La bataille de Hondschoote, qui se déroula du 6 au 8 septembre 1793, marqua un tournant majeur dans la campagne de Flandre de 1792-1795 pendant les guerres révolutionnaires (1792-1802). Une armée de la Première République française vainquit une force anglo-hanovrienne commandée par le duc d'York, soulageant ainsi le siège de Dunkerque et sauvant potentiellement la Révolution française (1789-1799) d'une destruction prématurée.
Retraite et réforme
À l'été 1793, la jeune République française semblait à bout de souffle. Ses armées étaient dispersées sur plusieurs fronts et subissaient des revers sur presque chacun d'entre eux. Dans le sud, les soldats espagnols envahirent les Pyrénées et infligèrent une série de défaites aux Français dans le Roussillon, tandis que les troupes sardes s'amassaient le long des frontières alpines. Sur le Rhin, une garnison française fut contrainte de céder la ville de Mayence aux Prussiens, tandis que diverses rébellions à l'intérieur du pays épuisaient les ressources républicaines. La ville portuaire de Toulon, ainsi que toute la flotte méditerranéenne française, tombèrent aux mains des Britanniques, qui mirent également en place un blocus naval en mai.
Le front le plus dangereux pour la survie de la République se trouvait au nord-est, où une immense armée multinationale s'apprêtait à marcher sur Paris. Telle une tempête dévastatrice, l'armée de la Coalition avait balayé les Français de Belgique avant de s'abattre sur les villes frontalières fortifiées de la France. Sous le commandement suprême du prince Josias de Saxe-Cobourg-Saalfeld, l'armée comptait plus de 100 000 hommes à son apogée, représentant la puissance des Anciens Régimes européens ; 50 000 Autrichiens marchaient aux côtés de 14 000 Néerlandais, 8 000 Prussiens, 7 200 Britanniques, 12 000 Hanovriens et 7 000 Hessois. En avril, l'armée de la coalition assiégea Condé-sur-l'Escaut, à la frontière franco-belge. L'armée française du Nord, chargée de lever le siège, affronta les forces de la coalition le 8 mai lors de la bataille de Raismes ; le commandant français, Auguste Picot de Dampierre, fut tué et les Français battirent en retraite dans le chaos. Pour la coalition, la route vers Paris était grande ouverte.
Cobourg n'était pas pressé. Commandant prudent, il était déterminé à ne rien laisser au hasard et décida de terminer la capture de toutes les fortifications françaises à la frontière avant de s'avancer vers le cœur du pays. Si cette décision pouvait sembler prudente, elle détruisit également l'élan acquis par les alliés ; Condé ne tomba aux mains de la coalition que le 10 juillet, tandis que le siège simultané de Valenciennes ne prit fin que le 28 juillet. Chaque jour où Cobourg s'attardait sous les murs d'une fortification française était un jour supplémentaire dont l'armée française pouvait profiter pour se renforcer.
Les Français tirèrent certainement parti de ce retard. En juin, les Jacobins prirent le contrôle du gouvernement, appelant à la prise de mesures extrêmes pour assurer la survie de la République. Le pouvoir exécutif fut confié à un Comité de salut public composé de douze hommes, chargé de démasquer les traîtres à la patrie et de gagner la guerre. Ces deux objectifs n'étaient pas sans rapport, et le règne de la Terreur qui s'ensuivit, mis en place pour débusquer et exécuter les contre-révolutionnaires, fut étendu aux armées ; en août, le comte Adam-Philippe de Custine, qui avait remplacé Dampierre à la tête de l'armée du Nord, fut dénoncé pour son inaction face à l'invasion de Cobourg. Il fut rappelé à Paris, arrêté et exécuté, pour lâcheté. À partir de ce moment-là, les Jacobins entreprirent de motiver les armées françaises par la Terreur.
Mais la Terreur était loin d'être le seul moyen de défense de la France. Le 23 août 1793, Lazare Carnot (1753-1823), ministre de la Guerre brillamment efficace, introduisit la levée en masse, qui était essentiellement une politique de conscription massive et une déclaration de guerre totale. Tous les hommes célibataires âgés de 18 à 25 ans devaient être enrôlés dans l'armée, tandis que tous les citoyens inaptes au combat devaient fabriquer des uniformes, travailler dans des usines ou dans des hôpitaux militaires. Ce fut un exploit administratif extraordinaire qui permit à la République de mettre sur pied 14 armées et 800 000 hommes en moins d'un an. Carnot veilla également à ce que les nouvelles recrues soient intégrées à des unités expérimentées afin de favoriser la discipline et la formation. Alors que Cobourg se concentrait sur les fortifications frontalières, la machine de guerre française s'était mise en marche et la route des coalisés vers Paris s'éloignait de plus en plus.
La coalition se fracture
L'inaction de Cobourg irritait le gouvernement britannique, qui devenait chaque jour plus impatient. L'un de ses objectifs de guerre était la prise de Dunkerque, une ville portuaire de la Manche qui était à la fois un atout dans les négociations et une base solide pour les opérations militaires britanniques sur le continent. Après la chute de Valenciennes, le gouvernement du Premier ministre William Pitt le Jeune ordonna à l'armée britannique sur le continent d'assiéger Dunkerque immédiatement.
Le commandant de l'armée britannique, le prince Frédéric, duc d'York et d'Albany, s'exécuta docilement; malgré les protestations de Cobourg, York fit passer l'intérêt national avant la cohésion militaire et sépara ses soldats de l'armée alliée en août. La toute-puissante force de la coalition s'était scindée en deux: York menait 35 000 soldats britanniques, hanovriens et hessois vers l'ouest en direction de la mer, tandis que Cobourg prenait la direction opposée avec 45 000 Autrichiens pour assiéger une autre ville française, Le Quesnoy. Le reste des soldats fut divisé en détachements afin de maintenir une mince ligne de communication entre les deux armées principales. De nombreux historiens ont considéré cette décision comme une grave erreur militaire qui sauva la Révolution française de la destruction et coûta la victoire à la coalition. Comme le dit Sir Archibald Allison:
Quatre mois de succès, qui auraient pu être décisifs, ont été gâchés par une inactivité blâmable; après avoir brisé la ligne frontalière des forteresses et vaincu l'armée française dans une bataille rangée, alors qu'ils se trouvaient à quinze jours de marche de Paris et à la tête d'une splendide armée de 130 000 hommes, ils ont jugé bon de séparer leurs forces... C'est à cette décision désastreuse que l'on peut faire remonter tous les désastres ultérieurs de la campagne. (Brown, 92-3)
Lors de la marche vers Dunkerque, les forces anglo-hanovriennes-hessoises eurent plusieurs escarmouches avec les soldats français. L'une d'elles, le 8 août, faillit conduire à la capture du duc d'York. Après un bref affrontement avec les soldats français lors de ladite "bataille du camp de César", York traversait un pont lorsqu'il remarqua deux lignes de cavalerie de l'autre côté. Croyant que ces soldats étaient hanovriens, York, qui avait "plus de courage personnel que d'expérience de la guerre", se mit à galoper à toute vitesse vers eux. Il fut arrêté par un officier émigré français servant dans la coalition, qui reconnut les uniformes français des cavaliers ; il saisit la bride du duc et le ramena dans l'autre sens, convaincu d'avoir sauvé la vie du duc, car la République française "n'épargnait aucun Anglais" (Brown, 95).
Siège de Dunkerque
Après avoir frôlé la mort, le duc d'York poussa ses hommes à marcher sans relâche sous une brutale chaleur estivale. Finalement, le 22 août, ils arrivèrent aux portes de Dunkerque, et York installa son quartier général à Furnes. Il décida de diviser son armée en deux: tandis que les troupes de York assiégeaient la ville, les hommes de Freytag formèrent un cordon de près de 30 km, qui s'étendaient de Hondschoote à Ypres. Le 24 août, la garnison française avait été chassée de la banlieue et se trouvait piégée à l'intérieur même de Dunkerque; le siège avait commencé.
Mais même si les hommes de York creusaient des tranchées, ils savaient que leurs efforts seraient vains sans le soutien de la Royal Navy. Dunkerque étant une ville portuaire, sa garnison de 8 000 hommes pouvait continuer à être ravitaillée par la mer indéfiniment. La flotte de la Manche de la Royal Navy était en route pour bloquer les ports de Dunkerque, mais elle fut déviée de sa route par une tempête soudaine à la fin du mois d'août; une seule frégate, le HMS Brilliant, parvint à rejoindre Dunkerque, mais fut emportée par une autre tempête trois jours plus tard. York, qui manquait d'artillerie, ne pouvait rien faire d'autre qu'attendre.
Pendant ce temps, la garnison française harcelait activement l'armée assiégeante. Le 27 août, des canonnières françaises bombardèrent les troupes impuissantes de York depuis le large, tandis qu'au début du mois de septembre, les égouts de la ville furent ouverts et inondèrent les champs à l'est et les tranchées britanniques avec 60 cm d'eau. À peu près à la même époque, la maladie frappa les troupes de York, emportant les hommes à un rythme alarmant. Cependant, même si le siège se déroulait mal pour les coalisés, ce n'était qu'une question de temps avant que la flotte royale ne puisse se regrouper et affamer les défenseurs jusqu'à ce qu'ils ne se rendent. Les Français avaient besoin de renforts pour l'emporter; heureusement pour eux, les secours étaient en route.
Houchard prend le commandement
Jean-Nicolas Houchard aurait été le premier à admettre qu'il n'avait pas les compétences nécessaires pour commander une armée. Décrit par l'historien Ramsay Weston Phipps comme "courageux mais stupide... un patriote confirmé" (209), Houchard avait servi dans l'armée française depuis l'âge de 16 ans; à 55 ans, il n'avait jamais commandé plus qu'une compagnie jusqu'aux derniers mois, où il avait rapidement gravi les échelons pour devenir colonel et brigadier. Il servit brièvement dans l'état-major du général Custine jusqu'en août 1793, date à laquelle le régime jacobin rappela Custine et de nombreux autres officiers aristocratiques à Paris, où ils furent mis à mort.
Houchard, un roturier dont le visage marqué par les combats et l'attitude bourrue semblaient à mille lieues de l'aristocratie, se vit confier le commandement de l'armée du Nord, en partie parce que la plupart des autres candidats avaient été purgés. Pourtant, dès le début de son mandat, Houchard se vit constamment rappeler qu'il était en terrain glissant. Dans sa ville natale de Strasbourg, des extrémistes l'accusèrent de trahison et menacèrent de lyncher sa femme et ses enfants. Il ne parvint pas à gagner le respect de ses propres hommes qui se moquaient de ses tentatives désespérées de paraître patriote en se pavanant dans le camp avec un bonnet rouge de la liberté. Houchard reconnut qu'il n'était pas à sa place et semblait considérer son nouveau commandement comme une malédiction, écrivant: "Y a-t-il une position plus cruelle que celle-ci?" (Phipps, 211)
Peu après avoir pris le commandement, Houchard fut rejoint par René Lavasseur et Pierre Delbrel, des représentants en mission envoyés par les Jacobins pour surveiller de près Houchard. Les représentants arrivèrent avec des ordres de Carnot en personne, exigeant que Houchard marche immédiatement pour lever le siège de Dunkerque. Plus au moins au même moment, Houchard apprit le sort de Custine, une nouvelle qui le plongea dans l'abattement le plus total. "Il y a donc une volonté systématique de guillotiner les généraux?" demanda-t-il un soir à Lavasseur. "Et vous aussi, si vous nous trahissez", répondit froidement Lavasseur (Phipps, 224). Souhaitant éviter le sort de Custine, Houchard se conforma aux ordres de Paris et conduisit ses 45 000 hommes vers Dunkerque.
Premier jour: 6 septembre
Le 5 septembre, Houchard avait positionné son armée autour de la ville de Cassel, face à la force de couverture de Freytag concentrée autour de Hondschoote, à 16 km au sud-est de Dunkerque. Inquiet face à cette concentration de forces françaises, Freytag envoya deux colonnes prendre la ville d'Arneke, d'où il pouvait mieux observer les mouvements français. Les Hanovriens s'emparèrent de la ville, mais seulement après avoir affronté une forte résistance française; les combats acharnés convainquirent Freytag qu'une attaque était imminente, ce qui le poussa à écrire avec inquiétude au duc d'York pour lui demander des instructions.
Houchard, quant à lui, devait prendre une décision. Il pouvait contourner les forces de Freytag et menacer l'arrière de York, forçant les Britanniques à interrompre le siège pour l'affronter, ou bien lancer une attaque frontale directe contre les hommes de Freytag. Bien que Houchard ait préféré le premier plan, il fut contredit par Lavasseur et Delbrel, qui préconisaient une victoire rapide et décisive. À contrecœur, Houchard divisa son armée en six colonnes, avec lesquelles il attaquerait des points clés sur la ligne de 32 km de Freytag.
L'attaque eut lieu à l'aube du 6 septembre. Sur la droite, les Hanovriens furent chassés de leurs avant-postes, tandis que Houchard menait l'attaque depuis Cassel, poussant vers le nord en direction de l'Yser. Une division française commandée par le général Jean-Baptiste Jourdan repoussa les Hessiens de Freytag hors de la ville de Herzeele; cette petite victoire encouragea Houchard, qui ordonna à Jourdan de traverser l'Yser pour se rendre à Bambecque. Le pont qui menait à Bambecque était gardé par les hommes de Freytag, qui repoussèrent la première attaque de Jourdan, aidés par un orage soudain. Des combats prolongés s'engagèrent autour du pont et, à mesure que la bataille avançait, les munitions françaises commencèrent à manquer. Jourdan écrivit à Houchard pour lui demander s'il fallait interrompre l'avance; le chef d'état-major du général lui répondit: "Nous devons vaincre à tout prix. À défaut de cartouches, n'avons-nous pas des baïonnettes?" (Phipps, 228)
À 18 heures, un régiment commandé par le capitaine Jean-Baptiste Bernadotte traversa la rivière à gué et chargea les Hanovriens à la baïonnette, forçant les alliés à se retirer de Bambecque. Sachant que ses hommes étaient fatigués, Houchard souhaitait s'arrêter là pour la nuit, mais il fut à nouveau contredit par les représentants qui lui dirent: "Les hommes libres ne sont jamais trop fatigués pour combattre les esclaves des tyrans" (ibid.). Les Français épuisés poursuivirent leur avancée jusqu'à Rexpoede, dont Jourdan s'empara rapidement. À 20 heures, Freytag ordonna finalement une retraite générale vers Hondschoote, mais celle-ci mit un certain temps à s'organiser. Alors que Freytag tentait de la mettre en place, lui et le prince Adolphe, frère cadet du duc d'York, s'égarèrent involontairement dans les lignes françaises, où ils furent capturés. Le prince Adolphe réussit rapidement à s'échapper, mais Freytag fut blessé dans la lutte et fut fait prisonnier.
Il ne resta pas longtemps prisonnier; le commandant en second de Freytag, le général Johann-Ludwig Wallmoden, fut informé de la capture de Freytag et lança une attaque nocturne désordonnée sur Rexpoede pour le libérer. L'attaque de Wallmoden surprit les Français épuisés, les chassant de Rexpoede et manquant de capturer Houchard. Certains soldats français paniqués coururent jusqu'à leur quartier général à Cassel. Freytag fut secouru, mais trop blessé pour commander, Wallmoden conserva donc le commandement. Aux petites heures du 7 septembre, il ramena les Hanovriens à Hondschoote.
Deuxième jour: 8 septembre
Le 7 septembre, les combats connurent une accalmie; Houchard laissa ses troupes fatiguées se reposer et réévalua sa position. Devant lui, 13 500 Hanovriens restaient positionnés à Hondschoote, face à une force française presque trois fois supérieure en nombre. Houchard planifia une attaque en trois volets pour le matin du 8 septembre: le général Leclaire attaquerait le village par la gauche, deux divisions sous les ordres de Jourdan et du colonel Vandamme assailliraient le centre, tandis que le général Colaud avancerait sur la droite.
À 4 heures du matin, le 8 septembre, le colonel Vandamme mit ses tirailleurs en position le long de la route entre Rexpoëde et Hondschoote afin de couvrir l'attaque principale des Français. La route, parsemée de fossés et bordée de haies, offrait une excellente couverture aux tirailleurs, leur permettant d'éliminer les soldats hanovriens pendant des heures avant que Wallmoden ne les repousse dans une contre-attaque. À l'aube, Vandamme tenta une charge plus énergique qui fut repoussée; une deuxième attaque de Jourdan connut le même sort.
Pendant ce temps, alors que Vandamme et Jourdan tenaient le centre, Leclaire commença à marcher vers l'est, s'approchant lentement de Hondschoote le long d'une route inondée. Au même moment, l'attaque de la droite du général Colaud fut ralentie par les tirs de canon hanovriens; Houchard se plaça devant les troupes de Colaud et, tirant son épée, mena une charge féroce à la baïonnette contre les retranchements hanovriens. Les trois divisions se rapprochaient en même temps, mettant simultanément la pression sur tous les côtés de l'armée piégée de Wallmoden. Au centre, Jourdan fut légèrement blessé à la poitrine et son commandement fut repris par Delbrel, l'un des représentants en mission qui n'avait aucune expérience militaire.
Delbrel agit au moment opportun, synchronisant sa charge avec l'attaque à la baïonnette de Houchard sur la droite. À peu près au même moment, les troupes de Leclaire pénétrèrent dans Hondschoote même. La ligne hanovrienne s'effondra et les alliés entamèrent une retraite désordonnée vers le quartier général de York à Furnes. Avec la défaite de son armée de couverture, York était désormais exposé, pris en étau entre les hommes de Houchard à Hondschoote et la garnison française de 8 000 hommes à Dunkerque. Toujours sans signe de la flotte de la Manche, York tint un conseil de guerre cette nuit-là, au cours duquel la décision de battre en retraite fut prise. Vers minuit, le siège fut levé et York ordonna à tous ses soldats de se replier sur Furnes. La bataille se solda par une victoire française et Dunkerque fut sauvée.
Conséquences
Le siège de Dunkerque et la bataille de Hondschoote s'avérèrent être l'une des opérations les plus meurtrières de la guerre jusqu'alors. Le duc d'York avait perdu environ 3 000 hommes lors du siège, principalement à cause de maladies, tandis que les Hanovriens avaient perdu 2 236 hommes à Hondschoote, ce qui portait le total des pertes de York au cours de l'opération à environ 5 000 hommes. Les Français subirent également des pertes importantes, entre 1 500 et 2 500 hommes.
Le général Houchard avait fait ses preuves au combat et remporté une grande victoire sur la coalition. Mais même cela ne le sauva pas d'un destin macabre. Immédiatement après la bataille, Houchard ne fit guère d'efforts pour harceler la retraite de York, ignorant les ordres du Comité de salut public qui lui demandait de "jeter les Anglais à la mer" (Palmer, 94). Lorsque Lavasseur le pressa d'avancer, Houchard refusa, soulignant que Lavasseur n'était pas un militaire. Peut-être la victoire l'avait-elle rendu plus confiant en ses capacités de commandant, ou peut-être pensait-il à ses soldats épuisés et meurtris. Quoi qu'il en soit, son inaction s'avéra fatale. Pour ne pas avoir su tirer parti de sa victoire, Houchard fut démis de ses fonctions et rappelé à Paris. Là, il fut accusé de lâcheté et guillotiné le 15 novembre 1793. Il avait commandé l'armée du Nord pendant six semaines.
Le commandement de l'armée revint à Jourdan, qui profita de la victoire à Hondschoote pour vaincre les Autrichiens lors de la bataille de Wattignies un mois plus tard. Ensemble, les succès français à Hondschoote et Wattignies contribuèrent à sauver la République française de la destruction, contribuant grandement à la victoire française dans la guerre de la Première Coalition (1792-1797).
