Empire Séleucide

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Définition

Joshua J. Mark
de , traduit par Babeth Étiève-Cartwright
publié le 22 octobre 2019
Disponible dans ces autres langues: anglais, allemand, espagnol
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Coin of Alexander Balas (by Wikipedia, Public Domain)
Pièce d'Alexandre Balas
Wikipedia (Public Domain)

L'empire séleucide (312-63 av. J.-C.) était la vaste entité politique établie par Séleucos Ier Nicator ("Victor" ou "Inconnu", c. 358-281 av. J.-C., r. de 305 à 281 av. J.-C.), l'un des généraux d'Alexandre le Grand qui revendiqua une partie de son empire après la mort d'Alexandre en 323 av. J.-C..

À sa mort, Alexandre n'avait pas laissé de successeur certain à son royaume, mais il avait déclaré qu'il devait revenir au "plus fort". C'est ainsi que commença le conflit entre ses principaux généraux, connu sous le nom de guerres des Diadoques ("successeurs"), qui divisa le vaste territoire d'Alexandre entre cinq d'entre eux: Cassandre, Ptolémée Ier Soter, Lysimaque, Antigone et Séleucos.

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Des quatre, Séleucos est sans doute celui qui réussit le mieux à accomplir ce qu'Alexandre avait entrepris: la création d'un empire multinational qui fusionnait harmonieusement les cultures orientales et occidentales. Au début, l'empire séleucide se caractérisait par la tolérance religieuse et culturelle, une bureaucratie efficace, un commerce lucratif et une expansion par le biais de campagnes militaires, créant un royaume qui s'étendait de la mer Méditerranée à la vallée de l'Indus.

Cependant, comme à Rome, la vaste étendue de l'empire et le désir d'autonomie de nombreuses régions finirent par devenir trop importants pour que le gouvernement central ne puisse les contrôler et l'empire séleucide commença à se fracturer. La montée en puissance de Rome, superpuissance méditerranéenne qui ne pouvait en tolérer une autre, et surtout la perte de la vision originale de Séleucos Ier par ses successeurs, vinrent s'ajouter à ses problèmes. L'empire séleucide commença à s'effriter après 100 avant notre ère et finit par être renversé par Rome grâce aux efforts de son général Pompée le Grand (c. 106-48 av. J.-C.) en 63 avant notre ère.

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Les premiers souverains séleucides mirent en œuvre des politiques visant à encourager un empire homogène qui mélangeait les valeurs culturelles hellénistiques et celles du Proche-Orient.

Fondation et expansion

Alexandre le Grand (356-323 av. J.-C.) avait conquis l'empire perse achéménide en 330 av. J.-C. et, après sa mort, ses généraux se retrouvèrent avec un immense royaume qui englobait la Grèce, la Mésopotamie, l'Anatolie, l'Égypte, le Levant et l'Asie centrale. Après une lutte pour le pouvoir, ils se le partagèrent: Cassandre prit la Grèce, Ptolémée Ier Sôter l'Égypte, Lysimaque la Thrace et l'Anatolie, Antigone - qui tenait l'Anatolie - mourut à la bataille d'Ipsos en 301 avant J.-C., et Séleucos, qui avait revendiqué Babylone, prit la Mésopotamie et l'Asie centrale.

Alexandre avait étendu son influence jusqu'en Inde, établissant des villes et laissant des satrapes (gouverneurs) pour les administrer. Vers 305 avant notre ère, le roi Chandragupta Maurya reprit un certain nombre de ces régions et Séleucos déclencha la guerre séleucide-mauryenne (305-303 av. J.-C.) qui aboutit à un traité par lequel Séleucos renonçait aux régions contestées en échange d'accords commerciaux et du respect de ses frontières.

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Hellenistic Successor Kingdoms c. 301 BCE
Royaumes des diadoques, 301 av. J.-C.
Simeon Netchev (CC BY-NC-ND)

Séleucos semble avoir été partout à la fois, prenant toutes les régions qu'il put à ses anciens compagnons d'armes, en particulier à Antigone, jusqu'à la défaite de ce dernier à Ipsos en 301 avant J.-C. (victoire due en grande partie à l'utilisation par Séleucos d'éléphants de guerre qu'il avait reçus de Chandragupta en vertu d'un traité). En 300 avant notre ère, Séleucos contrôlait la Mésopotamie (y compris la Syrie), la Cappadoce et l'Arménie. Il fonda une capitale, la ville d'Antioche, sur l'Oronte, pour administrer la partie occidentale de son royaume, et la ville de Séleucie, sur le Tigre, pour contrôler les régions orientales. Séleucos gouvernait depuis Antioche et fit de son fils, Antiochos Ier Soter (co-règne de 291 à 281 av. J.-C., r. de 281 à 261 av. J.-C.), le co-régent de Séleucie.

Vers 282 avant notre ère, Séleucos reçut deux invités d'Anatolie - Ptolémée Kéraunos (mort en 279 av. J.-C.) et sa sœur Lysandra - qui lui demandèrent de l'aide. Tous deux faisaient partie de la cour royale de Lysimaque et affirmèrent que ce dernier avait injustement tué son propre fils, Agathocle, sur de fausses accusations de trahison et qu'en tant que monarque, Séleucos devait venger la mort du prince. Bien que cela n'ait pas directment regardé Séleucos, les requérants étaient les enfants de Ptolémée II, fils de son ancien camarade Ptolémée Ier Soter qui avait hébergé Séleucos en Égypte dans les premières années de la guerre des Diadoques; cela donna à Séleucos l'excuse dont il avait besoin pour prendre leur parti, punir Lysimaque et ajouter l'Anatolie à son empire.

Seleucus I Nicator
Séléucos Ier Nicator
Carole Raddato (CC BY-NC-SA)

Séleucos marcha sur l'Anatolie, la prit à Lysimaque et le tua. Séleucos était désormais le dernier survivant des Diadoques et, après avoir consolidé son emprise sur l'Anatolie, il se prépara à envahir la Grèce. En 281 avant notre ère, alors qu'il était en plein milieu de ces préparatifs, il fut assassiné par Ptolémée Kéraunos, qui revendiqua alors l'Anatolie avant de fuir en Grèce et de se proclamer roi de Macédoine. Son règne fut cependant de courte durée, puisqu'il fut tué lors d'une bataille en 279 avant notre ère.

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Développement et gouvernement

Antiochos Ier Soter devint empereur et poursuivit la politique de son père en encourageant la création d'un empire homogène mêlant les valeurs culturelles hellénistiques à celles du Proche-Orient. L'érudit Cormac O'Brien décrit la politique séleucide:

Gouverner en tant que Grecs dans une immense mer de non-Grecs aurait été stupide, voire impossible, et c'est pourquoi les Séleucides devinrent les deux à la fois. Leur propre administration n'étant que la plus récente d'une série de couches ethniques remontant à plusieurs siècles, Séleucos et ses successeurs étaient heureux d'adopter les cultes, les dieux et les pratiques des vénérables États qui les avaient précédés... C'était l'esprit de l'hellénisme - l'amalgame de l'Occident et de l'Orient qui forgea une ère nouvelle et dynamique. L'entreprise séleucide en était la manifestation la plus évidente. (204)

L'Empire perse achéménide avait fonctionné aussi bien grâce à une politique de gouvernement centralisé et d'administration décentralisée. Le roi (l'empereur) était le pouvoir suprême, mais il prenait conseil auprès de ses conseillers qui transmettaient ses décrets à des secrétaires qui les relayaient ensuite aux gouverneurs régionaux (les satrapes). Chaque satrapie était administrée par un gouverneur qui n'avait d'autorité que sur les questions bureaucratiques et administratives, tandis qu'un autre fonctionnaire - un général de confiance - supervisait les questions militaires et policières. Cette répartition des responsabilités dans chaque satrapie réduisait le risque qu'un gouverneur régional n'accumule suffisamment de pouvoir grâce à une armée loyale pour tenter un coup d'État. Le gouverneur d'une région n'avait pas de pouvoir militaire et le général n'avait pas les moyens de soudoyer une armée pour qu'elle soutienne une prise de pouvoir.

Alexandre avait maintenu cette forme de gouvernement et Séleucos la poursuivit. Malgré cela, après sa mort, des régions comme l'Arménie et la Cappadoce virent une chance de se détacher de l'empire et se révoltèrent. Au même moment, Ptolémée II d'Égypte revendiqua la Syrie et ses riches routes commerciales et déclara la guerre à Antiochos Ier Soter. Vers 278 avant notre ère, le roi Nicomède de Bithynie (r. de 278 à 255 avant notre ère) invita les Celtes en Anatolie pour l'aider à évincer son frère et, par la suite, ils pillèrent les villes et détruisirent les champs et les récoltes de tous ceux qui ne pouvaient pas - ou ne voulaient pas - leur verser de l'argent pour leur protection.

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Tetradrachm Coin from Seleucid Syria
Tétradrachme de Syrie séléucide
Osama Shukir Muhammed Amin (Copyright)

Antiochos Ier Soter vainquit les Celtes lors de la bataille dite des éléphants (vers 275 av. J.-C.), au cours de laquelle il lâcha son important contingent d'éléphants de guerre sur ses ennemis, les mettant en déroute. Les Celtes recherchèrent rapidement la paix et s'offrirent en tant que mercenaires contre Ptolémée II et les États rebelles. Antiochos suivit l'exemple de son père en élevant son fils, Antiochos II Théos (r. de 261 à 246 av. J.-C.), au rang de co-dirigeant, tandis qu'ils s'efforçaient de préserver l'unité de l'empire - ce qu'ils réussirent à faire jusqu'à la fin du règne d'Antiochos II Théos.

Arsace, de la tribu des Parni de Parthie, se révolta et se sépara de l'empire en 247 avant notre ère, se proclamant Arsace Ier de Parthie (r. de 247 à 217 av. J.-C.) et établissant le noyau de ce qui deviendrait plus tard l'Empire parthe. En 245 avant notre ère, le gouverneur régional Diodote de Bactriane (mort en 239 av. J.-C.) fit sécession, créant le royaume gréco-bactrien à l'extrême frontière orientale. Les successeurs d'Antiochos II Théos, Séleucos II Callinique (r. de 246 à 225 av. J.-C.) et Séleucos III Kéraunos (r. de 225 à 223 av. J.-C.) ne purent rien faire pour ramener les États sécessionnistes sous leur contrôle et, dans le même temps, ils durent faire face à une économie défaillante et à la puissance croissante des Celtes - auparavant quelque peu sous le contrôle des Séleucides - qui s'établirent dans la région anatolienne de la Galatie.

Antiochos III le Grand

L'empire séleucide était en difficulté depuis la mort de Séleucos, mais une autre puissance se développa rapidement. Alors que les Séleucides étaient les maîtres des batailles terrestres et du commerce, la ville nord-africaine de Carthage dominait les mers, tant sur le plan commercial que militaire. En 264 avant notre ère, Carthage entra en conflit avec la petite cité-État de Rome à propos d'un différend entre deux royaumes de Sicile dans lesquels chacun avait des intérêts. Ce conflit déboucha sur la première guerre punique (264-241 av. J.-C.), qui se termina par la victoire de Rome, nouvelle superpuissance, et la défaite de Carthage, contrainte de payer une lourde indemnité de guerre.

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Les événements impliquant Rome et Carthage ne préoccupaient guère les souverains séleucides, comparés aux luttes qu'ils menaient pour préserver l'intégrité de leur empire. Malgré toutes les mesures de protection contre la révolte et les politiques indulgentes à l'égard des valeurs culturelles et religieuses des peuples, les Séleucides ne parvenaient toujours pas à contrôler le désir de liberté des peuples, qui voulaient décider de leur propre destin.

Seleucid Empire 200 BCE
L'Empire Séleucide vers 200 av. JC
Thomas Lessman (CC BY-SA)

Le déclin des Séleucides fut stoppé, puis inversé, par le fils de Séleucos II Callinique, Antiochos III (r. de 223 à 187 av. J.-C., connu sous le nom de "Le Grand"), qui conduisit en personne ses troupes à travers l'empire, défaisant les États naissants et les ramenant dans le giron de l'empire. Pendant plus de vingt ans (c. 219-199 av. J.-C.), Antiochos III fit campagne du Levant à l'Inde, soumettant la Bactriane et l'Asie mineure (une campagne qui inclut le siège de Sardes, 215-213), faisant la paix avec les Parthes et gagnant la Judée et la Syrie sur l'Égypte.

Alors qu'Antiochos III restaurait son empire à son ancienne gloire, Rome entra à nouveau en guerre contre Carthage lors de la deuxième guerre punique (218-202 av. J.-C.). Hannibal Barca (247-183 av. J.-C.), ennemi juré de Rome et plus grand général de Carthage, avait rompu la paix en marchant sur Saguntum, en Espagne, en 218 av. J.-C., puis avait conduit son armée à travers les Alpes pour envahir l'Italie. Il ne fut finalement vaincu que grâce à l'habileté du général romain Scipion l'Africain (alias Scipion l'Ancien) lors de la bataille de Zama en 202 avant notre ère.

Hannibal avait été aidé par Philippe V de Macédoine (r. de 221 à 179 av. J.-C.) qui, vers 205 av. J.-C., s'était allié à Antiochos III pour vaincre l'Égypte. Bien que l'alliance ait assez bien fonctionné contre la présence égyptienne au Levant et en Judée, Antiochos III fut dissuadé par les Romains d'envahir l'Égypte, amie de Rome et sa principale source de céréales. Après la défaite de Carthage, Rome punit Philippe V, l'accusant d'avoir aidé son ennemi et, en outre, d'avoir exercé une tyrannie sur les Grecs. Prétendant libérer les cités-États grecques, ils envahirent la Grèce et battirent Philippe V à la bataille de Cynoscéphales en 197 avant notre ère.

Antiochos III se doutait qu'il serait le prochain sur la liste de Rome et décida de frapper le premier. Il avait été encouragé dans cette voie par Hannibal qui, après Zama, arriva à sa cour et devint l'un de ses conseillers les plus importants jusqu'à ce que Rome n'exige sa reddition et qu'il ne se suicide. Antiochos III, même sans les conseils d'Hannibal, pensait pouvoir battre Rome. Il traversa l'Hellespont et affronta les Romains aux Thermopyles en 191 avant notre ère, puis à Magnésie en 190 avant notre ère. Il fut vaincu dans les deux combats avec de lourdes pertes et rentra chez lui sans avoir d'autre choix que d'accepter les conditions proposées par Rome. Conformément au traité d'Apamée de 188 avant notre ère, il fut contraint de se retirer d'Anatolie, de réduire ses territoires à la limite des monts Taurus (perdant ainsi toutes les régions situées au nord et à l'ouest), de payer une importante indemnité de guerre et de s'engager à ne plus jamais faire la guerre en Europe. Le traité stipulait également l'envoi à Rome d'otages annuels de la cour séleucide, une politique qui influencerait les monarques séleucides ultérieurs. Peu après, Antiochos III mourut en campagne dans l'est, tué lors du pillage d'un temple au Luristan en 187 avant notre ère, dans le cadre de ses efforts pour réunir l'argent nécessaire au paiement de l'indemnité.

Antiochos IV Épiphane et les Maccabées

Le fils et successeur d'Antiochos III, Séleucos IV Philopator (r. de 187 à 175 av. J.-C.), poursuivit les efforts de remboursement de la dette de guerre au point d'en faire son principal objectif. Il fut assassiné en 175 avant notre ère et le pouvoir passa à l'autre fils d'Antiochos III, Antiochos IV Épiphane (r. de 175 à 164 av. J.-C.). Antiochos IV avait été envoyé à Rome en tant qu'otage à la suite du traité d'Apamée et connaissait de première main les politiques et les pratiques romaines.

Hellenistic Palace Qasr Al-Abd
Palais hellénistique de Qasr Al-Abed
Carole Raddato (CC BY-NC-SA)

Il attaqua l'Égypte, prenant la majeure partie du pays, en réponse à l'agression de l'Égypte en Syrie, mais permit au roi, Ptolémée VI, de rester au pouvoir en tant que sa marionnette. L'ordre social fut ainsi maintenu, le grain continua d'affluer vers Rome sans interruption et, comme Antiochos l'avait espéré, les Romains n'intervinrent pas. Cependant, Ptolémée VI s'allia à son frère, Ptolémée VII, pour tenter de se débarrasser de la domination séleucide, ce qui incita Antiochos IV à revenir pour une deuxième campagne.

Il fut arrêté par un ambassadeur romain d'un âge certain, Caius Popillius Laenas, qui, selon Polybe (29.27), lui dit que le sénat romain voulait qu'il se retire. Laenas refusa de saluer Antiochos IV de la manière qui seyait à un monarque et, au lieu de cela, traça un cercle autour de lui dans la terre à l'aide d'un bâton, lui disant qu'il lui fallait une réponse avant qu'Antiochos IV ne sorte du cercle et que, si cette réponse n'était pas conforme aux souhaits de Rome, il serait considéré comme l'ennemi de Rome. Antiochos IV, conscient des conséquences d'une guerre contre Rome, accepta de se retirer, laissant l'Égypte en paix.

À la même époque (vers 168 av. J.-C.), un conflit couvait dans la province séleucide de Judée entre les Juifs conservateurs qui cherchaient à maintenir leur héritage religieux et culturel et les Juifs hellénisés qui avaient adopté les manières et les coutumes séleucides. Cette tension finit par atteindre son paroxysme lors d'une dispute concernant le poste de grand prêtre du temple de Jérusalem. Le grand prêtre était traditionnellement issu de la famille Oniad et, vers 175 avant notre ère, l'un de ses membres, Josué, paya Antiochos IV pour qu'il le promeuve à ce poste et qu'il dépose son frère, Onias III, le prêtre légitime. Antiochos IV accepta, Josué hellénisa alors son nom en Jason et encouragea les coutumes grecques dans la ville et autour du temple, notamment en construisant un gymnase dans l'enceinte sacrée (où les gens s'exerçaient nus, ce qui était considéré comme honteux par les Juifs).

Antiochos III avait maintenu le respect de Séleucos Ier pour les coutumes religieuses de tous les peuples de l'empire, mais Antiochos IV n'avait pas cette considération. Lorsque Jason envoya un messager, Ménélas, à Antiochos IV avec une somme d'argent, Ménélas proposa au roi de déposer Jason et de le choisir comme grand prêtre, ce qu'Antiochos IV accepta facilement. Ménélas prit le contrôle du temple, mais Jason leva un groupe armé de partisans et attaqua. Antiochos IV, qui n'avait jamais été connu pour sa patience ni sa considération, réclama alors que le temple lui soit dédié et décréta que les sacrifices qui y étaient faits le seraient en son honneur.

Cette action provoqua la révolte des Maccabées (c. 168/167 - 160 av. J.-C.), dirigée par Judas Maccabée, qui restaura le judaïsme et redédia le temple, un événement commémoré de nos jours par la fête de Hanoukka. Antiochos IV, incapable de rétablir l'ordre après avoir provoqué le chaos, mourut en 163 avant notre ère et laissa à ses successeurs le soin de régler les problèmes liés à la montée de la dynastie hasmonéenne en Judée et à l'affaiblissement constant de l'empire.

Déclin et chute

La monarchie séleucide qui succéda à Antiochos III semble avoir oublié, ou ignoré délibérément, la vision de Séleucos Ier, se concentrant sur son propre épanouissement aux dépens du peuple. Entre 163 et 145 avant notre ère, trois rois régnèrent, tous plus soucieux de défendre leur position que de gouverner. Tandis que les monarques se combattaient ouvertement ou intriguaient les uns contre les autres, la piraterie devint une option viable pour beaucoup de ceux qui essayaient de gagner leur vie en Cilicie, donnant naissance aux pirates ciliciens, une coalition de nombreuses nationalités différentes qui attaquaient désormais régulièrement les navires et les ports autour de la Méditerranée.

Pompée fit de la Syrie et de l'Anatolie des provinces romaines, mettant fin à la monarchie séleucide à peu près en même temps qu'il se débarassa des pirates ciliciens.

Les pirates ciliciens étaient encouragés et protégés par Diodote Tryphon (r. de 140 à 138 av. J.-C.), qui avait pris le pouvoir après qu'Antiochos VI Dionysios (145-140 av. J.-C.) eut fait de même, car les pirates pratiquaient le commerce des esclaves et les Séleucides avaient besoin d'esclaves autant que n'importe quelle autre puissance de l'époque. Le chaos de la monarchie à cette époque est illustré par la figure de Cléopâtre Théa (164-121 av. J.-C.), qui était à la fois un pion et une actrice dans les intrigues de cour de cinq souverains différents. Cléopâtre fut d'abord l'épouse d'Alexandre Balas (r. de 150 à 145 av. J.-C.) avant que son père, Ptolémée VI, n'envahisse la Syrie, ne tue Alexandre et ne la marie à Démétrios II Nicator (r. de 145 à 138 et de 129 à 126 av. J.-C.) qui fut capturé et détenu par les Parthes jusqu'en 129 avant J.-C..

Pendant sa captivité, son frère, Antiochos VII Évergète (r. de 138 à 129 av. J.-C.), épousa Cléopâtre pour accéder au trône. Les Parthes libérèrent Démétrios afin d'encourager un conflit dynastique, mais Antiochos VII Évergète fut tué par eux lors d'une bataille. Démétrios reprit le pouvoir pendant trois ans avant d'échouer dans une campagne contre l'Égypte, d'être trahi par Cléopâtre Théa et d'être assassiné. Lorsque son fils, Séleucos V Philométor (r. de 126 à 125 av. J.-C.) arriva au pouvoir, elle le fit tuer et installa son fils Antiochos VIII Grypos (r. de 125 à 96 av. J.-C.) comme roi. Elle tenta de le tuer lorsqu'il refusa de se plier à sa volonté, mais il l'obligea à boire la coupe empoisonnée qu'elle lui avait offerte.

À cette époque, il n'existait plus d'empire séleucide ressemblant de près ou de loin à la vision de Séleucos Ier, mais seulement un petit royaume en Syrie qui continuait à porter ce titre. Rome s'impliqua davantage dans la région environnante lors des guerres de Mithridate (89-63 av. J.-C.) contre le roi Mithridate VI du Pont (r. de 120 à 63 av. J.-C.) et le gendre de Mithridate VI, Tigrane le Grand d'Arménie (r. de 95 à 56 av. J.-C.), constatant qu'aucun des deux camps n'ait semblé se préoccuper du sort du royaume syrien, l'envahit et l'ajouta au sien. Son contrôle fut cependant de courte durée et, dès que le général Pompée eut vaincu Mithridate, il se tourna vers la Syrie et l'Anatolie, les transformant toutes deux en provinces romaines et mettant fin à la monarchie séleucide à peu près en même temps qu'il détruisait les pirates ciliciens.

Le dernier roi des Séleucides fut Philippe II Philoromée (r. de 65 à 63 av. J.-C.), dont on ne sait pas grand-chose en dehors d'une tentative désespérée de maintenir sa position, ce qui illustrait bien la monarchie séleucide dans son ensemble après Antiochos III. Une fois perdue la grande vision de Séleucos Ier d'un empire vaste et multiculturel vivant en paix - à partir du règne d'Antiochos IV Épiphane - le reste de l'histoire royale de l'empire fut marqué par l'arrogance, la négligence du peuple et des luttes de pouvoir mesquines qui finirent par les laisser les mains vides.

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Questions & Réponses

Qu'est-ce que l'empire séleucide ?

L'empire séleucide était une entité politique multinationale fondée par Séleucos Ier Nicator, l'un des généraux d'Alexandre le Grand, après la mort de ce dernier.

Quelles sont les dates de l'Empire séleucide ?

Les dates de l'Empire séleucide sont comprises entre 312 et 63 avant notre ère.

Quels furent les plus grands rois de l'empire séleucide ?

Deux des plus grands rois de l'empire séleucide sont Séleucos Ier Nicator (r. de 305 à 281 av. J.-C.), son fondateur, et Antiochos III (le Grand, r. de 223 à 187 av. J.-C.).

Quelle fut la cause de la chute de l'empire séleucide ?

L'empire séleucide s'effondra pour de nombreuses raisons: il était devenu trop grand pour être gouverné efficacement; les régions commencèrent à affirmer leur autonomie; les rois séleucides étaient plus intéressés par leur propre confort que par un gouvernement efficace; Rome s'éleva au rang de superpuissance. L'Empire séleucide finit par tomber aux mains de Pompée le Grand de Rome en 63 avant notre ère.

Traducteur

Babeth Étiève-Cartwright
Babeth s'est consacrée à la traduction après avoir enseigné l'anglais au British Council de Milan. Elle parle couramment le français, l'anglais et l'italien et a 25 ans d'expérience dans le domaine de l'éducation. Elle aime voyager et découvrir l'histoire et le patrimoine d'autres cultures.

Auteur

Joshua J. Mark
Auteur indépendant et ex-Professeur de Philosophie à temps partiel au Marist College de New York, Joshua J. Mark a vécu en Grèce et en Allemagne, et a voyagé à travers l'Égypte. Il a enseigné l'histoire, l'écriture, la littérature et la philosophie au niveau universitaire.

Citer cette ressource

Style APA

Mark, J. J. (2019, octobre 22). Empire Séleucide [Seleucid Empire]. (B. Étiève-Cartwright, Traducteur). World History Encyclopedia. Extrait de https://www.worldhistory.org/trans/fr/1-246/empire-seleucide/

Style Chicago

Mark, Joshua J.. "Empire Séleucide." Traduit par Babeth Étiève-Cartwright. World History Encyclopedia. modifié le octobre 22, 2019. https://www.worldhistory.org/trans/fr/1-246/empire-seleucide/.

Style MLA

Mark, Joshua J.. "Empire Séleucide." Traduit par Babeth Étiève-Cartwright. World History Encyclopedia. World History Encyclopedia, 22 oct. 2019. Web. 19 juil. 2024.

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