Blocus Continental

Définition

Harrison W. Mark
de , traduit par Babeth Étiève-Cartwright
publié le 03 août 2023
X
translations icon
Disponible dans ces autres langues: anglais, italien, Turc
French Soldiers Inspect Goods in Leipzig (by Gottfried Heinrich Geißler, Public Domain)
Des soldats français inspectent des marchandises à Leipzig
Gottfried Heinrich Geißler (Public Domain)

Le Blocus continental fut un blocus majeur du commerce britannique imposé par l'empereur français Napoléon Ier du 21 novembre 1806 au 11 avril 1814. Il avait pour but de paralyser l'économie britannique et de forcer ainsi la Grande-Bretagne à se retirer des guerres napoléoniennes (1803-1815). Cependant, le blocus s'avéra difficile à mettre en œuvre et finit par avoir un impact négatif sur la France, contribuant ainsi à la chute de Napoléon.

Napoléon considérait la Grande-Bretagne comme son ennemi le plus dangereux; en effet, les Britanniques avaient organisé et financé la plupart des coalitions contre la France pendant les guerres révolutionnaires françaises et les guerres napoléoniennes. Depuis la destruction de la flotte française à la bataille de Trafalgar (21 octobre 1805), Napoléon ne pouvait plus espérer envahir directement les îles britanniques, ce qui le conduisit à imposer un blocus. Le blocus continental visait à empêcher la Grande-Bretagne de commercer avec l'Europe continentale. Napoléon prévoyait que cela paralyserait l'économie de la Grande-Bretagne, qu'il qualifiait souvent de "nation de boutiquiers", et conduirait à des bouleversements sociaux généralisés dans tout l'Empire britannique. En outre, Napoléon voulait que le blocus continental renforce l'hégémonie française sur le continent, car les industries françaises pourraient combler le vide laissé par les Britanniques sur le marché.

Supprimer la pub
Advertisement

Cependant, le système continental n'eut pas l'effet escompté. Bien que leur économie ait été initialement touchée, les Britanniques compensèrent la perte du commerce continental en ouvrant de nouveaux marchés dans d'autres parties du monde. Pendant ce temps, les industries du continent furent durement touchées, privées des matières premières fournies par les marchands britanniques. La contrebande se développa, les douaniers de Napoléon recevant des pots-de-vin pour fermer les yeux sur le marché noir des marchandises britanniques illégales. Ne disposant pas d'une marine puissante, Napoléon fut dans l'impossibilité de faire respecter son propre blocus. Ses tentatives pour forcer les autres nations à s'y plier conduisirent à plusieurs nouveaux conflits, dont la "Guerre péninsulaire" (1807-1814) avec l'Espagne et le Portugal et son invasion désastreuse de la Russie (1812), deux événements qui contribuèrent grandement à sa chute. Napoléon a refusé d'admettre l'échec du système continental, qui est resté en place jusqu'à sa première abdication en avril 1814.

Origines

À partir de 1688, au début de la guerre de la Ligue d'Augsbourg (alias Guerre de la Grande Alliance), la Grande-Bretagne et la France s'engagèrent dans une rivalité qui durerait plus d'un siècle et se traduirait par de multiples guerres. Cette période de conflit anglo-français perpétuel, que certains historiens appellent la deuxième guerre de Cent Ans (1688-1815), comporta plusieurs épisodes de guerre économique, chaque nation tentant d'affaiblir l'autre par des moyens de restriction commerciale tels que les droits de douane et les blocus. À l'époque du mercantilisme et du colonialisme, la clé du succès d'un empire était l'accumulation de richesses, souvent par le biais du commerce. Il était donc courant que les nations s'attaquent aux possessions coloniales et au commerce de leurs rivaux tout en favorisant leur propre commerce. Étant donné que ce type de guerre existait bien avant l'arrivée au pouvoir de Napoléon, l'universitaire Alexander Mikaberidze affirme que le blocus continental de Napoléon n'était pas aussi irrationnel que certains l'ont prétendu, mais qu'il s'inscrivait plutôt dans la continuité des politiques traditionnelles (228).

Supprimer la pub
Advertisement
Le premier acte de guerre économique pendant les guerres révolutionnaires et napoléoniennes ne fut pas à l'initiative de la France, mais de la Grande-Bretagne.

En effet, le premier acte de guerre économique pendant les guerres révolutionnaires françaises et napoléoniennes ne fut pas à l'initiative de la France, mais de la Grande-Bretagne. Dès leur entrée en guerre contre la France en 1793, les Britanniques mirent en place un blocus des ports français qui dura jusqu'en 1799, période pendant laquelle l'activité maritime le long des côtes françaises fut surveillée et limitée. Les Français ne furent pas en mesure de répondre en nature jusqu'en décembre 1800, date à laquelle ils contrôlaient suffisamment d'Europe occidentale pour interdire aux Britanniques l'accès aux ports, de la Norvège à Naples. Cet embargo fut aggravé par la participation de la Russie, dont l'empereur, le tsar Paul Ier (r. de 1796 à 1801), déçu par les actions de la Grande-Bretagne pendant la guerre de la deuxième coalition (1798-1802), cherchait à réduire la puissance britannique. Paul Ier retint 300 navires britanniques amarrés dans les ports russes, cessa tout paiement aux marchands britanniques et saisit les marchandises et les entrepôts britanniques.

Le tsar Paul Ier organisa également une ligue de neutralité armée dans le but de protéger le libre-échange. Composée de la Russie, de la Suède, du Danemark et de la Prusse, la Ligue protestait contre la pratique de la marine britannique qui consistait à fouiller les navires neutres à la recherche de produits de contrebande français. Les Britanniques considéraient la Ligue comme une alliée de la France, ce qui conduisit la Royal Navy à bombarder la flotte danoise lors de la première bataille de Copenhague. Cette attaque, ainsi que l'assassinat du tsar Paul Ier en mars 1801, entraînèrent l'effondrement de la Ligue de neutralité armée. L'embargo français prit fin un an plus tard, lorsque le traité d'Amiens mit fin aux hostilités ouvertes entre la Grande-Bretagne et la France. Les embargos français et russe combinés révélèrent la dépendance de la Grande-Bretagne à l'égard de certaines marchandises continentales, notamment les céréales, le chanvre et les fournitures navales (Mikaberidze, 117). L'Europe continentale représentait également 40 % des exportations totales de la Grande-Bretagne, ce qui signifiait qu'un tel blocus serait susceptible de nuire à l'économie britannique. Mais l'embargo franco-russe de 1800 ne dura pas assez longtemps pour affecter sensiblement l'économie britannique et il fut mal coordonné et exécuté. Il n'était cependant que le précurseur d'un embargo plus important à venir.

Supprimer la pub
Advertisement

Décrets de Berlin et de Milan

Les hostilités entre la Grande-Bretagne et la France reprirent en mai 1803, avec la rupture du fragile traité d'Amiens. Les Britanniques ne tardèrent pas à organiser et à financer de nouvelles coalitions contre Napoléon, auxquelles participèrent notamment l'Autriche, la Prusse, la Russie, la Suède, le Portugal et l'Espagne. Au cours des premières années des guerres napoléoniennes, l'armée française traversa l'Europe en vainquant toutes les armées envoyées contre elle. Napoléon vainquit une force austro-russe à la bataille d'Austerlitz (2 décembre 1805), anéantit l'armée prussienne à la bataille d'Iéna (14 octobre 1806) et écrasa les Russes à la bataille de Friedland (14 juin 1807).

Au moment des traités de Tilsit, en juillet 1807, Napoléon régnait sur la majeure partie de l'Europe occidentale et centrale, soit directement, soit par l'intermédiaire d'alliés et d'États clients de la France. La destruction de la flotte française à Trafalgar signifiait que les Français ne pouvaient plus espérer défier la Grande-Bretagne en mer ou tenter une invasion des îles britanniques. La France contrôlant la terre et la Grande-Bretagne étant maîtresse des mers, aucun des deux camps n'était encore en mesure de vaincre l'autre militairement; au lieu de cela, chacun chercha une fois de plus à paralyser l'autre par des pressions économiques.

Signing of the Treaties of Tilsit
Signature des traités de Tilsit
Nicolas Gosse (Public Domain)

Le 16 mai 1806, le gouvernement britannique publia un décret demandant le blocus de l'ensemble des côtes européennes, de Brest à l'Elbe. Napoléon riposta six mois plus tard en publiant le décret de Berlin depuis la capitale prussienne capturée. Ce décret, qui constitue la base du blocus continental, commença par annoncer que "l'Angleterre n'admet pas du tout le droit des gens suivi universellement par tous les peuples civilisés", ce qui signifie que les adversaires de la Grande-Bretagne avaient le "droit naturel de s'opposer à l'ennemi avec les mêmes armes qu'il utilise" (Roberts, 427). Les articles, rédigés par le ministre français des Affaires étrangères Charles Maurice de Talleyrand, comprennent les éléments suivants:

Supprimer la pub
Advertisement
  • Les îles britanniques sont en état de blocus.
  • Tout commerce et toute correspondance avec les îles britanniques sont interdits.
  • Tout sujet britannique, quel que soit son état ou sa condition, sera fait prisonnier de guerre.
  • Tous les entrepôts, toutes les marchandises, tous les biens... appartenant à un sujet de l'Angleterre seront déclarés prises valables.
  • Aucun navire venant directement d'Angleterre ou des colonies anglaises ou y ayant séjourné depuis la publication du présent décret ne sera reçu dans aucun port.
  • Le présent décret sera communiqué... aux rois d'Espagne, de Naples, de Hollande et d'Étrurie, et à nos alliés, dont les sujets sont, comme les nôtres, victimes de l'injustice et de la barbarie des lois maritimes anglaises.
    (Roberts, 427 ; napoleon.org).

Il s'agissait d'un décret intransigeant, destiné à empêcher les Britanniques de commercer dans n'importe quel port du continent. Napoléon pensait qu'en privant les Britanniques de commerce continental, il pourrait paralyser l'économie britannique, ce qui entraînerait des bouleversements sociaux dans tout l'Empire britannique et ferait pression sur le Parlement pour qu'il fasse la paix. Les Britanniques réagirent en novembre 1807 en adoptant de nouveaux décrets qui prévoyaient la saisie des navires neutres faisant du commerce dans les ports français; dorénavant, toute partie neutre souhaitant faire du commerce avec la France devait d'abord se rendre en Grande-Bretagne pour obtenir une licence spéciale. Napoléon répondit par les décrets de Milan de novembre et décembre 1807, qui s'attaquaient également aux navires neutres, stipulant que tout navire s'arrêtant dans les ports britanniques ou acceptant d'être fouillé par des navires britanniques était susceptible d'être capturé par la France ou ses alliés en tant que prise. Ces attaques contre les navires neutres auraient un impact sur le commerce américain et contribueraient à déclencher la guerre de 1812 entre la Grande-Bretagne et les États-Unis.

Impact sur la Grande-Bretagne

La déclaration de Napoléon sur le blocus continental fut d'abord moquée par le gouvernement britannique qui estimait que l'empereur français n'avait aucun moyen de la faire respecter. "À quoi bon parler de blocus de la Grande-Bretagne", se moquent-ils, "alors que [Napoléon] n'a guère de navire sur l'océan pour faire respecter son ordre ? Il aurait tout aussi bien pu parler de bloquer la lune et de s'approprier toute l'influence lunaire" (Mikaberidze, 235). Bien que le blocus ait finalement échoué, il serait faux de prétendre que le blocus continental n'eut aucun effet négatif sur la Grande-Bretagne, surtout au début. À la fin de l'année 1807, la Russie, le Danemark, la Prusse, la Hollande, l'Italie, Naples et la Confédération allemande du Rhin de Napoléon avaient rejoint le blocus continental; en 1809, l'Autriche fut également contrainte d'y adhérer.

The Berlin Decree, Pages 2 and 3
Le décret de Berlin, pages 2 et 3
Napoleon Bonaparte (Public Domain)

Comme un tiers des exportations directes de la Grande-Bretagne et deux tiers de ses réexportations étaient destinées à l'Europe continentale, cette situation eut un effet négatif. Entre 1808 et 1814, les lingots de la Banque d'Angleterre passèrent de 6,9 millions à 2,2 millions de livres sterling. En 1810, la Grande-Bretagne subit de mauvaises récoltes qui, aggravées par le blocus continental et les relations hostiles avec les États-Unis, conduisirent à une dépression économique en 1811-1812. Le chômage et l'inflation augmentèrent et plusieurs grandes banques britanniques furent contraintes de fermer. Cette situation donna lieu à des protestations généralisées de la part des classes inférieures, bien qu'elles aient été loin d'avoir l'ampleur souhaitée par Napoléon, et les classes moyennes et supérieures continuèrent à soutenir le gouvernement et l'effort de guerre.

Supprimer la pub
Advertisement

Malgré des difficultés économiques minimes, le commerce britannique réussit non seulement à survivre, mais aussi à prospérer. Privés d'accès aux marchés européens, les marchands britanniques furent contraints d'ouvrir de nouveaux marchés en Asie, en Afrique et en Amérique du Sud; cette dernière région devint la préférée des marchands britanniques et devint l'un des marchés les plus importants pour le commerce britannique. Ces nouveaux marchés entraînèrent une augmentation des exportations britanniques totales, qui passèrent d'une moyenne de 25,4 millions de livres sterling par an entre 1800 et 1809 à 35 millions de livres sterling entre 1810 et 1819. Dans l'ensemble, cela compensa les pertes financières subies par la Grande-Bretagne du fait du blocus continental, permettant aux Britanniques de poursuivre la lutte contre la France napoléonienne.

Impact sur le continent

Le blocus continental eut un impact beaucoup plus négatif sur l'Empire napoléonien et ses alliés. Les marchands et les fabricants du continent furent confrontés à une pénurie de matières premières et de produits de luxe très recherchés, tels que le coton, le sucre, la teinture et le café. Pour se procurer ces articles, il fallait payer les prix élevés imposés par les tarifs impériaux ou s'engager dans la pratique risquée de la contrebande. Cette situation entraîna le déclin des économies des régions qui dépendaient du commerce, comme les villes de la Ligue hanséatique et de la Hollande. Louis Bonaparte, roi de Hollande et frère de Napoléon, refusa d'appliquer le blocus continental en raison de ses effets négatifs sur son pays, ce qui conduisit Napoléon à le détrôner et à annexer directement la Hollande à l'Empire français. Le blocus eut également un impact négatif sur les industries de plusieurs régions européennes. Les industries italiennes de l'impression du coton, les manufactures de tabac, les moulins à maïs et les industries de la soie frôlèrent la faillite, tandis que la Norvège connut un déclin brutal de ses industries du bois et du fer. Un tiers des entreprises portugaises finirent par fermer, tandis qu'en Espagne, le blocus et la guerre détruisirent la plupart des industries (Mikaberidze, 239).

La contrebande devint endémique, avec plus de 800 navires de contrebande opérant en Méditerranée pour la seule année 1811.

Napoléon s'attendait à des difficultés à court terme pour le commerce et les entreprises européennes, un sacrifice qu'il était prêt à faire pour la défaite de la Grande-Bretagne. En effet, l'un des objectifs du blocus continental était d'encourager les industries françaises à remplacer celles de la Grande-Bretagne afin de renforcer la position de la France en tant que centre politique, économique et militaire de l'Europe. Les villes portuaires de Bordeaux, Marseille et La Rochelle furent fortement pénalisées par la perte d'accès aux produits coloniaux, et le prix des cultures de base augmenta fortement.

Vous aimez l'Histoire?

Abonnez-vous à notre newsletter hebdomadaire gratuite!

Mikaberidze note que le nombre de raffineries de sucre à Bordeaux passa de 40 en 1789 à seulement 8 en 1809, et que plus des deux tiers des 1 700 entreprises textiles de Paris fermèrent leurs portes (238). Certaines industries françaises, telles que la laine et la soie, connurent une croissance à court terme, mais leurs marchés furent déplacés à mesure que l'Europe s'enfonçait dans les guerres napoléoniennes. Les citoyens de la classe ouvrière et les hommes d'affaires français accusèrent le régime de Napoléon d'être responsable de ces malheurs économiques. Napoléon encouragea ses scientifiques à rechercher de nouvelles alternatives aux matériaux coloniaux, ce qui permit de découvrir que la betterave sucrière et la teinture d'indigo pouvaient être produites en France. Mais cela ne suffit pas à compenser la perte des importations coloniales.

La contrebande prit de l'ampleur durant cette période, avec plus de 800 navires de contrebande opérant en Méditerranée pour la seule année 1811. L'Héliogoland, au large de la côte ouest du Danemark, et la Thessalonique occupée par les Ottomans devinrent des points d'entrée populaires pour les marchandises de contrebande sur le continent; grâce aux contrebandiers, la Grande-Bretagne put exporter pour 10 millions de livres sterling de marchandises vers l'Europe du Sud en 1809 (Mikaberidze, 236). Napoléon tenta de lutter contre ce phénomène en augmentant le nombre de douaniers dans les ports, mais ces derniers étaient enclins à verser des pots-de-vin et ignorèrent souvent la contrebande effrénée. En 1810, Napoléon tenta d'atténuer les effets de la contrebande en adoptant le décret de Saint-Cloud qui ouvrit le sud-ouest de la France et de l'Espagne au commerce britannique et rouvrit la France au commerce américain, mais le marché noir des marchandises britanniques se poursuivit, et même les plus proches partisans de Napoléon et les membres de sa famille s'y livraient. Joachim Murat, beau-frère de Napoléon et roi de Naples, ferma les yeux sur la contrebande dans son royaume, tandis que le maréchal André Masséna gagna plus de 3 millions de francs sur le marché noir lorsqu'il était en poste à Naples. Même l'épouse de Napoléon, l'impératrice Joséphine de Beauharnais, achetait régulièrement des produits britanniques de contrebande.

Smugglers During the Continental System
Contrebandiers pendant le blocus continental
John Augustus Atkinson and William Miller (Public Domain)

Cependant, aussi graves qu'aient pu être les conséquences économiques pour l'Empire napoléonien, les véritables problèmes survinrent lorsque Napoléon tenta de faire appliquer le blocus continental. Napoléon n'ayant pas de marine pour bloquer les ports britanniques, son blocus continental ne pouvait fonctionner que si toutes les nations européennes participaient à la fermeture de leurs ports au commerce britannique. La réticence du Portugal à le faire en 1807 menaça le succès de l'ensemble du blocus. Par conséquent, pour forcer les Portugais à respecter le blocus, Napoléon les envahit, donnant ainsi le coup d'envoi de la coûteuse guerre péninsulaire. Ses tentatives pour faire respecter le blocus conduisirent également Napoléon à envahir et à occuper les États pontificaux et les provinces illyriennes en 1809, ainsi que les villes hanséatiques en 1810. Plus important encore, le désir de Napoléon de faire appliquer le système continental le conduisit à envahir la Russie en 1812, après que le tsar Alexandre Ier de Russie (r. de 1801 à 1825) eut levé le blocus et rouvert ses ports au commerce britannique. L'invasion de la Russie par Napoléon s'avéra désastreuse, entraînant la destruction de sa Grande Armée et marquant le début de sa chute.

Conclusion

Le blocus continental de Napoléon était destiné à paralyser la puissance britannique et à renforcer l'hégémonie continentale de la France, mais il n'atteignit aucun de ces deux objectifs. Le peu d'effet qu'il eut sur l'économie britannique fut rapidement annulé par l'ouverture de nouveaux marchés à travers le monde par les marchands britanniques; la dépression économique que connut la Grande-Bretagne en 1811-1812 fut causée autant par les mauvaises récoltes de la saison précédente et l'imminence de la guerre avec les États-Unis que par le blocus continental. En outre, la position de la France en tant que centre économique de l'Europe fut minée par une industrie en difficulté et par la contrebande de marchandises. Les vaines tentatives de Napoléon pour imposer le blocus continental par la force des armes conduisirent à ses plus graves défaites militaires et, au bout du compte, à la perte de son empire. Dans l'ensemble, le système conduisit à la désindustrialisation de nombreuses régions d'Europe et fit prendre à certaines industries continentales vingt ans de retard sur celles de la Grande-Bretagne. En effet, de nombreuses industries britanniques ne seraient pas confrontées à une concurrence continentale sérieuse avant la fin du XIXe siècle.

Supprimer la pub
Publicité

Questions & Réponses

Qu'est-ce que le blocus continental ?

Le blocus continental était un embargo sur le commerce britannique en provenance de l'Europe continentale, imposé par l'empereur français Napoléon Ier de 1806 à 1814. Conçu pour paralyser l'économie britannique et la contraindre à faire la paix, le blocus continental n'atteignit pas ses objectifs.

Quels étaient les deux objectifs du blocus continental ?

Les deux objectifs du blocus continental étaient les suivants : 1) paralyser l'économie britannique et forcer la Grande-Bretagne à se retirer des guerres napoléoniennes, et 2) renforcer la position de la France en tant que centre politique et économique de l'Europe en utilisant les industries françaises pour remplacer les industries britanniques.

Qui mit en œuvre le blocus continental ?

Le blocus continental fut mis en place par l'empereur français Napoléon Ier.

Pourquoi le blocus continental a-t-il échoué ?

Le blocus continental a échoué car les marchands britanniques ouvrirent de nouveaux marchés dans d'autres parties du monde et les industries continentales commencèrent à en subir les effets négatifs. Napoléon eut également du mal à forcer les nations européennes à se conformer au système, ce qui conduisit à ses invasions désastreuses de la péninsule ibérique et de la Russie.

Bibliographie

World History Encyclopedia est un associé d'Amazon et perçoit une commission sur les achats de livres sélectionnés.

Traducteur

Babeth Étiève-Cartwright
Babeth s'est consacrée à la traduction après avoir enseigné l'anglais au British Council de Milan. Elle parle couramment le français, l'anglais et l'italien et a 25 ans d'expérience dans le domaine de l'éducation. Elle aime voyager et découvrir l'histoire et le patrimoine d'autres cultures.

Auteur

Harrison W. Mark
Harrison Mark est diplômé de SUNY Oswego où il a étudié l'histoire et les sciences politiques.

Citer cette ressource

Style APA

Mark, H. W. (2023, août 03). Blocus Continental [Continental System]. (B. Étiève-Cartwright, Traducteur). World History Encyclopedia. Extrait de https://www.worldhistory.org/trans/fr/1-22110/blocus-continental/

Style Chicago

Mark, Harrison W.. "Blocus Continental." Traduit par Babeth Étiève-Cartwright. World History Encyclopedia. modifié le août 03, 2023. https://www.worldhistory.org/trans/fr/1-22110/blocus-continental/.

Style MLA

Mark, Harrison W.. "Blocus Continental." Traduit par Babeth Étiève-Cartwright. World History Encyclopedia. World History Encyclopedia, 03 août 2023. Web. 22 avril 2024.

Adhésion