Jean Calvin

Définition

Joshua J. Mark
de , traduit par Babeth Étiève-Cartwright
publié le 16 mars 2022
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Disponible dans ces autres langues: anglais, espagnol
John Calvin (by Unknown Artist, Public Domain)
Jean Calvin
Unknown Artist (Public Domain)

Jean Calvin (1509-1564) était un réformateur, pasteur et théologien français considéré comme l'un des plus grands de la Réforme protestante avec Martin Luther (1483-1546) et Ulrich Zwingli (1484-1531). Calvin synthétisa les différentes opinions des sectes protestantes avec les siennes dans son Institution de la religion chrétienne, considérée comme l'une des œuvres les plus importantes de la théologie protestante.

Calvin est reconnu comme l'un des réformateurs les plus influents car l'Institution de la religion chrétienne systématisa la vision protestante en s'inspirant des croyances des différentes sectes établies par Luther, Zwingli et d'autres. Après la mort de Zwingli en 1531, Heinrich Bullinger (1504-1575) prit la tête de l'Église réformée et fit office de passerelle entre le mouvement de Zwingli et Calvin, tandis que, dans le même temps, Calvin était directement influencé par Luther et Philippe Mélanchthon (1497-1560) ainsi que par les réformateurs Guillaume Farel (1489-1565) et Martin Bucer (1491-1551). Le résultat fut une vision globale des premières expressions du christianisme protestant, clairement synthétisée par Calvin et clarifiée par sa propre théologie.

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Bien que Calvin soit plus connu aujourd'hui, Bullinger était en fait plus populaire et plus influent à son époque et contribua à un certain nombre de concepts associés aux travaux ultérieurs de Calvin, notamment la théologie de l'alliance, tandis que le concept de prédestination, également étroitement associé à Calvin, fut en fait suggéré pour la première fois par Luther. Néanmoins, c'est Calvin qui finirait par devenir le plus influent, au point que les protestants sont souvent appelés calvinistes. Les calvinistes d'Angleterre sont devenus les séparatistes qui s'opposèrent à l'Église anglicane et apportèrent le calvinisme de l'autre côté de l'océan Atlantique, établissant la colonie de Plymouth en 1621. Par la suite, le calvinisme devint la doctrine chrétienne dominante de la Nouvelle-Angleterre en Amérique du Nord et continua d'exercer une influence importante pendant les premières années des États-Unis et même de nos jours.

Vie, éducation et conversion

Calvin vit le jour à Noyon, en Picardie, dans le Royaume de France, le 10 juillet 1509 et reçut le nom de Jehan Cauvin. Son père, Gérard Cauvin, était notaire au tribunal ecclésiastique et sa mère, Jeanne le Franc, décéda quelque temps avant que Calvin n'ait douze ans. Il avait au moins trois frères, que Gérard encouragea tous à étudier pour la prêtrise. À 12 ans, Calvin reçut un bénéfice (allocation) pour étudier à Paris (comme son frère aîné) et apprit le latin avant de s'inscrire au Collège de Montaigu pour étudier la philosophie.

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Calvin obtint sa licence de droit en 1532, mais commença alors à se désintéresser du droit et était de plus en plus attiré par la théologie.

Vers 1525, Gérard se brouilla avec la cathédrale de Noyon et découragea Calvin de poursuivre ses études ecclésiastiques, l'inscrivant à l'université d'Orléans comme étudiant en droit. Au cours de ses études, il fut initié aux concepts du théologien, érudit et philosophe humaniste Didier Érasme (1466-1536) ainsi qu'à ceux d'autres penseurs et écrivains humanistes, dont le juriste Andrea Alciato (alias André Alciat 1492-1550), fondateur de l'école juridique humaniste française.

L'humanisme mettait l'accent sur les droits et les responsabilités de l'individu et se concentrait sur le présent, contrairement aux enseignements de l'Église qui mettaient l'accent sur le divin et l'au-delà. Bien qu'Érasme soit toujours resté membre de l'Église catholique, il encourageait la vision humaniste qui incluait l'immersion dans les classiques de la littérature grecque et romaine. Calvin obtint sa licence de droit en 1532, mais commença ensuite à se désintéresser du droit et fut de plus en plus attiré par la théologie. Il s'installa à Paris pour poursuivre son étude des œuvres latines, grecques et classiques. Il semble avoir appliqué des concepts humanistes aux enseignements de l'Église, ce qui provoqua peut-être la crise spirituelle qu'il déclara plus tard avoir vécue avant sa conversion aux croyances protestantes. L'expert Mack P. Holt commente :

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À un moment donné [en 1533], Calvin se convertit à la Réforme et quitte l'Église catholique. Les détails de sa conversion sont rares, car Calvin n'a choisi de la commenter que très brièvement, longtemps après l'événement en question. En même temps, il abandonne toute idée de pratiquer le droit pour le reste de sa vie et se tourne vers la théologie, mais pas la théologie scolastique de l'église médiévale. (Rublack, 217)

Bien que Holt donne l'année 1533, il se peut que ce soit 1530 ou même plus tôt. Les enseignements de Luther avaient été traduits et étaient parvenus jusqu'à Paris en 1521 lorsqu'ils furent dénoncés comme hérétiques et que ses livres furent brûlés. C'est peut-être à cette époque que Calvin lut Luther pour la première fois, mais cela n'est pas clair. Calvin choisit de concentrer ses écrits presque entièrement sur le christianisme, sans fournir beaucoup d'informations biographiques.

Il semble avoir traversé une crise existentielle au cours de laquelle il remit en question la valeur de tout ce qu'il avait fait jusque-là dans sa vie, ainsi que la véracité de la vision de l'Église. En 1533, Nicolas Cop (1501-1540), ami proche de Calvin, prononça un discours inaugural à l'Université de Paris prônant la réforme et fut accusé de l'hérésie du luthéranisme. Calvin semble avoir été impliqué lui aussi et s'enfuit à Bâle, en Suisse, pour éviter les persécutions.

Strasbourg et Genève

L'argument central de Luther est que les Écritures sont la seule source de vérité et qu'un individu est justifié par la foi en Dieu seul, et non par les œuvres ou les enseignements de l'Église catholique. Calvin réagit à ce message pendant son séjour à Bâle en rédigeant la première version de l'ouvrage Institution de la religion chrétienne (qu'il révisera plusieurs fois au cours de sa vie), qui développe la vision de Luther tout en contredisant un certain nombre de ses affirmations. Il publie l'ouvrage en 1536 avant de partir pour l'Italie, puis de revenir en France où il constate que les forces pro-catholiques dominent le paysage spirituel et que les enseignements protestants sont malvenus.

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Il quitte Paris pour Strasbourg mais est détourné vers Genève où il ne prévoit de rester qu'une nuit. Le réformateur français Guillaume Farel, qui tentait de faire avancer la Réforme dans la ville, le convainquit que Dieu l'avait appelé là pour l'aider dans son travail, et Calvin accepta de rester. Holt écrit :

Bien que Calvin soit complètement autodidacte en théologie et qu'il n'ait reçu aucune formation ecclésiastique formelle, Farel le fait nommer "conférencier en Écriture Sainte" à Genève. Pour être juste, l'éducation humaniste de Calvin ainsi que ses études bibliques à Paris lui avaient donné une base très solide pour ses idées théologiques. Et il ne fait aucun doute que Farel et Bucer, ses mentors plus âgés, considéraient le jeune Calvin comme leur supérieur en termes de connaissance des Écritures. (Rublack, 217)

Farel et Calvin firent tout d'abord des progrès considérables à Genève, mais leur insistance à vouloir faire les choses à leur manière, sans compromis, conduisit le conseil municipal à leur demander de quitter la ville en 1538. Le réformateur Martin Bucer l'invita à venir prêcher à Strasbourg où il devint pasteur d'une église de réfugiés protestants français. À Strasbourg, il révisa son Institution de la religion chrétienne, passant de 6 à 17 chapitres, écrivit son premier commentaire biblique sur le livre des Romains (il écrira par la suite sur presque tous les livres de la Bible) et donna des conférences à l'académie tous les jours tout en prêchant deux sermons chaque dimanche.

William Farel
Guillaume Farel
Unknown Artist (Public Domain)

En 1540, il épousa la veuve Idelette de Bure (1500-1549), qui avait deux enfants de son précédent mariage. Idelette soutenait le ministère de Calvin, et leur mariage fut heureux. Le séjour de Calvin à Strasbourg fut une période importante dans la formation de ses opinions, car il fut directement influencé par Bucer sur la façon dont le christianisme devrait être pratiqué au lieu de mettre l'accent sur les détails de la théologie. Au lieu de l'abstrait, Bucer se concentrait sur l'application pratique des enseignements de Jésus-Christ dans la vie quotidienne des gens. L'accent mis par Bucer sur la "réforme des laïcs" apparaît clairement dans les œuvres de Calvin, tout comme l'influence de Bullinger, avec qui Calvin avait commencé à correspondre.

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En 1541, Genève fit savoir qu'elle souhaitait le retour de Calvin, car l'élan de la Réforme s'était essoufflé et la fréquentation des églises était en baisse. Calvin refusa mais, après avoir reçu la promesse qu'il ne s'agissait que d'une réaffectation temporaire de six mois, il céda et retourna à Genève avec sa femme et sa famille. Idelette mourut de maladie en 1549, et Calvin ne se remariera jamais. Il restera à Genève jusqu'à la fin de sa vie, publiera ses principaux commentaires, révisera son Institution, sera connu comme le défenseur du christianisme et développera pleinement la théologie qui sera connue sous le nom de calvinisme.

Les cinq points du calvinisme (TULIP)

Calvin affirmait que Dieu était la source et le sens de la vie d'une personne, car personne ne peut exister à partir de rien. Dieu avait fourni aux gens les moyens de connaître cette vérité, et il n'y avait pas besoin des mesures intermédiaires de l'Église catholique, car tout ce dont on avait besoin était l'Écriture et la foi personnelle pour communier directement avec le divin. Au chapitre 1.1 de son Institution, il écrit :

Toute la somme presque de nostre sagesse, laquelle, à tout conter, mérite d'estre réputée vraye et entière sagesse, est située en deux parties : c'est qu'en cognoissant Dieu, chacun de nous aussi se cognoisse. Au reste, combien qu'elles soyent unies l'une à l'autre par beaucoup de liens, si n'est-il pas toutesfois aisé à discerner laquelle va devant et produit l'autre. Car en premier lieu, nul ne se peut contempler, qu'incontinent il ne tourne ses sens au regard de Dieu, auquel il vit et a sa vigueur : pource qu'il n'est pas obscur que les dons où gist toute nostre dignité ne sont nullement de nous-mesmes, que nos forces et fermeté ne sont autre chose que de subsister et estre appuyez en Dieu. D'avantage, par les biens qui distillent du ciel sur nous goutte à goutte, nous sommes conduits comme parpetis ruisseaux à la fontaine. Pareillement de ceste petite et maigre portion, l'infinité de tous biens qui réside en Dieu apparoist tant mieux : singulièrement ceste malheureuse ruine en laquelle nous sommes trébuschez par la révolte du premier homme, nous contraint de lever les yeux en haut, non-seulement pour désirer de là les biens qui nous défaillent, comme povres gens i vuides et affamez, mais aussi pour estre esveillez de crainte, et par ce moyen apprendre que c'est d'humililé. Car comme on trouve en l'homme un monde de toutes misères, depuis que nous avons esté despouillez des ornemens du ciel, nostre nudité descouvre avec grand'honte un si grand las de tout opprobre, que nous en sommes tous confus : d'autre costé, il est nécessaire que la conscience nous poingne en particulier de nostre mal-heureté : pour approcher au moins à quelque cognoissance de Dieu.

Dans ce passage et dans d'autres, Calvin pourrait sembler suggérer que tous les gens sont capables de reconnaître leur nature pécheresse et de se tourner vers Dieu dans la repentance pour obtenir le salut, mais en réalité, il croyait seulement que ceux qui étaient appelés par Dieu à se repentir étaient élus par Lui pour être sauvés. Les cinq points du calvinisme ont été popularisés dans l'ère moderne par l'acronyme anglais TULIP qui signifie :

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  • La dépravation totale (Total depravity)
  • L'élection inconditionnelle (Unconditional election)
  • Expiation limitée (Limited atonement)
  • La grâce irrésistible (Irresistible grace)
  • La persévérance des saints (Perseverance of Saints)

Il convient de noter que Calvin lui n'a jamais utilisé TULIP, c'est un moyen mnémotechnique moderne, mais les concepts proviennent de Calvin et informent les enseignements calvinistes. La dépravation totale insiste sur le caractère intrinsèquement pécheur des êtres humains qui sont incapables de se tourner vers Dieu par eux-mêmes car, après qu'Adam et Ève sont tombés en disgrâce dans le jardin d'Éden, le péché est entré dans le monde et régit tous les aspects de la vie d'un individu.

L'élection inconditionnelle soutient que seules les personnes choisies par Dieu peuvent être sauvées, car toute l'humanité est spirituellement morte dans le péché et ne peut être réveillée à la vie que par la volonté de Dieu, et non par la sienne. On est prédestiné par Dieu au salut ou à la damnation, et on ne peut rien faire pour changer cela. Cela étant, l'expiation limitée signifie que tout le monde ne sera pas sauvé, mais seulement ceux que Dieu a choisis, et la grâce irrésistible fait référence à la puissance du Saint-Esprit, qui illumine les élus avec tant de force qu'ils n'ont d'autre choix que d'embrasser une relation avec Dieu.

La persévérance des saints fait en fait référence à la persévérance de Dieu, et non à celle des élus, pour maintenir ceux qui sont sauvés. Une fois que quelqu'un a été appelé par Dieu, il ne peut pas perdre son salut, quel que soit son comportement, car ce n'est pas l'esprit individuel à l'œuvre dans une personne qui lui fait gagner le salut, mais un don que Dieu a choisi de lui accorder et qu'il ne peut pas annuler.

Libertins et Michel Servet

Ce don forme un contrat entre l'humanité et Dieu - une alliance - que les gens sont obligés de respecter, un concept connu sous le nom de théologie de l'alliance, développé pour la première fois par Bullinger. Puisqu'il n'y avait rien à faire pour gagner le salut, tout ce que l'on pouvait faire était de vivre une vie reflétant la gratitude pour ce don à travers ses œuvres. Ce que l'on fait ou ne fait pas n'a rien à voir avec le salut ; les œuvres sont simplement la manière dont on honore le don de Dieu et, en menant une vie pieuse, on annonce son salut, même si l'on ne peut pas savoir si l'on sera effectivement sauvé.

L'affirmation de Calvin selon laquelle le salut ne pouvait être perdu donna naissance au mouvement qu'il appelait les libertins.

Cependant, tout le monde ne comprenait pas la persévérance des saints de la même manière. L'affirmation de Calvin selon laquelle le salut ne pouvait être perdu donna naissance au mouvement qu'il appelait les libertins. Ce mouvement était dirigé par des citoyens de la ville, issus de la classe supérieure et puissants, qui prétendaient que, puisqu'ils étaient sauvés par la grâce de Dieu, ils pouvaient faire ce qu'ils voulaient sans craindre de conséquences civiles ou ecclésiastiques. Lorsque Calvin les censure, ils l'accusèrent de faux enseignement, et lorsqu'il présenta sa démission, ils refusèrent parce qu'ils pensaient pouvoir mieux le contrôler dans sa position actuelle, et ils n'avaient pas le soutien nécessaire pour le bannir de la ville. Calvin lutta avec l'opposition libertine pendant un certain temps sur des questions politiques et ecclésiastiques jusqu'à ce qu'un événement inattendu les réunisse.

La persécution du polymathe espagnol Michel Servet (c. 1509-1553), un érudit qui avait correspondu avec Calvin et qui avait sévèrement critiqué l'Institution de la religion chrétienne, au grand dam de Calvin, permit à Calvin de renverser la situation. Servet avait été condamné comme hérétique en France pour avoir nié la trinité chrétienne et rejeté le baptême des enfants et fuyait vers l'Italie lorsqu'il s'arrêta à Genève et se rendit au temple où prêchait Calvin. Il fut arrêté et emprisonné, et par la suite, les libertins et Calvin s'unirent pour le condamner. Servet fut brûlé sur le bûcher à Genève en octobre 1553.

Michael Servetus
Michel Servet
Christian Fritzsch (Public Domain)

Le rôle de Calvin dans l'affaire Servet l'éleva au rang de "défenseur de la foi" et lui valut un plus grand soutien de la part du conseil municipal. Lorsque plusieurs candidats de la faction de Calvin furent élus au conseil en 1555, les libertins perdirent leur pouvoir politique. Après avoir organisé une résistance, que les autorités civiles interprétèrent comme une tentative de coup d'État, ils furent dénoncés et bannis. Calvin soutint la proposition d'exécuter tous ceux qui étaient restés à Genève, et devint ensuite l'autorité incontestée sur les questions ecclésiastiques, qui, à cette époque, influençaient les affaires civiles. De 1555 à sa mort en 1564, Calvin fut le personnage politique et religieux le plus puissant de Genève et le plus connu de tous les premiers réformateurs.

Conclusion

Calvin mourut de maladie à l'âge de 54 ans, le 27 mai 1564. Conformément à ses dernières volontés, il fut enterré dans une tombe non marquée afin d'éviter que ses disciples ne fassent de sa tombe un lieu de pèlerinage, car Calvin estimait que cela encouragerait l'idolâtrie. Après sa mort, ses œuvres, déjà traduites dans la langue vernaculaire de nombreux pays, se répandirent et gagnèrent en popularité. De son vivant, les œuvres de Bullinger étaient plus populaires en Angleterre, mais cela changea, car la vision de Calvin, grâce à Luther, Melanchthon, Bullinger, Bucer et d'autres, fut considérée comme l'expression la plus complète de la vision protestante.

Reformation Wall
Mur des réformateurs, Genève
Henri Bouchard and Paul Landowski  (CC BY-SA)

De Genève, le calvinisme se répandit aux Pays-Bas, en France, en Angleterre, en Italie et en Écosse, où il fut défendu et développé par John Knox (c. 1514-1572). En Angleterre, les calvinistes prônaient l'utilisation de la Bible de Genève, publiée en 1560 à Genève sous l'autorité de Calvin. Après la mort de Calvin, le leadership passa au théologien et érudit français Théodore de Bèze (1519-1605), qui maintint, entre autres aspects du calvinisme, l'affirmation de Calvin selon laquelle la Bible de Genève était la traduction la plus exacte. Comme l'ouvrage avait été achevé et approuvé sous l'autorité de Calvin, il soutenait naturellement sa théologie. La croyance dans le calvinisme et dans la Bible de Genève comme véritable expression du christianisme encouragea la dissidence religieuse des puritains et des séparatistes d'Angleterre avant même que la Bible de Genève ne soit traduite en anglais en 1576.

Les dissidents rejetaient les principes de l'Église anglicane et la Bible du roi Jacques de 1611, affirmant que, tout comme l'Église catholique, il s'agissait d'artifices humains qui séparaient le croyant de la communion directe avec Dieu. Les séparatistes finiront par emporter la Bible de Genève en Amérique du Nord en 1621, créant ainsi la colonie de Plymouth et ouvrant le pays à l'immigration d'autres puritains et séparatistes qui adhéraient également à la théologie de Calvin. De 1621 à 1700 environ, le calvinisme était la norme à laquelle le "vrai christianisme" était mesuré dans le soi-disant Nouveau Monde, et même les sectes qui rejetaient la doctrine calviniste continuaient à être influencées par sa vision, tout comme elles le sont à l'époque moderne dans leur acceptation ou leur rejet des principes calvinistes.

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Questions et réponses

Qui était Jean Calvin

Jean Calvin (1509-1564) était un théologien protestant qui systématisa la vision protestante et établit ses principes.

Pourquoi Jean Calvin est-il si important ?

Jean Calvin est important parce qu'il rassembla les croyances des différentes sectes protestantes et les harmonisa dans son ouvrage le plus connu, l'Institution de la religion chrétienne.

Que signifie TULIP dans le calvinisme ?

TULIP est un acronyme moderne et un moyen mnémotechnique concernant les cinq points du calvinisme. Il signifie : dépravation totale, élection inconditionnelle, expiation limitée, grâce irrésistible et persévérance des saints.

Jean Calvin s'était-il marié ?

Jean Calvin était marié à la veuve Idelette de Bure (1500-1549), qui avait deux enfants de son premier mariage. Il eut le cœur brisé à son décès et ne se remaria jamais.

Comment est mort John Calvin ?

Jean Calvin est mort de maladie à l'âge de 54 ans en 1564.

Traducteur

Babeth Étiève-Cartwright
Babeth a enseigné l’anglais au British Council de Milan. Elle parle couramment le français, l’anglais et l’italien et a 25 ans d’expérience dans le domaine de l’éducation. Elle aime voyager et découvrir la langue, l’histoire et le patrimoine culturel des différents pays qu'elle visite.

Auteur

Joshua J. Mark
Auteur indépendant et ex-Professeur de Philosophie à temps partiel au Marist College de New York, Joshua J. Mark a vécu en Grèce et en Allemagne, et a voyagé à travers l'Égypte. Il a enseigné l'histoire, l'écriture, la littérature et la philosophie au niveau universitaire.

Citer cette ressource

Style APA

Mark, J. J. (2022, mars 16). Jean Calvin [John Calvin]. (B. Étiève-Cartwright, Traducteur). World History Encyclopedia. Extrait de https://www.worldhistory.org/trans/fr/1-20202/jean-calvin/

Style Chicago

Mark, Joshua J.. "Jean Calvin." Traduit par Babeth Étiève-Cartwright. World History Encyclopedia. modifié le mars 16, 2022. https://www.worldhistory.org/trans/fr/1-20202/jean-calvin/.

Style MLA

Mark, Joshua J.. "Jean Calvin." Traduit par Babeth Étiève-Cartwright. World History Encyclopedia. World History Encyclopedia, 16 mars 2022. Web. 05 juil. 2022.

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