John Winthrop

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Définition

Joshua J. Mark
de , traduit par Babeth Étiève-Cartwright
publié le 14 janvier 2021
Disponible dans ces autres langues: anglais, espagnol
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John Winthrop, Governor of Massachussets Bay Colony (by American Antiquarian Society, Public Domain)
John Winthrop, gouverneur de la colonie de la baie du Massachusetts
American Antiquarian Society (Public Domain)

John Winthrop (c. 1588-1649) était un juriste anglais surtout connu en tant que leader puritain de la première grande vague de migration des puritains d'Angleterre vers l'Amérique du Nord en 1630 et gouverneur de la colonie de la baie du Massachusetts (fondée en 1628) dans laquelle ils s'installèrent et en tant que fondateur de la ville de Boston. Winthrop est également connu pour les conflits entre son gouvernement et les dissidents religieux tels que Roger Williams (1603-1683), Anne Hutchinson (1591-1643) et Thomas Hooker (1586-1647), qui furent expulsés par la colonie et colonisèrent les régions connues aujourd'hui sous le nom de Rhode Island et Connecticut.

Winthrop effectua 18 mandats en tant que gouverneur de la colonie de la baie du Massachusetts, depuis son arrivée jusqu'en 1649. Puritain rigoureux, il en vint à incarner les vertus et les valeurs puritaines, ainsi que leur intolérance à l'égard des opinions dissidentes. Il joua un rôle déterminant non seulement dans l'établissement et l'expansion de la colonie, mais aussi dans ses œuvres écrites, notamment une histoire de la colonisation de la Nouvelle-Angleterre, son célèbre Modèle de charité chrétienne et son Petit discours sur la liberté, qui définit la différence entre la liberté "naturelle" et la liberté "civile".

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Sa politique à l'égard des Autochtones fut tout d'abord marquée par la condescendance, puis par la brutalité lors de la guerre des Pequots (1636-1638), qui extermina presque toute la tribu des Pequots. Sa proclamation de remerciement et de déclaration d'un jour d'action de grâce pour le massacre de plus de 700 Pequots est aujourd'hui commémorée par les Autochtones, qui observent un jour de deuil chaque année lors de la fête de Thanksgiving.

Il était favorable à la pratique de l'esclavage, possédait des esclaves et contribua à la vente et au transport de Pequots en tant qu'esclaves vers d'autres régions. Toutefois, il est principalement cité dans les temps modernes pour son œuvre Modèle de charité chrétienne, auquel des écrivains et des présidents américains ultérieurs se sont référés pour présenter les États-Unis comme une "ville sur une colline" qui attire l'attention et le respect du reste du monde et qui a encouragé le concept de l'exceptionnalisme américain.

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Vie et croyances précoces

Winthrop s'associa prioritairement à des personnes qui partageaient ses convictions puritaines.

John Winthrop vit le jour dans le Suffolk, en Angleterre, de parents propriétaires terriens de la classe supérieure, Adam et Anne Winthrop, en 1588. Son père était devenu directeur du Trinity College, à Cambridge, et l'éducation était très prisée dans la famille. Winthrop reçut des cours particuliers, fréquenta l'école publique et fut admis au Trinity College à l'âge de 14 ans, en 1602. À Trinity, il rencontra deux des noms les plus importants dans le développement ultérieur du puritanisme en Amérique du Nord, John Cotton (1585-1652), le maître théologien puritain, et le prédicateur John Wheelwright (c. 1592-1679), qui fut expulsé avec Anne Hutchinson de la colonie de la baie du Massachusetts en raison de divergences religieuses.

La religion domina la jeunesse de Winthrop, qui était déjà un adepte puritain à l'âge de 15 ans (comme en témoignent ses journaux). Les puritains s'opposaient aux pratiques et aux politiques de l'Église anglicane, estimant qu'elle n'était pas allée assez loin pour se purger des éléments catholiques lors de la Réforme protestante (1517-1648). Le spécialiste Alan Taylor commente:

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Né comme épithète, le terme "puritain" persiste dans les études pour désigner le vaste mouvement de personnes diverses qui partageaient la conviction que la Réforme protestante était restée incomplète en Angleterre. Les monarques étant favorables au compromis et à l'inclusion religieuse, l'Église anglicane était, selon les termes horrifiés d'un puritain, "un mélange de doctrines et de cérémonies protestantes et catholiques". La structure ecclésiastique des évêques et des archevêques était restée catholique, à l'exception du remplacement du pape par le roi au sommet. (160-161)

Les puritains souhaitaient "purifier" l'Église des éléments catholiques qu'ils jugeaient offensants et "non de Dieu", et adhérer à une forme plus simple de christianisme fondée uniquement sur la Bible. À Trinity, Winthrop s'associa principalement avec d'autres personnes qui partageaient ses convictions puritaines et, par leur intermédiaire, il rencontra ses épouses. Il épousa sa première femme, Mary Forth, en 1605, et ils eurent cinq enfants (dont trois survivraient jusqu'à l'âge adulte) avant que Mary ne meure en couches en 1615. Il se remaria rapidement avec Thomasine Clopton la même année et subvint aux besoins de sa famille en pratiquant le droit (bien qu'il n'ait jamais passé le barreau). En 1616, Thomasine mourut également en couches, et il épousa sa troisième femme, Margaret Tyndal, en 1618, s'installant dans le domaine familial des Winthrop, Groton Manor. Son fils aîné, John Winthrop le Jeune (1606-1676, l'un des enfants survivants de son premier mariage), suivit l'exemple de son père en faisant des études et en poursuivant une carrière juridique; il joua plus tard un rôle majeur dans la colonisation de la Nouvelle-Angleterre.

John Winthrop the Younger
John Winthrop le Jeune
Harvard Art Museums (CC BY-NC)

La famille continua d'adhérer à la vision puritaine du christianisme, même si cela posait de plus en plus de problèmes aux adeptes en raison des persécutions de l'Église anglicane. L'Église anglicane avait remplacé le catholicisme romain sous le règne d'Henri VIII d'Angleterre (r. de 1509 à 1547) et, depuis lors, le monarque anglais était le chef de l'Église. Sous le règne d'Élisabeth Ire d'Angleterre (r. de 1558 à 1603), la critique de l'Église était devenue synonyme de trahison du trône et les persécutions devinrent monnaie courante sous Jacques Ier d'Angleterre (r. de 1603 à 1625). Lorsque Charles Ier d'Angleterre (r. de 1625 à 1649) accéda au trône, la situation des puritains ne fit qu'empirer. Les puritains étaient régulièrement persécutés et, en 1629, Charles Ier dissolut le Parlement afin de pouvoir gouverner sans ingérence. De nombreux puritains perdirent leur emploi à cette époque, en particulier ceux qui occupaient des postes liés au gouvernement ou à l'Église, et Winthrop en faisait partie.

Grande migration et Expansion

Depuis les années 1580, l'Angleterre avait tenté de coloniser l'Amérique du Nord, avec plus ou moins de succès. La colonie de Roanoke avait échoué et la colonie de Jamestown en Virginie, fondée en 1607, avait perdu 80 % de sa population avant de retrouver son équilibre après 1610. La colonie de Popham, dans le Maine, également fondée en 1607, n'avait duré que 14 mois avant d'être abandonnée. En revanche, la colonie de Plymouth, fondée en 1620, avait pu s'établir en un an dans le Massachusetts, et ses colons (qui étaient des séparatistes puritains, c'est-à-dire des personnes qui s'étaient complètement séparées de l'Église au lieu d'œuvrer pour la réforme) avaient envoyé des rapports élogieux faisant état d'une terre aux possibilités illimitées, ce qui encouragea d'autres personnes à suivre leur exemple.

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La Massachusetts Bay Company avait été créée pour financer une expédition vers le Nouveau Monde et avait envoyé un équipage précurseur, dirigé par John Endicott (c. 1600-1665), pour établir ce qui allait devenir la colonie de la baie du Massachusetts. Endicott, le premier gouverneur de la colonie, était un séparatiste puritain connu pour son tempérament vif et son intolérance. L'une de ses premières actions, à son arrivée dans le Massachusetts, fut de soutenir un raid de la colonie de Plymouth contre la colonie peu orthodoxe de Merrymount, dirigée par Thomas Morton (c. 1579-1647), qui était, au moins nominalement, anglicane.

The Arrest of Thomas Morton
L'arrestation de Thomas Morton
Internet Archive Book Images (Public Domain)

Pendant qu'Endicott travaillait en Amérique du Nord, les actionnaires de la Massachusetts Bay Company en Angleterre élirent Winthrop comme gouverneur de la nouvelle colonie. Winthrop quitta l'Angleterre, en compagnie de deux de ses fils, à bord du navire Arbella en avril 1630, à la tête de trois autres navires transportant environ 700 colons puritains. Juste avant le départ ou une fois en mer, Winthrop prononça son célèbre sermon A Model of Christian Charity (Un modèle de charité chrétienne ), dans lequel il insistait sur l'importance du travail en commun pour atteindre un objectif unique et sur les enjeux de l'entreprise dans laquelle ils s'étaient embarqués:

Nous devons être unis dans ce travail comme un seul homme, nous devons nous entretenir les uns avec les autres dans une affection fraternelle, nous devons être prêts à nous priver de notre superflu pour subvenir aux besoins des autres, nous devons entretenir ensemble un commerce familier dans la douceur, la gentillesse, la patience et la libéralité, nous devons nous réjouir les uns les autres, faire nôtres les conditions des autres, nous réjouir ensemble, pleurer ensemble, travailler et souffrir ensemble, ayant toujours devant les yeux notre commission et notre communauté dans l'œuvre, notre communauté en tant que membres d'un même corps, ainsi garderons-nous l'unité de l'esprit par le lien de la paix; le Seigneur sera notre Dieu et se plaira à habiter parmi nous, comme son propre peuple, et il ordonnera que nous soyons bénis dans toutes nos voies, de sorte que nous verrons beaucoup plus de sa sagesse, de sa puissance, de sa bonté et de sa vérité que nous n'en avons connu auparavant; nous constaterons que le Dieu d'Israël est au milieu de nous, lorsque dix d'entre nous seront capables de résister à mille de nos ennemis, lorsqu'il fera de nous une louange et une gloire, que les hommes diront des plantations qui leur succéderont: Que le Seigneur la rende semblable à celle de la Nouvelle-Angleterre; car nous devons considérer que nous serons comme une ville sur une colline, que les yeux de tous les peuples seront fixés sur nous; si donc nous trafiquons notre Dieu dans l'oeuvre que nous avons entreprise, et si nous l'amenons à nous retirer son aide actuelle, nous deviendrons une histoire et un mot dans le monde entier, nous ouvrirons la bouche des ennemis pour qu'ils disent du mal des voies de Dieu et de tous les professeurs qui travaillent pour l'amour de Dieu; nous ferons honte à de nombreux serviteurs de Dieu, et nous ferons en sorte que leurs prières se transforment en malédictions à notre égard, jusqu'à ce que nous soyons exterminés de la bonne terre où nous allons. (Hall, 169)

Ce concept de la colonie en tant que "ville sur une colline", que le monde entier observait, et l'importance vitale de son succès pour la gloire de Dieu, allaient influencer les politiques de la colonie et le gouvernement de Winthrop. Seules les personnes partageant les mêmes idées et prêtes à travailler dur avec les autres pour réussir seraient tolérées dans la colonie. Tous ceux qui provoqueraient des dissensions ou soulèveraient des questions concernant la théologie ou la pratique chrétienne seraient renvoyés.

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Winthrop montra l'exemple en construisant sa propre maison et en aidant les autres à construire la leur, ainsi qu'en construisant des bâtiments publics.

Winthrop et sa flotte arrivèrent en juin 1630 et furent accueillis par Endicott à Salem. Winthrop rejeta Salem comme ne répondant pas à ses objectifs et établit une nouvelle colonie à un endroit que le capitaine John Smith (1580-1631), désormais aussi célèbre que Jamestown, avait noté sur ses cartes de 1614 comme étant le meilleur; c'est ce qui devint la ville de Boston. Afin d'éviter la surpopulation (et de ne pas devenir une cible facile pour les attaques), Winthrop organisa des expéditions en amont et en aval de la rivière Charles, qui créèrent Cambridge, Charlestown, Dorchester, Medford, Roxbury et Watertown.

Entre leur arrivée et le printemps 1631, ces colonies perdirent environ un quart de leur population à cause de la maladie et d'autres causes, mais elles continuèrent à établir et à développer un brillant exemple de communauté chrétienne puritaine. Winthrop montra l'exemple en construisant sa propre maison et en aidant les autres à faire de même, ainsi qu'en construisant des bâtiments publics. En tant que gouverneur, il aurait pu confier des tâches subalternes à d'autres, mais il vécut les paroles qu'il avait prêchées dans son sermon et s'engagea à accomplir la même charge de travail que tout le monde.

Gouvernance et conflits

Winthrop n'était pas seulement un travailleur diligent à tous égards, il était aussi très instruit, connaissait bien la Bible, étudiait l'histoire et était un observateur perspicace des événements récents. Il savait que, lorsque Jamestown avait finalement prospéré, le roi Jacques Ier d'Angleterre avait révoqué la charte privée de la Virginia Company qui l'avait financée et avait pris le contrôle direct de la colonie par le biais d'une charte royale. Pour éviter que cela n'arrive à la colonie de la baie du Massachusetts, Winthrop avait emporté la charte avec lui, au lieu de la remettre aux greffiers, lorsqu'il avait quitté l'Angleterre. Si Charles Ier d'Angleterre souhaitait suivre le précédent créé par Jacques Ier, il devrait envoyer des émissaires en Amérique du Nord pour révoquer la charte.

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Cette simple action permit de remettre entre les mains de Winthrop le document original qui validait et légalisait la colonie, transférant ainsi l'autorité gouvernementale de l'Angleterre à la Nouvelle-Angleterre. Elle protégea également la colonie contre des attaques juridiques ultérieures dans les années 1630, intentées par l'avocat et ancien chef de la colonie de Merrymount, Thomas Morton, qui avait été banni d'Amérique du Nord par Winthrop en 1630 et renvoyé en Angleterre. Morton réussit à faire révoquer la charte, mais ses efforts restèrent vains car, entre autres raisons, la charte était entre les mains de Winthrop et l'on considérait qu'envoyer quelqu'un d'Angleterre pour aller la récupérer demandait trop d'efforts et d'ennuis.

Map of New England
Carte de la Nouvelle-Angleterre
Norman B. Leventhal Map Center (CC BY)

Winthrop fonda sa colonie sous la forme d'une république dans laquelle les magistrats étaient élus par un vote populaire, mais il resta fidèle à sa vision d'établir et de développer une communauté de puritains partageant les mêmes idées. Sa politique à cet égard est parfaitement illustrée par le bannissement de Roger Williams, un séparatiste puritain, qui fut un des premiers à élever la voix de la dissidence en opposition au gouvernement puritain, puis pendant la controverse antinomienne (antinomien = "contre les lois") lorsqu'Anne Hutchinson, John Wheelwright et Thomas Hooker accusèrent Winthrop et le gouvernement d'avoir des opinions et des politiques anti-bibliques en établissant une communauté qui fondait son espoir de salut sur les œuvres plutôt que sur la grâce de Dieu.

Les puritains croyaient en la prédestination, c'est-à-dire que Dieu avait choisi les élus qui seraient "sauvés" et que personne ne pouvait faire quoi que ce soit pour mériter le salut, mais ils pensaient également qu'il fallait agir comme si l'on était un membre de l'élite et que l'un des aspects de cette démarche consistait à atteindre la réussite financière et la stabilité grâce à un travail acharné. Hutchinson et les autres n'avaient pas d'objection à ce type de travail, mais n'associaient pas les activités d'une personne à l'espoir du salut. Winthrop finit par les bannir tous, ce qui entraîna la colonisation du Rhode Island par Williams, Hutchinson et Wheelwright et celle du Connecticut par Hooker.

Politique envers les Autochtones et guerre des Pequots

Winthrop considérait que les Amérindiens n'avaient pas seulement besoin d'être sauvés, mais qu'ils avaient aussi envoyé aux puritains un appel à l'aide spirituel. Il pensait qu'il était de la responsabilité des puritains de "civiliser" et de christianiser les autochtones d'Amérique du Nord. Winthrop pensait que Dieu avait préparé le terrain en envoyant, une trentaine d'années avant son arrivée, une maladie qui avait tué tellement d'autochtones qu'elle avait facilité l'installation des Anglais. Il nota également que, comme les autochtones ne prenaient pas la peine de délimiter les frontières de leurs terres et ne semblaient pas en faire grand usage, celles qui n'étaient pas habitées par des autochtones étaient libres d'être occupées par les colons. Entre 1630 et 1640, 20 000 colons arriveraient au Massachusetts et auraient besoin de plus en plus de terres, ce qui, selon Winthrop, était parfaitement envisageable.

Governor Endicott Landing on Block Island
Le Gouverneur Endicott débarque sur Block Island
New York Public Library (CC BY-NC-SA)

Bien que Winthrop soit souvent tenu pour responsable de la guerre des Pequots, et qu'il ait certainement contribué à créer des problèmes, il n'était même pas gouverneur au moment où le conflit commença. Sir Henry Vane (1613-1662) était gouverneur en 1636 et il envoya Endicott rencontrer les Niantic (tributaires des Pequots). Il n'autorisa cependant pas la violence ni l'incendie des villages et c'est en fait Endicott qui fut responsable du déclenchement de la guerre. Un commerçant nommé John Stone aurait été tué par la tribu des Niantic en 1634 en représailles au meurtre d'un chef Niantic par Stone, puis, deux ans plus tard, un autre commerçant nommé John Oldham aurait été tué près de Block Island, habitée par les Niantic.

Vane approuva la demande de réparation pour ces meurtres, qui comprenait une quantité importante de wampums (considérés comme très précieux), la remise des Amérindiens responsables des meurtres et d'un certain nombre d'enfants des Pequots en tant qu'otages à détenir pour garantir le respect des échanges et du commerce à l'avenir. Devant le refus de ces exigences, Endicott - qui, une fois encore, n'avait pas été autorisé à engager les hostilités - brûla les villages niantic et pequot et tua un certain nombre d'autochtones.

Winthrop était à nouveau gouverneur en 1637, lorsque les raids des Pequots sur les colonies anglaises finirent par aboutir au massacre de Mystic, le 26 mai 1637, au cours duquel plus de 700 Pequots furent assassinés - dont de nombreux enfants et femmes - lorsque les colons mirent le feu à leur village fortifié et tiré sur ceux qui tentaient de s'échapper. Le chercheur David J. Silverman note que Winthrop aurait réagi en déclarant que "la colonie de la baie du Massachusetts a commémoré la victoire en déclarant un jour public d'action de grâce après que ses soldats furent rentrés chez eux sains et saufs" (224). Cette proclamation, souvent attribuée à tort à William Bradford de la colonie de Plymouth, est devenue le point de convergence des protestations autochtones contre le jour d'action de grâce aux États-Unis chaque année. Les Pequots qui survécurent au massacre furent vendus comme esclaves à vie, soit dans la région - comme esclaves des Mohegan, des Narragansett et des Anglais - soit aux Bermudes et aux Antilles.

Conclusion

La femme de Winthrop, Margaret, mourut en 1647, et il épousa sa quatrième femme, Martha Rainsborough, plus tard la même année. Il était gouverneur de la colonie depuis près de 20 ans lorsqu'il mourut de causes naturelles le 26 mars 1649. Il fut enterré avec les honneurs dans le cimetière qui est devenu le King's Chapel Burying Ground dans la ville de Boston.

Bien que l'on affirme souvent que les puritains ont colonisé la Nouvelle-Angleterre en recherchant et en établissant la liberté religieuse, cette liberté ne s'appliquait en fait qu'à eux-mêmes; ils n'avaient que peu de tolérance pour les croyances religieuses d'autrui. Winthrop l'explique clairement dans son Petit discours sur la liberté, prononcé à la suite d'une contestation de son autorité en 1645. Il affirme que la liberté naturelle est une affaire privée, mais qu'elle est subordonnée à la liberté civile, qui est maintenue par la volonté divine et illustrée par le gouvernement de la colonie qu'il avait établie. Dieu lui-même a établi des magistrats sur le peuple pour l'aider à contenir son désir d'exprimer sa liberté naturelle et de se conformer à la liberté civile. Ce concept, sous une forme modifiée, continue d'inspirer les politiques des États-Unis d'Amérique.

Les autres écrits de Winthrop ont également influencé le développement de la politique et de la vision des États-Unis, devenant particulièrement populaires au XXe siècle, lorsque sa vision de la colonie comme une "ville sur une colline" fut appliquée à l'ensemble des États-Unis, d'abord par le président John F. Kennedy (1961-1963), puis par le président Ronald Reagan (1981-1989). Cependant, bien avant leur époque, la vision de Winthrop avait influencé le développement et l'image de soi de la nouvelle nation et encouragé la croyance en l'Amérique du Nord, puis aux États-Unis, en tant que terre spécialement bénie par Dieu qui offre à chacun la possibilité de réaliser ses rêves.

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Traducteur

Babeth Étiève-Cartwright
Babeth s'est consacrée à la traduction après avoir enseigné l'anglais au British Council de Milan. Elle parle couramment le français, l'anglais et l'italien et a 25 ans d'expérience dans le domaine de l'éducation. Elle aime voyager et découvrir l'histoire et le patrimoine d'autres cultures.

Auteur

Joshua J. Mark
Auteur indépendant et ex-Professeur de Philosophie à temps partiel au Marist College de New York, Joshua J. Mark a vécu en Grèce et en Allemagne, et a voyagé à travers l'Égypte. Il a enseigné l'histoire, l'écriture, la littérature et la philosophie au niveau universitaire.

Citer cette ressource

Style APA

Mark, J. J. (2021, janvier 14). John Winthrop [John Winthrop]. (B. Étiève-Cartwright, Traducteur). World History Encyclopedia. Extrait de https://www.worldhistory.org/trans/fr/1-19361/john-winthrop/

Style Chicago

Mark, Joshua J.. "John Winthrop." Traduit par Babeth Étiève-Cartwright. World History Encyclopedia. modifié le janvier 14, 2021. https://www.worldhistory.org/trans/fr/1-19361/john-winthrop/.

Style MLA

Mark, Joshua J.. "John Winthrop." Traduit par Babeth Étiève-Cartwright. World History Encyclopedia. World History Encyclopedia, 14 janv. 2021. Web. 20 juil. 2024.

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