L'effondrement du système palatial mycénien (vers 1200-1100 av. J.-C.) a marqué le début d'une longue période de réorganisation démographique, politique et culturelle dans toute la région égéenne. Au cours de l’âge du fer ancien (vers 1100–800 av. J.-C.), l’autorité centralisée s’est affaiblie, les agglomérations se sont fragmentées ou déplacées, et les populations se sont progressivement redistribuées entre le continent, les îles de la mer Égée et l’Anatolie occidentale. Les traditions helléniques ultérieures ont interprété ces évolutions comme des migrations de groupes éoliens, ioniens, doriens et achéens ou arcadiens, mais les données archéologiques suggèrent des processus inégaux de mobilité, de réinstallation, d’interaction et de continuité locale plutôt que des invasions uniques et coordonnées. En Éolie, en Ionie, en Crète et dans le Dodécanèse, les communautés émergentes ont combiné des éléments de l’héritage mycénien avec de nouvelles identités régionales et structures politiques.
À l’époque archaïque (vers 800–550 av. J.-C.), l’expansion des peuplements et des réseaux maritimes avait donné naissance à un monde hellénique plus interconnecté, centré sur la mer Égée et l’Anatolie occidentale. Des cités telles que Milet, Éphèse et Smyrne sont devenues des centres de commerce, d’artisanat et d’échanges culturels, tandis que le développement de la polis, l’adoption de l’écriture alphabétique (vers le VIIIe siècle av. J.-C.) et la fondation de colonies d’outre-mer ont renforcé les liens à travers la Méditerranée et la mer Noire. Ces changements représentaient à la fois une continuité et une transformation: les sites, traditions et routes commerciales plus anciens ont survécu, mais ont été réorganisés au sein de nouvelles institutions et identités. La mobilité qui a suivi l’effondrement de la civilisation mycénienne a donc contribué directement au dynamisme politique, économique et culturel du monde hellénique archaïque.
