Méliton de Sardes et son Apologie

Joshua J. Mark
de , traduit par Jerome Couturier
publié le
Translations
Version Audio Imprimer PDF

Méliton de Sardes (mort vers 180 ap. J.-C.) était un évêque de la ville de Sardes (près de l'actuelle Sart, en Turquie) considéré comme l'un des plus grands penseurs, écrivains et apologistes chrétiens de son temps. Il est surtout connu aujourd'hui pour son Apologie en faveur du Christianisme envoyée à l'empereur Marc Aurèle, concernant la persécution des Chrétiens.

Il est cependant aussi reconnu pour ses travaux sur l'Ancien Testament, ses commentaires sur les Écritures et son plaidoyer pour la célébration de Pâques en même temps que la Pâque juive afin de maintenir la relation entre le Judaïsme et le Christianisme. Son homélie Peri Pascha (Sur la Pâque), découverte seulement au siècle dernier, traite de la validité de la pratique des Quartodécimans (du latin, "quatorzième") qui soutenaient que Pâques devait être célébrée le 14 du mois de Nisan (mars-avril) conformément à la tradition juive. A cause de cela et d'autres détails dans ses œuvres, on pensait qu'il était un converti du Judaïsme.

Supprimer la pub
Publicité
Temple of Artemis, Sardis
Temple d'Artémis, Sardes (Turquie) Carole Raddato (CC BY-SA)

Méliton fut également critiqué pour avoir encouragé l'accusation de déicide à l'égard des Juifs dans son Peri Pascha, déclarant que les Juifs avaient tué le Christ, argument utilisé pour justifier la persécution des Juifs à son époque, et ceci jusqu'à nos jours. L'Apologie ne fut découverte qu'en 1940, mais elle fut citée par des écrivains anciens tels qu'Eusèbe de Césarée, et était donc connue après l'époque de Méliton. Ses défenseurs notent qu'il ne faisait en réalité que répéter ou commenter des passages du Nouveau Testament où l'accusation de déicide trouve son origine.

TOUT AU LONG DE L'APOLOGIE, MÉLITON S'ADRESSE À MARC AURÈLE EN TANT QUE PROTECTEUR BIENVEILLANT, NON COMME PERSÉCUTEUR.

Méliton a été identifié aussi comme "l'ange" de l'église de Sardes mentionné dans l'Apocalypse de Jean, qui est puni, ainsi que son église, pour sa réputation: "tu passes pour être vivant, mais tu es mort" (Apocalypse 3:1). Ceci est interprété comme signifiant que l'église et son chef maintenaient une apparence de piété mais sans substance. Mais cette déclaration n'est pas tenable car l'Apocalypse est datée d'environ 95 ap. J.-C., soit avant l'époque de Méliton. Méliton écrivit plus tard un commentaire sur l'œuvre.

Supprimer la pub
Publicité

Sous son règne, Méliton envoya à Marc Aurèle (r. de 161 à 180 ap. J.-C.) la maintenant célèbre Apologie en faveur du Christianisme lui demandant de mettre fin aux persécutions des Chrétiens en Asie Mineure. Tout au long de l'Apologie (c'est à dire une défense), Méliton s'adresse à Marc Aurèle en tant que protecteur bienveillant, et non comme persécuteur. Le document est souvent cité par les chercheurs qui soutiennent que Marc Aurèle n'émit aucun édit autorisant la persécution des Chrétiens, il chercha au contraire à les protéger.

L'Apologie de Méliton, généralement datée d'env. 169-170 ap J.-C., n'atteignit peut-être jamais Marc Aurèle qui était à cette époque loin de Rome, en campagne le long du Danube. Les points de l'Apologie furent ignorés par les successeurs de Marc Aurèle, notamment Dioclétien (r. de 284 à 305 de notre ère), que ses persécutions rendirent tristement célèbre dans toute la communauté chrétienne. Méliton mourut, peut-être à la suite des persécutions qu'il décrit dans l'Apologie, vers 180 ap. J.-C.

Supprimer la pub
Publicité

Œuvres de Méliton

On ne sait rien de la vie de Méliton. C'était un contemporain de certains des écrivains et penseurs chrétiens les plus connus du IIe siècle ap. J.-C., notamment Clément d'Alexandrie (c. 150-215 ap. J.-C.), Polycarpe de Smyrne (69-155 ap. J.-C.), Polycrate d'Éphèse (c. 130-196 ap. J.-C.) et Tertullien (c. 155-220 ap. J.-C.). Méliton était très probablement d'origine juive et était bien éduqué. Son travail suggère fortement aussi une formation en philosophie stoïcienne.

Eusebius
Eusèbe de Césarée, Évangile de Toros Roslin (Walters Art Museum, Baltimore, MA) T'oros Roslin of Hromkla (Public Domain)

Une liste de ses œuvres, et un bref commentaire sur sa vie, est donnée par l'historien militant chrétien Eusèbe de Césarée qui le décrit comme vivant en eunuque (resté célibataire) et entièrement dévoué au service de Dieu (Histoire Ecclésiastique V.24.5). Il est également identifié comme l'évêque de Sardes qui fut impliqué dans la controverse sur l'observance de Pâques. Eusèbe cite ses œuvres connues:

  • Apologie
  • Sur la Vie Chrétienne et les Prophètes
  • Sur l'Église
  • Sur le Jour du Seigneur
  • Sur la Pâque

Eusèbe mentionne également d'autres œuvres (il semble y en avoir eu au moins quatorze), perdues à son époque, et qui couvraient des sujets tels que la création, le Christ, la foi, le baptême, l'âme, le diable et le Livre de l'Apocalypse. Méliton écrivit également une apologie au prédécesseur de Marc Aurèle, Antonin le Pieux (r. 138-161). Bien que ceci ait été contestée, et que certains chercheurs soutiennent qu'elle était adressée à un autre empereur, le texte du document, et la date de décès approximative de Méliton, plaident pour Antonin. Comme c'était un auteur populaire, de nombreuses autres œuvres lui furent attribuées alors qu'elles furent clairement écrites par d'autres, ou longtemps après sa mort.

Supprimer la pub
Publicité
UNE CONTROVERSE PORTAIT SUR LA QUESTION DE SAVOIR SI LA PÂQUE/PÂQUES DEVAIT ÊTRE CÉLÉBRÉE UN JOUR SPÉCIFIQUE DU MOIS.

Eusèbe mentionne également d'autres écrits cités dans des lettres de Méliton à un certain Onésime qui lui avait demandé des informations sur les livres de l'Ancien Testament. D'après ces lettres, Méliton aurait également écrit sur le Pentateuque, les livres de Josué, des Juges, de Ruth, le 2ème livre des Rois, le 2ème livre des Chroniques, les Psaumes, les Proverbes, l'Ecclésiaste et sur de nombreux autres récits de l'Ancien Testament. Les chercheurs ont retenu que la référence à un "Ancien Testament" signifie qu'il devait y avoir un "Nouveau Testament" déjà établi à l'époque de Méliton. Ceci a donné aux historiens, théologiens et biblistes modernes une meilleure compréhension du développement de la Bible.

Accusation d'Antisémitisme

Eusèbe, discute du Peri Pascha, et identifie Méliton comme un Quartodéciman, c'est à dire ceux qui insistaient pour que la Pâque soit célébrée le 14 du mois de Nisan. De plus, les Quartodécimans souhaitaient observer la Pâque plutôt que Pâques (le dimanche suivant), car dans les Évangiles, Jésus-Christ préside un repas de Pâque, les fêtes de Pâques n'existaient évidemment pas. Cette controverse portait également sur la question de savoir si la Pâque/Pâques devait être célébrée un jour spécifique du mois ou de la semaine au cours de laquelle le Christ était censé être mort et avoir ressuscité.

Jewish Bread-Stamp from Sardis
Tampon à Pain Juif de Sardes (British Museum, Londres) Osama Shukir Muhammed Amin (Copyright)

Méliton défendait le point de vue quartodéciman car les églises d'Asie Mineure célébraient traditionnellement la Pâque en mémoire du Christ le 14 de Nisan. Afin d'uniformiser les pratiques de l'Église, les évêques de Rome condamnèrent les Quartodécimans, insistant sur le fait que Pâques devait toujours être célébrée un dimanche, et plus précisément, le dimanche suivant la première pleine lune après l'équinoxe de printemps. La question fut finalement résolue en faveur des évêques de Rome au Concile de Nicée en 325 ap. J.-C.

Supprimer la pub
Publicité

Dans son Peri Pascha, Méliton ne discute pas directement la controverse, mais se concentre sur la signification de la Pâque pour les Chrétiens. Il fonde ses arguments sur l'Évangile de Jean (qu'il semble avoir privilégié dans le reste de son œuvre), lequel, selon Polycarpe, évêque de Smyrne, fut bien écrit par Jean, l'apôtre du Christ, et serait donc le plus précis. Polycarpe disait que Jean avait institué la célébration de la Pâque le 14 Nisan, et pour Méliton, cela devrait suffire à justifier la poursuite de cette pratique. Tout au long de son ouvrage, Méliton s'identifie à la tradition juive, semblant même baser des passages sur la Haggadah, le texte utilisé pour observer le Seder de la Pâque, le banquet rituel juif.

En même temps, il semble encourager l'accusation de déicide contre les Juifs quand il affirme que "le Roi d'Israël fut tué par les Israélites". Mais, comme l'ont noté les chercheurs modernes, il reprend ici l'accusation telle qu'elle apparaît dans le Nouveau Testament et, Méliton privilégiant son Évangile, plus précisément dans Jean:

C'est pourquoi les Juifs persécutaient Jésus et cherchaient à le tuer, parce qu'il avait fait ces choses le jour du sabbat. Mais Jésus leur répondit: Mon Père agit jusqu'à présent, et moi aussi j'agis. C'est ainsi que les Juifs cherchaient d'autant plus à le faire mourir, parce qu'il avait non seulement rompu le sabbat, mais il disait aussi que Dieu était son Père, se faisant lui-même égal à Dieu. (Jean 5:16-18)

La référence de Méliton au meurtre de Jésus par les Juifs conduisit à l'accusation qu'il était antisémite et encourageait la persécution des Juifs, mais ceci n'est étayé ni par le texte ni par les valeurs culturelles de Sardes qui était une ville mélangée sur le plan religieux. Méliton, en fait, prône le pardon, la compassion et la réconciliation avec Dieu pour tous les gens, y compris les Juifs. Ils n'étaient guère marginalisés à Sardes et constituaient une part importante de la population à partir du 3ème siècle av. J.-C., tout comme les Chrétiens plus tard. Dire que Méliton était antisémite ou encourageait les abus envers la communauté juive de Sardes ou d'ailleurs est intenable. Tout les passages interprétés comme antisémites dans son œuvre sont typique des écrits chrétiens de son époque et au fil des siècles ensuite.

Vous aimez l'Histoire?

Abonnez-vous à notre newsletter hebdomadaire gratuite!

Persécution sous Marc Aurèle

Quand Sardes était sous le contrôle de l'Empire Séleucide (312-63 av. J.-C.), le roi Antiochos III (r. de 223 à 187 av. J.-C.) encouragea les Juifs à s'y installer pour accroître la population. Au 1er siècle ap. J.-C., quand la ville était sous domination romaine, la liberté de religion pour les Juifs était respectée et cette politique se poursuivit sous Hadrien (r. de 117 à 138 de notre ère) et Antonin le Pieux. Tous deux furent également bienveillants à l'égard de la nouvelle secte du Christianisme qui, à cette époque en Asie Mineure, était encore associée au Judaïsme. La même tolérance semble avoir été accordée aux Chrétiens.

Marcus Aurelius Equestrian Statue
Satue Équestre de Marc Aurèle, Musée du Capitole (Rome) Mark Cartwright (CC BY-NC-SA)

Malgré cela, sous Marc Aurèle, les Chrétiens d'Asie Mineure en général, et ceux de Sardes en particulier, furent victimes de persécutions, incluant des impôts exorbitants et la confiscation de maisons et de biens. Ces persécutions ont été régulièrement attribuées à un décret impérial de Marc Aurèle, mais ceci fut contesté et rejeté par les chercheurs. Le spécialiste Donald J. Robertson fait référence à un édit émis par Marc Aurèle en 161 ap. J.-C., la première année de son accession au pouvoir, concernant le problème de la persécution des Chrétiens, et interdisant cette pratique:

[Aurèle] fait explicitement référence au problème des Chrétiens, qui sont considérés par les Romains comme athées parce qu'ils ne vénèrent pas les dieux païens conventionnels. Marc Aurèle met en garde les autorités provinciales: "en les accusant d'être athées, vous harcelez ces gens et les endurcissez dans leurs convictions, auxquelles ils sont fermement attachés". Il déclare que des gouverneurs provinciaux avaient maintes fois écrit à son père adoptif, Antonin le Pieux, dont la réponse était toujours de "ne pas molester ces gens" à moins qu'ils ne tentent réellement de saper le gouvernement romain. Marc Aurèle dit leur avoir également souvent répété cette politique de non-harcèlement lui-même en tant qu'empereur. Il va même jusqu'à dire: "et si quelqu'un persiste à causer des ennuis à un tel individu [chrétien] pour ce qu'il est, que celui contre qui l'accusation est portée soit acquitté même si l'accusation est prouvée, et que celui qui porte l'accusation soit tenu responsable". En d'autres termes, il suggère que les autorités provinciales pourraient être punies par Rome pour avoir persécuté des Chrétiens uniquement en raison de leur religion. (4)

Telle était sans doute la perception que Méliton avait de Marc Aurèle lorsqu'il lui envoya son Apologie: c'étaient les gouverneurs provinciaux qui encourageaient la persécution des Chrétiens, et non l'empereur lui-même.

Supprimer la pub
Publicité

Le Texte de l'Apologie

Le passage de l'Apologie ci-dessous (de même que celle, antérieure, à Antonin) est de ton cordial, comme si Méliton s'adresse à un ami. Il commence par décrire la persécution des Chrétiens en Asie Mineure et demande à Marc Aurèle d'intercéder en leur faveur. Il souligne ensuite l'essor de Rome depuis l'avènement du Christianisme, et le fait que les Chrétiens ne furent persécutés que sous de "mauvais empereurs" tels que Néron et Domitien. Il mentionne l'ascendance adoptive de Marc Aurèle en citant Hadrien et Antonin le Pieux et leurs politiques favorables aux Chrétiens, et rappelle l'édit d'Hadrien d'env. 122 ap. J.-C. au proconsul d'Asie Mineure, Caius Minicius Fundanus (IIe siècle ap. J.-C.) assurant que tout Chrétien accusé d'un crime serait traité équitablement devant un tribunal. L'Apologie se termine sur un rappel des politiques bienveillantes à l'égard des Chrétiens de Marc Aurèle lui-même, et l'attente de Méliton de le voir intercéder en leur faveur.

Le passage suivant est tiré de Collected Works of Melito of Sardis (traducteur inconnu):

Car la race des hommes pieux est maintenant persécutée d'une manière contraire à tout précédent, harcelée par un nouveau genre d'édit partout en Asie. Des délateurs effrontés et avides des biens d'autrui, profitant des ordres émis, commettent leurs vols sans se cacher, pillant jour et nuit des gens innocents.

Si ces procédés ont lieu sur ton ordre, tant mieux, car un souverain juste ne prendra jamais de mesures injustes; et nous, pour notre part, acceptons volontiers l'honneur d'une telle mort. Nous ne te faisons que cette requête: qu'avant tout tu examines par toi-même le comportement de ces agents réputés pour tant de troubles, puis que tu prennes une juste décision quant à savoir s'ils méritent la mort et le châtiment ou s'ils méritent de vivre en sécurité et en paix. Si au contraire il s'avère que cette mesure et ce nouveau genre de commandement, qu'il serait inconvenant d'employer même contre des ennemis barbares, ne viennent pas de toi, alors nous te prions d'autant plus de ne pas nous laisser ainsi exposés à la spoliation de la populace.

Car la philosophie courante chez nous s'épanouit d'abord chez les barbares. Quand elle surgit ensuite parmi les nations sous ta domination, pendant le règne éminent de ton ancêtre Auguste, elle s'avéra être une bénédiction de très heureux augure pour ton empire. Depuis lors, la puissance romaine a atteint grandeur et splendeur. Tu as succédé à cette puissance comme le possesseur tant désiré, et tu continueras ainsi, avec ton fils, si tu protèges cette philosophie qui a grandi avec ton empire, et pris naissance avec Auguste; à laquelle aussi tes ancêtres plus récents ont rendu hommage, avec les autres religions dominantes dans l'empire.

De plus, une preuve très forte que c'est pour le bien que le système que nous professons a prévalu en même temps que s'est établi l'empire au début si heureux, est que depuis le règne d'Auguste, rien de fâcheux ne s'est produit. Au contraire, tout a contribué à la splendeur et à la renommée de l'empire, conformément aux vœux pieux de tous. Néron et Domitien, seuls de tous les empereurs, abusés par certains calomniateurs, ont cru bon de porter quelque accusation contre nos doctrines. Eux aussi sont la source à partir de laquelle les calomnies mensongères sur ceux qui les professent se sont répandues jusqu'à nos jours, conséquence de l'habitude insensée qui prévaut de croire les choses sur des ouï-dire.

Supprimer la pub
Publicité

Mais la voie que dans leur ignorance ils avaient suivie fut abandonnée par tes pieux ancêtres, qui à maintes reprises et dans de nombreux cas, réprimandèrent par leurs rescrits ceux qui osaient engager des hostilités contre eux. Il apparaît, par exemple, que ton grand-père Hadrien écrivit, entre autres, à Fundanus, le proconsul alors en charge de l'Asie. Ton père aussi, lorsque tu étais toi-même associé à lui dans l'administration de l'empire, écrivit aux cités, leur interdisant de prendre des mesures contre nous; entre autres aux habitants de Larissa, de Thessalonique, d'Athènes, en bref, à tous les Grecs.

Quant à toi, voyant que tes sentiments à l'égard des Chrétiens ne sont pas seulement les mêmes que les leurs, mais même bien plus généreux et sages, nous sommes d'autant plus persuadés que tu feras tout ce que nous te demandons.

Conclusion

Comme mentionné précédemment, on ne sait pas clairement si Marc Aurèle reçut jamais l'œuvre, car il était en campagne au moment où l'on pense qu'elle fut écrite et envoyée à Rome. Il est cependant évident que les persécutions décrite par Méliton continuèrent après la date généralement admise de l'Apologie de 169-170 ap. J.-C. Que les mauvais traitements des Chrétiens en Asie Mineure aient été l'œuvre d'administrateurs provinciaux, et non de Marc Aurèle, est évident car ils continuèrent de la même manière après sa mort, et le même type de harcèlement devait être plus tard infligé aux Wisigoths chrétiens et non chrétiens au IVe siècle ap. J.-C.

Il ne semble donc pas que les Chrétiens de l'époque de Méliton aient été persécutés pour leurs croyances, mais parce qu'ils étaient une population minoritaire et pouvaient être soumis à des abus sans crainte de représailles. Même après les édits d'Hadrien, d'Antonin et d'Aurèle, ces types de persécutions étaient encore encouragés en Asie Mineure et ailleurs dans l'Empire romain. Ceci suggère que l'avidité était la principale motivation de la confiscation des biens et des maisons, et non nécessairement les différences religieuses, même si la religion dut certainement jouer un rôle.

La date de la mort de Méliton est inconnue, mais on estime qu'elle devrait être autour de 180 ap. J.-C. Il est possible qu'il ait été tué au cours des persécutions mêmes auxquelles il espérait mettre fin grâce à son Apologie. Sa réputation d'érudit et de leader religieux pieux ne fit que croître après sa mort, et aujourd'hui encore, on continue d'être reconnu comme l'un des plus grands apologistes de l'Église primitive, suffisamment confiant dans sa foi pour écrire aux empereurs comme à des amis.

Supprimer la pub
Publicité

Questions & Réponses

Qui était Méliton de Sardes?

Méliton de Sardes (mort vers 180 ap. J.-C.) était un évêque de Sardes, en Lydie antique, Asie Mineure.

Pourquoi Méliton de Sardes est-il connu?

Méliton est surtout connu aujourd'hui pour son "Apologie" en faveur du Christianisme, une défense du Christianisme envoyée à l'empereur romain Marc Aurèle, demandant son intervention pour mettre fin à la persécution des Chrétiens.

Méliton de Sardes était-il "l'ange" de l'église de Sardes de Apocalypse 3:1?

Non. L'Apocalypse est daté d'env. 95 ap. J.-C., donc avant l'époque de Méliton de Sardes. Méliton écrivit un commentaire sur l'Apocalypse, et ne pouvait donc pas être "l'ange" d'Apocalypse 3:1.

Comment Méliton de Sardes est-il mort?

Méliton de Sardes mourut vers 180 ap. J.-C. et l'on pense qu'il fut tué lors des persécutions auxquelles il espérait mettre fin en envoyant son "Apologie" à Marc Aurèle.

Traducteur

Jerome Couturier
Je suis médecin, spécialisé en Génétique. J'aime l'Histoire et l'Antiquité depuis mon plus jeune âge. J'ai toujours eu un interêt pour la recherche dans divers domaines scientifiques, dont l'archéologie.

Auteur

Joshua J. Mark
Joshua J. Mark est cofondateur et Directeur de Contenu de la World History Encyclopedia. Il était auparavant professeur au Marist College (NY) où il a enseigné l'histoire, la philosophie, la littérature et l'écriture. Il a beaucoup voyagé et a vécu en Grèce et en Allemagne.

Citer cette ressource

Style APA

Mark, J. J. (2025, août 04). Méliton de Sardes et son Apologie. (J. Couturier, Traducteur). World History Encyclopedia. https://www.worldhistory.org/trans/fr/2-2097/meliton-de-sardes-et-son-apologie/

Style Chicago

Mark, Joshua J.. "Méliton de Sardes et son Apologie." Traduit par Jerome Couturier. World History Encyclopedia, août 04, 2025. https://www.worldhistory.org/trans/fr/2-2097/meliton-de-sardes-et-son-apologie/.

Style MLA

Mark, Joshua J.. "Méliton de Sardes et son Apologie." Traduit par Jerome Couturier. World History Encyclopedia, 04 août 2025, https://www.worldhistory.org/trans/fr/2-2097/meliton-de-sardes-et-son-apologie/.

Soutenez-nous Supprimer la pub