La dynastie lagide (305–30 av. J.-C.) qui régna sur l'Égypte à l'époque hellénistique était issue de la fragmentation de l'empire d'Alexandre le Grand après sa mort en 323 av. J.-C. Fondée par Ptolémée Ier Sôter (r. de 305 à 282 av. J.-C.), l’un des généraux d’Alexandre, la dynastie établit une monarchie gréco-macédonienne qui fusionna la culture politique hellénistique avec les traditions religieuses et administratives égyptiennes ancestrales. Depuis sa capitale, Alexandrie, l'État ptolémaïque devint une grande puissance méditerranéenne, projetant son influence grâce à sa puissance navale, à sa diplomatie et à ses mariages dynastiques, tout en préservant l'immense richesse agricole et la position stratégique de l'Égypte.
Contrairement à de nombreuses monarchies contemporaines, la maison des Lagides institutionnalisa le rôle politique prépondérant des femmes de la famille royale. Des reines telles qu’Arsinoé II (co-souveraine de 276 à 270 av. J.-C.) et, plus tard, Cléopâtre VII (r. de 51 à 30 av. J.-C.) exercèrent une autorité réelle en tant que co-régentes ou souveraines de plein droit, façonnant la succession, les alliances étrangères et la représentation idéologique. Les mariages dynastiques lièrent les Lagides (du nom de Lagos, père de Ptolémée Ier) aux maisons régnantes de Syrie, de Cyrène, de Chypre et même de Maurétanie, intégrant ainsi l’Égypte dans le système diplomatique hellénistique au sens large. La dynastie prit fin avec la défaite de Cléopâtre VII aux côtés de Marc Antoine en 30 av. J.-C., après quoi l’Égypte devint une province romaine sous Octave (Auguste, r. de 27 av. J.-C. à 14 apr. J.-C.), marquant la fin du règne pharaonique et le dernier chapitre de l’Égypte hellénistique indépendante.
