Bélisaire

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Définition

Joshua J. Mark
de , traduit par Babeth Étiève-Cartwright
publié le 20 septembre 2019
Disponible dans ces autres langues: anglais
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Belisarius (by Eloquence, CC BY-SA)
Bélisaire
Eloquence (CC BY-SA)

Né en Illyrie (partie occidentale de la péninsule balkanique) de parents pauvres, Flavius Bélisaire (505-565) devintl'un des plus grands généraux, sinon le plus grand, de l'Empire byzantin. Bélisaire figure parmi les principaux candidats au titre de "dernier des Romains", c'est-à-dire le dernier individu qui incarne le mieux les valeurs de l'Empire romain à son apogée. Il fut commandant militaire sous l'empereur byzantin Justinien Ier (r. de 527 à 565), avec lequel il eut des relations notoirement difficiles.

Il s'engagea d'abord dans l'armée sous l'empereur byzantin Justin Ier (r. de 518 à 527) et, à la mort de Justin, son successeur, Justinien Ier, confia à Bélisaire le commandement complet de l'armée. Il réprima la sédition Nika à Constantinople en 532, résultat d'un ressentiment à l'égard de Justinien Ier, en massacrant entre 20 et 30 000 personnes. Il commanda ensuite les forces byzantines contre les Perses, les Vandales, les Goths et les Bulgares, servant l'empire noblement et fidèlement jusqu'à sa mort.

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Début de carrière et sédition Nika

La langue maternelle de Bélisaire était le thrace, le latin étant sa seconde langue. Adolescent, recruté dans l'armée byzantine, il se révéla bon soldat et impressionna manifestement ses supérieurs, puisqu'il fut élevé en grade sous le règne de Justin Ier et devint peu après le garde du corps personnel de l'empereur. Justin Ier fut tellement impressionné par le jeune homme qu'il le nomma officier et le promut ensuite au rang de commandant.

Bélisaire fut vaincu à plusieurs reprises avant d'acquérir une meilleure maîtrise des engagements à grande échelle et du commandement de grandes forces.

Les promesses que Justin Ier voyait en Bélisaire ne se concrétisèrent guère lors de ses premiers engagements. Bélisaire fut vaincu à plusieurs reprises avant qu'il ne semble avoir acquis une meilleure maîtrise des engagements à grande échelle et du commandement de grandes forces. À la mort de Justin Ier, malgré les défaites de Bélisaire, Justinien Ier le promut au commandement des forces orientales contre l'empire sassanide et il remporta une grande victoire à la bataille de Dara en 530, pendant la guerre d'Ibérie. Son engagement suivant, la bataille de Callinicum en 531, ne fut cependant pas couronné de succès puisqu'il fut vaincu avec de lourdes pertes. Bélisaire fut renvoyé à Constantinople pour répondre de sa défaite pour incompétence, mais il fut innocenté et reprit ses fonctions.

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La politique de Justinien Ier - en particulier en ce qui concernait la fiscalité et les méthodes de collecte des impôts - était extrêmement impopulaire auprès de la population de sa capitale, Constantinople, et, en 532, cette situation éclata lors de la "sédition Nika". La cause immédiate du conflit fut l'arrestation et l'emprisonnement de deux athlètes des deux équipes sportives rivales de course de chars, les Bleus et les Verts. Un certain nombre d'athlètes avaient été arrêtés pour meurtre après une bagarre à la suite d'une course et la plupart d'entre eux avaient été exécutés. Justinien Ier commua les peines des deux derniers athlètes à l'emprisonnement lorsqu'il apparut clairement que la population était mécontente de ses choix précédents.

En janvier 532, la foule présente à l'Hippodrome n'était pas plus satisfaite du verdict d'emprisonnement qu'elle ne l'avait été des exécutions et, pendant les courses ce jour-là, elle fit éclater une émeute au son de "Nika !" ("victoire", "sois vainqueur") et prit prenant d'assaut le palais de Justinien Ier. La foule fut soutenue par des sénateurs qui en avaient assez de la politique de Justinien Ier et de sa tendance à les ignorer au profit de son préfet Jean de Cappadoce (en fonction vers 532-541), un fonctionnaire corrompu chargé des impôts.

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Roman Emperor at the Hippodrome
Empereur Romain à l'Hippodrome
Radomil talk (CC BY-SA)

La foule choisit le consul Hypatios comme nouvel empereur, et celui-ci encouragea davantage leur révolte en s'adressant aux foules qui remplissaient désormais l'Hippodrome. Justinien Ier abandonna sans combattre et s'apprêta à fuir la ville avec ses partisans, mais son épouse Théodora (500-548) l'en empêcha en soulignant qu'il pourrait sauver sa vie en désertant la ville, mais qu'il trouverait ensuite que cette vie ne valait pas la peine d'être vécue, car elle n'offrirait ni honneur ni dignité.

Justinien Ier suivit son conseil et ordonna à Bélisaire de s'occuper de l'émeute. Bélisaire, après avoir pénétré dans l'Hippodrome, écrasa la rébellion, tuant entre 20 000 et 30 000 citoyens (les spécialistes modernes avancent un chiffre beaucoup plus élevé). Hypatios futt capturé puis exécuté.

Campagne d'Afrique du Nord

La rébellion écrasée, Justinien Ier envoya Bélisaire contre les Vandales en 533 pour récupérer les provinces africaines et "libérer" les chrétiens trinitaires (nicéens) de la tyrannie perçue des Vandales qui pratiquaient l'Arianisme. Les Vandales avaient conquis les provinces africaines de l'ancien Empire romain sous la direction de leur roi Genséric (r. de 428 à 478). Après s'être établis, les Vandales, chrétiens ariens, persécutèrent systématiquement les chrétiens nicéens considérés comme des adeptes du christianisme "romain".

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La question de savoir si Justinien Ier ordonna réellement l'invasion de l'Afrique du Nord pour mettre fin à ces persécutions est toujours débattue, de même que la question de savoir s'il ordonna ou non l'invasion tout court, puisque certains érudits, citant les travaux de Procope, soulignent que l'invasion était en fait l'idée de Bélisaire. Il semble que le seul objectif initial de Justinien Ier ait été de reconquérir les ports lucratifs de Tripolitaine, notamment Oea, Sabratha et Leptis Magna sur la côte. Comme ces ports et les terres adjacentes n'étaient plus gouvernés par l'empire, ils ne généraient aucun revenu pour Justinien Ier dont la popularité était au plus bas après la sédition Nika et d'autres revers, et qui avait besoin d'une grande victoire (et de plus d'argent) pour restaurer son prestige.

Emperor Justinian & His Court
L'empereur Justinien et sa cour
Carole Raddato (CC BY-SA)

En 533, Bélisaire s'embarqua avec 5 000 cavaliers, 10 000 fantassins, 20 000 marins sur une flotte de 500 navires de guerre et 92 navires de guerre plus petits manœuvrés par 2 000 esclaves. Cette immense force d'invasion quitta Constantinople et débarqua en Sicile pour se réapprovisionner. Selon l'historien J. F. C. Fuller, ce n'est qu'à ce moment-là que Bélisaire décida d'envahir l'Afrique du Nord, après avoir appris que le roi vandale Gélimer (r. de 530 à 534) ne se doutait pas de son arrivée.

Bélisaire débarqua ses forces en Afrique du Nord et marcha vers Carthage, la capitale du royaume vandale. En chemin, il maintint une discipline stricte au sein de ses troupes afin qu'aucune des populations traversées ne soit blessée ou lésée. Sa conduite chevaleresque à l'égard des peuples d'Afrique du Nord lui valut leur confiance et ils lui fournirent des vivres et des renseignements. Gélimer, ayant enfin appris qu'une force byzantine s'approchait de sa capitale, lança un plan visant à piéger son ennemi dans la vallée d'Ad Decium et, par une attaque surprise sur trois fronts, à détruire les Byzantins.

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Le plan de Gélimer reposait sur une attaque coordonnée avec précision menée par lui-même, son frère Ammatas et son neveu Gibamond. Pour que le plan fonctionne, chacun devait agir exactement au bon moment. Comme le note Fuller, "parce que le bon timing était la condition sine qua non du succès, à une époque où il n'y avait pas d'horloge, cela aurait été un coup de chance si les trois colonnes s'étaient engagées simultanément" (312). Ammatas frappa le premier avant que Gélimer et Gibamond ne soient en position et fut rapidement tué tandis que ses forces se dispersaient. Gibamond chargea ensuite sans attendre Gélimer et fut vaincu par la cavalerie byzantine. Lorsque Gélimer arriva, il ne trouva que les corps de son armée vaincue et son frère mort. Il fut tellement bouleversé par la mort d'Ammatas qu'il arrêta l'armée afin de l'enterrer selon les rites appropriés. Cela permit à Bélisaire d'atteindre Carthage et de s'en emparer facilement.

Gélimer marcha sur Carthage mais fut vaincu à la bataille de Tricaméron en décembre 533. Gelimer fuit le champ de bataille face à l'assaut byzantin, et ses troupes paniquèrent et rompirent les rangs. Gélimer fut ensuite traqué, capturé et ramené enchaîné à Constantinople dans le cadre du triomphe de Bélisaire.

Guerres des Goths

En 535, Bélisaire fut envoyé contre les Ostrogoths en Italie. Le pays avait été stable et prospère sous le règne du roi ostrogoth Théodoric le Grand (r. de 493 à 526), qui fournissait des revenus à l'Empire byzantin, mais, depuis sa mort, il était tombé dans le chaos sous la domination de monarques faibles et égoïstes. Au moment où Justinien Ier décida d'agir, la fille de Théodoric, Amalasonte (c. 495-535), reine en titre, avait été assassinée par son cousin Théodat qui était monté sur le trône.

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Bélisaire s'empara d'abord de la Sicile en 535, puis de Naples et de Rome en 536. Théodat n'était pas en mesure de défendre ses villes et s'était révélé un très mauvais roi à tous égards. Il fut assassiné par le gendre d'Amalasonte, Vitigès (également appelé r. de 536 à 540) en 536, qui organisa alors la défense de son royaume, mais ne fit pas mieux que Théodat. En 540, Bélisaire prit la ville de Ravenne et captura Vitigès. Justinien Ier proposa alors aux Goths ses conditions qui, selon Bélisaire, étaient trop généreuses: ils pouvaient conserver un royaume indépendant et, malgré les troubles qu'ils avaient causés, ne devaient remettre que la moitié de leur trésor à Justinien Ier. Justinien Ier ne semble pas avoir eu l'intention d'honorer ce marché et, même s'il l'avait fait, Bélisaire le considéra comme inutilement indulgent.

Map of the Gothic War
Carte de la guerre des Goths
Cplakidas (CC BY-SA)

Les Goths ne faisaient confiance ni à Justinien ni à ses conditions, mais faisaient confiance à Bélisaire qui s'était comporté honorablement envers les vaincus tout au long de la guerre. Ils répondirent qu'ils accepteraient les conditions de la reddition si Bélisaire approuvait le traité. Bélisaire ne pouvait cependant pas le faire, en tant qu'homme et soldat honorable. Une faction de la noblesse ostrogothe proposa de sortir de l'impasse en faisant de Bélisaire leur nouveau roi.

Bélisaire fit semblant d'accepter leur proposition mais, fidèle à Justinien Ier et se sachant plus habile soldat qu'homme d'État, il suivit tous les préparatifs pour son couronnement à Ravenne, puis fit arrêter les meneurs du complot et revendiqua tout l'empire ostrogoth, et tout le trésor, au nom de Justinien Ier. L'érudit David L. Bongard commente :

Soldat courageux et habile, Bélisaire était un tacticien talentueux, audacieux, rusé et flexible ; malgré le traitement minable que lui réservait Justinien, il s'est toujours comporté loyalement [jusqu'à refuser] l'offre d'une couronne qui lui était faite à Ravenne. (Encyclopédie Harper de biographie militaire, 76)

Retour à Constantinople et guerres perses

De retour à Constantinople, Bélisaire était plus populaire que jamais, bien plus que Justinien Ier.

Sans raison aucune, Justinien Ier, l'empereur se méfiait de la loyauté de Bélisaire. Il était incroyablement populaire auprès de ses hommes et de ceux qu'il avait conquis et, dans l'esprit de Justinien Ier, il n'y avait aucune raison pour que son général ne se soulève pas contre lui. Il pensait qu'il valait mieux garder Bélisaire à proximité où il pourrait être mieux contrôlé, et rappela donc Bélisaire à Constantinople et le remplaça en Italie par des fonctionnaires byzantins. Ce fut une grave erreur, car ces fonctionnaires étaient corrompus et le peuple italien, en particulier les Ostrogoths, souffrit de leur administration.

De retour à Constantinople, Bélisaire était toujours aussi populaire, bien plus que Justinien Ier. L'historien Will Durant cite Procope pour décrire la façon dont les habitants de la ville considéraient le général :

Les Byzantins prenaient plaisir à observer Bélisaire lorsqu'il sortait de chez lui chaque jour... En effet, sa progression ressemblait à une procession de fête, car il était toujours escorté par un grand nombre de Vandales, de Goths et de Maures. De plus, il avait une belle silhouette, il était grand et remarquablement beau. Mais sa conduite était si douce, et ses manières si affables, qu'il paraissait un homme très pauvre et sans réputation. (110)

À cette époque, Bélisaire menait une vie relativement tranquille avec sa femme Antonia (c. 495 - c. 565), à laquelle il était dévoué bien qu'elle lui ait été infidèle. Antonia avait suivi Bélisaire dans ses campagnes et semblait être une épouse loyale et confidente, mais, selon Procope, elle était en fait au service de l'impératrice Théodora et espionnait Bélisaire.

Theodora I
Théodora I
The Yorck Project (Public Domain)

Bélisaire ne resta pas longtemps chez lui avant que Justinien Ier ne l'envoie combattre les Perses. Bélisaire remporta ces guerres grâce à ses tactiques prudentes habituelles et à l'utilisation de la tromperie. À un moment donné, alors qu'il se savait en infériorité numérique et que le général perse essayait d'obtenir des renseignements sur la force de ses forces, Bélisaire arriva à une réunion avec les ambassadeurs perses avec un grand contingent d'hommes (6 000 selon Procope) habillés comme s'il s'agissait d'une expédition de chasse. L'impression était que, si une simple partie de chasse comptait autant d'hommes, l'armée de Bélisaire devait être largement supérieure en nombre à celle des Perses. Au lieu d'attaquer, les Perses battirent en retraite et Bélisaire fut victorieux.

La guerre de Totila

Pendant que Bélisaire combattait les Perses, la situation en Italie s'était dégradée. Les fonctionnaires byzantins, à qui Justinien avait confié le poste de gouverneur, avaient tellement abusé de leurs pouvoirs qu'un soulèvement des Goths, mené par un Ostrogoth charismatique et nationaliste nommé Totila (nom de naissance Baduila-Badua, r. de 541 à 552), avait plongé la région dans le chaos. Totila fut choisi comme roi ostrogoth et entreprit de chasser les Byzantins et de revendiquer l'Italie comme son propre royaume.

Totila était un général charismatique et efficace, tandis que les commandants byzantins envoyés contre lui par Justinien Ier étaient plus préoccupés par la manière dont ils pourraient tirer un profit personnel de la campagne. Totila les vainquit facilement et, en 542, il avait plus de 20 000 hommes sous son commandement et ses rangs grossissaient de jour en jour. Lorsqu'il battait une armée byzantine, il offrait sa clémence et de nombreux prisonniers changeaient de camp et combattaient pour lui.

Totila, King of the Ostrogoths
Totila, roi des Ostrogoths
The Walters Art Museum (CC BY-SA)

En 545, Justinien Ier envoya de nouveau Bélisaire en Italie pour traiter avec Totila et, en décembre de la même année, Totila s'empara de la ville de Rome. Même si Rome n'était plus le siège du pouvoir, elle conservait une importance symbolique pour les Byzantins. Totila fit savoir à Constantinople qu'il était ouvert aux négociations, mais Justinien Ier lui répondit qu'il devait traiter avec Bélisaire. Totila, frustré, écrivit à Bélisaire que, si les Byzantins ne se retiraient pas d'Italie et ne le laissaient pas en paix, il détruirait Rome et exécuterait les sénateurs qu'il avait fait prisonniers.

Bélisaire répondit par une lettre soigneusement rédigée dans laquelle il expliqua que les exigences de Totila étaient impossibles à satisfaire car l'Italie appartenait à l'Empire byzantin et Justinien Ier n'était pas prêt à la céder à la légère. Bélisaire souligna la réputation de Totila en tant que général honorable et miséricordieux qui avait épargné les villes et ceux qu'il avait vaincus, et l'avertit que s'il poursuivait son projet de détruire Rome et d'exécuter ses prisonniers, son nom serait à jamais terni. Rome était une ville célèbre, nota Bélisaire, et si Totila la laissait intacte, on se souviendrait de lui en bien; s'il la détruisait, il serait à jamais méprisé.

Malgré tous les services rendus à Justinien Ier, Bélisaire fut accusé de corruption et emprisonné en 562.

Totila accepta dans une manœuvre que l'érudit Herwig Wolfram (exprimant le consensus des érudits) qualifie de "l'erreur capitale d'abandonner Rome" (356). Il avait besoin de tous les hommes sous son commandement pour poursuivre la guerre et ne pouvait donc pas laisser Rome fortifiée; il choisit donc de l'abandonner. Bélisaire reprit la ville par la suite, répara et renforça les murs, et la mit en garnison, dans le but de priver Totila d'une ressource importante dans toute négociation future.

Totila poursuivit ses campagnes avec succès, déjouant même Bélisaire, tandis que son armée s'agrandissait - en grande partie grâce aux recrues des forces impériales vaincues - entre 547 et 548, jusqu'à ce que, en 550, il ne revienne et ne reprenne Rome. Il envoya alors des émissaires à Constantinople pour négocier la paix, mais ses messagers se virent refuser une audience et furent ensuite arrêtés. Justinien rappela Bélisaire d'Italie et le remplaça par le général Germanus, second époux de feu Amalasonte mais Germanus mourut avant d'avoir pu atteindre l'Italie et fut remplacé par Narsès (c. 480-573) qui vaincrait Totila à la bataille de Taginae en 552, le tuant et restituant l'Italie à l'Empire byzantin.

Conclusion

De retour à Constantinople, et malgré le mauvais traitement que lui avait infligé Justinien Ier, Bélisaire accepta à nouveau le commandement des troupes et écrasa les Bulgares lorsqu'ils tentèrent d'envahir l'Empire byzantin en 559. Il repoussa une fois de plus l'ennemi au-delà de la frontière et sécurisa les limites de l'empire. Malgré tous les services rendus à Justinien Ier, Bélisaire fut accusé de corruption (ce qui est généralement compris aujourd'hui comme des accusations forgées de toutes pièces) et fut emprisonné en 562.

Justinien Ier le gracia cependant et lui rendit son rang et ses honneurs à la cour byzantine. Un mythe se développa ensuite autour de cet événement, selon lequel Justinien Ier aurait rendu Bélisaire aveugle et le grand général serait devenu mendiant dans les rues de Constantinople. Ce mythe n'est pas fondé, même si de nombreuses œuvres d'art, comme le tableau de Jacque-Louis David intitulé Bélisaire, l'ont présenté comme une vérité historique. Bélisaire mourut de causes naturelles en 565, quelques semaines seulement après Justinien Ier, dans sa propriété située juste à l'extérieur de Constantinople. Will Durant exprime l'opinion majoritaire sur la réputation de Bélisaire, en écrivant :

Aucun général depuis César n'a remporté autant de victoires avec des ressources aussi limitées en hommes et en argent; peu l'ont surpassé en stratégie ou en tactique, en popularité auprès de ses hommes et en clémence envers ses ennemis; il convient peut-être de noter que les plus grands généraux - Alexandre, César, Bélisaire, Saladin, Napoléon - ont trouvé dans la clémence un puissant moteur de guerre. (108)

On se souvient de lui comme de l'un des plus grands commandants militaires de l'histoire et, comme le note Durant, il est régulièrement comparé aux généraux les plus célèbres de tous les temps. Contrairement à beaucoup d'entre eux, cependant, Bélisaire appréciait l'humilité, consultait régulièrement son personnel avant de prendre des décisions qui l'affecteraient, et adhérait constamment à son propre code d'honneur, conservant son intégrité dans des circonstances qui auraient corrompu un homme de moindre importance.

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Traducteur

Babeth Étiève-Cartwright
Babeth s'est consacrée à la traduction après avoir enseigné l'anglais au British Council de Milan. Elle parle couramment le français, l'anglais et l'italien et a 25 ans d'expérience dans le domaine de l'éducation. Elle aime voyager et découvrir l'histoire et le patrimoine d'autres cultures.

Auteur

Joshua J. Mark
Auteur indépendant et ex-Professeur de Philosophie à temps partiel au Marist College de New York, Joshua J. Mark a vécu en Grèce et en Allemagne, et a voyagé à travers l'Égypte. Il a enseigné l'histoire, l'écriture, la littérature et la philosophie au niveau universitaire.

Citer cette ressource

Style APA

Mark, J. J. (2019, septembre 20). Bélisaire [Belisarius]. (B. Étiève-Cartwright, Traducteur). World History Encyclopedia. Extrait de https://www.worldhistory.org/trans/fr/1-10466/belisaire/

Style Chicago

Mark, Joshua J.. "Bélisaire." Traduit par Babeth Étiève-Cartwright. World History Encyclopedia. modifié le septembre 20, 2019. https://www.worldhistory.org/trans/fr/1-10466/belisaire/.

Style MLA

Mark, Joshua J.. "Bélisaire." Traduit par Babeth Étiève-Cartwright. World History Encyclopedia. World History Encyclopedia, 20 sept. 2019. Web. 19 juil. 2024.

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