La guerre de cent ans: Conséquences et effets

Article

Mark Cartwright
de , traduit par Babeth Étiève-Cartwright
publié le 06 mars 2020
X

Texte original en Anglais : The Hundred Years' War: Consequences & Effects

La guerre de Cent Ans opposa par intermittence l'Angleterre et la France de 1337 à 1453 et le conflit eut de nombreuses répercussions immédiates et durables. Outre la mort et la destruction évidentes que de nombreuses batailles infligèrent aux soldats et aux civils, la guerre mit l'Angleterre en faillite et laissa le contrôle total de la France à la Couronne française victorieuse, à l'exception de Calais. Les rois se succédèrent les uns aux autres, mais pour beaucoup d'entre eux, la réussite de leur règne se mesura à leur performance dans la guerre de Cent Ans. Des divisions furent créées au sein de la noblesse des deux pays, ce qui eut des répercussions sur le choix du prochain monarque. Le commerce fut durement touché et les paysans soumis à des taxes incessantes, ce qui provoqua plusieurs rébellions majeures, mais il y eut aussi des développements plus positifs, comme la création d'un système de prélèvement des impôts plus organisé et plus réglementé et la tendance à faire appel à une diplomatie plus professionnelle dans les relations internationales. La guerre produisit également des héros nationaux durables et emblématiques, notamment Henri V d'Angleterre (r. 1413-1422) et Jeanne d'Arc (1412-1431) en France. Enfin, un conflit aussi long contre un ennemi clairement identifiable permit aux deux participants de forger un sentiment d'appartenance nationale beaucoup plus fort. Aujourd'hui encore, une rivalité perdure entre ces deux pays voisins, qui s'exprime heureusement en grande partie dans le cadre d'événements sportifs internationaux.

Edward III Crossing the Somme
Édouard III traverse la Somme
Benjamin West (Public Domain)

Les conséquences et les effets de la guerre de Cent Ans peuvent être résumés comme suit :

Supprimer la pub

Advertisement

  • La perte de tous les territoires tenus par les Anglais en France, à l'exception de Calais.
  • Un nombre élevé de victimes parmi la noblesse, en particulier en France.
  • Un déclin du commerce, notamment de la laine anglaise et du vin gascon.
  • Une grande vague d'impôts pour payer la guerre qui contribua à l'agitation sociale dans les deux pays.
  • Des innovations dans les formes de collecte des impôts.
  • Le développement d'un Parlement plus fort en Angleterre.
  • La faillite presque totale du trésor anglais à la fin de la guerre.
  • Le désaccord sur la conduite de la guerre et son échec alimentèrent le conflit dynastique en Angleterre connu sous le nom de Guerre des deux Roses (1455-1487).
  • La dévastation des villes et villages français par les soldats mercenaires entre les batailles.
  • Le développement de la technologie des armes, comme les canons.
  • La consolidation du contrôle du monarque français sur l'ensemble de la France.
  • Un recours accru à la diplomatie internationale et aux diplomates spécialisés.
  • Un plus grand sentiment de nationalisme parmi les populations des deux pays.
  • La création de héros nationaux, notamment Henri V en Angleterre et Jeanne d'Arc en France.
  • Une rivalité tangible entre les deux nations qui perdure encore aujourd'hui, notamment dans des sports comme le football et le rugby.

Morts et impôts: L'économie de l'échec

Au-delà des conséquences immédiates des échecs de l'Angleterre dans la guerre, telles que la perte de tous les territoires à l'exception de Calais et les défaites de la France dans les grandes batailles qui virent la mort d'un grand nombre de nobles, ce conflit de 116 ans eut des effets beaucoup plus profonds et subtils. Il y eut des conséquences qui se produisirent bien avant la fin de la guerre alors que la série de monarques de part et d'autre s'efforçaient de résoudre les problèmes créés par leurs prédécesseurs. Enfin, le conflit eut un impact qui dura des décennies et même des siècles après sa fin.

France, c. 1420 CE
La France vers 1420
Aliesin (CC BY-NC-SA)

En Angleterre, de nombreux barons étaient devenus extrêmement riches à mesure que leur pouvoir augmentait au niveau local et le roi s'affaiblissait et s'appauvrissait en conséquence, les barons gardant pour eux les revenus locaux. Le roi ne pouvait pas taxer son peuple sans l'autorisation du Parlement et cet organe devait donc être convoqué chaque fois qu'un monarque avait besoin de plus d'argent pour ses campagnes en France ou ailleurs. En se réunissant fréquemment, le Parlement n'acquit pas nécessairement de nouveaux pouvoirs, mais il se créa une identité et, en participant aux discussions de politique diplomatique et à la ratification des traités de paix, cette institution commença à faire partie de la vie politique anglaise. Le "Long Parlement" de 1406, par exemple, siégea pendant une durée inhabituellement longue, de mars à décembre, pour délibérer sur la question toujours épineuse des finances de l'État, et l'on eut vraiment le sentiment que le roi, bien qu'étant toujours un monarque absolu, était peut-être un peu moins absolu qu'avant la guerre.

Supprimer la pub

Advertisement

La mauvaise situation économique de nombreuses communautés fut aggravée par les impôts - édouard III réclama des impôts 27 fois durant son règne.

En France, c'est l'inverse qui se produisit: la position de la monarchie fut renforcée par le succès de la guerre, tandis que celle de la noblesse et des États généraux (l'assemblée législative) s'affaiblit. En effet, le roi n'avait pas besoin de consulter qui que ce soit en ce qui concernait les politiques fiscales qui pouvaient être prélevées à volonté pour payer la guerre. Le conflit vit également l'introduction d'impôts indirects durables, tels que l'impôt sur le sel (gabelle), qui ne fut aboli qu'avec la Révolution française à la fin du 18e siècle. Le monarque français put ainsi tripler ses revenus par les impôts entre le début et la fin de la guerre. De plus, ces impôts nécessitaient un tout nouvel appareil d'État composé de collecteurs d'impôts, de gardiens des registres publics et d'assesseurs pour les litiges de paiement, assurant ainsi l'enrichissement durable de la Couronne.

En Angleterre, il y avait souvent des désaccords entre les nobles d'Angleterre sur la meilleure façon de mener la guerre contre la France, voire même sur la nécessité ou non de la mener. Ce désaccord s'accentuait en cas d'échec, mais la défaite finale de 1453 fut l'une des raisons de l'impopularité d'Henri VI d'Angleterre (r. 1422-61 et 1470-71), qui contribua probablement aux épisodes de folie du roi. Ce mécontentement à l'égard du monarque, son aversion évidente pour la guerre et la recherche inévitable de boucs émissaires pour la défaite conduisirent finalement au conflit dynastique connu dans l'histoire sous le nom de Guerre des deux Roses (1455-1487). En outre, maintenant que la guerre avec la France était terminée, les nobles anglais mécontents du régime en place pouvaient mieux utiliser leurs propres armées privées comme outil pour accroître leur propre richesse et leur influence. Une autre conséquence est le nombre de nobles, car les monarques créaient souvent davantage d'aristocrates - deux nouveaux rangs en Angleterre: les (e)squires (écuyers) et les gentlemen (gentilhommes) - dans le but d'augmenter leur assiette fiscale. En effet, pendant la guerre, la noblesse d'Angleterre tripla en taille, les nouveaux membres étant qualifiés par la possession de biens plutôt que par de simples titres héréditaires (même si elle représentait encore moins de 2 % de la population totale au milieu du 15e siècle).

Vous aimez l'Histoire?

Abonnez-vous à notre newsletter hebdomadaire gratuite!

Richard II & the Peasants' Revolt
Richard II et la révolte des paysans
Unknown Artist (Public Domain)

À un niveau inférieur de la société, l'effondrement du commerce causé par la guerre entraîna des difficultés économiques pour beaucoup. La laine anglaise était un produit d'exportation majeur pour les drapiers des Pays-Bas, et ce commerce fut perturbé. Dans l'autre sens, la quantité de vin importée de Gascogne s'effondra (de 74 000 tonneaux en 1336 à 6 000 tonneaux en 1349), un commerce qui ne se rétablit jamais complètement. Les voiliers étaient fréquemment réquisitionnés par l'État pour transporter les armées vers la France; les pêcheurs de harengs étaient particulièrement sensibles à cette ingérence de l'État dans leurs moyens de subsistance. La piraterie était un autre coup dur pour les marchands, tout comme les raids directs tels que l'attaque française sur Southampton en 1338, sans oublier le pillage aléatoire des armées tout au long de la guerre, à la fois en France où les batailles avaient lieu mais aussi dans le sud-est de l'Angleterre où les armées étaient stationnées avant d'être embarquées sur le continent.

LES SOLDATS APPORTaient DES MALADIES, EMPORTaient DES CÉRÉALES, DU BÉTAIL ET DES PRODUITS, ET Ne LAISSaient DERRIÈRE EUX QUE LE DÉSESPOIR.

La mauvaise situation économique de nombreuses communautés fut aggravée par les impôts - Édouard III d'Angleterre (r. 1327-1377), par exemple, réclama des impôts 27 fois durant son règne. La révolte des paysans de juin 1381 fut le soulèvement populaire le plus tristement célèbre du Moyen-Âge. Les gens ordinaires protestaient contre les énormes problèmes causés par la peste et, surtout, contre les impôts incessants qui, depuis 1377, comprenaient des impôts par capitation sans aucune distinction . Lors de la rébellion de 1450, menée par Jack Cade, les roturiers protestèrent à nouveau contre les impôts élevés, la corruption à la cour et l'absence de justice au niveau local. Les roturiers n'avaient peut-être pas d'influence directe sur le gouvernement, mais la discorde donna peut-être aux nobles désireux de renverser le régime une excuse supplémentaire pour le faire, au-delà de la simple défense de leurs propres intérêts.

En France aussi, la population générale était, comme nous l'avons vu, soumise à des impôts pour payer la guerre, mais elle devait supporter le problème supplémentaire des armées en maraude. Bien que très localisées dans les zones de combat et sur les routes principales, certaines villes et villages étaient ravagés par des bandes de soldats mercenaires (routiers) avant et après les batailles. Les soldats apportaient des maladies, emportaient des céréales, du bétail et des produits, et ne laissaient derrière eux que le désespoir. Le problème était particulièrement répandu en Bretagne et dans le Périgord et le Poitou. De plus, Édouard III avait délibérément employé la stratégie des chevauchées, c'est-à-dire qu'il avait terrorisé les populations locales en brûlant les récoltes, en pillant les réserves et en autorisant un saccage général avant ses batailles dans l'espoir d'attirer le roi de France dans une bataille ouverte. Enfin, la guerre civile entre la noblesse française, qui impliquait les deux groupes rivaux de Bourguignons et d'Armagnacs se disputant le contrôle et la succession de Charles VI de France (r. 1380-1422), aggrava la détresse des populations locales. Même ceux qui évitèrent la perte directe de leurs biens souffrirent souvent de l'effondrement de la valeur des loyers, qui chuta de 40 % dans des villes comme l'Anjou, ou de la hausse des prix des denrées alimentaires, qui augmentèrent de 50 % pendant le siège de Reims, par exemple, en 1359.

Supprimer la pub

Advertisement

L'Église

L'Église médiévale, en tant qu'institution, avait tendance à soutenir la guerre, en organisant des services patriotiques, en récitant des prières et en faisant sonner les cloches à chaque fois qu'il y avait une victoire. La foi chrétienne fut toutefois mise à l'épreuve à l'échelle paneuropéenne. Le Grand Schisme de 1378 (alias Schisme occidental) dans l'Église catholique vit trois papes en fonction en même temps. La situation ne fut pas résolue avant 1417, les camps rivaux se disputant le soutien des rois français et anglais. En outre, l'Église de Rome fut affaiblie par les rois d'Angleterre et de France qui cherchaient à limiter l'affectation des impôts à d'autres fins que leurs propres campagnes militaires. Une conséquence de cette politique fut la création d'"églises nationales" dans chaque pays. Les églises locales devinrent également les centres d'information de la communauté, les nouvelles des événements de la guerre étant affichées sur leurs tableaux d'affichage et les communications officielles étant lues dans la chaire du prédicateur.

Bombard Canons, Mont-Saint-Michel
Bombardes, Mont-Saint-Michel
Greenshed (Public Domain)

Nouvelles armes

Alors que chaque camp s'efforçait d'avoir le dessus sur l'autre, les armes, les armures, les fortifications et les stratégies de guerre se développèrent pendant la guerre, et les armées devinrent de plus en plus professionnelles. À la fin de la guerre, Charles VII créa la première armée royale permanente de France. L'utilisation d'archers armés de puissants arcs longs par les armées anglaises fut notamment couronnée de succès, car l'importance de la cavalerie lourde diminuait et les chevaliers médiévaux des deux camps avaient tendance à se battre à pied. Les armes à poudre furent utilisées pour la première fois lors de la bataille de Crécy en 1346 mais, de conception encore rudimentaire, elles n'eurent pas une grande influence sur la victoire anglaise. Les Français utilisèrent de petits canons portatifs avec beaucoup d'efficacité lors des batailles de Formigny (1450) et de Castillon (1453). À partir de 1380 environ, il existait également des canons géants appelés "bombardes", qui pouvaient tirer d'énormes boulets de pierre pesant jusqu'à 100 kilos. Ces canons étaient trop lourds et encombrants pour être utilisés dans les combats de campagne, mais ils étaient particulièrement utiles dans les guerres de siège, comme à Harfleur en septembre 1415.

Enfin, une arme souvent négligée, développée au cours de la guerre, fut la diplomatie. Des deux côtés, mais d'abord à un degré plus élevé en Angleterre, les monarques s'appuyèrent sur une équipe de diplomates spécialisés et de gardiens d'archives qui pouvaient utiliser leurs compétences linguistiques, juridiques et culturelles pour forger des alliances utiles, persuader les défections de l'ennemi, organiser le paiement de rançons et négocier les meilleures conditions possibles pour les traités. La politique internationale de la guerre de Cent Ans, qui impliquait plusieurs États (France, Angleterre, Espagne, Pays-Bas, Écosse et autres), vit donc la participation régulière de diplomates expérimentés, formant ce qui allait bientôt devenir un corps formel d'ambassadeurs et d'ambassades que nous reconnaissons aujourd'hui comme un élément essentiel des relations internationales.

Supprimer la pub

Advertisement

La naissance des nations et des héros nationaux

La guerre, stimulée par une littérature médiévale, des poèmes et des chansons populaires passionnants, renforça le sentiment de nationalisme des deux côtés. Avant les batailles, les rois appelaient leurs armées à se battre pour leur roi et leur pays. La monarchie française fut finalement considérée comme le sauveur du pays, qui absorba ensuite des régions telles que la Bretagne, la Provence, la Bourgogne, l'Artois et le Roussillon, ce qui donna à l'État plus ou moins la forme que nous lui connaissons aujourd'hui. De l'autre côté de la Manche, les grandes victoires de l'Angleterre sur les champs de bataille étaient célébrées par des processions populaires accueillant des rois héroïques tels qu'Édouard III et Henri V. Les monarques qui échouaient sur le champ de bataille perdaient énormément en popularité dans leur pays. Il en allait de même en France, comme le souligne l'historien G. Holmes: "La guerre avec l'Angleterre fut, dans une certaine mesure, l'enclume sur laquelle se forgea l'identité de la France des débuts de l'ère moderne" (301).

Joan of Arc, Orleans Cathedral
Jeanne d'Arc, cathédrale d'Orléans
Mark Cartwright (CC BY-NC-SA)

Une autre conséquence des succès militaires fut la renaissance de la chevalerie médiévale, en particulier par Édouard III qui, avec son fils Édouard le Prince Noir (1330-1376), fonda l'ordre chevaleresque exclusif de la Jarretière vers 1348, qui survit encore aujourd'hui. Saint Georges, le patron de l'ordre, était désormais fermement établi comme le saint national d'un pays confiant, enfin à armes égales avec les Français. À la fin de la guerre, l'Angleterre était totalement séparée des affaires du continent et se dirigea déjà vers une identité culturelle plus "anglaise", où la langue anglaise était parlée à la cour et utilisée dans les documents officiels, et où les coutumes et la vision du monde faisaient désormais partie intégrante d'une perspective insulaire. La France, quant à elle, était plus riche et plus puissante que jamais et prête à étendre ses intérêts sur le continent, notamment en Italie.

Enfin, la guerre donna naissance à des héros nationaux durables qui continuent d'être célébrés aujourd'hui dans la culture populaire. En Angleterre, Henri V devint une légende de son vivant après sa victoire éclatante à la bataille d'Azincourt, en 1415, contre toute attente et, grâce à des auteurs tels que William Shakespeare (1564-1616), son étoile n'a cessé de grandir et Henri V continue d'être joué, filmé et cité. En France, Jeanne d'Arc devint la grande figure du conflit lorsque ses visions célestes l'incitèrent à lever le siège d'Orléans en 1429, renversant ainsi le cours de la guerre. Jeanne fut brûlée sur le bûcher en tant que sorcière mais, élevée au rang de sainte en 1920, elle symbolise encore aujourd'hui le défi contre vents et marées et le patriotisme français. Les deux pays créèrent donc une mythologie de la guerre de Cent Ans, une époque désormais révolue où l'ennemi était clair, les héros vertueux et les victoires en or.

Supprimer la pub

Advertisement

Supprimer la pub

Publicité

Traducteur

Babeth Étiève-Cartwright
Babeth a enseigné l’anglais au British Council de Milan. Elle parle couramment le français, l’anglais et l’italien et a 25 ans d’expérience dans le domaine de l’éducation. Elle aime voyager et découvrir la langue, l’histoire et le patrimoine culturel des différents pays qu'elle visite.

Auteur

Mark Cartwright
Mark est un auteur d'articles historiques installé en Italie. Il s'intéresse plus particulièrement à la poterie, à l’architecture, aux mythologies du monde et à la découverte des idées partagées par toutes les civilisations. Il est titulaire d’un Master en philosophie politique et éditeur en chef de WHE.

Citer cette ressource

Style APA

Cartwright, M. (2020, mars 06). La guerre de cent ans: Conséquences et effets [The Hundred Years' War: Consequences & Effects]. (B. Étiève-Cartwright, Traducteur). World History Encyclopedia. Extrait de https://www.worldhistory.org/trans/fr/2-1520/la-guerre-de-cent-ans-consequences-et-effets/

Style Chicago

Cartwright, Mark. "La guerre de cent ans: Conséquences et effets." Traduit par Babeth Étiève-Cartwright. World History Encyclopedia. modifié le mars 06, 2020. https://www.worldhistory.org/trans/fr/2-1520/la-guerre-de-cent-ans-consequences-et-effets/.

Style MLA

Cartwright, Mark. "La guerre de cent ans: Conséquences et effets." Traduit par Babeth Étiève-Cartwright. World History Encyclopedia. World History Encyclopedia, 06 mars 2020. Web. 21 janv. 2022.

Adhésion