Vortigern

Définition

Joshua J. Mark
de , traduit par Yves Palisse
publié le 23 mai 2017
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Disponible dans ces autres langues: anglais
Vortigern & Merlin (by PKM, Public Domain)
Vortigern et Merlin
PKM (Public Domain)

Vortigern était un souverain de l'île de Bretagne du Ve siècle, principalement connu pour avoir invité les Saxons en Bretagne dans le but de mettre un terme aux incursions des Pictes et des Scots et ainsi les empêcher de prendre le contrôle du pays. Vortigern est un titre, et non un prénom, qui signifie 'grand chef' ou 'seigneur suprême'. Le nom réel de Vortigern ne nous est pas parvenu, tout comme de nombreux détails sur sa vie.

Les récits qui retracent son histoire sont suffisamment fiables pour confirmer son existence et son rôle dans la migration des Saxons vers l'île de Bretagne, mais comme les sources les plus importantes sont écrites par ses ennemis, ses motivations demeurent incertaines. Il apparaît systématiquement comme un personnage malfaisant ou, dans le meilleur des cas, comme un velléitaire, incapable de maîtriser les Saxons après avoir organisé ou encouragé leur venue en Bretagne.

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Sources historiques

Sa décision de faire appel aux Saxons pour mettre un terme aux raids des Pictes et des Scots est rapportée par les historiens Gildas (vers 500-570, qui l'appelle pour la première fois 'Seigneur Suprême' et le blâme pour l'invasion saxonne), Bède le Vénérable (vers 672-735, qui l'appelle pour la première fois 'Vortigern' et le rend tient pour responsable de la présence des Saxons), Nennius ( IXe siècle, qui le présente comme veule et stupide), Guillaume de Malmesbury (c. 1095 - c. 1143, qui affirme qu'il était esclave de ses désirs et facile à manipuler), Geoffroy de Monmouth (c. 1100 - c. 1155, qui fait de lui la description la plus pleinement négative) et le poète français Wace, (1110-1174, qui reprend à son compte le narratif de Nennius et Geoffroy). Manifestement, De toute l'évidence, aucune de ces sources ne le tient en très haute estime.

LA CHRONIQUE ANGLO-SAXONNE FIGURE AU NOMBRE DES PREUVES OBJECTIVES QUI CONFIRMENT L'HISTORICITÉ DE VORTIGERN.

La Chronique anglo-saxonne (fin du IXe siècle) le mentionne également mais ne porte aucun jugement sur ses actions. La Chronique figure au nombre des preuves objectives qui confirment l'historicité de Vortigern. L'entrée le concernant se lit comme suit : 'An du Seigneur 449. À cette époque, Vortigern invita les Angles. Ils arrivèrent en Grande-Bretagne dans trois ceols [navires], à l'endroit appelé Wippidsfleet [Kent]'. Son historicité est également confirmée par des noms de lieux-dits du Pays de Galles qui lui sont associés.

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En dehors de la Chronique, ces premiers récits dépeignent de manière plus ou moins constante Vortigern comme un roi insouciant qui se préoccupait davantage de son propre plaisir et de son confort que du bien-être du peuple et qui se livrait à des 'actes païens' au mépris des valeurs et de la morale chrétiennes. Les Saxons y sont présentés comme des 'païens' qui s'employèrent à la destruction du pays dès qu'ils en eurent chassé les Pictes et les Scots, et sont régulièrement décrits à la façon d'animaux, comme des chiens ou des lions féroces. Vortigern est mis en cause non seulement pour ses croyances et ses actions personnelles mais aussi pour sa politique d'ouverture à ce que ces auteurs considèrent comme une invasion saxonne.

L'île de Bretagne au Ve siècle

Jules César se rend sur l'île en 55 et 54 avant J.-C. mais ne fait aucune tentative sérieuse de conquête du territoire pour Rome. La véritable invasion romaine commence en 43 après J.-C., sous le règne de Claude, et la Bretagne restera occupée jusqu'en 410. En 410, Rome avait ses propres problèmes, car les Goths venaient de mettre la Cité à sac et l'Empire romain d'Occident était au bord du gouffre. Ces difficultés n'avaient cessé de s'aggraver depuis environ les 200 ans ayant immédiatement précédé le Ve siècle, et Rome avait progressivement retiré ses garnisons de Bretagne au fur et à mesure que le besoin en troupes se faisait ressentir sur le continent.

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Si la nécessité pour Rome de se protéger était tout à fait légitime, sa décision de redéployer ses troupes laissa le peuple de Bretagne à la merci des envahisseurs. À cette époque, cela faisait déjà plus de 300 ans que l'armée romaine stationnée le long du mur d'Hadrien et en garnison dans d'autres régions du pays lui servait de protection. À peine Rome partie, les Pictes et les Scots du nord se précipitèrent sur cette nouvelle opportunité à saisir et franchirent le mur d'enceinte pour mettre à sac les fermes et les villages britanniques. À peu près à la même époque, la confédération saxonne se disloqua sur le continent et les immigrants et les pillards saxons commencèrent à apparaître sur la côte sud-est de la Bretagne.

Britain 383-410 CE
Ile de Bretagne, vers 383-410 de notre ère
Notuncurious (CC BY-SA)

Gildas rapporte que les Bretons envoyèrent de façon répétée des messages (dits 'les Gémissement des Bretons') à Rome la suppliant de leur venir en aide, mais Rome n'avait plus les moyens d'envoyer des troupes. La Chronique anglo-saxonne résume la situation en une seule ligne : 'An du Seigneur 443. Cette année-là, les Bretons prirent la mer et se rendirent à Rome pour implorer son secours contre les Pictes ; mais ils n'en reçurent aucun, car les Romains étaient en guerre contre Attila, le roi des Huns. Puis ils se rendirent chez les Angles, et demandèrent la même chose aux nobles de cette nation'.

Au fil des ans, les Romains avaient fini par décourager toute idée d'indépendance chez le peuple, et l'aristocratie bretonne s'était tellement romanisée qu'elle avait oublié le temps où les chefs indigènes dirigeaient leurs tribus. Dans une telle situation, il parait compréhensible qu'un chef cherche l'aide de toute force armée disponible.

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Vortigern dans le récit de Nennius

Dans son Histoire de la Bretagne, le moine gallois Nennius présente Vortigern comme un personnage sinistre, orgueilleux, anti-chrétien, incestueux et qui avait vendu son pays aux Saxons. Selon Nennius, après le départ des Romains de Bretagne, les invasions des Pictes et des Scots devinrent incessantes. Comme les appels au secours à Rome restaient lettre morte, Vortigern fit appel au Saxons en croyant pouvoir profiter de la situation.

Au chapitre 37, Nennius décrit l'accueil fait à Vortigern par les Saxons par l'intermédiaire d'un interprète du nom de Ceretic, qui a parfois été assimilé au roi saxon Cerdic. Ceretic est en bons termes avec Hengist, le roi saxon que Nennius présente comme calculateur et retors. Selon lui, Hengist se présente à la tête de ses troupes afin d'apporter son aide contre les invasions, mais n'avait pas amené assez d'hommes avec lui. Pour compliquer encore la situation, les vivres viennent à leur manquer, alors ils commencent à se servir dans les villages avoisinants, jusqu'au point où Vortigern en vient à les considérer comme un problème plus grave que les Pictes et leur demande de partir. Nennius décrit la réaction de Hengist et les conséquences :

Mais Hengist, chez qui se mélangeaient la ruse et la clairvoyance, percevant qu'il avait affaire à un roi ignorant et un peuple fluctuant, incapables de lui opposer une grande résistance, répondit à Vortigern : 'Nous sommes, en effet, peu nombreux ; mais, si vous nous en donnez l'autorisation, nous enverrons chercher des renforts dans notre pays, et avec eux, nous nous battrons pour vous et vos sujets.'

Vortigern ayant donné son assentiment à cette proposition, des messagers furent envoyés en Scythie, où, après avoir trié sur le volet un certain nombre de combattants aguerris, ils revinrent à bord de seize navires, emmenant avec eux la ravissante fille d'Hengist. Le chef saxon prépara alors un festin auquel il invita le roi, ses officiers et Ceretic, son interprète, après avoir au préalable demandé à sa fille de les servir si généreusement en vin et en cervoise que ceux-ci ne tarderaient pas à sombrer dans l'ivresse. Ce plan réussit au-delà de toute espérance et Vortigern, sous l'emprise du diable, et subjugué par la beauté de la demoiselle, réclama sa main, par l'intermédiaire de son interprète, à son père, promettant de donner pour elle tout ce qu'il demanderait.

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Alors Hengist, qui avait déjà consulté les anciens de la race Oghgul qui l'assistaient dans cette entreprise, exigea pour sa fille la province, appelée Centland en Anglais, et Ceint [Kent] en Breton. Cette concession se fit à l'insu du roi Guoyrancgonus, qui régnait alors dans le Kent, et qui conçut un chagrin incommensurable à voir son royaume ainsi clandestinement, frauduleusement et imprudemment livré à des étrangers. Ainsi la jeune fille fut remise au roi, qui coucha avec elle et l'aima excessivement. (Chapitre 37)

Une fois Vortigern et Hengist liés par le mariage, le roi saxon multiplie les exigences, qui lui sont toutes accordées. Le fils de Vortigern, Vortimer, se révolte et remporte un certain nombre de victoires avant de trouver la mort. Cependant, les Saxons sont chassés du pays et leur puissance est brisée, jusqu'à ce que Vortigern ne les invite à nouveau. La suite du récit de Nennius évoque les timides tentatives de Vortigern pour s'occuper des Saxons, sa mort et l'apparition du héros Arthur qui vaincra les Saxons à la bataille du Mont Badon.

Vortigern dans L'Histoire des rois de Bretagne

L'Histoire des rois de Bretagne de Geoffroy de Monmouth (vers 1136) est une chronique essentiellement fictive des souverains du pays, du premier roi, Brut (vers le XIIe siècle avant J.-C.), à Cadwallader (vers le VIIe siècle). Geoffroy est connu comme le père de la littérature arthurienne pour son développement du personnage d'Arthur, depuis la brève description qu'en fait Nennius en tant que chef de guerre jusqu'au puissant et noble roi des Bretons de la légende. Bien qu'il ne fasse aucun doute que Geoffroy ait inventé la majeure partie du livre, celui-ci est considéré comme semi-historique dans la mesure où certains événements peuvent être corroborés par d'autres sources.

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Geoffroy reprend le récit de Nennius mais l'embellit par des détails, des dialogues et une plus grande richesse de personnages. Le Vortigern de Geoffroy est un souverain veule, déchiré entre les exigences de la religion qu'il professe et ses propres désirs. Vortigern invite les Saxons en Bretagne afin de lui venir en aide, mais, Geoffroy explique clairement, il est incapable de les contrôler dès le départ. Hengist manipule le roi en lui présentant sa ravissante fille Ronwen, en le faisant boire, puis en laissant croire à Vortigern que l'idée de ce mariage avec cette jeune femme était sa propre idée. Comme chez Nennius, une fois le mariage célébré, Hengist exige toujours plus du roi, Vortimer se rebelle, trouve la mort, et Vortigern invite ensuite les Saxons à revenir poussé par le grand amour qu'il porte à sa jeune épouse.

Geoffroy poursuit cependant sa narration en introduisant le magicien Merlin (également appelé Ambrosius Merlin). Dès la première apparition de Vortigern, l'on ne peut que douter de ses valeurs chrétiennes, et Geoffroy l'associe fréquemment à Satan et aux ténèbres. Lorsque Vortigern voit Ronwen pour la première fois et tombe éperdument amoureux d'elle, Geoffroy écrit que Satan est entré dans son cœur, puis développe : 'Satan est entré dans son cœur, dis-je, parce que, bien que chrétien, il a voulu s'accoupler avec une païenne' (VI, 12). Lorsqu'il introduit le personnage de Merlin, il démontre clairement que Vortigern s'est entouré de magiciens dont Merlin prouve que le pouvoir n'est que supercherie et mensonge.

Vortigern meets Merlin
Vortigern rencontre Merlin
Schekinov Alexey Victorovich (Public Domain)

Vortigern essaie de construire une tour pour se défendre contre ses ennemis mais, quelle que soit l'habileté des maçons, l'édifice finit toujours par s'écrouler en cours de construction. Les magiciens de Vortigern lui disent qu'il doit sacrifier un jeune homme sans père et répandre son sang sur les fondations, après quoi la tour s'élèvera. On choisit de sacrifier Merlin mais, au lieu de se soumettre, il défie le roi en prononçant les mots suivants : 'Fais venir tes magiciens devant moi et je les convaincrai de mensonge' (VI, 19). Il leur déclare alors que, s'ils démolissent la tour, ils trouveront en dessous un lac à l'origine du problème.

La tour est démontée et la pièce d'eau est bien là, comme Merlin l'avait prédit. Il dit alors à Vortigern que s'il vide l'eau, il trouvera deux pierres creuses avec deux dragons endormis à l'intérieur. Le roi fait par conséquent vider le lac et trouve les pierres et les dragons, l'un blanc et l'autre rouge. Les deux dragons commencent à se battre et Vortigern demande à Merlin d'interpréter le sens du combat. Merlin répond par un discours inspiré des prophètes bibliques :

Malheur au dragon rouge car l'heure de sa mort est proche. Le Dragon Blanc qui représente les Saxons que tu as invités occupera ses cavernes. Quant au dragon rouge, il représente la nation bretonne opprimée par le dragon blanc. C’est pourquoi les monts de Bretagne, tout comme les vallées, seront aplanis et les fleuves de ces vallées deviendront des fleuves de sang. Le culte de la religion disparaîtra et la ruine des églises s’étalera au grand jour. Le peuple opprimé l'emportera finalement et résistera à la violence des envahisseurs. En outre, le sanglier de Cornouailles viendra à leur secours : il foulera aux pieds les ennemis et leur brisera le cou. (VII, 3)

Le sanglier de Cornouailles auquel Merlin fait référence est le roi Arthur qui vaincra les Saxons et partira à la conquête de la plus grande partie de l'Europe et qui dans le récit de Geoffroy ira jusqu'à soumettre Rome à son autorité. Ambrosius Aurelius, frère d'Uther Pendragon (le père d'Arthur), succède à Vortigern après la mort de celui-ci. Ambrosius et Uther trouveront tous deux la mort en combattant les Saxons que Vortigern a introduits dans le pays, mais Arthur les vengera et libérera la Bretagne grâce à sa victoire lors de la bataille de Bath.

Raison possible

Selon l'historien et érudit Ward Rutherford, il n'est pas impossible que Vortigern ait compté sur la reconnaissance par les Saxons d'une pratique celtique ancestrale connue sous le nom de celsine (clientélisme), qui consiste pour une partie plus faible à se placer sous la protection d'une partie plus forte en cas de besoin, la relation prenant fin une fois la crise résolue. Selon Rutherford, Vortigern plaçait les Bretons sous l'aile des Saxons, décidemment plus puissants qu'eux, mais une fois la menace des Pictes et des Scots écartée, les Saxons n'ont pas respecté les termes habituels de la celsine.

Quelles qu'aient pu être les motivations ou les faiblesses personnelles de Vortigern, il fut par la suite considéré comme l'archétype du roi félon pour les siècles à venir.

Les propos de Rutherford prennent tout leur sens au vu du chaos qui suivit le retrait des légions romaines de Bretagne. Sans la protection des Romains, les Bretons échouèrent d'emblée à se défendre contre les invasions venues du nord et les incursions en provenance du continent, jusqu'à ce qu'un grand meneur d'hommes, identifié par certaines sources comme Ambrosius Aurelianus et par d'autres comme le roi Arthur, ne se dresse à leur tête. Néanmoins, les récits des premiers historiens, ceux de Nennius, en particulier, suggèrent que Vortigern manquait tout simplement de la détermination nécessaire pour se mesurer au roi saxon Hengist, qu'il se laissa manipuler et qu'il laissa les Saxons dominer les Bretons.

Selon l'écrivain Geoffroy Ashe, Vortigern aurait simplement agi en conformité avec la pratique romaine habituelle consistant à employer des fédérés pour défendre sa cause. Les fédérés étaient des barbares auxquels on promettait des terres et une sorte de rémunération en échange d'un service armé. Le recours aux fédérés devait être bien connu en Bretagne après plus de 400 ans d'occupation romaine. Ashe souligne que l'utilisation des fédérés ne s'est pas toujours déroulée sans accrocs, et dans le cas de Vortigern, elle tourna terriblement mal, mais ce fait ne devrait pas nécessairement être retenu contre lui.

Quelles qu'aient pu être les raisons d'agir ou le degré de faiblesse personnelle de Vortigern, il fut par la suite décrit comme l'archétype du roi félon pour les siècles à venir. Comme le titre 'Vortigern' vient du gallois, on peut légitimement supposer qu'il s'agissait d'un roi gallois. Si c'est bien le cas, les historiens en majorité gallois qui ont raconté son histoire (en particulier Nennius et Geoffroy) ont pu être particulièrement vexés que ce soit l'un des leurs qui ait commis une telle bévue.

À aucun moment, Nennius et Geoffroy n'ont indiqué que Vortigern ait pu considérer la celsine comme une option, mais il parait logique de penser qu'il put inviter les Saxons dans cette optique dans la mesure où il n'avait personne d'autre vers qui se tourner. Après tout, sous l'occupation romaine, le problème des invasions venues du nord aurait été rapidement réglé sans qu'un noble comme Vortigern ait eu grand-chose à faire, mais la vie avait considérablement changé en Bretagne depuis le départ des Romains.

Conclusion

Quelle qu'ait pu être son véritable motif, les historiens postérieurs, s'appuyant sur les récits évoqués ci-dessus, décrivent systématiquement Vortigern sous un jour négatif. Rutherford cite les Annales galloises qui le considèrent comme l'un 'des trois plus fieffés traîtres de l'île de Bretagne'(135), et Guillaume de Malmesbury, même s'il affirme que les Bretons se sont sentis impuissants après la mort de Vortigern, le décrit comme faible de caractère et esclave de ses vices.

Gildas affirme qu'il n'a invité les Saxons qu'après s'être entretenu avec un conseil, mais il ne lui témoigne aucun respect pour autant. Comme nous l'avons souligné auparavant, étant donné que ces auteurs étaient principalement des Gallois celtes, et que Vortigern était peut-être lui-même Gallois, il se peut qu'ils l'aient méprisé, non seulement à cause du fait que c'est l'un des leurs qui avait invité les Saxons en Bretagne, mais aussi parce qu'il avait été assez sot pour penser que la pratique de la celsine aurait pu être honorée par des non-Celtes.

Comme le souligne Rutherford, Vortigern avait peut-être pensé que les Saxons comprendraient la nature de sa demande et respecteraient les règles de la celsine ou qu'il pourrait utiliser cette ancienne pratique pour contrôler les Saxons d'une manière ou d'une autre. S'il en est ainsi, il ne semble pas avoir envisagé qu'un peuple non celte puisse ne pas connaître cette pratique ou, la connaissant, puisse décider ne pas la respecter. Or, il se trouve que les Saxons ne sont jamais présentés comme ayant la moindre notion de cette pratique et, aussitôt après avoir vaincu les Pictes et les Scots, ils se sont retournés contre les Bretons. Selon les récits de Gildas et de Bède, c'est à ce moment qu'Ambrosius Aurelianus apparut pour diriger le peuple et libérer le pays ; chez Nennius et Geoffroy, il s'agit du roi Arthur.

On ne saura peut-être jamais qui était vraiment Vortigern, mais le souverain qui invita les Saxons en Bretagne est tristement célèbre depuis de nombreux siècles. De même que l'on attribue à Geoffroy de Monmouth la création du personnage d'Arthur, il est également responsable de l'idée reçue selon laquelle Vortigern était un félon qui trahit son pays pour assouvir ses bas instincts. Cependant, si des spécialistes comme Ashe et Rutherford ont raison et que Vortigern n'avait en fait que de bonnes intentions lorsqu'il présenta son offre aux Saxons, il est en définitive plus un héros de tragédie qu'un roi félon.

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Questions et réponses

Qui était Vortigern ?

Vortigern est un souverain britannique du Ve siècle, connu pour avoir invité en Bretagne les Saxons qui ont ensuite essayé de les soumettre.

Quelles sont les sources historiques en ce qui concerne Vortigern ?

Vortigern est mentionné dans les histoires de Gildas, Bede, Nennius et William de Malmsbury, le récit le plus complet de son histoire étant celui de Geoffroy de Monmouth.

Vortigern est-il un personnage historique ?

Vortigern est considéré comme un personnage historique véritable, mais comme les récits de sa vie ont été écrits par ses ennemis, on ne connaît pas les véritables raisons qui l'ont poussé à inviter les Saxons dans l'île de Bretagne.

Comment prononce-t-on Vortigern

Vortigern se prononce Vor-ti gern

Traducteur

Yves Palisse
Linguiste passionné d'Histoire, Yves P Palisse est un traducteur indépendant possédant des années d’expérience dans les domaines de la traduction, de l’analyse des médias et du service à la clientèle. Après avoir beaucoup voyagé dans toute l'Europe, Il a fini par poser ses bagages à londres en 1999. Il a une passion pour les sciences humaines, le droit et la justice sociale.

Auteur

Joshua J. Mark
Auteur indépendant et ex-Professeur de Philosophie à temps partiel au Marist College de New York, Joshua J. Mark a vécu en Grèce et en Allemagne, et a voyagé à travers l'Égypte. Il a enseigné l'histoire, l'écriture, la littérature et la philosophie au niveau universitaire.

Citer cette ressource

Style APA

Mark, J. J. (2017, mai 23). Vortigern [Vortigern]. (Y. Palisse, Traducteur). World History Encyclopedia. Extrait de https://www.worldhistory.org/trans/fr/1-16084/vortigern/

Style Chicago

Mark, Joshua J.. "Vortigern." Traduit par Yves Palisse. World History Encyclopedia. modifié le mai 23, 2017. https://www.worldhistory.org/trans/fr/1-16084/vortigern/.

Style MLA

Mark, Joshua J.. "Vortigern." Traduit par Yves Palisse. World History Encyclopedia. World History Encyclopedia, 23 mai 2017. Web. 05 oct. 2022.

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