière phase de l'âge du bronze grec, vers 1300 avant notre ère. Cette découverte a incité les archéologues à réévaluer la forteresse la plus puissante mais la moins connue de la civilisation mycénienne en Grèce.

Three Gates at the Citadel of Gla
Trois portes de la citadelle de Gla Antonia Stamos (Copyright)

La Béotie à l'âge du bronze

La Béotie fait aujourd'hui partie d'une longue péninsule bordée par les golfes d'Eubée et de Corinthe, qui se termine au sud-est par la région de l'Attique. Cependant, l'influence maritime sur le climat a longtemps été atténuée par les chaînes de montagnes qui entourent la plaine béotienne. Heureusement, l'humidité qui s'évaporait du lac Copaïs, à l'époque où il était encore inondé, tempérait les hivers continentaux rigoureux et les étés torrides.

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Les forts autour de Gla furent clairement construits pour protéger la région contre un voisin ou un envahisseur plus lointain.

Tel était le climat à la fin de l'âge du bronze. À cette époque, les rives du lac étaient parsemées de colonies mycéniennes, notamment Orchomène, un riche site palatial situé au nord-ouest. Il existait également une série de forts mycéniens dans le coin nord-est, centrés sur la citadelle de Gla, à environ dix kilomètres de là. Ce réseau de sites apparentés suggère que la Béotie de l'âge du bronze, comme ailleurs dans le monde mycénien, soutenait une structure socio-économique complexe sous l'administration du palais. En effet, une grande partie de la Grèce continentale était probablement divisée entre plusieurs cités-États puissantes, telles que Mycènes et Tirynthe en Argolide, et Pylos en Messénie, bien que les relations réelles entre elles soient encore très discutées, tout comme le mécanisme de transfert du pouvoir. Pour autant que l'on puisse se fier à la légende grecque, les cités béotiennes d'Orchomène et de Thèbes étaient ennemies, et les forts autour de Gla furent clairement construits pour protéger la région contre un voisin ou un envahisseur plus lointain.

Compte tenu de l'environnement local difficile de la Béotie et de ses ressources limitées, la croissance continue d'une cité-État ne pouvait être soutenue que par une production agricole de plus en plus spécialisée. Dans cette optique, les archéologues ont établi un lien entre le drainage du lac Copaïs par les Mycéniens à des fins agricoles à haut rendement et la construction contemporaine de la citadelle fortifiée de Gla.

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Assèchement du lac Copaïs

La période de croissance la plus ambitieuse des cités-États mycéniennes se déroula entre 1300 et 1250 avant notre ère, pendant la dernière phase de l'âge du bronze grec (connue par les archéologues sous le nom de Helladique tardive III). C'est à cette époque, par exemple, que fut érigée la célèbre porte des Lions à Mycènes. Cependant, il est difficile de déterminer s'il s'agissait d'une période de grande confiance ou de grande défensive. Les preuves suggèrent une combinaison des deux, comme l'observa judicieusement l'érudit arabe Ibn Khaldoun: "À la fin d'une dynastie, il y a souvent une démonstration de puissance qui donne l'impression que la sénilité de la dynastie a été effacée" (246). Effectivement, vers 1200 avant notre ère, de nombreux grands palais mycéniens avaient été détruits par le feu.

Maps of Boeotia, Lake Copais, Gla & Orchomenos
Cartes de la Boétie, du lac Copaïs, de Gla et d'Orchomène Antonia Stamos (Copyright)

Avant ce cataclysme, l'un des plus grands exploits techniques de la civilisation mycénienne avait toutefois été réalisé. Le drainage du lac Copaïs serait considéré aujourd'hui comme un projet hydraulique gigantesque, sans parler du fait qu'il fut réalisé il y a plus de 3 000 ans. Ce projet fut-il orchestré par Orchomène seule? Ou les cités-États d'Orchomène et de Thèbes avaient-elles collaboré malgré leur inimitié légendaire? Il aurait certainement fallu une main-d'œuvre considérable pour transformer ce lac de forme approximativement carrée, qui couvrait à l'époque plus de 50 000 acres en hiver, en la plaine la plus fertile de la Grèce continentale.

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Même pendant l'helladique moyen (vers 2000-1650 av. J.-C.), des tentatives avaient été faites pour apprivoiser le lac afin de créer des zones cultivables appelées polders. Le plus grand de ces polders se trouvait dans le coin nord-est du lac, où se dressait l'îlot sur lequel Gla serait plus tard construite. C'est une élévation du niveau du lac suite à une augmentation des précipitations à la fin du helladique moyen qui donna l'idée de drainer complètement le lac (la mention de villes béotiennes submergées dans la mythologie grecque trouve peut-être aussi son origine ici).

Les archéologues estiment qu'il aurait fallu une ou peut-être deux générations pour extraire quelque 70 millions de mètres cubes de terre afin de créer les canaux et les digues.

C'est ainsi que le lac Copaïs, qui était autant un marais peu profond qu'une étendue d'eau claire pendant les mois d'été, fut artificiellement asséché grâce à un système complexe de contrôle du drainage. Cela nécessita le détournement du cours de six fleuves qui se jetaient normalement directement dans le bassin, notamment le Céphise, le Mélas et l'Hercine, vers deux canaux principaux est-ouest. Le canal nord, par exemple, transportait les eaux de crue du Céphise et du Mélas depuis Orchomène vers l'est sur plus de 24 kilomètres. Il était contenu dans d'énormes remblais de terre et renforcé par des revêtements en maçonnerie, avec des chemins sur le dessus qui facilitaient le transport des marchandises à travers le bassin jusqu'au col de Képhalari, puis jusqu'à la côte. Ainsi, l'eau était détournée du bassin vers l'est, soit vers des dolines calcaires naturelles appelées catavothres (la concentration de forts dans le nord-est était clairement destinée à maintenir et à protéger ces exutoires essentiels), soit vers la baie de Larymna, dans le golfe d'Eubée. Une partie de l'eau était bien sûr conservée pour irriguer les polders créés par le drainage du lac.

Palatial-type Structures at the Citadel of Gla
Structures de type palatial de la citadelle de Gla Antonia Stamos (Copyright)

Les archéologues estiment qu'il aurait fallu une ou peut-être deux générations pour creuser quelque 70 millions de pieds cubes (environ 2 millions de m³) de terre afin de créer les canaux et les digues, ces dernières mesurant plus de 6 pieds (environ 1,8 m) de haut et jusqu'à 150 pieds (45 m) de large. En outre, plus de 8 millions de pieds cubes (environ 225 000 m³) de pierre furent utilisés pour revêtir les digues et il existait peut-être même un tunnel de drainage creusé dans la roche, long de plusieurs kilomètres, mentionné par le géographe Strabon au Ier siècle de notre ère. Une fois le système pleinement opérationnel, le débit était estimé à plus de 75 000 litres par seconde.

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Il n'est guère surprenant qu'un projet aussi grandiose n'ait été repris qu'au XIXe siècle. À cette époque, le lac s'était rempli naturellement et était bordé de terres fertiles régulièrement envahies par les eaux. Pour remédier à cela, entre 1867 et 1887, des ingénieurs français et écossais ont asséché l'ensemble du bassin pour le compte de la British Lake Copais Company. Cette fois-ci, des canaux ont été creusés pour drainer l'eau du lac vers la rivière Céphise, d'où elle se déversait sans danger dans le lac Yliki voisin. Aujourd'hui, le lac a été remplacé par des champs de coton et d'autres cultures.

Citadelle de Gla

À peu près à la même époque où les Mycéniens asséchèrent le lac Copaïs, ils construisirent également l'énigmatique citadelle insulaire de Gla. La taille impressionnante de la structure – son mur d'enceinte couvre une superficie sept fois supérieure à celle de Mycènes – et le fait que son nom d'origine soit inconnu ont longtemps intrigué les archéologues. Le nom "Gla" semble avoir été inventé relativement récemment par les Albanais vivant dans la région, d'une déformation de leur mot goulas, qui signifie "forteresse" (de même, la population grecque moderne appelle le site Paliokastro, qui signifie "ancienne forteresse").

Recently Revealed Structures at the Citadel of Gla
Structures récemment révélées à la Citadelle de Gla Antonia Stamos (Copyright)

Plus visible depuis les airs, Gla occupe un plateau calcaire triangulaire situé juste à l'est de l'ancienne rive est du lac, s'élevant à 60 mètres au-dessus de la plaine environnante. La caractéristique la plus impressionnante de la citadelle est sans aucun doute ses murs, qui entourent une superficie d'environ 22 hectares. Surplombant le lit du lac aujourd'hui asséché, elles s'étendent sur près de 3 km autour du plateau. Comme les fortifications mycéniennes ailleurs, les murs sont cyclopéens, c'est-à-dire construits à partir de pierres si grandes que les anciens pensaient qu'elles étaient l'œuvre de géants, les légendaires Cyclopes. En réalité, ce sont de nombreux ouvriers qui réalisèrent ce travail, légèrement facilité par l'extraction des pierres du plateau lui-même et leur mise en place à l'aide de rouleaux. Le mur, d'une épaisseur uniforme d'environ 5,8 mètres, est percé de six portes, quatre entrées principales en maçonnerie de pierre de taille accessibles par des rampes pavées, et deux "poternes" plus petites construites en moellons.

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Si le mur d'enceinte a toujours été visible, les structures mycéniennes à l'intérieur ont dû être mises au jour par des fouilles archéologiques. Les plus impressionnantes d'entre elles ont été excavées par l'archéologue français André de Ridder (1893), puis par les Grecs Ioannis Threpsiades (1955-1961) et Spiridon Iakovidis (1981-1991). Elles se composent d'une série de quatre enceintes fortifiées, dont trois, situées dans la partie centrale de la citadelle, sont construites les unes à côté des autres et reliées entre elles. L'une d'elles, appelée "enceinte nord", est adossée à l'enceinte nord et comprend un grand complexe en forme de L situé sur une terrasse artificielle au point culminant de la citadelle. Ses ailes, construites en briques crues sur des fondations en pierre, comprennent des appartements résidentiels à deux étages reliés par de longs couloirs et des escaliers, qui se terminent par de spacieuses pièces principales à un seul étage. Les ruines du bâtiment contenaient des fragments de fresques murales décoratives, des traces d'un système d'évacuation des eaux usées et, fait unique, des tuiles en argile suggérant des toits en pente (les représentations artistiques mycéniennes montrent toujours des toits plats). Une route reliait l'enceinte nord à la porte nord de la citadelle.

Une enceinte beaucoup plus petite occupe le coin nord-est de l'enceinte nord, mais les structures qu'elle contenait ont été détruites par l'érosion. Aujourd'hui, l'enceinte sud, plus grande et accessible par une porte intérieure, présente un plus grand intérêt. Elle comprend deux longues rangées parallèles de petites pièces, avec de longs couloirs et de larges rampes d'accès. Au nord et au sud des rangées se trouvent des bâtiments annexes. L'enceinte sud est reliée à la porte sud de la citadelle par une autre route.

The South Gate at Gla
La porte sud de Gla Athinaios (CC BY)

La quatrième enceinte de la citadelle se dresse seule à l'extrémité est du plateau, où elle est formée par un mur interne construit entre la porte sud-est et le mur d'enceinte nord.

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Des fouilles ultérieures ont mis au jour de nombreuses autres structures intrigantes. Au cours des années 1980, par exemple, l'archéologue allemand J. Knauss a découvert les vestiges d'une ville basse dans la plaine à l'ouest de la citadelle, où elle était protégée des inondations par un barrage. À l'intérieur des murs de la citadelle, une étude géophysique par télédétection menée en 2010-2011 par les archéologues grecs Antonia Stamos et Christofilis Maggidis a mis en évidence d'autres traces étendues de diverses structures à l'extérieur des quatre enceintes (certaines d'entre elles avaient déjà été mises au jour, mais pas entièrement comprises, par l'archéologue allemand Ferdinand Noack en 1893, puis plus récemment par l'archéologue et historien britannique Richard Hope Simpson). Si certains bâtiments ont été initialement mis au jour lors du nettoyage et de l'étude préliminaire du site, c'est la télédétection et la cartographie topographique qui ont permis de confirmer l'existence de nouvelles structures à l'intérieur de la citadelle. Il s'agit notamment de plusieurs complexes rectangulaires longs et bien construits, comprenant plusieurs grandes pièces, entrecoupés de groupes de bâtiments moins formels et plus simples. Les fouilles ultérieures de poteries, de fresques et de figurines menées en 2018-2019 par Elena Kountouri n'ont fait que confirmer que ces structures dataient de la fin de l'époque helladique III.

Palais, forteresse, ville?

Malgré cette richesse de preuves matérielles, un voile de mystère continue de planer sur l'île de Gla. Depuis plus d'un siècle, les archéologues se disputent au sujet de la fonction de la citadelle et sa place sur la carte sociopolitique de la Béotie à l'âge du bronze.

Les premiers fouilleurs ont suggéré que Gla était le palais encore sans nom d'un roi encore inconnu. Le complexe en forme de L bien construit dans l'enceinte nord avait certainement l'allure d'un palais mycénien de l'âge du bronze tardif, avec ses salles principales imposantes et ses équipements et accessoires de haut standing. Cependant, les salles ne comportaient pas le trône royal ni le foyer central à colonnes qui caractérisent les mégarons des autres sites palatiaux. Aucune trace des archives administratives sur tablettes d'argile associées aux autres palais n'a non plus été trouvée. Pourquoi?

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Fortifications at Gla
Fortifications de Gla Athinaios (CC BY)

La réponse se trouve peut-être dans l'enceinte sud. Les deux longues rangées accessibles par des rampes pourraient indiquer la présence de réserves, d'autant plus que l'une d'elles contenait une couche de destruction composée de céréales brûlées. Se pourrait-il donc que Gla n'ait pas été un palais, mais plutôt un centre administratif et de stockage fortifié à partir duquel les travaux de drainage et les processus agricoles (y compris la redistribution et la taxation) étaient orchestrés? Il est tout à fait plausible qu'une fois la plaine drainée et mise en culture, elle soit devenue le grenier de cette partie de la Grèce mycénienne. Si le projet était effectivement cogéré par Orchomène et Thèbes, cela pourrait-il expliquer le "palais" à deux ailes et les deux rangées de magasins? Cette explication éliminerait très probablement la nécessité d'expliquer la présence improbable d'un palais sans nom situé si près du palais bien documenté d'Orchomène, à seulement quelques kilomètres de là.

Tout au long des années 1990, cette théorie a bénéficié d'un soutien considérable. La seule révision concernait les rangées dans l'enceinte sud, qui ont été interprétées par certains comme des casernes plutôt que des entrepôts, et leurs bâtiments annexes comme des écuries. Il est certain que l'emplacement de la citadelle à l'extrémité nord du plan béotien était devenu stratégique une fois le lac asséché. Cependant, aucun commentateur n'a pu expliquer pourquoi la plus grande partie de la citadelle (à l'extérieur des quatre enceintes) semblait dépourvue de structures. Pourquoi avoir déployé des efforts considérables pour construire un mur d'enceinte aussi long pour n'occuper qu'un peu plus d'un quart de l'espace qu'il délimitait? Si les bâtiments étaient effectivement des casernes, les zones inoccupées de la citadelle auraient-elles été réservées aux agriculteurs et à leurs troupeaux, ainsi qu'aux réfugiés de la ville basse en période de troubles?

À la fin du XIXe siècle, la citadelle, en grande partie vide, était peut-être moins mystérieuse compte tenu de l'approche des pionniers de l'archéologie tels que Heinrich Schliemann, qui s'intéressaient davantage aux palais et aux tombes qu'aux aménagements domestiques plus modestes et moins passionnants des habitants. À la fin du XXe siècle, cependant, l'archéologie était devenue une science, et les praticiens mettaient à profit les technologies modernes sur des sites autrefois déclarés sans intérêt.

À cet égard, les études géophysiques et cartographiques menées à Gla par Antonia Stamos ont marqué un tournant décisif dans la quête d'explications sur la fonction de la citadelle. Presque du jour au lendemain, la zone située à l'extérieur des quatre enceintes a pris vie, révélant ce qui semblait être des complexes résidentiels de différentes tailles, des ateliers et des silos de stockage. Associée à la ville basse située dans la plaine, la citadelle ressemblait soudain moins à un simple centre administratif fortifié qu'à la capitale à part entière d'une cité-État mycénienne. Cette restructuration interne remet en question le rôle que Gla aurait pu jouer dans le paysage mycénien. Mais quel était son nom? Et pourquoi n'apparaît-elle pas dans l'Iliade d'Homère parmi les autres cités-États mycéniennes qui fournirent des navires pour combattre à Troie?

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Une théorie longtemps avancée est que Gla serait le "Polystaphylon Arne" (Arne riche en vignes) d'Homère. Cependant, à moins qu'Arne ne soit identifiée avec certitude, cela est impossible à prouver. Un facteur qui s'oppose à cette désignation serait la proximité de Gla avec Orchomène, sans parler du fait que les vignes préfèrent les pentes bien drainées aux sols plats et humides. Une autre possibilité évoquée par le géographe grec Pausanias est que Gla était la forteresse du légendaire roi béotien Athamas, probablement contemporain du roi Cadmos de Thèbes. Là encore, aucune preuve tangible n'existe.

Toutes ces incertitudes ont récemment conduit Christofilis Maggidis à proposer une nouvelle identification radicale pour Gla. La citadelle serait-elle en réalité Orchomène? Bien sûr, cette ville est depuis longtemps documentée sur la rive nord-ouest du bassin de Copaïs, où ses fondateurs légendaires, les Minyens, avaient construit un palais décoré de fresques et un grand tombeau à tholos rivalisant avec le trésor d'Étrea à Mycènes. On attribue généralement aux Minyens l'orchestration du drainage du lac Copaïs, avec ou sans le soutien de la ville voisine de Thèbes. Mais est-il possible qu'Orchomène se soit transformée à un moment donné en un lieu de culte des ancêtres, tandis que sa population en pleine expansion s'installait dans la nouvelle citadelle de Gla? Cela expliquerait en partie les curieux murs d'enceinte, qui auraient été érigés pour délimiter les structures palatiales/administratives, les zones de stockage et les casernes de la zone civique, comme c'est encore le cas aujourd'hui dans certaines villes, et peut-être même pour les protéger des troubles civils (l'auteur ajouterait que les archives bureaucratiques manquantes auraient pu occuper autrefois la petite enceinte nord-est, perdue par la suite à cause de l'érosion). Il s'agit là d'une théorie séduisante qui mérite d'être sérieusement prise en considération.

Quelle que soit la vérité, les trois principaux centres béotiens – Orchomène, Thèbes et Gla – furent tous détruits par un incendie vers 1200 avant notre ère. La mythologie grecque attribue cette destruction régionale soit à des luttes internes entre Orchomène et Thèbes, soit à une agression extérieure des Mycéniens de l'Argolide. Il est également possible que les villes et les ouvrages de drainage aient été détruits par un tremblement de terre. Orchomène et Thèbes furent ensuite réoccupées, mais à une échelle beaucoup plus réduite, tandis que Gla fut complètement abandonnée. Les ouvrages de drainage du lac Copaïs furent inévitablement abandonnés eux aussi, et avec le temps, la plaine fut naturellement inondée, dissimulant les secrets de Gla pendant les 3 000 années qui suivirent.

Cet article n'aurait pas pu être écrit et illustré sans le soutien de Christofilis Maggidis, professeur associé d'archéologie au Dickinson College de Carlisle, en Pennsylvanie, et président de la Mycenaean Foundation, et d'Antonia Stamos, professeure associée d'histoire de l'art à l'American University of Kuwait, à Salmiya, au Koweït, et technicienne au laboratoire de géophysique de l'Institut d'études préhistoriques de la Crète orientale (INSTAP SCEC). Les résultats de leurs travaux de recherche à Gla sont disponibles sur le site http://glas-excavations.org/.

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Bibliographie

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Traducteur

Babeth Étiève-Cartwright
Babeth, responsable de Traduction, est diplômée en anglais et en français langue étrangère. Parlant couramment le français, l'anglais et l'italien, elle a enseigné l'anglais au British Council à Milan, en Italie.

Auteur

Duncan JD Smith
Travel writer Duncan J. D. Smith FRGS is the author and publisher of the Only In Guides, a series of city guidebooks aimed at independent cultural travellers. You can find out more about his work at www.onlyinguides.com and www.duncanjdsmith.com.

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Style APA

Smith, D. J. (2025, juillet 29). L'Île de Gla: un Mystère Mycénien Résolu?. (B. Étiève-Cartwright, Traducteur). World History Encyclopedia. https://www.worldhistory.org/trans/fr/2-1679/lile-de-gla-un-mystere-mycenien-resolu/

Style Chicago

Smith, Duncan JD. "L'Île de Gla: un Mystère Mycénien Résolu?." Traduit par Babeth Étiève-Cartwright. World History Encyclopedia, juillet 29, 2025. https://www.worldhistory.org/trans/fr/2-1679/lile-de-gla-un-mystere-mycenien-resolu/.

Style MLA

Smith, Duncan JD. "L'Île de Gla: un Mystère Mycénien Résolu?." Traduit par Babeth Étiève-Cartwright. World History Encyclopedia, 29 juil. 2025, https://www.worldhistory.org/trans/fr/2-1679/lile-de-gla-un-mystere-mycenien-resolu/.

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