Amphipolis

Mark Cartwright
de , traduit par Babeth Étiève-Cartwright
publié le
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Ionic Column, Amphipolis (by Spyros Kamilalis, CC BY-NC-SA)
Colonne ionique, Amphipolis Spyros Kamilalis (CC BY-NC-SA)

Amphipolis, située dans une plaine au nord de la Macédoine, près du mont Pangaion et du fleuve Strymon, était une colonie athénienne fondée vers 437 avant J.-C. sur l'ancien site thrace d'Ennea Hodoi. Thucydide raconte que le général athénien Hagnon donna ce nom à la ville parce que le Strymon l'entoure sur trois côtés ("amphi" signifie "des deux côtés") et ajoute qu'il fit construire une muraille de fortification sur son côté non protégé. La ville et son port maritime, Eion, ont prospéré grâce à leur situation géographique favorable et à la proximité de ressources naturelles abondantes, notamment l'or, l'argent et le bois. En 2012, une impressionnante tombe hellénistique a été découverte, l'une des plus importantes découvertes archéologiques des 40 dernières années qui a une fois de plus mis Amphipolis sous les feux de la rampe.

Aperçu historique

Le général spartiate Brasidas conquit la ville en 424 avant J.-C. et vainquit Cléon lorsque Athènes tenta de reprendre Amphipolis deux ans plus tard. Lors de cette dernière bataille, Brasidas avait brillamment utilisé ses peltastes pour vaincre la plus grande armée athénienne d'hoplites, mais le chef spartiate finit par succomber à ses blessures. Le grand commandant militaire fut enterré dans l'agora de la ville et était honoré par des jeux annuels. Amphipolis revint sous le contrôle athénien après la paix de Nicias en 421 avant J.-C.; cependant, les Amphipolites choisirent finalement de rester une polis ( cité-État) indépendante et conclurent en 367 avant J.-C. une alliance avec la Ligue chalcidienne. En 364 avant J.-C., les Athéniens, toujours aussi désireux de garantir leur approvisionnement en céréales depuis la mer Noire, tentèrent une nouvelle fois de s'emparer d'Amphipolis, ville stratégiquement importante, cette fois sous le commandement du général Timothée et avec l'encouragement initial du roi macédonien Perdiccas III, qui régnait alors sur Amphipolis. Refusant finalement de céder la ville, Perdiccas y établit une garnison et, à sa mort, le contrôle macédonien revint à son successeur, Philippe II.

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Probablement capitale administrative de la Macédoine, la ville abritait également la plus importante monnaie macédonienne.

Bien qu'elle fût désormais une ville macédonienne, Amphipolis conserva un certain degré d'indépendance et bon nombre de ses institutions politiques, telles que le demos ou assemblée populaire, restèrent intactes. Au fil du temps, alors que de plus en plus de colons macédoniens s'installaient dans la polis, Philippe, puis son fils Alexandre le Grand, utilisèrent Amphipolis comme base pour attaquer la Thrace et l'Asie. Probablement capitale administrative macédonienne, la ville abritait également la plus importante monnaie macédonienne où étaient notamment frappés les célèbres statères d'or. Le site a également été une source de documentation sur les règlements militaires macédoniens. Nous savons que les soldats qui faisaient preuve d'un grand courage sur le champ de bataille devaient recevoir une double part du butin, qu'un général devait veiller à ce que son armée ne dévaste pas un territoire vaincu en brûlant les céréales ou en détruisant les vignes, et que les soldats devaient avoir leur équipement en ordre, ne pas dormir pendant leur service de garde et signaler à leur supérieur les manquements de leurs camarades. Les contrevenants pouvaient être condamnés à une amende et ceux qui les dénonçaient recevaient une prime.

Lorsque Rome conquit la Macédoine en 168 avant J.-C., Amphipolis conserva une certaine importance en tant que l'une des quatre capitales régionales. La ville était un point d'arrêt important sur la via Egnatia, qui reliait la Grèce à l'Asie. La ville acquit d'impressionnantes fortifications, en particulier autour de l'ancienne acropole, mesurant plus de 7 000 mètres de long et plus de 7 mètres de haut à certains endroits. Auguste lui conféra le statut de civitas libera, en faisant une ville libre, et l'empereur reçut même le titre de Ktistes, ou fondateur. Plus tard, à partir de 500 après J.-C. environ, Amphipolis devint le siège d'un évêché, et pas moins de quatre basiliques témoignent de l'importance religieuse du site à la fin de l'Antiquité. Le site fut abandonné aux VIIIe et IXe siècles après les invasions slaves, après quoi les citoyens d'Amphipolis s'installèrent dans la ville voisine d'Eion, qui survécut jusqu'à la période byzantine. Amphipolis fut à nouveau colonisée aux XIIIe et XIVe siècles, période à laquelle remontent les vestiges de deux tours.

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Vestiges archéologiques

Les fouilles de la ville romaine d'Amphipolis ont révélé les traces de toute l'architecture impressionnante que l'on peut attendre d'une ville romaine prospère. Un pont, un gymnase, des monuments publics et privés, des sanctuaires et des cimetières témoignent tous de la prospérité de la ville. De la période paléochrétienne (après 500 ap. J.-C.), il reste les traces de quatre basiliques, d'un grand bâtiment rectangulaire qui aurait pu être la résidence d'un évêque et d'une église.

Fortifications of Amphipolis
Fortifications d'Amphipolis Spyros Kamilalis (CC BY-NC-SA)

La basilique A était une basilique à trois nefs, avec deux étages et deux rangées de dix colonnes sur toute sa longueur. Elle fut construite sur le site d'un bain romain. Il subsiste des parties du sol en marbre, quelques mosaïques polychromes représentant des animaux sauvages, des morceaux d'une plate-forme hexagonale et deux rangées de sièges du synthronon. La basilique B mesurait à l'origine 16,45 x 41,6 mètres et était également décorée de marbre et de mosaïques. La basilique C date de la seconde moitié du Ve siècle de notre ère et comportait deux colonnades intérieures de six colonnes, dont les bases ont été conservées, tout comme des mosaïques représentant divers motifs géométriques et animaux. La basilique D est contemporaine de la basilique C et avait un sol en marbre et en brique; 15 bases de colonnes et diverses mosaïques ont également été conservées.

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La grande structure rectangulaire qui aurait pu servir de palais épiscopal mesurait plus de 48 mètres de large et avait des murs de 1,3 mètre d'épaisseur. Trois citernes construites dans le coin sud-ouest à l'aide de ciment imperméable ont été conservées. Un autre bâtiment intéressant est l'église paléochrétienne qui comprenait une grande salle hexagonale entourée d'un mur circulaire. Cette église du VIe siècle après J.-C. comportait deux étages avec des colonnades et une grande partie de l'intérieur était recouverte de marbre, y compris le sol en mosaïque. Enfin, deux tours byzantines de part et d'autre du fleuve Strymon ont été conservées. La mieux préservée est la tour nord, construite en 1367, qui mesure 10 mètres de haut et comptait à l'origine trois étages. Les deux tours offraient une certaine protection au monastère voisin situé sur le mont Athos.

Persephone Mosaic, Amphipolis
Mosaïque de Perséphone, Ampipholis Not Specified (Public Domain)

La tombe d'Amphipolis

Le tumulus funéraire d'Amphipolis, datant du IVe siècle avant notre ère, a été découvert en 2012 et constitue l'une des découvertes archéologiques les plus importantes de ces 40 dernières années. Entouré d'un mur de près de 500 mètres de circonférence, il s'agit du plus grand site funéraire jamais découvert en Grèce. L'ampleur et l'architecture impressionnante de la tombe, construite en marbre importé de Thassos, suggèrent que son occupant était une personne de grande importance. Un squelette presque intact a été découvert dans un cercueil en bois placé dans une tombe en calcaire dans la troisième chambre du complexe. L'archéologue en chef du site, Katerina Peristeri, a déclaré que la tombe datait d'après la mort d'Alexandre le Grand (323 avant notre ère) et "appartient selon toute probabilité à un homme et à un général". Parmi les artefacts découverts dans le complexe figurent un grand lion de pierre (découvert en 1912, mais qui aurait autrefois trôné au sommet du monticule), deux cariatides, deux sphinx et une grande mosaïque de galets mesurant 4,5 mètres sur 3, qui représente le dieu Hadès enlevant Perséphone dans un char conduit par Hermès. Les historiens et les passionnés attendent avec impatience les résultats des recherches en cours sur la tombe d'Amphipolis et de découvrir qui a été enterré dans cette somptueuse tombe.

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Traducteur

Babeth Étiève-Cartwright
Babeth, responsable de Traduction, est diplômée en anglais et en français langue étrangère. Parlant couramment le français, l'anglais et l'italien, elle a enseigné l'anglais au British Council à Milan, en Italie.

Auteur

Mark Cartwright
Mark est un auteur, chercheur, historien et éditeur, à plein temps. Il s'intéresse particulièrement à l'art, à l'architecture et à la découverte des idées que partagent toutes les civilisations. Il est titulaire d'un Master en Philosophie politique et est le Directeur de Publication de WHE.

Citer cette ressource

Style APA

Cartwright, M. (2025, septembre 10). Amphipolis. (B. Étiève-Cartwright, Traducteur). World History Encyclopedia. https://www.worldhistory.org/trans/fr/1-11212/amphipolis/

Style Chicago

Cartwright, Mark. "Amphipolis." Traduit par Babeth Étiève-Cartwright. World History Encyclopedia, septembre 10, 2025. https://www.worldhistory.org/trans/fr/1-11212/amphipolis/.

Style MLA

Cartwright, Mark. "Amphipolis." Traduit par Babeth Étiève-Cartwright. World History Encyclopedia, 10 sept. 2025, https://www.worldhistory.org/trans/fr/1-11212/amphipolis/.

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