James Buchanan

Le président qui fit sombrer l'Union
Harrison W. Mark
par , traduit par Babeth Étiève-Cartwright
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James Buchanan (by Mathew Brady, Public Domain)
James Buchanan : 15e président des États-Unis Mathew Brady (Public Domain)

James Buchanan (1791-1868) était un homme politique américain qui occupa la fonction de quinzième président des États-Unis. Il prit ses fonctions à une époque de grave crise, alors que le pays était divisé entre les différentes régions sur la question de l'esclavage; son implication malvenue dans l'arrêt concernant l'affaire Dred Scott, ainsi que les allégations de corruption visant son administration, ne firent qu'aggraver les divisions et contribuèrent à son impopularité. Il ne fit pas grand-chose pour préserver l'Union lors de la crise de la sécession de 1860-1861, qui déboucha sur la guerre de Sécession. C'est pourquoi il est souvent considéré comme l'un des pires présidents de l'histoire des États-Unis.

Jeunesse

Buchanan vit le jour le 23 avril 1791 dans une cabane en rondins d'une seule pièce près de Mercersville, en Pennsylvanie. Il était l'un des onze enfants de James Buchanan père, qui avait émigré d'Irlande en 1783 et était alors le résident le plus riche de Mercersville, où il dirigeait une entreprise commerciale florissante. Sa mère, Elizabeth Speer Buchanan, menait une "vie chrétienne modeste" ; elle lisait souvent à ses fils, discutait de politique et de poésie avec eux, et citait des passages des œuvres de William Shakespeare (Hamilton, 121).

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En 1807, Buchanan, alors âgé de seize ans, fut inscrit au Dickinson College. Bien qu'il fût au départ un étudiant assidu, il se mit rapidement à faire de plus en plus la fête dans le but de gagner en popularité, et négligea ses études au profit du "tabac, des beuveries et de l'alcool à outrance" (ibid.). Il faillit être renvoyé de l'université en 1808 pour conduite désordonnée, mais, après avoir promis de bien se comporter, il se vit accorder une seconde chance et obtint son diplôme avec mention l'année suivante.

Buchanan se présenta aux élections à la Chambre des représentants de Pennsylvanie sous la bannière du Parti fédéraliste et devint le plus jeune membre de l'assemblée législative de l'État.

Il commença à étudier le droit et fut admis au barreau de Pennsylvanie en 1812. La même année, les États-Unis déclarèrent la guerre à la Grande-Bretagne, et le jeune Buchanan, ambitieux et avide de gloire, était impatient de se battre. Il s'engagea dans un régiment de volontaires et se rendit dans le sud pour défendre Baltimore; cependant, il ne participa jamais aux combats, et sa seule contribution notable à la guerre de 1812 fut la confiscation de chevaux destinés à l'armée américaine.

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Après la guerre, il rentra chez lui et se présenta aux élections à la Chambre des représentants de Pennsylvanie sous la bannière du Parti fédéraliste. Il fut élu et devint ainsi le plus jeune membre de l'assemblée législative de l'État. Il effectua deux mandats, mais renonça à son siège en 1816 afin de se consacrer à sa carrière d'avocat. En 1818, il avait amassé une fortune considérable et gagnait près de 11 000 dollars par an (soit près de 200 000 dollars actuels).

La même année, il fit la connaissance d'Anne Caroline Coleman lors d'un bal à Lancaster, en Pennsylvanie. Il était apparemment très épris et commença à la courtiser, mais son père, un riche propriétaire d'une forge, désapprouvait cette union. Lorsque Buchanan fit sa demande en mariage, Anne accepta avec joie; mais peu de temps après, son père la convainquit que Buchanan ne s'intéressait à elle que pour son argent, et elle rompit les fiançailles. Elle sombra alors dans la dépression et mourut peu après; selon les rumeurs, elle se serait suicidée, mais cela n'a jamais été prouvé.

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Quoi qu'il en soit, ses parents tinrent Buchanan pour responsable de sa mort et refusèrent de le laisser assister aux funérailles. Cette expérience fut sans aucun doute traumatisante pour Buchanan également, qui déclara: "J'ai le sentiment que le bonheur m'a quitté pour toujours" (Dunn, 37). Buchanan, qui resta célibataire toute sa vie, invoqua la mort d'Anne comme raison pour laquelle il ne s'était jamais marié.

Sous l'ère Jackson

En 1820, Buchanan fit son retour en politique en remportant un siège à la Chambre des représentants des États-Unis. Toute joie liée à sa victoire fut toutefois rapidement ternie, car son père trouva la mort dans un accident de calèche à peu près à la même époque. Au moment de son élection au Congrès, Buchanan était encore fédéraliste, du moins sur le papier. Mais en raison de son opposition à la guerre de 1812, le Parti fédéraliste était devenu impopulaire dans tout le pays et était en train de vivre une agonie lente et interminable.

L'ambitieux Buchanan, conscient que sa carrière toucherait à sa fin s'il ne changeait pas de camp, rejoignit le Parti républicain-démocrate, alors en plein essor. Il soutint dans un premier temps Henry Clay lors de l'élection présidentielle américaine de 1824, marquée par une lutte intense à quatre candidats. Mais lorsqu'il se rendit compte que ses électeurs de Pennsylvanie préféraient le général populiste Andrew Jackson, Buchanan apporta lui aussi son soutien à ce dernier. Finalement, Clay et Jackson perdirent tous deux l'élection face à John Quincy Adams.

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Gen. Andrew Jackson
Général Andrew Jackson John Wesley Jarvis (Copyright)

Malgré la défaite de Jackson, Buchanan comprit que ce vieux général populaire incarnait l'avenir de la politique américaine. Il adhéra à certains idéaux jacksoniens, notamment le concept général des droits des États, et organisa en Pennsylvanie une "faction d'amalgamation" regroupant d'anciens fédéralistes et des républicains-démocrates actuels afin de promouvoir le programme jacksonien dans cet État.

Lors de l'élection présidentielle américaine de 1828, Buchanan fit campagne avec ardeur pour Jackson, dénonçant le président Adams comme despotique et corrompu. Buchanan contribua même à bloquer les projets d'Adams au Congrès, dans l'espoir de présenter l'administration Adams comme inefficace, renforçant ainsi les chances de Jackson. Malgré le soutien sans réserve de Buchanan à Jackson, certains ne purent s'empêcher de se demander s'il ne s'était pas simplement rallié au général dans l'espoir de servir ses propres ambitions politiques. L'historien Neil A. Hamilton écrit:

Son soutien à Jackson, qui remporta la présidence cet automne-là, donna lieu à une alliance contre nature. Les deux hommes politiques divergeaient sur plusieurs points. Buchanan, par exemple, prônait des droits de douane protecteurs élevés, une politique à laquelle Jackson n'avait jamais adhéré… De plus, les jacksoniens s'adressaient aux masses, tandis que les fédéralistes se méfiaient d'elles. Pourtant, tous deux croyaient en un pouvoir exécutif fort. Buchanan faisait également souvent fi des enjeux pour trouver un moyen de faire avancer sa carrière. Certains le qualifiaient d'opportuniste sans vergogne, s'orientant dans la direction indiquée par la girouette politique.
(122)

Lorsque Jackson prit ses fonctions le 4 mars 1829, Buchanan espérait sans aucun doute obtenir un poste au sein du nouveau gouvernement. Il dut patienter longtemps: ce n'est qu'en 1832 qu'il reçut une nomination de l'administration Jackson, celle de ministre auprès de la Russie. Ce fut une déception; Buchanan avait espéré un poste plus prestigieux au sein même de l'administration et avait peut-être même lorgné sur la vice-présidence puisque ce poste était devenu vacant après le départ de John C. Calhoun.

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Néanmoins, Buchanan prit consciencieusement la mer pour rejoindre son nouveau poste à Saint-Pétersbourg, écrivant à quel point il était réticent à "quitter le pays le plus libre et le plus heureux de la terre pour un despotisme plus sévère que tous ceux qui existent en Europe" (ibid.). Pourtant, malgré son manque d'enthousiasme, Buchanan allait se révéler un diplomate de talent, négociant le premier accord commercial entre les États-Unis et la Russie.

Ascension politique

Buchanan revint de Russie en 1833 et, l'année suivante, fut élu par l'assemblée législative de Pennsylvanie pour siéger au Sénat américain. Il se rendit à Washington, D.C., pour prendre ses fonctions et emménagea dans une pension de famille avec un autre homme politique, William R. King. King était un démocrate du Sud qui allait bientôt occuper le poste de sénateur américain représentant l'Alabama; lui et Buchanan avaient beaucoup en commun et devinrent rapidement des amis proches. Ils vécurent ensemble pendant dix ans et assistaient fréquemment à des réceptions en société. Bien que ce type de colocation ne fût pas vraiment inhabituel, le fait que les deux hommes fussent restés célibataires toute leur vie alimentait les rumeurs selon lesquelles ils auraient pu être plus que de simples amis.

Buchanan qualifiait les abolitionnistes de "fanatiques" et estimait que la question de l'esclavage devait être laissée à l'appréciation des États.

En effet, le président Jackson les surnommait avec dérision "Miss Nancy" et "Aunt Fancy", tandis que d'autres personnalités mondaines de Washington plaisantaient en disant que King était la "meilleure moitié" de Buchanan ou son "épouse". L'amitié étroite qui liait Buchanan à King a conduit certains chercheurs à affirmer qu'il était homosexuel, bien que son manque d'intérêt romantique manifeste – à l'exception d'Anne Coleman – ait conduit d'autres à penser qu'il était soit asexuel, soit simplement indifférent à l'idée de l'amour ou du mariage.

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Au Sénat, Buchanan continua à soutenir les politiques jacksoniennes; il s'opposa au renouvellement de la charte de la Deuxième Banque des États-Unis, s'alignant sur la ligne du Parti démocrate selon laquelle cette banque était une institution élitiste et antidémocratique. Il défendit avec ferveur l'idée de la "destinée manifeste", plaidant en faveur de l'expansion vers l'Ouest des États-Unis. Ces idées firent de Buchanan un acteur majeur au sein du Parti démocrate, et il usa de son influence pour contribuer à porter à la présidence, en 1844, l'expansionniste James K. Polk.

En reconnaissance du soutien apporté par Buchanan, Polk le nomma secrétaire d'État, une fonction prestigieuse qui, à l'époque, était considérée comme un tremplin vers la présidence. Buchanan fit une nouvelle fois la preuve de ses compétences diplomatiques. Il négocia avec succès l'acquisition du territoire de l'Oregon auprès de la Grande-Bretagne, établissant le 49e parallèle comme frontière entre les États-Unis et le Canada dans le nord-ouest du Pacifique. Il soutint sans réserve la guerre américano-mexicaine (1846-1848), au cours de laquelle les États-Unis arrachèrent 520 000 miles carrés (1 370 000 km²) de terres occidentales au Mexique vaincu. En réalité, Buchanan fut déçu par le résultat, estimant que les États-Unis auraient dû s'emparer d'un territoire encore plus vaste.

President Polk and his Cabinet, 1846
Le président Polk et son cabinet, 1846 John Plumbe, Jr. (Public Domain)

Buchanan connut sans aucun doute le succès en tant que secrétaire d'État et se considérait d'ailleurs comme l'héritier présomptif de Polk, qui s'était engagé à n'exercer qu'un seul mandat. Il fut donc profondément consterné lorsqu'il perdit l'investiture démocrate en 1848. Il se retira à Wheatland, son domaine à la campagne situé près de Lancaster, en Pennsylvanie, où il attendit patiemment sa prochaine chance d'accéder à la présidence. Pendant cette pause politique de Buchanan, le pays fut secoué par de nouveaux débats sur l'esclavage: les "esclavagocrates" du Sud exigeaient que cette "institution particulière" puisse s'étendre aux territoires occidentaux nouvellement conquis, tandis que les États du Nord, partisans du "Free soil" (sol libre), s'y opposaient.

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Buchanan lui-même qualifiait les abolitionnistes de "fanatiques" et estimait que la question de l'esclavage devait être laissée à l'appréciation des États. En 1852, il briga pour la deuxième fois l'investiture démocrate à la présidence, annonçant son soutien au récent Compromis de 1850. Cependant, il perdit une nouvelle fois l'investiture, cette fois au profit de Franklin Pierce. Écarté une fois de plus, Buchanan ne fut apaisé que par le fait que son meilleur ami, King, fut choisi comme colistier de Pierce.

Pierce remporta l'élection et, après son entrée en fonction en mars 1853, il nomma Buchanan ministre auprès du Royaume-Uni. Buchanan prit la mer ce printemps-là, le cœur lourd; non seulement il quittait une nouvelle fois son pays et se retirait de la scène politique américaine, mais il était également accablé par la nouvelle du décès de King, survenu en avril après une lutte contre la tuberculose – Buchanan déplora la mort de son ancien colocataire, qu'il décrivait comme l'un des "hommes d'État les plus purs et les plus cohérents que j'aie connus" (Watson, 247).

Franklin Pierce
Franklin Pierce : 14e président des États-Unis George Peter Alexander Healy (Public Domain)

Cependant, dans ce cas précis, l'absence de Buchanan de la scène politique s'avéra bénéfique. La crise régionale autour de l'esclavage ne fit que s'aggraver au cours des quatre années suivantes, conduisant à des flambées de violence telles que celles du "Bleeding Kansas". L'absence de Buchanan du pays lui permit d'en ressortir épargné par l'impopularité qui entachait l'administration Pierce. En juin 1856, Buchanan briga une nouvelle fois l'investiture démocrate pour la présidence. Ses opinions s'alignaient étroitement sur le programme du parti, qui comprenait le soutien à la loi de 1850 sur les esclaves fugitifs et l'opposition à l'agitation antiesclavagiste. Cette fois-ci, Buchanan remporta l'investiture après 17 tours de scrutin, et John C. Breckinridge, du Kentucky, fut choisi comme colistier.

Présidence

Buchanan dut faire face à une élection générale difficile, qui l'opposa à deux candidats: l'ancien président Millard Fillmore, qui se présentait sous la bannière du Parti Know Nothing, hostile à l'immigration, et John C. Frémont, candidat du Parti républicain, nouvellement formé et opposé à l'esclavage. Buchanan remporta finalement l'élection avec 174 voix électorales et 45 % du vote populaire. Il s'imposa dans tous les États esclavagistes à l'exception du Maryland et remporta même cinq États "libres", dont son État d'origine, la Pennsylvanie.

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Dans son discours de victoire, Buchanan qualifia le Parti républicain de dangereux et s'engagea à "rétablir l'harmonie au sein de l'Union sous un gouvernement national et conservateur" (Klein, 261-262). Après son investiture, le 4 mars 1857, Buchanan s'attela à la formation de son cabinet, qu'il composa de bénis-oui-oui qui se contenteraient d'approuver sans discussion ses opinions.

James Buchanan, Democratic Candidate for President
James Buchanan, candidat démocrate à la présidence Baker & Godwin (Public Domain)

Peu avant son entrée en fonction, l'attention de Buchanan fut attirée par une affaire en cours devant la Cour suprême des États-Unis: un esclave nommé Dred Scott intentait un procès pour obtenir sa liberté, arguant que, puisque son maître l'avait emmené sur le territoire libre de l'Illinois, il était légalement libre. Buchanan s'intéressa vivement à l'issue de cette affaire, estimant qu'une décision défavorable à Scott confirmerait la légalité de l'esclavage dans les territoires de l'Ouest. Cinq juges sudistes étaient prêts à se prononcer contre Scott, mais hésitaient à le faire sans le soutien d'un juge nordiste, de crainte d'être accusés de sectarisme régional.

Pour résoudre ce problème, Buchanan contacta secrètement le juge Robert C. Grier, de Pennsylvanie, l'exhortant à se ranger du côté de ses collègues sudistes. Cette violation de l'éthique contribua à faire pencher la balance; deux jours après l'investiture de Buchanan, le président de la Cour suprême, Roger B. Taney, rendit l'arrêt Dred Scott, statuant non seulement que Scott ne pouvait pas intenter de procès car il n'était pas citoyen américain, mais aussi que le Congrès n'avait pas le pouvoir constitutionnel de limiter l'expansion de l'esclavage. Cette décision provoqua un tollé dans tout le pays, ce qui aggrava le clivage régional entre le Nord et le Sud.

Bien que l'implication de Buchanan dans l'arrêt Dred Scott ne fût pas encore connue, il allait bientôt devenir impopulaire pour d'autres raisons. L'année de son entrée en fonction, le pays fut frappé par une récession économique connue sous le nom de "panique de 1857": 1 400 banques et 5 000 entreprises firent faillite en l'espace d'une seule année. La crise économique toucha le Nord plus durement que le Sud, ce qui ne fit qu'exacerber les tensions.

Buchanan dut également faire face à la crise persistante dans le territoire du Kansas: à cette époque, les colons esclavagistes avaient établi un gouvernement à Lecompton, tandis que les colons antiesclavagistes avaient organisé leur propre gouvernement à Topeka. Confronté à ces deux gouvernements rivaux, Buchanan décida de reconnaître le gouvernement pro-esclavagiste de Lecompton.

Le 2 février 1858, il soumit leur constitution au Congrès, laquelle, sous réserve d'acceptation, ferait entrer le Kansas dans l'Union en tant qu'État esclavagiste. Dans son message au Congrès, Buchanan recommanda l'acceptation de la constitution de Lecompton et dénonça le gouvernement rival de Topeka en tant qu'organisation "révolutionnaire". Au Congrès, le propre parti de Buchanan était divisé sur la question: les démocrates du Nord, menés par le sénateur Stephen A. Douglas de l'Illinois, s'opposaient à la constitution de Lecompton, estimant qu'elle ne représentait pas la volonté de la majorité des colons du Kansas. En raison de leur opposition, la constitution de Lecompton fut rejetée, et Buchanan ne pardonna jamais à Douglas ce qu'il considérait comme une trahison.

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Stephen A. Douglas
Stephen A. Douglas Julian Vannerson (Public Domain)

L'échec de la Constitution de Lecompton porta un coup dur à l'administration de Buchanan. Les Sudistes le jugeaient faible et le fustigeaient pour s'être laissé manœuvrer par des "politiciens yankees" comme Douglas, tandis que les Nordistes le condamnaient pour avoir pris le parti des esclavagistes. La situation de Buchanan s'aggrava lors des élections de mi-mandat de 1858, au cours desquelles le Parti républicain remporta davantage de sièges au Congrès. Son administration étant pratiquement paralysée, Buchanan ne pouvait guère faire mieux que d'opposer son veto à des textes de loi républicains majeurs, tels qu'une première version de la loi sur la propriété familiale (Homestead Act).

En mars 1860, la Chambre des représentants ouvrit une enquête pour corruption à l'encontre de son administration, l'accusant d'avoir commis des infractions passibles de destitution, telles que la corruption et l'extorsion. Les partisans de Buchanan qualifièrent cette enquête de chasse aux sorcières, fomentée par les adversaires politiques du président. Bien que la Chambre n'ait pas pu trouver de preuves suffisantes pour inculper Buchanan, le scandale de corruption choqua la nation et contribua encore davantage à son impopularité.

Crise de la sécession et fin de vie

Buchanan choisit de ne pas se représenter lors de l'élection présidentielle américaine très controversée de 1860. Le Parti démocrate fut incapable de s'unir derrière un candidat et, une fois de plus, se scinda en deux; les démocrates du Nord désignèrent Douglas, l'ennemi juré de Buchanan, tandis que les démocrates du Sud désignèrent le vice-président de Buchanan, Breckinridge. Au final, les deux candidats démocrates furent battus par le candidat républicain, Abraham Lincoln.

L'élection d'un "républicain noir" antiesclavagiste terrifia le Sud esclavagiste – bien que Lincoln eût promis qu'il n'avait pas l'intention de mettre fin à l'esclavage là où il existait déjà, les États du Sud craignaient qu'il n'utilise le pouvoir du gouvernement fédéral pour s'attaquer à cette institution. Le 20 décembre 1860, la Caroline du Sud vota en faveur de la sécession de l'Union. À ce moment-là, tous les regards se tournèrent vers Buchanan: que ferait-il pour empêcher la crise de la sécession de s'aggraver et pour dissuader d'autres États de quitter l'Union ?

Map of the United States at the Outbreak of Civil War, 1861
Carte des États-Unis à la veille de la guerre de Sécession, 1861 Simeon Netchev (CC BY-NC-ND)

En fin de compte, il ne fit pratiquement rien. Il dénonça la sécession comme illégale et s'entretint avec des responsables politiques sur les moyens de gérer la crise, mais il ne prit aucune mesure concrète pour préserver l'Union. Il ne prit pas non plus de dispositions pour renforcer les forts fédéraux, comme Fort Sumter, qui étaient contestés par les sécessionnistes. En partie à cause de son inaction, six autres États allaient quitter l'Union avant la fin de son mandat, le 4 mars 1861. Buchanan est depuis longtemps critiqué pour avoir permis à ces États de quitter l'Union, beaucoup lui reprochant l'ampleur et les ravages de la guerre de Sécession qui en résulta. En effet, un Nordiste exprima l'opinion de nombreux concitoyens lorsqu'il écrivit que "Buchanan est… un traître tout autant que l'était Benedict Arnold" (Hamilton, 126).

Après avoir quitté la Maison Blanche, Buchanan retourna à Wheatland, où il passa le reste de sa vie à défendre ses actes et à attribuer la responsabilité de la guerre aux "fanatiques" abolitionnistes. Il mourut peu après avoir attrapé un rhume, le 1er juin 1868, à l'âge de 77 ans. Peu avant sa mort, il avait écrit qu'il n'avait "aucun regret concernant aucun acte public de [sa] vie, et que l'histoire réhabiliterait [sa] mémoire" (ibid.). En cela, il avait tort, car il est régulièrement classé parmi les pires présidents américains.

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Mark, H. W. (2026, octobre 23). James Buchanan: Le président qui fit sombrer l'Union. (B. Étiève-Cartwright, Traducteur). World History Encyclopedia. https://www.worldhistory.org/trans/fr/1-27916/james-buchanan/

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Mark, Harrison W.. "James Buchanan: Le président qui fit sombrer l'Union." Traduit par Babeth Étiève-Cartwright. World History Encyclopedia, octobre 23, 2026. https://www.worldhistory.org/trans/fr/1-27916/james-buchanan/.

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Mark, Harrison W.. "James Buchanan: Le président qui fit sombrer l'Union." Traduit par Babeth Étiève-Cartwright. World History Encyclopedia, 23 oct. 2026, https://www.worldhistory.org/trans/fr/1-27916/james-buchanan/.

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