Guerre de Quatre-Vingts Ans

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Définition

Joshua J. Mark
de , traduit par Babeth Étiève-Cartwright
publié le 07 juillet 2022
Disponible dans ces autres langues: anglais, chinois, néerlandais
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Spanish Attack on a Flemish village (by Peter Snayers, Public Domain)
Attaque espagnole contre un village flamand
Peter Snayers (Public Domain)

La guerre de Quatre-vingts ans (1568-1648, également connue sous le nom de révolte des Pays-Bas) fut un conflit militaire entre les dix-sept provinces des Pays-Bas et l'Espagne, qui les gouvernait alors, et qui débuta sous le règne du roi Philippe II d'Espagne (1556-1598). La paix fut conclue en 1648 avec l'établissement de la République néerlandaise.

Les résultats de la guerre furent les suivants :

  • Début de la fin de l'Empire espagnol
  • Indépendance du Portugal car l'Espagne perdit l'emprise sur ses colonies
  • Innovations dans le domaine de la guerre par les protestants néerlandais.
  • Indépendance des Pays-Bas/formation de la République néerlandaise ; les pays n'avaient pas besoin d'un monarque.
  • Les Pays-Bas devinrent une grande puissance européenne; colonisation des Amériques.

Les principales causes de la guerre étaient les politiques politiques et religieuses de Philippe II dans les Pays-Bas espagnols, en particulier les impôts élevés et la persécution des protestants. La Réforme protestante était arrivée aux Pays-Bas par l'intermédiaire des anabaptistes, puis des calvinistes, et dans les années 1560, les tensions entre protestants et catholiques étaient élevées et accrues ultérieurement par les guerres de religion françaises (1562-1598), qui avaient encouragé davantage de protestants à s'installer aux Pays-Bas.

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Lorsque le conflit armé commença, les forces de Philippe II étaient dirigées par Fernando Álvarez de Toledo, le 3e duc d'Albe (1507-1582), qui avait combattu pour la cause catholique sous Charles V, empereur romain germanique (r. de 1519 à 1556), lors de la guerre de Schmalkaldic (1546-1547). Le duc d'Albe prit le poste de gouverneur des Pays-Bas lorsque sa politique répressive de persécution religieuse poussa le gouverneur en place, Marguerite de Parme (1522-1586, fille illégitime de Charles Quint), à démissionner. Les politiques d'Alba furent contestées par le protestant Guillaume Ier d'Orange-Nassau dit le Taciturne (1533-1584, également connu sous le nom de Guillaume d'Orange, à ne pas confondre avec Guillaume III d'Angleterre, communément appelé Guillaume d'Orange) qui avait fui les persécutions du duc en 1568 et avait organisé la résistance qui déclencha la guerre la même année.

Bien que des problèmes politiques et sociaux aient contribué au conflit, celui-ci fut alimenté par l'intolérance religieuse.

Le conflit coûta la vie à des milliers de personnes, dont Guillaume, avant qu'une trêve ne soit conclue en 1609 (la trêve de douze ans). Les hostilités reprirent en 1621 sous le règne du fils de Philippe II - successeur de Philippe III, (r. de 1598 à 1621) - Philippe IV (r. de 1621 à 1665), qui adhéra à la politique de Gaspar de Guzmán, comte-duc d'Olivares (1587-1645), opposé aux gains importants réalisés pendant la trêve par l'homme d'État néerlandais Johan van Oldenbarnevelt (1547-1619). À cette époque, la guerre de Trente Ans (1618-1648) avait commencé, guerre qui finirait par entraîner toute l'Europe dans le conflit. La paix de Münster (janvier 1648) stipula l'indépendance des Pays-Bas, mais était totalement futile jusqu'à ce que qu'elle ne soit incluse dans la paix de Westphalie (octobre 1648), mettant ainsi fin à la guerre de Quatre-vingts ans et à la guerre de Trente Ans.

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Bien que des problèmes politiques et sociaux aient contribué à ces deux conflits, ils furent alimentés par l'intolérance religieuse, qui ne fut pas résolue par la paix finale. C'est pour cette raison que le conflit est aussi parfois appelé "les guerres de religion néerlandaises". Les divisions causées par la Réforme protestante (1517-1648) et la Contre-Réforme catholique (1545-c. 1700) se poursuivirent en Europe après les guerres, influençant la politique, les programmes politiques et d'autres conflits au 18e siècle.

Contexte

Charles V avait transmis le contrôle des Pays-Bas à son fils, Philippe II, en 1555, avant son abdication en 1556. Charles V était un membre de la puissante famille des Habsbourg, qui était un fervent défenseur du catholicisme. Charles V avait essayé de supprimer les "nouveaux enseignements" des protestants peu après que Martin Luther (1483-1546) les eut introduits dans le Saint Empire romain germanique en 1517 et, dans les années 1540, la Réforme s'était établie dans les Pays-Bas, d'abord par le biais des anabaptistes (initialement une secte dissidente de la vision réformée de Huldrych Zwingli, 1484-1531), puis des calvinistes (disciples de Jean Calvin, 1509-1564). Philippe II fut chargé non seulement de gouverner les Pays-Bas, mais aussi d'y éradiquer l'hérésie protestante.

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Philip II of Spain by Moro
Philippe II d'Espagne par Moro
Antonio Moro (Public Domain)

Philippe II ne s'intéressait pas particulièrement aux Pays-Bas, sauf en tant que source de revenus, et envoya sa demi-sœur Marguerite de Parme pour gouverner avec l'aide d'Emmanuel Philibert, duc de Savoie (1528-1580) et du cardinal Antoine Perrenot de Granvelle (1517-1586), entre autres. En 1556, Philippe II poursuivit l'"Édit de Sang" émis par Charles Quint en 1550, interdisant les écrits, les enseignements, les réunions et les services religieux protestants, stipulant entre autres que les hommes reconnus coupables d'hérésie devaient être passés par l'épée et les femmes enterrées vivantes, ou que les membres des deux sexes devaient être brûlés sur le bûcher et leurs biens confisqués. Granvelle dirigea l'Inquisition, qui fit appliquer l'édit de 1556 affiché sur des pancartes dans tous les Pays-Bas.

Les nobles hollandais s'opposèrent aux persécutions de Granvelle, y compris Guillaume le Taciturne qui, à l'époque (vers 1559), était catholique mais avait été élevé dans la religion luthérienne et soutenait la liberté religieuse. Philippe de Montmorency, comte de Horn (c. 1525-1568) et Lamoral, comte d'Egmont (1522-1568), entre autres, se joignirent à lui pour demander le rappel de Granvelle en Espagne, mais Marguerite de Parme les ignora car elle était chargée d'éliminer l'hérésie du calvinisme.

Entre 1556 et 1557, Philippe II préleva des impôts plus élevés sur les Pays-Bas pour financer ses guerres étrangères alors qu'il était au bord de la faillite. En 1559, Granvelle, toujours à la tête de l'Inquisition, réorganisa également les diocèses des Pays-Bas, dont il prit la tête, ce qui éloigna le pouvoir (et une richesse considérable) de la noblesse néerlandaise et le rapprocha de l'Espagne. Guillaume le Taciturne, en tant que stadtholder (administrateur) de Philippe II, affirma que Granvelle avait outrepassé son autorité et parvint à le faire rappeler en 1564. Avec Montmorency et Egmont, il fit ensuite pression sur Marguerite de Parme pour qu'elle suspende la persécution des protestants, qui avaient déjà envoyé la Confession de foi belge à Philippe II en 1562, espérant qu'une confession établie pourrait l'inciter à changer de politique.

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Marguerite accepta tout effort susceptible de mettre fin aux divisions religieuses, mais, en 1566, les calvinistes des Pays-Bas lancèrent leur Beeldenstorm ("tempête de statues"), également connue sous le nom de fureur iconoclaste, au cours de laquelle ils détruisirent des icônes, des œuvres d'art, des monastères et des églises catholiques. Marguerite fit appel à Guillaume le Taciturne pour régler le problème mais, avant qu'il ne puisse le faire, le duc d'Albe arriva sur ordre de Philippe II pour régler ce problème et d'autres. Les persécutions d'Albe contre les protestants furent si sévères que Marguerite de Parme démissionna et que Guillaume le Taciturne s'enfuit dans sa ville natale de Dillenburg, dans la région germanique du Saint Empire romain germanique, en 1568. Montmorency et Egmont restèrent et furent parmi les premiers à être exécutés pour hérésie la même année.

Iconoclasm in a Church
L'iconoclasme dans une église
 Dirck van Delen (Public Domain)

Albe établit son Conseil des Troubles (connu par les Néerlandais sous le nom de Conseil du Sang) pour éradiquer l'hérésie et établir l'ordre, tandis que Guillaume le Taciturne organisait la résistance à la domination espagnole à partir de Dillenburg, puis y retourna à la tête de ses troupes. Le 23 mai 1568, la bataille de Heiligerlee fut remportée par les troupes néerlandaises dirigées par les frères de Guillaume le Taciturne, Louis et Adolf de Nassau, ce qui marqua le début de la guerre de Quatre-vingts ans.

La guerre de 1568-1579

À cette époque, les guerres de religion françaises duraient depuis six ans, envoyant des réfugiés protestants dans les Pays-Bas, mais ils se heurtaient désormais à la politique de persécution d'Albe, ce qui poussa les protestants néerlandais et français à fuir ailleurs. L'expert Diarmaid MacCulloch note :

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Le châtiment infligé par Albe à la région fut à la hauteur des pires craintes inspirées par les années précédentes : il exécuta deux grands nobles en 1568, ainsi qu'un millier d'autres personnes, et l'armée espagnole se comporta comme une force d'occupation en territoire ennemi. Des milliers de personnes fuirent les Pays-Bas ; ce fut un moment très important pour les réformés, car leur communauté d'Anvers, le principal centre de culture et de recherche intellectuelle d'Europe du Nord, se dispersa dans toute l'Europe du Nord vers des refuges amis à Londres, à Emden et dans les territoires allemands. (312)

Albe envoya ses forces vers le sud, laissant les régions du nord sans grande protection, et défia Guillaume le Taciturne dans un certain nombre d'engagements, mais en 1572, Elisabeth Ire d'Angleterre (r. de 1558 à 1603) expulsa les Sea Beggars (ou Mendiants de la mer, des corsaires indépendants, connus sous le nom de Geuzen) de ses ports, et ils prirent facilement le port hollandais du nord de Brill (également donné comme Brielle) et ensuite celui de Vlissingen, établissant des bases protestantes et encourageant d'autres villes du nord à déclarer leur soutien à Guillaume le Taciturne.

Les Sea Beggars devinrent alors une présence militaire efficace, défaisant les flottes espagnoles tout au long de 1573 et en 1574. À ce moment-là, la guerre se déroulant contre l'Espagne (qui commençait à manquer d'argent pour la financer), Albe fut rappelé et remplacé par Luis de Requesens y Zúñiga (1528-1576) en tant que gouverneur. Requesens abolit le Conseil des Troubles et négocia avec Guillaume le Taciturne et les autres chefs protestants pour mettre fin aux hostilités, mais, comme Philippe II refusa de faire des compromis sur ce qu'il considérait une hérésie et que les protestants rejetèrent la stipulation selon laquelle le catholicisme devait être universellement rétabli dans les Pays-Bas, aucune paix ne fut possible.

Battle between Dutch and Spanish Ships on the Haarlemmermeer, 26 May 1573
Bataille entre des navires néerlandais et espagnols sur le Haarlemmermeer, le 26 mai 1573
Hendrik Cornelisz Vroom (Public Domain)

Requesens mourut au début de l'année 1576 et fut remplacé par Jean d'Autriche (1547-1578), demi-frère de Philippe II, qui arriva après l'officialisation de la Pacification de Gand en novembre. La Pacification de Gand, officialisée en réponse à la mutinerie des troupes mercenaires espagnoles qui n'avaient pas été payées depuis deux ans et qui avaient commencé à mettre des villes à sac (la Furie espagnole), entraîna leur retrait des Pays-Bas et faillit établir la paix, mais aucun accord sur la liberté de religion ne put être conclu et les hostilités continuèrent.

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Jean d'Autriche infligea un certain nombre de défaites dévastatrices aux protestants avant de mourir de maladie en 1578. Il fut remplacé par Alexandre Farnèse, duc de Parme (1545-1592), qui fut un chef militaire aussi efficace que l'avaient été Albe et Jean d'Autriche. Ses victoires se situèrent principalement dans le sud, cependant, et en 1579, l'Union d'Utrecht fut signée, établissant les provinces septentrionales unies des Pays-Bas comme indépendantes de l'Espagne, y compris la Flandre, la Frise, la Hollande, Utrecht et la Zélande, entre autres, ce qui incita le traité d'Arras (formant l'Union d'Arras) dans le sud, alliant les provinces comprenant l'Artois et le Hainaut avec Parme et la cause catholique.

Le duc d'Anjou et la mort de Guillaume

Les tentatives de réconciliation entre les parties des unions d'Utrecht et d'Arras échouèrent lamentablement, aucun compromis sur la religion ne pouvant être envisagé. Guillaume le Taciturne, à la recherche d'un monarque capable de remplacer Philippe II, invita François, duc d'Anjou et d'Alençon (1555-1584), qui s'était battu pour les protestants dans les guerres de religion françaises, à devenir monarque des Pays-Bas, et il arriva en 1582. François était le plus jeune fils de Catherine de Médicis (1519-1589) et avait été constamment mis à l'écart par ses frères et sœurs aînés. Se trouvant plus ou moins dans la même situation dans les Pays-Bas, où Guillaume le Taciturne et les États généraux avaient plus de pouvoir que lui, il mena ses troupes à l'attaque d'Anvers en 1583, où elles tombèrent dans une embuscade et furent massacrées (la "Furie française"). François rentra alors en France en disgrâce et Guillaume le Taciturne perdit un prestige considérable.

William the Silent
Guillaume le Taciturne
Fred Romero (CC BY)

Philippe II plaça une prime sur sa tête, ce qui encouragea le catholique pro-espagnol Balthasar Gerard à l'assassiner en juillet 1584. Gerhard fut alors torturé à mort mais devint un martyr pour les catholiques comme Guillaume le fut pour les protestants. Les États généraux proposèrent alors la couronne à Élisabeth Ire, mais celle-ci refusa, offrant à la place un protectorat et envoyant une aide militaire. Maurice d'Orange (1567-1625), le fils de Guillaume, prit la tête du mouvement, initialement soutenu par Johan van Oldenbarnevelt et d'autres.

À cette époque, les forces de Parme étaient distraites par les guerres en France, ce qui donna à Maurice l'occasion de réformer ses armées, en mettant en place de nouvelles stratégies et une nouvelle discipline. S'inspirant des tactiques et des formations militaires de l'ancienne armée romaine, Maurice reconfigura les unités militaires et établit la tactique du tir de volée continu et de la contremarche dans laquelle une rangée d'infanterie déchargeait ses armes, se séparait de chaque côté et se dirigeait vers l'arrière de la formation tout en rechargeant, tandis que la deuxième rangée tirait et faisait de même. Les innovations de Maurice sont considérées comme établissant le paradigme de la guerre moderne développé plus tard par Gustavus Adolphus de Suède (1594-1632) lors de la guerre de Trente Ans.

Philippe II mourut en 1598 et Philippe III lui succéda. Il poursuivit sa politique, mais les armées néerlandaises étaient désormais mieux entraînées et donc plus efficaces. L'Espagne avait subi un coup dur avec la perte de l'Armada espagnole en 1588 lors de son invasion de l'Angleterre et, dans le même temps, les provinces unies du Nord s'étaient établies plus solidement et étaient en mesure d'envoyer des flottes navales pour attaquer les intérêts espagnols, détournant ainsi les ressources et la main-d'œuvre des efforts de l'Espagne dans les Pays-Bas. La guerre entre les Pays-Bas et les Portugais (1602-1663, également connue sous le nom de guerre des épices) détourna encore plus l'attention de l'Espagne, qui tenta de conserver ses colonies. Malgré cela, les deux camps investirent dans le recrutement de troupes et la construction de forts, ce qui épuisa leurs fonds, et la guerre marqua le pas pour prendre fin, de façon temporaire, sous le nom de "trêve de douze ans".

La trêve de douze ans et la guerre de Trente Ans

La trêve fut en grande partie l'œuvre de l'homme d'État Johan van Oldenbarnevelt de Hollande (probablement plus connu comme le fondateur de la Compagnie néerlandaise des Indes orientales en 1602), ignorant les objections de Maurice d'Orange, qui était convaincu de pouvoir gagner la guerre. Une fois la trêve conclue, et les protestants néerlandais n'ayant plus à se soucier de combattre les Espagnols, ils se retournèrent les uns contre les autres, les factions libérales et conservatrices tentant d'obtenir un plus grand pouvoir politique. Partisan de la tolérance religieuse, Oldenbarnevelt négocia le démantèlement de la milice armée qui soutenait les éléments les plus radicaux et conservateurs des États généraux, et sous sa direction, la Hollande déclara son indépendance. Il fut ensuite arrêté sur ordre des conservateurs (soutenus par Maurice), avec ses partisans, et fut exécuté.

Cependant, pendant la trêve de douze ans, Oldenbarnevelt établit fermement la Hollande comme un État puissant au sein de la République néerlandaise. La guerre de Trente Ans débuta en 1618 lorsque Ferdinand II (1578-1637) fut déposé comme roi de Bohême et que la République néerlandaise soutint son successeur Frédéric V (1596-1632) par des armes et des ressources. L'intervention néerlandaise en Bohême marqua la première entrée d'une puissance étrangère dans ce qui était initialement une guerre civile et qui allait finalement impliquer toute l'Europe.

Philippe III d'Espagne mourut en 1621 et Philippe IV lui succéda. Il s'appuya sur les conseils de son premier ministre Gaspar de Guzmán. Guzmán s'opposait à l'évolution de la situation dans les Pays-Bas pendant la trêve et, en particulier, à l'augmentation des échanges commerciaux néerlandais aux dépens de l'Espagne. Les hostilités reprirent en 1621 après l'établissement des embargos espagnols, à la suggestion de Guzmán, interrompant la navigation et faisant baisser l'économie néerlandaise.

Maurice d'Orange mourut en 1625 et son demi-frère Frederic-Henri, prince d'Orange (1584-1647) lui succéda. Frédéric-Henri refusa de se laisser entraîner dans les jeux politiques des différentes factions religieuses et politiques et parvint à relancer l'économie néerlandaise tout en encourageant les initiatives lancées sous Maurice, comme la création de la Compagnie néerlandaise des Indes occidentales (fondée en 1621 et qui jouerait un rôle déterminant dans la fondation des Nouveaux Pays-Bas en Amérique du Nord) et de la Compagnie néerlandaise des Indes orientales, qui fournirent toutes deux des revenus vitaux à la République néerlandaise grâce à la traite transatlantique des esclaves, au commerce des marchandises et aux corsaires. En 1628, l'Espagne était désormais impliquée dans la guerre de Trente Ans, ce qui détourna les ressources des Pays-Bas et permit à Frédéric-Henri de remporter une victoire décisive en 1632.

Afin de mettre fin à la guerre, Frédéric-Henri garantit la liberté de pratiquer la foi catholique dans tous les territoires conquis, mais les pourparlers traînèrent en longueur car les délégués refusèrent de faire des compromis sur divers points - dont cette même question de la tolérance religieuse - et l'Espagne put reformer ses forces et reprendre la guerre. En 1635, la France s'allia aux Neerlandais contre l'Espagne, ce qui entraîna les Français dans la guerre de Trente Ans également, et les hostilités se poursuivirent jusqu'en 1648, lorsque les deux guerres furent conclues par la paix de Westphalie.

Conclusion

La guerre de Quatre-vingts ans se termina par la reconnaissance de la République néerlandaise indépendante des sept districts du nord de la part de l'Espagne et du contrôle espagnol des Pays-Bas du sud de la part de la République néerlandaise. Le traité de Münster (paix de Münster) avait plus ou moins déjà conclu cela en janvier 1648, mais des stipulations et divers détails furent ajoutés aux documents, qui finirent par être acceptés en octobre 1648, mettant fin à deux des conflits les plus longs et les plus coûteux de l'histoire européenne. On estime que la guerre de Quatre-vingts ans coûta entre 100 000 et 500 000 vies, tandis que le bilan de la guerre de Trente Ans a été évalué à environ 8 millions de morts.

The Ratification of the Treaty of Münster
La ratification du traité de Münster
Gerard ter Borch (Public Domain)

La guerre de Quatre-vingts ans brisa le pouvoir de l'Espagne dans les Pays-Bas et divisa la région en ce qui est devenu les Pays-Bas au nord et les pays de Belgique et de Luxembourg au sud. La création des compagnies néerlandaises des Indes orientales et des Indes occidentales plaça les Pays-Bas parmi les principales puissances européennes du XVIIe siècle, et ils participèrent à la traite transatlantique des esclaves, aux échanges commerciaux et à la colonisation des Amériques, de l'Afrique occidentale et des Caraïbes, entre autres.

L'héritage final de la guerre continue de faire l'objet de débats, car tout ce qui a pu être accompli de positif doit être évalué au regard des énormes pertes de vies humaines - avant, pendant et après - et les destructions massives causées par des personnes peu disposées à faire des compromis ou simplement à laisser les autres tranquilles. Que ce soit dans le cas des rois Habsbourg d'Espagne et des Pays-Bas en général, ou entre les protestants et les catholiques, une secte protestante contre une autre, ou des divisions au sein d'une même secte, il y eut de multiples moments au cours du siècle de conflit où la paix aurait pu être possible sans la diabolisation, par toutes les parties concernées, de ceux qui avaient des croyances et des valeurs différentes.

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Questions & Réponses

Qu'est-ce que la guerre de quatre-vingts ans ?

La guerre de Quatre-vingts ans (également connue sous le nom de révolte néerlandaise, guerre d'indépendance néerlandaise et guerres de religion néerlandaises) était un conflit entre les Pays-Bas et l'Espagne pour l'indépendance néerlandaise et la liberté de religion.

Quand a eu lieu la guerre de quatre-vingts ans ?

La guerre de quatre-vingts ans s'est déroulée de 1568 à 1648 avec une trêve de douze ans de 1609 à 1621.

Qui a gagné la guerre de quatre-vingts ans ?

Les provinces néerlandaises du nord ont gagné leur indépendance et sont devenues la République néerlandaise, tandis que les provinces du sud sont restées sous contrôle espagnol. D'une manière générale, les Néerlandais n'ont remporté une victoire limitée que dans le nord.

Quels furent certains des résultats de la guerre de quatre-vingts ans ?

La guerre de quatre-vingts ans a abouti à l'établissement de la République néerlandaise, au début de la fin de l'empire espagnol, à la fondation des compagnies néerlandaises des Indes orientales et des Indes occidentales, qui encourageraient le colonialisme néerlandais, les innovations en matière de guerre et l'accroissement du commerce.

Traducteur

Babeth Étiève-Cartwright
Babeth s'est consacrée à la traduction après avoir enseigné l'anglais au British Council de Milan. Elle parle couramment le français, l'anglais et l'italien et a 25 ans d'expérience dans le domaine de l'éducation. Elle aime voyager et découvrir l'histoire et le patrimoine d'autres cultures.

Auteur

Joshua J. Mark
Auteur indépendant et ex-Professeur de Philosophie à temps partiel au Marist College de New York, Joshua J. Mark a vécu en Grèce et en Allemagne, et a voyagé à travers l'Égypte. Il a enseigné l'histoire, l'écriture, la littérature et la philosophie au niveau universitaire.

Citer cette ressource

Style APA

Mark, J. J. (2022, juillet 07). Guerre de Quatre-Vingts Ans [Eighty Years' War]. (B. Étiève-Cartwright, Traducteur). World History Encyclopedia. Extrait de https://www.worldhistory.org/trans/fr/1-20908/guerre-de-quatre-vingts-ans/

Style Chicago

Mark, Joshua J.. "Guerre de Quatre-Vingts Ans." Traduit par Babeth Étiève-Cartwright. World History Encyclopedia. modifié le juillet 07, 2022. https://www.worldhistory.org/trans/fr/1-20908/guerre-de-quatre-vingts-ans/.

Style MLA

Mark, Joshua J.. "Guerre de Quatre-Vingts Ans." Traduit par Babeth Étiève-Cartwright. World History Encyclopedia. World History Encyclopedia, 07 juil. 2022. Web. 22 juil. 2024.

Adhésion