Roman Nose (Guerrier Cheyenne)

Définition

Joshua J. Mark
de , traduit par Babeth Étiève-Cartwright
publié le 20 mars 2024
Disponible dans ces autres langues: anglais
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War Chief Roman Nose of the Cheyenne at the Battle of Beecher Island (by Unknown, Public Domain)
Chef de guerre Roman Nose à la bataille de Beecher Island
Unknown (Public Domain)

Roman Nose (Woqini, "nez crochu", c. 1830-1868) était un guerrier cheyenne du Nord connu pour son courage au combat. Il devint si célèbre auprès des colons blancs et de l'armée américaine qu'ils crurent qu'il était le chef de la nation cheyenne. Il était considéré comme invincible, mais il fut tué d'une balle dans le dos lors de la bataille de Beecher Island.

Son nom, Woqini, traduit par "nez crochu", fut interprété à tort par les écrivains euro-américains comme "Roman nose" (Nez romain), nom sous lequel il fut connu même par des écrivains amérindiens tels que l'auteur et médecin sioux Charles A. Eastman (1858-1939), qui l'inclut dans son livre Indian Heroes and Great Chieftains (1916). Eastman le qualifie également de "chef", ce qui est souvent compris comme un dirigeant d'une nation amérindienne, mais Roman Nose n'avait jamais été un chef car il ne supportait pas les longues discussions dans les conseils et préférait l'action dans les batailles.

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Il est souvent confondu avec le chef des Cheyennes du Sud Henry Roman Nose (1856-1917), qui participa à la guerre de la rivière Rouge en 1874 alors qu'il était jeune homme et fut ensuite détenu à Fort Marion, à St. Augustine, en Floride, mais Roman Nose/Hook Nose était déjà mort à l'époque où Henry Roman Nose était un guerrier actif. Après le massacre de Sand Creek du 29 novembre 1864, au cours duquel la cavalerie américaine massacra plus de 150 Cheyennes et Arapahos, principalement des femmes, des enfants et des personnes âgées, Roman Nose jura son inimitié à l'égard des États-Unis. Il dirigea des groupes de guerre contre les forces américaines de l'expédition de la Powder River (1865) et contre les colons blancs sur la piste de l'Oregon pendant la guerre de Red Cloud (1866-1868) avant de mourir à la bataille de Beecher Island en 1868.

Bien qu'il ne soit pas aussi connu aujourd'hui que ses contemporains tels que Red Cloud (1822-1909), Crazy Horse (c. 1840-1877), Sitting Bull (c. 1837-1890) ou Black Kettle (c. 1803-1868), Roman Nose était aussi célèbre que n'importe lequel d'entre eux à son époque et est toujours considéré comme un grand héros amérindien, en particulier parmi les Cheyennes du Nord.

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Premiers raids et massacre de Sand Creek

Roman Nose fut toujours un commandant militaire, jamais un administrateur.

La date de naissance de Roman Nose est donnée alternativement vers 1823, vers 1830 ou vers 1835, et on ne sait rien de sa jeunesse, si ce n'est qu'il était connu sous le nom de "Bat" et qu'il semble avoir été notoirement agité et impatient face aux discussions inutiles. Il était grand pour son âge et on le décrit comme mesurant plus d' 1 m 82 à l'âge adulte. Il participa à des raids contre d'autres nations amérindiennes avec les sociétés militaires des Cheyennes, y compris les Chiens soldats, mais certainement la Société des guerriers élans, et, bien que fréquemment qualifié de "chef" par la presse euro-américaine, il ne siégea jamais au Conseil des Quarante-Quatre, qui comprenait quatre chefs de chacune des dix tribus plus quatre chefs ayant déjà servi. Roman Nose fut toujours un commandant militaire, jamais un administrateur.

Il est cependant décrit comme un "chef" par le chirurgien de l'armée américaine Isaac Coates en 1867, ce qui encouragea l'idée populaire qu'il était le chef de la nation cheyenne et pas seulement un chef de guerre:

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De tous les chefs, il est l'un des plus beaux spécimens physiques de sa race. Il mesure près d'un mètre quatre-vingt-dix, est finement formé avec un corps large et des membres musclés. Son apparence est résolument militaire et, en cette occasion, elle l'est d'autant plus qu'il porte l'uniforme d'un général de l'armée. Une carabine Spencer à sept coups pendait au côté de sa selle, quatre gros colts navy étaient accrochés à sa ceinture et un arc, déjà garni de flèches, était saisi dans sa main gauche. Ainsi armé et monté sur un beau cheval, il était un bon représentant du Dieu de la guerre. (64)

Les Cheyennes avaient d'abord essayé de se tenir le plus possible à l'écart des colons blancs, mais, à partir de 1825, ils furent de plus en plus privés de leurs terrains de chasse traditionnels. L'épidémie de choléra de 1849, apportée dans la région par les colons blancs, réduisit considérablement la population cheyenne, tout comme les affrontements périodiques avec les immigrants. Le traité de Fort Laramie de 1851 divisa soigneusement les terres que les Indiens des plaines avaient toujours régies par eux-mêmes, refusant de reconnaître un quelconque droit de propriété sur les territoires traditionnels, mais seulement un droit d'occupation, tout en stipulant que les "territoires indiens" échappaient à toute revendication des États-Unis.

Le "soulèvement cheyenne" de 1863 fut une réponse directe au fait que le gouvernement américain ignora un autre traité et continua à harceler les Indiens et à leur voler des terres. En mars 1863, une délégation de chefs représentant les préoccupations des nations Cheyenne, Arapaho, Comanche, Caddo et Kiowa se rendit à Washington pour rencontrer le président Abraham Lincoln afin de discuter des traités non respectés, des mauvais traitements infligés par les fonctionnaires américains et de trouver un moyen de résoudre pacifiquement les tensions croissantes. Rien ne fut résolu, cependant, et les membres de la délégation furent renvoyés chez eux avec des médailles de la paix et des mots d'encouragement afin qu'ils adoptent un mode de vie sédentaire et agricole.

A Cheyenne Chief,
Chef cheyenne
George Catlin (Public Domain)

Tout au long des années 1863-1864, les forces armées américaines ne cessèrent de mener des attaques non provoquées contre les villages cheyennes (et autres), affirmant parfois qu'il s'agissait d'une riposte au vol de bétail. Le 16 mai 1864, la cavalerie américaine fonça sur le village du chef cheyenne Lean Bear, qui avait été l'un des "chefs de la paix" à se rendre à Washington, détruisant les huttes et tuant les citoyens, y compris Lean Bear, qui portait encore sa médaille de la paix.

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L'année de violence culmina avec le massacre de Sand Creek, le 29 novembre 1864, lorsque la cavalerie de John Chivington attaqua le village du chef Black Kettle, qui arborait à la fois le drapeau blanc de la trêve et le drapeau américain, et massacra environ 150 Cheyennes et Arapahos. Les Chiens soldats, en particulier, mais aussi les autres sociétés militaires cheyennes, affirmèrent désormais que les offres de paix faites par le Conseil des Quarante-Quatre étaient erronées et que la seule façon de protéger le peuple et de préserver ses terres était la guerre. Roman Nose, peut-être membre de la Société des guerriers élans à cette époque, faisait partie de ceux qui prônaient la résistance armée aux politiques génocidaires des États-Unis.

Expédition de la Powder River et guerre de Red Cloud

Après le massacre de Sand Creek, Roman Nose commença à apparaître dans les périodiques euro-américains comme un "chef cheyenne" qui avait toujours dirigé ses guerriers depuis le front. En 1865, les États-Unis lancèrent l'expédition de la Powder River, censée "régler le problème indien" de manière décisive en soumettant les Cheyennes, les Arapahos et les Sioux - qui faisaient partie des peuples considérés comme "hostiles" - et en rendant la région sûre pour les colons blancs. Roman Nose dirigea plusieurs groupes de guerre contre les forces américaines, notamment lors de la bataille de Platte Bridge (26 juillet 1865), aux côtés de Crazy Horse, Red Cloud et Morning Star (également connu sous le nom de Dull Knife, c. 1810-1883).

Little Coyote (Little Wolf) and Morning Star (Dull Knife) Chiefs of the Northern Cheyenne
Little Coyote (Little Wolf) et Morning Star (Dull Knife) chefs des Cheyennes du Nord
William Henry Jackson (Public Domain)

Cet engagement fut une victoire amérindienne, tout comme la bataille de Red Buttes, qui eut lieu au même moment et au cours de laquelle Roman Nose se présenta comme une cible, chevauchant rapidement autour du cercle de chariots, jusqu'à ce que les soldats aient épuisé toutes leurs munitions et aient été rapidement massacrés. Le 8 septembre 1865, Roman Nose et Crazy Horse attaquèrent les forces du colonel Cole et du lieutenant-colonel Walker sur la Powder River en utilisant la même tactique mais, cette fois, les forces américaines étaient armées de fusils à répétition Spencer carbine et de plus de munitions, ce qui rendit le combat beaucoup plus difficile. Néanmoins, Roman Nose tenta de rallier ses guerriers et d'intimider l'ennemi, comme il l'avait fait à Red Buttes et à Platte Bridge, comme le décrivent les chercheurs Bob Drury et Tom Clavin:

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Roman Nose éperonna son poney blanc à travers le no man's land poussiéreux avec ses touffes de carex et de cheveux d'ange. Sa coiffe de guerre en plumes d'aigle traînait sur le sol tandis qu'il courait d'un bout à l'autre de la position américaine, hurlant des insultes et lançant des défis. Une fois de plus, les soldats ne bougèrent pas. Le Cheyenne réussit trois ruades avant que son cheval ne soit abattu. La force tribale combinée chargea alors le cercle de chariots. Ils furent repoussés par le sifflement de la mitraille et le crépitement de centaines de carabines Spencer. (215-216)

L'expédition de la Powder River n'accomplit rien d'autre que de confirmer ce que Roman Nose, Crazy Horse et d'autres savaient déjà: le gouvernement américain n'était pas digne de confiance et la seule option qui s'offrait aux Indiens des plaines était la guerre. En 1866, lorsque le colonel Henry B. Carrington arriva dans la région avec ses troupes et le mandat de construire des forts pour protéger les colons blancs, Red Cloud déclara la guerre. Bien que Roman Nose n'ait pas fait pas partie du groupe de Red Cloud, il travailla dans le même but en attaquant les chariots de ravitaillement et les colons blancs sur la piste de l'Oregon et ailleurs.

Profil d'Eastman

Charles A. Eastman fournit l'une des descriptions les plus célèbres de Roman Nose. Il l'écrivit en se basant sur des légendes qu'il avait entendues alors qu'il n'avait que dix ans lorsque Roman Nose fut tué à Beecher Island. Bien que la description soit idéalisée à certains égards, elle représente fidèlement la façon dont Roman Nose était perçu par les autres. Le passage suivant est extrait de Indian Heroes and Great Chieftains:

Ce chef de guerre cheyenne était un contemporain de Dull Knife. Il n'avait pas un caractère aussi fort que l'autre et avait tendance à être pompeux et vantard, mais malgré tout, il était un vrai type d'Amérindien par son esprit et sa bravoure.

Alors que Dull Knife s'est illustré dans la guerre entre Indiens, Roman Nose s'est illustré contre les Blancs en défendant un territoire englobant les rivières Republican et Arickaree. Il fut tué sur cette dernière rivière en 1868 lors de la célèbre bataille contre le général Forsythe.

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À l'exception du chef Gall [Sioux Hunkpapa, c. 1840-1894] et de Washakie [chef Shoshone, c. 1804/1810-1900] dans la fleur de l'âge, ce chef n'avait pas d'égal en termes de perfection corporelle et de personnalité magistrale. Aucun gymnaste grec ou romain n'a jamais été un plus beau modèle de beauté physique et de puissance.

Lorsqu'il arrivait sur le champ de bataille, il poussait ses hommes à une action frénétique. On a dit de lui qu'il avait sacrifié plus de jeunes par son influence dans la bataille que n'importe quel autre chef, étant lui-même très imprudent dans les charges téméraires. Il fut tué inutilement de cette manière.

Roman Nose montait toujours un cheval d'une finesse et d'une fougue peu communes et, avec sa coiffe de guerre et d'autres accessoires, il était magnifique. Les Indiens disaient que les soldats devaient le regarder plutôt que de le viser, car ils l'atteignaient rarement, même lorsqu'ils couraient devant une ligne de feu.

Une fois, il fit une chose remarquable, lors d'une chasse au bison avec son beau-frère. Son compagnon avait choisi son animal et avait tiré si fort sur la corde de son arc en tendon qu'elle s'était rompue. Roman Nose avait tué sa bisonne et se rapprochait de l'autre quand cela arriva. Les deux chevaux filaient à toute allure et la flèche s'éleva en l'air. Roman Nose l'attrapa et abattit la buflonne pour lui.

Une autre histoire curieuse racontée à son sujet est qu'il avait un ami sioux intime qui courtisait une fille cheyenne, mais sans succès. Comme la cour des Sioux et des Cheyennes se déroulait généralement la nuit, Roman Nose demanda à son ami de le laisser faire la cour à sa place. Il s'arrangea pour que la jeune femme s'enfuie avec lui la nuit suivante et passe sa lune de miel avec ses amis sioux. Il dit ensuite à son ami ce qu'il devait faire. Les Sioux suivirent les instructions et emmenèrent la jeune fille cheyenne, qui ne découvrit son erreur qu'au matin. On dit qu'elle ne le reconnut jamais et que tous deux vécurent heureux jusqu'à un âge avancé, de sorte qu'il n'y avait peut-être pas eu d'erreur après tout.

Aucun autre chef n'a peut-être attaqué autant d'émigrants allant vers l'ouest sur la piste de l'Oregon entre 1860 et 1868. Il attaqua une fois un grand groupe de Mormons, et dans ce cas, les Mormons eurent le temps de former un cercle avec leurs chariots et d'abriter leurs femmes, leurs enfants et leurs chevaux. Les hommes se tenaient à l'extérieur et répondaient aux Indiens par des salves bien ciblées, mais ceux-ci encerclaient les chariots à la vitesse d'un tourbillon, et chaque fois qu'un homme blanc tombait, c'était le signal pour Roman Nose de charger et de compter le "coup". L'un des hommes morts n'avait plus de chapeau et, bien qu'il portât une barbe et des cheveux épais, le sommet de son crâne était chauve à partir du front. La coutume exigeant qu'un tel acte soit annoncé sur le champ, le chef cria à tue-tête: "Votre Roman Nose a compté le premier coup sur un homme blanc au visage le plus long qui ait jamais été tué!

Lorsque les Cheyennes du Nord, sous la direction de ce chef audacieux, attaquèrent un corps de troupes d'éclaireurs sous les ordres du brillant officier qu'était le général Forsythe, Roman Nose pensait avoir une tâche relativement facile. Le premier assaut échoua et le commando se retrancha sur une petite île. Le chef rusé pensait pouvoir semer la panique et encouragea ses braves en déclarant que le premier à atteindre l'île aurait le droit de porter une coiffe de guerre. Mais il fut déçu et ses hommes reçurent un tel accueil qu'aucun ne parvint à l'atteindre. Pour les inciter à des actes désespérés, il les avait conduits en personne, et avec lui, cela signifiait la victoire ou la mort. Selon les comptes rendus de l'armée, ce fut un moment palpitant qui aurait pu s'avérer désastreux pour le commandement de Forsythe, dont le chef était blessé et impuissant. Le danger resta réel jusqu'à la chute de Roman Nose, et même à ce moment-là, ses lieutenants étaient déterminés à traverser à tout prix, mais certains des chefs les plus anciens les incitèrent à se retirer.

C'est ainsi que le brillant chef de guerre des Cheyennes trouva la mort. S'il avait vécu jusqu'en 1876, Sitting Bull aurait eu un autre allié audacieux. (189-190)

Médecine, rituel et île Beecher

L'invincibilité de Roman Nose était attribuée à sa "médecine" - son pouvoir spirituel personnel - qui était éveillé par des rituels effectués avant la bataille et entretenu par sa coiffe - fabriquée pour lui par l'homme-médecine White Bull - qui, selon lui, le rendait à l'épreuve des balles. Le bonnet de guerre/coiffe était si long et orné de tant de plumes d'aigle qu'il touchait presque la terre lorsqu'il était assis à califourchon sur son cheval. Pour que la "médecine" soit efficace, il devait cependant éviter de serrer la main de qui que ce soit ou de manger quoi que ce soit cuit dans une marmite en métal ou servi avec un ustensile en métal - deux choses associées aux Blancs qui n'avaient pas tenu leurs promesses.

Plains Indian Headdress
Coiffe des Indiens des Plaines
The Children's Museum of Indianapolis (CC BY-SA)

Selon la tradition cheyenne, c'est le fait qu'il n'ait pas respecté ces tabous qui le conduisirent à la mort. Roman Nose narguait les troupes américaines depuis plus de huit ans lorsqu'il mena ses guerriers contre le général Alexander Forsyth (1837-1915) à Beecher Island (à ne pas confondre avec James W. Forsyth, responsable du massacre de Wounded Knee en 1890). Roman Nose reconnut qu'il avait mangé un morceau de pain frit cuit dans une marmite en fer et servi par une fourchette en métal, et qu'il était en train de se purifier rituellement lorsque le combat éclata. Un autre guerrier cheyenne, parfois identifié comme White Contrary, se moqua de lui parce qu'il était resté en sécurité derrière une colline à faire de la magie alors qu'il avait envoyé ses guerriers sous la grêle des tirs de Forsyth, de sorte que Roman Nose interrompit le rituel et, sachant qu'il allait mourir, rejoignit le combat.

Il mena les guerriers dans une nouvelle charge contre la position de Forsyth et reçut une balle dans le dos alors qu'il faisait demi-tour; il tomba de son cheval, mortellement blessé, et mourut plus tard, le 17 septembre 1868. Comme le note Eastman, ses guerriers voulaient poursuivre la bataille, ce qu'ils firent pendant deux jours supplémentaires avant de se retirer. Ils honorèrent Roman Nose par des rites funéraires appropriés et placèrent son corps sur une structure - comme ils le firent pour les autres victimes de l'engagement connu par les Cheyennes sous le nom de "combat où Roman Nose fut tué" - mais toutes ces structures mortuaires furent renversées et les corps profanés par la cavalerie américaine qui revint des mois plus tard pour récupérer les dépouilles du commandement Forsyth.

The Death of Roman Nose (Cheyenne Warrior)
Mort de Roman Nose (Guerrier Cheyenne)
British Library (Public Domain)

Conclusion

La mort de Roman Nose marqua le début de la fin de la résistance cheyenne à l'expansion américaine vers l'Ouest. Bien que Red Cloud ait gagné sa guerre, le traité de Fort Laramie de 1868 ne fut pas respecté par les États-Unis et, le 27 novembre 1868, le lieutenant-colonel George Armstrong Custer attaqua le camp du chef Black Kettle lors de la bataille de Washita River, assassinant plus de 100 personnes, principalement des femmes, des personnes âgées et des enfants, ainsi que Black Kettle et sa femme.

Les Chiens soldats cheyennes du chef Tall Bull (1830-1869) poursuivirent leur résistance jusqu'à sa défaite et sa mort à la bataille de Summit Springs, le 11 juillet 1869. Les Cheyennes et les Arapahos s'allièrent aux Sioux de Crazy Horse et de Sitting Bull lors de la bataille de Little Bighorn en 1876, qui fut une victoire décisive pour les Amérindiens, mais les représailles de l'armée américaine et la perte des bisons - systématiquement abattus par les agents américains pour priver les Indiens des plaines de leurs ressources alimentaires - finirent par pousser les Cheyennes dans le "Territoire indien" que le gouvernement américain leur avait réservé dans l'Oklahoma actuel.

Beecher Island Monument
Monument de Beecher Island
Unknown Photographer (Public Domain)

Aujourd'hui, les Cheyennes du Nord de Roman Nose vivent dans la réserve du Montana et les Cheyennes du Sud demeurent en Oklahoma. Le site du "combat où Roman Nose a été tué" fut baptisé Beecher Island en l'honneur de l'un des éclaireurs américains du commandement de Forsyth, Fred Beecher, qui mourut au cours de l'engagement. Un monument fut érigé en 1905 en l'honneur des victimes de la cavalerie américaine sur le territoire défendu par Roman Nose et sur lequel le gouvernement américain avait déclaré, en 1851, qu'il n'avait aucun droit.

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Questions & Réponses

Qui était Roman Nose?

Roman Nose était un guerrier Cheyenne du Nord et un commandant des forces amérindiennes défendant les terres des Indiens des Plaines contre l'expansion vers l'ouest des États-Unis entre 1860 et 1868.

Roman Nose était-il un chef?

Roman Nose n'était pas un chef cheyenne, mais un commandant militaire qui dirigeait des groupes de guerre. Aujourd'hui, il serait considéré comme un général, et non comme un président qui gouvernait un peuple.

Le nom de Roman Nose était-il vraiment "Roman Nose" ?

Le nom de Roman Nose était Woqini, qui se traduit par "nez crochu", mais qui fut mal traduit par les écrivains euro-américains en "Roman nose".

Comment est mort Roman Nose?

Roman Nose fut tué d'une balle dans le dos lors de la bataille de Beecher Island, le 17 septembre 1868.

Traducteur

Babeth Étiève-Cartwright
Babeth s'est consacrée à la traduction après avoir enseigné l'anglais au British Council de Milan. Elle parle couramment le français, l'anglais et l'italien et a 25 ans d'expérience dans le domaine de l'éducation. Elle aime voyager et découvrir l'histoire et le patrimoine d'autres cultures.

Auteur

Joshua J. Mark
Auteur indépendant et ex-Professeur de Philosophie à temps partiel au Marist College de New York, Joshua J. Mark a vécu en Grèce et en Allemagne, et a voyagé à travers l'Égypte. Il a enseigné l'histoire, l'écriture, la littérature et la philosophie au niveau universitaire.

Citer cette ressource

Style APA

Mark, J. J. (2024, mars 20). Roman Nose (Guerrier Cheyenne) [Roman Nose (Cheyenne Warrior)]. (B. Étiève-Cartwright, Traducteur). World History Encyclopedia. Extrait de https://www.worldhistory.org/trans/fr/1-22783/roman-nose-guerrier-cheyenne/

Style Chicago

Mark, Joshua J.. "Roman Nose (Guerrier Cheyenne)." Traduit par Babeth Étiève-Cartwright. World History Encyclopedia. modifié le mars 20, 2024. https://www.worldhistory.org/trans/fr/1-22783/roman-nose-guerrier-cheyenne/.

Style MLA

Mark, Joshua J.. "Roman Nose (Guerrier Cheyenne)." Traduit par Babeth Étiève-Cartwright. World History Encyclopedia. World History Encyclopedia, 20 mars 2024. Web. 20 mai 2024.

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